20 décembre 2017

Évêque Augustin, « Harmonie des Évangiles »

Le manuscrit présenté ici contient le texte de De concordia evangelistarum (Harmonie des Évangiles), traité composé en latin par saint Augustin d'Hippone (354–430) en l'an 400. Ce manuscrit, créé en France au VIIIe siècle, est rédigé en écriture semi–onciale. Les Évangiles, écrits par les quatre évangélistes, fournissent des récits légèrement différents de la vie du Christ, avec des événements racontés exclusivement dans un Évangile et d'autres dans plusieurs. Les ouvrages des premiers auteurs chrétiens visaient à harmoniser les différents récits et à montrer que ces derniers ne contenaient aucune contradiction. Selon Augustin, l'ordre des Évangiles dans le Nouveau Testament correspondait à celui dans lequel ils furent composés et les auteurs de chaque Évangile connaissaient ceux qui avaient déjà été écrits. Matthieu constituait le récit d'origine de la vie de Jésus sur Terre. Les auteurs des autres Évangiles ajoutèrent ou reprirent son contenu afin de souligner des aspects spécifiques de la vie du Christ et de l'Incarnation. L'ouvrage est organisé en quatre livres : « Autorité, numéro, ordre et plan des Évangiles. Réponse aux attaques sur les Évangiles », « Harmonisation de Matthieu avec les autres Évangiles, jusqu'à la Cène », « Harmonisation de Matthieu avec les autres Évangiles, à partir de la Cène » et « Passages propres à Marc, Luc et Jean ».

Chronique de Frédégaire

Cette compilation, intitulée Chronique de Frédégaire, fut produite par un auteur inconnu, qui vécut vraisemblablement en Bourgogne au VIIe siècle et auquel les érudits modernes donnèrent le nom de Frédégaire. Elle constitue l'unique source sur l'histoire de la Gaule après la mort de saint Grégoire de Tours (538–594). L'auteur acheva probablement son œuvre vers 660. Le manuscrit présenté ici, sous la cote Latin 10910 dans les collections de la Bibliothèque nationale de France, est le principal témoin de la chronique. Il contient des extraits des écrits des Pères de l'Église, un abrégé d'Historia Francorum (Histoire des Francs), de Grégoire de Tours, la chronique d'origine proprement dite, couvrant la période de 584 à 642, ainsi qu'une transcription de la chronique de saint Isidore de Séville (560–636 env.). Le manuscrit, créé dans l'est de la France, est rédigé en caractères onciaux, à l'exception du verso du feuillet 7 et du recto du feuillet 8, qui sont en écriture semi–onciale. Quelques annotations sont en cursive mérovingienne. Le manuscrit comporte des initiales ornées et de couleur exécutées à la plume, un croquis à la plume représentant une sainte coiffée d'un capuchon triangulaire (feuillet A), ainsi que deux personnages tenant un phylactère, sans doute Eusèbe et Jérôme, comme le suggère l'inscription latine en caractères grecs qui les accompagne (verso du feuillet 23). D'autres illustrations incluent un personnage en majesté, probablement le Christ, tenant une croix et un livre dans un médaillon (verso du feuillet 75), et une créature hybride ajoutée au verso du feuillet 23, entre les deux personnages, et au verso du feuillet 184. Le manuscrit fut offert à la bibliothèque du roi Louis XV en 1771 par un certain Monsieur de Lauragais.