27 juillet 2016

Histoire de l'Inde britannique

James Mill (1773–1836), philosophe politique et écrivain né en Écosse, était le père du philosophe et économiste John Stuart Mill (1806–1873). Il étudia à l'université d'Édimbourg, fut un pasteur presbytérien habilité et travailla un temps en tant que prédicateur itinérant. En 1802, Mill s'installa à Londres, où il commença une carrière d'auteur, écrivant des pamphlets, des articles, puis des livres. En 1806, il commença son œuvre monumentale Histoire de l'Inde britannique, qu'il publia en 1817. Mill n'avait jamais voyagé en Inde et ne parlait aucune des langues indiennes. Il se donna comme objectif de recueillir, de lire et d'évaluer la grande quantité de documents écrits sur l'Inde existant dans des langues européennes afin de produire une « histoire critique » complète qui permettrait de juger à la fois les événements abordés et les faits sur lesquels le savoir de ces événements reposent. L'ouvrage, en trois volumes, est organisé en six livres. Le premier livre traite des premières interactions britanniques avec l'Inde, du voyage en Inde du marchand Robert Thorne en 1527 à la situation de la Compagnie des Indes orientales au début du XVIIIe siècle. Le second livre est consacré à l'histoire, à la religion, à la littérature, à la culture de l'Inde antique et, en particulier, à la civilisation hindoue. Le troisième livre aborde la conquête et le régime islamiques, des incursions au IXe siècle à l'Empire moghol. Ce livre se conclut par un chapitre intitulé « Comparaison entre l'état de la civilisation chez les conquérants musulmans de l'Inde et l'état de la civilisation chez les hindous ». Les quatrième, cinquième et sixième livres portent sur l'expansion et la consolidation de la puissance britannique en Inde et la domination de la Compagnie des Indes orientales. L'ouvrage inclut des glossaires de termes, une grande carte dépliante intitulée « Carte de la région orientale de la Perse, avec l'Afghanistan, la Bactriane, la Transoxiane, &c. », au début du premier volume, et une autre carte dépliante, « Carte de l'Hindoustan », au début du deuxième volume. Cette dernière fut compilée et gravée par le cartographe londonien John Arrowsmith. « L'histoire critique » de Mill est connue pour ses jugements sévères de la culture et de la civilisation hindoues, qu'il qualifia « de grossières » et « d'arriérées ». Malgré ses nombreuses limites, l'Histoire de l'Inde britannique de Mill servit d'ouvrage standard de référence sur l'histoire indienne pendant la majeure partie du XIXe siècle.

Turkestan : notes d'un voyage au Turkestan russe, à Kokand, à Boukhara et à Yining

Eugene Schuyler (1840–1890), érudit, auteur, explorateur et diplomate américain, fut un des premiers étrangers invités par le gouvernement russe à visiter les territoires récemment conquis par la Russie en Asie centrale. En 1873, alors qu'il était secrétaire de la légation américaine à Saint–Pétersbourg, Schuyler effectua un voyage de huit mois dans des contrées à l'époque peu connues par les non–autochtones. Il recueillit de nombreuses informations géographiques et il écrivit des récits de ses voyages pour la National Geographic Society, ainsi qu'un long rapport confidentiel pour le département d'État américain. S'il fustigea le traitement des Tatars par les Russes, il considérait la présence russe en Asie centrale inoffensive. Turkestan : notes d'un voyage au Turkestan russe, à Kokand, à Boukhara et à Yining est le récit en deux volumes des pérégrinations de Schuyler. Le premier volume commence en abordant la steppe russe et la Volga, puis il traite de l'Asie centrale même, avec des chapitres sur le Syr–Daria, Tachkent, la vie musulmane à Tachkent, les bazars et le commerce, Samarcande, la vallée du Zeravchan, ainsi que Khodjent (ou Khujand, au Tadjikistan) et la chaîne du Kourama (aujourd'hui au Tadjikistan et en Ouzbékistan). Le deuxième volume vient compléter l'étude géographique de la région avec des chapitres sur Kokand, Boukhara, 'Issyk–Koul (en actuel Kirghizistan), Semiretch (aujourd'hui Semirech'e, au Kazakhstan) et Yining (aujourd'hui en Chine). Il se conclut par des chapitres sur l'administration russe, la politique étrangère russe en Asie et la campagne de Khiva de 1873, lors de laquelle la Russie conquit le khanat de Khiva. Les deux volumes contiennent des annexes incluant des documents supplémentaires et des traductions de documents primaires, par exemple, à la fin du premier volume, un résumé des premiers explorateurs chinois et européens de l'Asie centrale à l'époque médiévale et le récit de leurs voyages. Publié en 1876 aux États–Unis et en Grande–Bretagne, le livre comporte des illustrations, trois cartes et un index détaillé.

