27 juillet 2016

La question afghane, de 1841 à 1878

La question afghane, de 1841 à 1878 se compose de cinq chapitres réimprimés et extraits d'un ouvrage plus grand, La question de l'Est, également publié en 1879. L'auteur, George Douglas Campbell, huitième duc d'Argyll (1823–1900), fut secrétaire d'État à l'Inde au sein du premier gouvernement du Premier ministre libéral William Gladstone (1868–1874). Argyll pensait que la sécurité de l'Inde ne requérait pas d'expansion territoriale en Perse ou au nord–ouest. Il s'opposa aux fonctionnaires et aux politiciens britanniques qui, selon lui, s'inquiétaient de façon démesurée des avancées russes en Asie centrale. Il devint un critique féroce de la politique britannique envers l'Inde et l'Afghanistan sous le gouvernement conservateur du Premier ministre britannique Benjamin Disraeli, comte de Beaconsfield, ainsi que des politiques britanniques ayant entraîné la seconde guerre anglo–afghane (1878–1880) et la conduite du conflit. Dans la préface du livre, Argyll écrit : « Nous ignorons encore quelles seront les conséquences de la guerre afghane. Nous avons en effet chassé notre victime, Shir Ali, jusqu'à la mort. Nous avons envahi avec la plus grande facilité une vaste partie de ce pays, mais notre " frontière scientifique " n'est pas encore établie. Les tribus sauvages d'Afghanistan n'ont pas encore accepté notre domination. Le coût et le gaspillage de nos opérations sont énormes ». Argyll fut un des deux plus grands propriétaires terriens d'Écosse, possédant des terres comptant plus de 175 000 acres (70 000 hectares), et le chef du clan Campbell. Féru de politique et de science (particulièrement l'ornithologie et la géologie), il se passionna pour l'amélioration de l'éducation et de l'agriculture en Écosse.

Les campagnes afghanes, de 1878 à 1880

Les campagnes afghanes, de 1878 à 1880 est un récit en deux volumes de la seconde guerre anglo–afghane (1878–1880) par Sydney H. Shadbolt, avocat londonien et auteur d'ouvrages sur l'empire. Le premier volume, intitulé « Division historique », inclut un résumé de la guerre et des mouvements des forces, illustré de cartes. Le second, « Division biographique », contient des photographies sur papier albuminé, ainsi que les courtes biographies de 140 officiers britanniques et de quelques civils du service diplomatique, morts pendant la campagne. La plupart de ces hommes, répertoriés par ordre alphabétique, furent tués au combat, mais ceux qui moururent de la typhoïde, du choléra et d'autres causes sont également inclus. La biographie la plus longue du livre est celle du major sir Pierre Louis Napoléon Cavagnari, conseiller militaire britannique, né en France, qui négocia le traité de Gandomak en mai 1879. Il fut assassiné par des troupes afghanes mutinées à Kaboul en septembre 1879, alors qu'il servait en tant qu'envoyé et ministre plénipotentiaire du gouvernement britannique à la cour de l'émir Yakub Khan. La dernière partie du volume biographique répertorie les 13 récipiendaires de la croix de Victoria (la plus haute distinction militaire britannique décernée pour bravoure) et raconte les actes pour lesquels ils reçurent cette récompense. Cette liste inclut principalement des officiers, mais également un artilleur, un sergent et un caporal.

Récit personnel d'une visite à Ghazni, à Kaboul et en Afghanistan, et d'un séjour à la cour de Dost Mohamed

Godfrey Thomas Vigne (1801–1863), voyageur et écrivain voyageur anglais, étudia le droit et travailla à Londres pendant plusieurs années avant d'entreprendre un long voyage aux États–Unis en 1831, thème de son ouvrage Six mois en Amérique, publié en 1832. Il revint brièvement en Angleterre, puis il partit pour l'Inde la même année, commençant un voyage de sept ans dans les régions à l'ouest et au nord–ouest de l'Inde britannique, dont la Perse, l'Afghanistan et des parties de l'Asie centrale. Vigne décrit ces périples dans deux livres, Récit personnel d'une visite à Ghazni, à Kaboul et en Afghanistan (1840) et Voyages au Cachemire (1842). Dans le premier ouvrage, présenté ici, il narre le voyage qu'il effectua en 1836 dans les montagnes Sulimani (aujourd'hui Sulaiman–Too), du Penjab à Ghazni, puis jusqu'à Kaboul, où il aurait été le premier visiteur anglais (bien que l'Écossais Alexander Burnes atteignît Kaboul en 1832). Vigne raconte ses entretiens avec Dost Mohammed Khan, qui manifesta un vif intérêt pour l'Amérique, sachant que l'auteur y avait voyagé. En quittant Kaboul en octobre 1836, il voyagea à Jalalabad, puis jusque dans une région du Kafiristan (aujourd'hui le Nouristan), zone habitée par les kafirs (infidèles) qui ne s'étaient jamais convertis à l'islam. Vigne décrit la haine mutuelle et les violentes querelles entre les musulmans locaux et les kafirs. Il avance l'hypothèse que ces derniers « descendaient des Grecs de la dynastie bactrienne ». Vigne aborde également les incursions russes en Asie centrale. Il se révèle un des premiers partisans de l'opinion selon laquelle les Britanniques devaient affirmer leur contrôle sur Kaboul et Kandahar, et assurer la neutralité d'Hérat, en raison des avancées des Russes vers Boukhara (en Ouzbékistan actuel). Le livre contient des illustrations basées sur des croquis réalisés par l'auteur, notamment un portrait en couleurs de Dost Mohammad Khan en frontispice. Une carte dépliante indique l'itinéraire de Vigne en Afghanistan. L'ouvrage présenté ici est la seconde édition de Récit personnel, publiée à Londres en 1843.

