Politar Andorrà

Politar Andorrà s'explique peut-être mieux par son sous-titre, qui se traduit du catalan d'origine ainsi : Depuis les origines, le gouvernement et la religion, les privilèges, les usages, les prépondérances, le droit coutumier et les prérogatives des vallées d'Andorre. Très redevable des travaux sublimes du Très Illustre Dr Anton Fiter i Rossell d'Ordino et aux trésors des archives de l'Illustre Conseil des vallées, en l'an 1763, par le révérend Antoni Puig. Antoni Puig fut inspiré du Manual Digest de las Valls neutras de Andorra (Manual digest des vallées d'Andorre neutres), plus connu sous le nom de Manual Digest, rédigé par Fiter i Rossell, premier magistrat épiscopal d'Andorre, en 1748. Le premier ouvrage est une compilation qui contient la transcription des documents historiques, en commençant par les documents émis par Charlemagne (742‒814) et son fils Louis le Pieux (778‒840). Elle comprend également l'ensemble des règles morales, regroupées sous le nom de « Principes ». Ces règles sont une extension du droit coutumier catalan, selon un droit canonique et romain inclus dans les Usatges (ou Usages) de Barcelone, code juridique promulgué par Ramon Berenguer Ier (1023‒1076 env.), comte de Barcelone de 1064 à 1068. Les documents sont en espagnol, en français et en latin. Dans le livre présenté ici, le révérend Puig résume le contenu du Manual Digest, tout en y incluant des documents et des informations supplémentaires. Ces deux livres très estimés comptent parmi les documents les plus importants de l'histoire andorrane.

La question d'Andorre : déclarations adressées par le Plus Illustre Conseil général des vallées d'Andorre à son Excellence l'évêque d'Urgel et Très Saint-Père

Sous le pariatge, ou traité de pariage de 1278, la principauté d'Andorre fut placée sous la suzeraineté conjointe de l'évêque espagnol d'Urgel et du comte français de Foix (dont les droits furent par la suite transférés à l'État français, puis au gouvernement français et enfin au président de la France). La cuestión de Andorra (La question d'Andorre) dans le titre de cet ouvrage fait référence à la lutte pour la souveraineté de la fin du XIXe siècle entre le Consell general (Conseil général des vallées, assemblée élue d'Andorre) et les deux coprinces d'Andorre, à savoir l'évêque Salvador Casañas i Pagés et le gouvernement français. La révolution populaire de 1881, menée entre décembre 1880 et juin 1881, déclencha des affrontements violents entre les deux coprinces et opposa leurs partisans. D'une part, le gouvernement français se montrait plus intéressé par ses droits sur Andorre et acceptait de travailler à l'amélioration de la communication si Andorre appartenait administrativement à la France, d'autre part, l'évêché d'Urgel souhaitait conserver ses droits sur la coprincipauté. La majorité des Andorrans refusaient de devenir sujets de l'un des coprinces, perdant ainsi leur indépendance en tant que nation, et désiraient participer à la vie politique du pays. Ce livre est une transcription des lettres envoyées le 18 octobre 1894, par le Consell General à l'évêque d'Urgel Salvador Casañas i Pagés et au pape Léon XIII. En publiant les lettres, le Consell General cherchait à exposer clairement à l'opinion publique sa position officielle quant à sa confrontation avec l'évêque Salvador Casañas i Pagés.

Concession pour la production d'énergie hydroélectrique et la construction de routes dans les vallées d'Andorre

Ce document, publié en 1930 à Tàrrega, en Catalogne, est l'édition imprimée du contrat signé en 1929 entre le Consell General (Conseil général des vallées), assemblée élue de la principauté d'Andorre, et la société Forces Hidroelèctriques d'Andorra, Societat Anònima (F.H.A.S.A., compagnie d'énergie hydroélectrique d'Andorre). Au début du XXe siècle, de nombreuses entreprises ont manifesté leur intérêt pour l'exploitation des centrales hydroélectriques en Andorre. L'électricité était utilisée dans le pays depuis le XIXe siècle, mais cette ressource restait encore très faible. En 1929, le Consell general accorda une concession pour le développement et l'exploitation du potentiel hydroélectrique de la principauté à Andreu Boussac et Llorenç Gómez, agissant au titre de représentants d'un groupe franco-espagnol constituant le F.H.A.S.A. Malgré la vente de la majorité de l'énergie produite aux pays voisins que sont l'Espagne et la France, Andorre réalisa par la même occasion de nombreuses améliorations pour son propre territoire. La disponibilité accrue de l'électricité et les revenus engendrés entraînèrent la modernisation du pays, caractérisée par des développements tels la construction de routes, une meilleure offre d'énergie à faible coût dans les foyers et les entreprises, l'augmentation de l'embauche de main-d'œuvre (essentiellement des indépendants) et le financement d'un corps policier andorran.