La Perse et la question persane

George Nathaniel Curzon (1859–1925), auteur, voyageur et politicien britannique, fut vice–roi de l'Inde de 1899 à 1905 et ministre des Affaires étrangères de 1919 à 1924. Jeune, il voyagea beaucoup et écrivit plusieurs livres inspirés de ses périples, dont La Russie en Asie centrale (1889), La Perse et la question persane (1892) et Problèmes de l'Extrême–Orient (1894). La Perse et la question persane est présenté ici. Il s'agit d'un ouvrage en deux volumes, basé sur un séjour de six mois en Iran que Curzon commença à la fin de l'année 1899 lorsqu'il était correspondant pour le Times, quotidien londonien. L'auteur se donna pour mission, comme il l'indique dans la préface, de produire « l'ouvrage de référence en langue anglaise » sur le sujet. Après deux chapitres d'introduction, les chapitres 3 à 12 décrivent les visites de Curzon dans différentes régions du pays, avec ses observations. Le voyage d'Achgabat (ou Achkhabad, au Turkménistan) jusqu'en Iran et notamment les séjours à Ghouchan, à Mechhed, au Khorassan, au Sistân et à Téhéran sont abordés. Le premier volume se conclut par des chapitres chacun consacré au shah et à la famille royale, au gouvernement, aux institutions et aux réformes, au Nord–Ouest et à ses provinces, à l'armée et aux lignes de chemin de fer. Le deuxième volume débute par sept autres chapitres (19–25) racontant les voyages de l'auteur dans diverses régions du pays, entre autres à Ispahan, Shiraz et Bouchir (aujourd'hui Bouchehr), ainsi que dans les provinces de l'est, du sud–est et du sud–ouest. Les chapitres restants (26–30) traitent de la marine, du golfe Persique, des revenus, des ressources et des productions, du commerce et des échanges, et des politiques britanniques et russes en Perse. Pour Curzon, l'essence de la « question persane » réside dans la lutte d'influence en Perse entre l'Empire russe et l'Empire britannique, point qu'il examine en détail dans le dernier chapitre. Ce chapitre est également consacré aux « deux voisins asiatiques » de la Perse, l'Afghanistan et l'Empire ottoman, qui « détenaient [tous deux] de vastes étendues de territoire autrefois sous l'autorité persane ». Curzon conclut sur une note d'espoir concernant le futur développement du pays, mais il préconise d'être patient, avertissant que « les efforts colossaux pour régénérer rapidement la Perse […] n'aboutiront qu'au désastre ». Il met également en garde contre tout rôle dominant par les concessions étrangères : « Le capital persan doit s'orienter vers l'exploitation des ressources du pays, car un monopole financier par les étrangers suscite non seulement de la jalousie, mais également un sentiment d'usurpation ». Le livre contient des illustrations et des cartes.

Dix–huit ans au col du Khyber, 1879–1898

Sir Robert Warburton (1842–1899), officier de l'armée britannique, occupa pendant 18 ans un poste de fonctionnaire, chargé de la supervision du col de Khyber, passage de montagne le plus important reliant l'Afghanistan à l'actuel Pakistan. Né en Afghanistan d'un père officier britannique et d'une mère issue de la noblesse afghane et nièce de l'émir Dost Mohammad Khan, Warburton fut formé en Angleterre, breveté officier, et servit différentes fonctions en Inde britannique et en Abyssinie (actuelle Éthiopie), puis il reçut en 1879 son affectation au col de Khyber. Terre du peuple afridi pachtoune, qui était farouchement indépendant et qui résistait à tout contrôle extérieur, le col était régulièrement bloqué par les Afridis ou en raison de combats entre les tribus habitant les collines. Warburton est reconnu pour avoir préservé la paix à la frontière et gardé le col ouvert, privilégiant la diplomatie à la force. Grâce à ses racines afghanes et sa maîtrise du persan et du pachto, il gagna peu à peu la confiance des membres de tribus qui, par tradition, se méfiaient profondément des étrangers. En août 1897, un mois après que Warburton prit sa retraite, des troubles éclatèrent parmi les Afridis, qui s'emparèrent du col et le contrôlèrent pendant plusieurs mois. Warburton fut rappelé et participa à l'expédition de Tirah de 1897 à 1898, lors de laquelle les forces anglo–indiennes rouvrirent le passage montagneux. Warburton fut particulièrement fier du rôle du régiment d'infanterie de Khyber durant la campagne. Cette force paramilitaire, qu'il avait formée et commandée, fut recrutée parmi les membres de la tribu afridi. Dans Dix–huit ans au col du Khyber, 1879–1898, Warburton raconte son apprentissage et sa carrière. L'ouvrage aborde quasiment tous les événements et individus ayant trait aux relations entre l'Afghanistan et l'Inde britannique au cours du dernier quart du XIXe siècle. Warburton, depuis longtemps en mauvaise santé, rentra en Angleterre et mourut avant que le livre fût terminé. Publié à titre posthume, l'ouvrage est illustré de plusieurs photographies impressionnantes et inclut une carte dépliante détaillée du col de Khyber.