Journal d'une mission politique en Afghanistan

Journal d'une mission politique en Afghanistan est le récit d'une mission entreprise en 1857 par Henry Burnett Lumsden, officier britannique de l'armée indienne, à Kandahar, en Afghanistan. Lumsden fut chargé de s'assurer que les subventions payées par le gouvernement de l'Inde à l'émir Dost Mohammad Khan, souverain d'Afghanistan, étaient bien utilisées pour l'entretien des troupes défendant l'Afghanistan contre les Persans, intérêt vital pour les Britanniques. Lumsden fut accompagné par son frère et un collègue officier de l'armée, le lieutenant Peter Lumsden, et par le docteur Henry Walter Bellew, auteur du livre présenté ici. Bellew, chirurgien et officier médical de l'armée indienne, entreprit plusieurs missions politiques en Afghanistan et écrivit par la suite d'autres ouvrages sur des thèmes indiens et afghans. Le livre comprend deux parties. La première, qui compte trois chapitres, est une introduction à l'Afghanistan et son peuple. Elle aborde la géographie, la topographie, le mariage, les coutumes, les groupes ethniques composant la population afghane, l'histoire et la religion. Les origines du peuple afghan et la tradition selon laquelle ils descendent de Saül, premier roi d'Israël, sont abordées en détail. La deuxième partie, la plus longue du livre, est consacrée au journal de Bellew racontant la mission en 11 chapitres. Elle inclut huit magnifiques estampes en couleurs de sujets afghans, ainsi qu'une annexe répertoriant toutes les plantes que Bellew recueillit durant les marches aller et retour de Kandahar, avec de courtes descriptions de leurs caractéristiques et, le cas échéant, de leurs utilisations médicales.

En Asie centrale : de Moscou à la Bactriane

Gabriel Bonvalot (1853–1933), auteur et explorateur français, dirigea trois expéditions majeures en Asie centrale dans les années 1880 et 1890. En Asie centrale : de Moscou à la Bactriane est le récit par Bonvalot de la première de ces trois expéditions, entreprise avec le scientifique Dr Guillaume Capus (1857–1931) de 1880 à 1882. Après avoir voyagé en train de Moscou à Semipalatinsk (aujourd'hui au Kazakhstan), où ils entrèrent au Turkestan russe, les deux hommes firent route vers le sud–est jusqu'à Tachkent (en Ouzbékistan actuel), puis jusqu'à Karchi, dans ce qui est aujourd'hui le sud de l'Ouzbékistan. Ils explorèrent le cours supérieur du Syr–Daria et finirent par atteindre le fleuve Amou–Daria, à l'endroit où il sert de frontière entre l'Empire russe et l'Afghanistan. Pour leur trajet de retour, ils passèrent par Samarcande, Boukhara et Khiva. La « Bactriane » mentionnée dans le titre désigne la plaine située entre l'Amou–Daria et l'Hindu Kush, dominée à différentes périodes notamment par les Persans et les Séleucides, et aujourd'hui faisant partie de l'Afghanistan, de l'Ouzbékistan et du Tadjikistan. La France qui, dans les années 1880, tentait d'étendre son empire et son influence mondiale, finança l'expédition de Bonvalot. Capus était affilié au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, pour le compte duquel il rapporta de nombreux échantillons scientifiques. Le livre décrit les lieux visités et les peuples rencontrés, dont les Afghans, les Tziganes (Roms), les Kirghizes, les hindous, les Juifs, les Tatars et les Ouzbeks. Il est illustré de gravures et se conclut par une carte dépliante du Turkestan russe, avec un cartouche indiquant l'itinéraire de Bonvalot et Capus.

Scène sur la rivière Sutlej, près de Pakpattan, au Penjab

« Scène sur la rivière Sutlej, près de Pakpattan, au Penjab » est l'une des 25 lithographies extraites de l'ouvrage de James Atkinson Esquisses de l'Afghanistan, publié à Londres en 1842. Atkinson (1780–1852), homme aux multiples talents, est mieux connu pour ses premières traductions en anglais d'ouvrages de poésie et de prose persanes. Né en Angleterre, il étudia la médecine à Londres et à Édimbourg. Il fut nommé chirurgien auxiliaire au sein de l'administration du Bengale en 1805 et passa la majeure partie du restant de sa vie en Inde. Ayant appris le persan durant son temps libre, il publia dès 1814 la traduction d'une partie de Shahnamah (Livre des rois) de Ferdowsi, rendant pour la première fois cette épopée persane accessible aux lecteurs anglais. Après avoir été nommé chirurgien en chef de l'armée de l'Indus en 1838, Atkinson accompagna en tant que tel cette force durant sa marche sur Kaboul pendant la première guerre angloafghane (1839–1842). Il quitta l'Afghanistan en 1841 pour revenir en Inde. En 1842, il publia un témoignage direct de la guerre intitulé Expédition en Afghanistan : notes et esquisses descriptives du pays. Atkinson fut également un artiste brillant, dont plusieurs œuvres sont aujourd'hui exposées à la National Portrait Gallery de Londres. Esquisses de l'Afghanistan repose sur des dessins réalisés par Atkinson durant son séjour dans le pays.