La coutume d'Andorre

Jean-Auguste Brutails (1859‒1926) fut membre de la Haute Cour d'Andorre à Perpignan (France). À ce titre, il était tenu par le gouvernement français de se consacrer à l'étude approfondie des lois et coutumes d'Andorre. Il s'appuya sur les recherches qu'il a menées et sur son travail de juriste pour rédiger La coutume d'Andorre, compilation de traditions et de droit coutumier, publiée à Paris en 1904. L'ouvrage est composé de deux parties. La première partie est une compilation de documents publics et privés que Brutails recueillit dans le cadre de ses recherches. Ces documents sont essentiellement en français et en catalan. Ils remontent aux XVIIIe et XIXe siècles, mais ils comprennent également le décret de 1305 en latin, établi par le comte de Foix, qui accordait certains privilèges aux Andorrans. L'analyse et la lecture de cette documentation permirent à Brutails de composer la deuxième partie du livre dans laquelle il aborde la géographie, l'économie, la démographie et les aspects sociologiques, historiques et administratifs d'Andorre, ainsi que ses coutumes, ses institutions civiles, y compris son organisation et ses procédures judiciaires.

La principauté d'Andorre et sa constitution politique

Francisco Pallerola y Gabriel fut juriste de La Seu d'Urgell (ou Seo de Urgel), ville des Pyrénées espagnoles où siège l'évêque d'Urgel, un des coprinces d'Andorre. Pallerola y Gabriel occupa le poste de magistrat épiscopal en Andorre pendant plus de 30 ans. Pendant ce temps, il recueillit une grande quantité de renseignements sur la principauté, soulignant l'importance du droit public andorran. El Principado de Andorra y su constitución política (La principauté d'Andorre et sa constitution politique) est une œuvre de Pallerola y Gabriel qui distille ses connaissances sur la principauté. L'ouvrage est composé de trois parties. La première résume l'histoire d'Andorre, dans le but de la contextualiser et de clarifier les parties ultérieures du document pour le lecteur. La deuxième partie aborde les institutions andorranes, en s'appuyant sur des œuvres importantes telles que Manual Digest d'Antoni Fiter i Rossell, publiée en 1748, et Politar Andorrà, d'Antoni Puig, publiée en 1764. La troisième et dernière partie est un résumé de l'histoire du droit privé andorran. Le livre comporte un index et des illustrations de lieux et de personnages importants d'Andorre, ainsi qu'une carte de la principauté.

La justice en Andorre. Lecture sur la place publique d'un arrêt de condamnation aux travaux forcés à perpétuité

Au XIXe siècle, avant la généralisation des photographies dans les journaux et les magazines, la presse française utilisait des gravures sur bois pour illustrer ses publications. Cette technique, dite d'impression au bloc de bois, s'effectue en sculptant une image sur un morceau de bois, généralement du buis, et en appliquant l'encre contre le motif en relief de la pièce pour graver l'image sur une surface. Cette gravure fut publiée à l'origine le 16 mai 1896, dans le magazine parisien L'Illustration. Selon la légende, elle montre une peine d'emprisonnement à vie avec travaux forcés déclarée sur une place de la ville d'Andorre. La gravure s'inspire d'une photographie originale représentant une condamnation à mort annoncée à Manuel Bacó le 28 février 1886. La condamnation fut commuée par la suite aux travaux forcés à vie. La scène se déroule sur la Plaça Guillemó (place Guillemo) à Andorre-la-Vieille, capitale et ville principale de la principauté d'Andorre. Les points forts de l'illustration sont la vivacité des visages des personnes présentes dans l'image, ainsi que la précision du dessin de la façade de la Casa Guillemó. L'auteur de l'illustration est l'écrivain et illustrateur napolitain Gennaro d'Amato (1857‒1947). Ses autres publications furent destinées entre autres à des magazines illustrés respectés tels que L'Illustration et la publication britannique intitulée Illustrated London News.

Premier pariage d'Andorre

Le document présenté ici est appelé Primer pariatge de Andorra (premier pariage d'Andorre) signé par Pere de Urtx, évêque de La Seu d'Urgell (ou Seo de Urgel) et Roger Bernat III, comte de Foix et vicomte de Castellbò, le 8 septembre 1278. Rédigé en latin, le document fut élaboré par Arnau de Valle-Llebrera, notaire de la ville de Lérida, en Catalogne (Espagne). L'accord établit les droits respectifs des deux souverains sur les vallées d'Andorre et résout également d'autres différends. Le premier pariage fut arrêté dans la période de paix qui suivit un accord antérieur conclu à Agramunt, en Catalogne. Le roi Pedro III d'Aragon (ou Pere) joua un rôle décisif en tant que médiateur pour mettre fin à la querelle de longue date entre le comte de Foix et l'évêque d'Urgel. Le plus important de leurs différends concernait notamment l'État féodal d'Andorre. Le document, divisé en 11 articles, dont quatre portent exclusivement sur Andorre, commence par faire allusion aux discussions diverses et variées qui précédèrent l'accord. Parmi les nombreux pariages convenus entre le comte de Foix et les seigneurs ecclésiastiques ou laïques des deux côtés des Pyrénées, le pariage andorran, approuvé par la Couronne et par le pape Nicolas III, est le plus complexe et le seul à avoir survécu jusqu'à nos jours, moyennant quelques modifications apportées à ses clauses originales. La longévité du document résultait, entre autres facteurs, de la situation géographique d'Andorre, c'est-à-dire son emplacement entre les futurs États distincts de France et d'Espagne, et de leur soutien à l'accord au fil du temps. L'acceptation par les Andorrans du système de pariage prévu par les conventions de 1278 et 1288, et leur désir de le conserver, furent aussi primordiaux, constamment manifestés durant le Moyen-Âge et encore évidents de nos jours. Même s'il n'était pas directement impliqué dans la négociation du pariage, le peuple andorran salua néanmoins la conclusion de ce qui était en réalité un traité de paix qui mettait fin à une longue période de lutte armée et de violence, et qui leur donnait la possibilité de devenir un pays neutre et indépendant avec ses propres institutions.

