30 juin 2016

Premier pariage d'Andorre

Le document présenté ici est appelé Primer pariatge de Andorra (premier pariage d'Andorre) signé par Pere de Urtx, évêque de La Seu d'Urgell (ou Seo de Urgel) et Roger Bernat III, comte de Foix et vicomte de Castellbò, le 8 septembre 1278. Rédigé en latin, le document fut élaboré par Arnau de Valle-Llebrera, notaire de la ville de Lérida, en Catalogne (Espagne). L'accord établit les droits respectifs des deux souverains sur les vallées d'Andorre et résout également d'autres différends. Le premier pariage fut arrêté dans la période de paix qui suivit un accord antérieur conclu à Agramunt, en Catalogne. Le roi Pedro III d'Aragon (ou Pere) joua un rôle décisif en tant que médiateur pour mettre fin à la querelle de longue date entre le comte de Foix et l'évêque d'Urgel. Le plus important de leurs différends concernait notamment l'État féodal d'Andorre. Le document, divisé en 11 articles, dont quatre portent exclusivement sur Andorre, commence par faire allusion aux discussions diverses et variées qui précédèrent l'accord. Parmi les nombreux pariages convenus entre le comte de Foix et les seigneurs ecclésiastiques ou laïques des deux côtés des Pyrénées, le pariage andorran, approuvé par la Couronne et par le pape Nicolas III, est le plus complexe et le seul à avoir survécu jusqu'à nos jours, moyennant quelques modifications apportées à ses clauses originales. La longévité du document résultait, entre autres facteurs, de la situation géographique d'Andorre, c'est-à-dire son emplacement entre les futurs États distincts de France et d'Espagne, et de leur soutien à l'accord au fil du temps. L'acceptation par les Andorrans du système de pariage prévu par les conventions de 1278 et 1288, et leur désir de le conserver, furent aussi primordiaux, constamment manifestés durant le Moyen-Âge et encore évidents de nos jours. Même s'il n'était pas directement impliqué dans la négociation du pariage, le peuple andorran salua néanmoins la conclusion de ce qui était en réalité un traité de paix qui mettait fin à une longue période de lutte armée et de violence, et qui leur donnait la possibilité de devenir un pays neutre et indépendant avec ses propres institutions.

Manual Digest

Manual Digest de las Valls neutras de Andorra (Manual digest des vallées neutres d'Andorre), ou plus simplement appelé Manual Digest, est un recueil manuscrit de l'histoire, du gouvernement, et des coutumes et traditions d'Andorre. L'ouvrage couvre l'histoire d'Andorre depuis le Moyen Âge, notamment le gouvernement, la religion, les privilèges, les coutumes des vallées, les exemptions et les prérogatives. Le travail fut compilé par Antoni Fiter i Rossell (né en 1706), premier magistrat épiscopal d'Andorre, à la demande et pour utilisation par le Consejo General (Conseil général des vallées), assemblée élue de la principauté d'Andorre. Malgré l'importance des écrits de Fiter i Rossell et des documents qu'il rassembla, ainsi que la reconnaissance qui lui est toujours accordée dans les affaires judiciaires et législatives, ce livre ne fut jamais publié dans son intégralité. Cette compilation contient la transcription des documents historiques d'Andorre, en commençant par les documents émis par Charlemagne (742‒814) et son fils Louis le Pieux (778‒840). Elle comprend également l'ensemble des règles morales, regroupées sous le nom de « Principes ». Ces règles sont une extension du droit coutumier catalan, selon un droit canonique et romain inclus dans les Usatges (ou Usages) de Barcelone, code juridique promulgué par Ramon Berenguer Ier (1023‒1076 env.), comte de Barcelone de 1064 à 1068. Les documents sont en catalan et en latin.

Tondeurs de moutons devant la maison Cremat de Anyós

Cette photographie du début du XXe siècle montre des tondeurs de moutons andorrans au travail devant une maison du village d'Anyós dans la paroisse de La Massana dans la principauté d'Andorre. L'élevage de moutons pour la laine de haute qualité fut pendant des siècles le pilier de l'économie andorrane, où seuls deux pour cent des terres sont adaptés aux productions agricoles. Les Andorrans élevaient également du bovin et des mulets. Anyós est un des principaux villages de La Massana, l'une des sept paroisses de la principauté, située à l'ouest du territoire, jouxtant les frontières de la France et de l'Espagne. La région est en grande partie rurale et comprend la plus haute montagne d'Andorre, Coma Pedrosa, un pic qui culmine à 2 943 mètres d'altitude. Andorre est une destination de prédilection pour la transhumance estivale de grands troupeaux de moutons et de chèvres d'Espagne et de France.

Politar Andorrà

Politar Andorrà s'explique peut-être mieux par son sous-titre, qui se traduit du catalan d'origine ainsi : Depuis les origines, le gouvernement et la religion, les privilèges, les usages, les prépondérances, le droit coutumier et les prérogatives des vallées d'Andorre. Très redevable des travaux sublimes du Très Illustre Dr Anton Fiter i Rossell d'Ordino et aux trésors des archives de l'Illustre Conseil des vallées, en l'an 1763, par le révérend Antoni Puig. Antoni Puig fut inspiré du Manual Digest de las Valls neutras de Andorra (Manual digest des vallées d'Andorre neutres), plus connu sous le nom de Manual Digest, rédigé par Fiter i Rossell, premier magistrat épiscopal d'Andorre, en 1748. Le premier ouvrage est une compilation qui contient la transcription des documents historiques, en commençant par les documents émis par Charlemagne (742‒814) et son fils Louis le Pieux (778‒840). Elle comprend également l'ensemble des règles morales, regroupées sous le nom de « Principes ». Ces règles sont une extension du droit coutumier catalan, selon un droit canonique et romain inclus dans les Usatges (ou Usages) de Barcelone, code juridique promulgué par Ramon Berenguer Ier (1023‒1076 env.), comte de Barcelone de 1064 à 1068. Les documents sont en espagnol, en français et en latin. Dans le livre présenté ici, le révérend Puig résume le contenu du Manual Digest, tout en y incluant des documents et des informations supplémentaires. Ces deux livres très estimés comptent parmi les documents les plus importants de l'histoire andorrane.