Récit d'un voyage à Kalât

Charles Masson (pseudonyme de James Lewis), voyageur et explorateur, fut le premier Européen à apprécier l'héritage archéologique de l'Afghanistan. On sait peu de choses sur le début de sa vie. Il naquit à Londres en 1800 et reçut de toute évidence une bonne éducation, qui incluait latin, grec et français. Suite à une querelle avec son père en 1821, Masson s'enrôla comme fantassin dans l'armée de la Compagnie des Indes orientales. Il s'embarqua pour le Bengale au début de l'année 1822. En juillet 1827, il déserta son régiment, changea de nom et voyagea vers l'ouest pour échapper à la juridiction britannique. Après avoir vagabondé au Rajasthan et dans le territoire indépendant sikh, Masson se rendit en Afghanistan via le col de Khyber. Au cours de la décennie suivante, il voyagea à travers tout l'Afghanistan. Il séjourna également en Perse (aujourd'hui l'Iran) et au Sind (au Pakistan actuel). Masson quitta l'Afghanistan en octobre 1838. Lorsqu'il vivait à Karachi, il écrivit un récit sur ses fouilles archéologiques et acheva son ouvrage en trois volumes Récit de différents voyages au Baloutchistan, en Afghanistan et au Penjab, publié à Londres en 1842. Durant la première guerre anglo–afghane (1839–1842), au début de l'année 1840, il tenta de revenir à Kaboul, mais il se retrouva en pleins siège et insurrection dans le khanat de Kalât (aujourd'hui au Pakistan) et, accusé d'espionnage, il fut emprisonné un temps. Après sa libération en janvier 1841, Masson écrivit Récit d'un voyage à Kalât, paru en 1843. Bien qu'il s'agisse d'un ouvrage à part entière, il le considéra comme le quatrième volume de son livre précédent. Détracteur de la politique ayant conduit à la première guerre anglo–afghane (1839–1842), il décrit dans sa préface la révolte à Kalât comme « l'événement précurseur de la catastrophe qui se déroula ensuite » à Kaboul. La première partie du livre est un récit détaillé de l'insurrection, de sa répression et du calvaire subi par Masson lui–même. La deuxième partie, intitulée « Mémoires sur le Baloutchistan oriental, ou territoires du khan brahoui de Kalât », contient des chapitres portant sur la géographie, les tribus, le gouvernement et l'histoire, les antiquités et les dialectes, l'économie, les mœurs et les coutumes, ainsi que l'histoire naturelle et la minéralogie de la région. L'ouvrage comporte une carte dépliante détaillée.

Voyage à la source de l'Oxus

John Wood (1811–1871), officier de marine de la Compagnie des Indes orientales, fut désigné en 1836 pour participer à une mission en Afghanistan dirigée par Alexander Burnes. Les instructions qu'il devait suivre consistaient « à remonter l'Indus, de son embouchure à Attock, pour procurer des connaissances plus complètes sur le fleuve, ainsi qu'à des fins de commerce et de guerre […] ». Il poursuivit en amont jusqu'à la région de Kondôz, en Afghanistan, puis il découvrit en février 1838 ce qu'il pensait être la source du fleuve Oxus (Amou–Daria), située dans les montagnes du Pamir à une latitude estimée de 37° 27' nord et 73° 40' est (vraisemblablement au Tadjikistan actuel). Wood démissionna ensuite de la marine indienne, en raison d'un désaccord sur la politique britannique envers l'Afghanistan et la rupture, selon lui, des garanties qu'il avait données en toute bonne foi aux Afghans concernant les intentions britanniques. Dans Voyage à la source de l'Oxus, publié pour la première fois en 1841, Wood fait le récit de son expédition et ses découvertes. Il s'agit ici de la seconde édition, qui parut à Londres en 1872. Wood fut l'un des premiers Européens à visiter bon nombre de régions lointaines des actuels Pakistan et Afghanistan. Le livre inclut des observations sur la topographie, l'hydrologie, le climat, les activités économiques, la religion, la politique, l'histoire et les différents groupes ethniques rencontrés, entre autres les Ouzbeks, les Tadjiks, les Hazaras, les Kirghizes, les Kafirs et les Kazakhs. L'auteur raconte de nombreuses anecdotes intéressantes, par exemple lorsqu'il rencontra des chefs autochtones affirmant être des descendants d'Alexandre le Grand. Wood, qui estima que son équipe était montée jusqu'à 4 389 mètres (14 400 pieds) au–dessus du niveau de la mer durant la mission, spécule sur les effets encore mal compris à l'époque de l'altitude sur le corps humain. Le livre contient une carte dépliante du cours supérieur de l'Oxus et une autre indiquant l'itinéraire de Wood sur l'Indus.