Manual Digest

Manual Digest de las Valls neutras de Andorra (Manual digest des vallées neutres d'Andorre), ou plus simplement appelé Manual Digest, est un recueil manuscrit de l'histoire, du gouvernement, et des coutumes et traditions d'Andorre. L'ouvrage couvre l'histoire d'Andorre depuis le Moyen Âge, notamment le gouvernement, la religion, les privilèges, les coutumes des vallées, les exemptions et les prérogatives. Le travail fut compilé par Antoni Fiter i Rossell (né en 1706), premier magistrat épiscopal d'Andorre, à la demande et pour utilisation par le Consejo General (Conseil général des vallées), assemblée élue de la principauté d'Andorre. Malgré l'importance des écrits de Fiter i Rossell et des documents qu'il rassembla, ainsi que la reconnaissance qui lui est toujours accordée dans les affaires judiciaires et législatives, ce livre ne fut jamais publié dans son intégralité. Cette compilation contient la transcription des documents historiques d'Andorre, en commençant par les documents émis par Charlemagne (742‒814) et son fils Louis le Pieux (778‒840). Elle comprend également l'ensemble des règles morales, regroupées sous le nom de « Principes ». Ces règles sont une extension du droit coutumier catalan, selon un droit canonique et romain inclus dans les Usatges (ou Usages) de Barcelone, code juridique promulgué par Ramon Berenguer Ier (1023‒1076 env.), comte de Barcelone de 1064 à 1068. Les documents sont en catalan et en latin.

Tondeurs de moutons devant la maison Cremat de Anyós

Cette photographie du début du XXe siècle montre des tondeurs de moutons andorrans au travail devant une maison du village d'Anyós dans la paroisse de La Massana dans la principauté d'Andorre. L'élevage de moutons pour la laine de haute qualité fut pendant des siècles le pilier de l'économie andorrane, où seuls deux pour cent des terres sont adaptés aux productions agricoles. Les Andorrans élevaient également du bovin et des mulets. Anyós est un des principaux villages de La Massana, l'une des sept paroisses de la principauté, située à l'ouest du territoire, jouxtant les frontières de la France et de l'Espagne. La région est en grande partie rurale et comprend la plus haute montagne d'Andorre, Coma Pedrosa, un pic qui culmine à 2 943 mètres d'altitude. Andorre est une destination de prédilection pour la transhumance estivale de grands troupeaux de moutons et de chèvres d'Espagne et de France.

Le livre en écorce de bouleau

Ce livre fut écrit à la main en octobre 1991 par Afanasii Gerasimovich Murachev, professeur faisant partie de la secte schismatique des vieux‑croyants, sur 18 feuilles d'écorce de bouleau finement travaillée. Il consiste en une collection de compositions jusqu'ici inconnues d'écrivains paysans vieux‑croyants, dont Murachev lui‑même. La plupart de ces écrits se rapportent à l'histoire des monastères de l'Ienisseï (ou Enisseï), édifices vieux‑croyants qui se réimplantèrent en secret des monts Oural à la rive gauche du Petit Ienisseï et à la rivière Doubtches et ses affluents entre 1937 et 1940. En 1951, ces monastères furent repérés par des avions de l'armée soviétique et ensuite détruits lors d'expéditions punitives. Les ermites associés à ces lieux et les paysans les ayant soutenus furent arrêtés, et les bâtiments, les icônes et les livres furent brûlés. Ce livre en écorce de bouleau est essentiellement constitué de poèmes religieux sur les thèmes de la destruction des monastères de l'Ienisseï, du procès des religieux y ayant résidé et du décès consécutif du père Siméon, qui était à la tête des monastères de la Doubtches, mort en prison en 1953. L'ouvrage est enrichi de quelques instructions de Murachev sous forme de compositions en vers. Certaines sont de nature personnelle, d'autres s'adressent à l'ensemble de la congrégation. Exhortant ses ouailles à observer une vie vertueuse, il cherche à aborder tous les aspects de l'existence humaine et ainsi élaborer un code unique pour guider le chrétien dans la crainte de Dieu. Cet ouvrage provient des collections de l'Institut d'histoire de la division sibérienne de l'Académie des sciences de Russie (II SO RAN). Il a été numérisé au début des années 2000 dans le cadre du projet Rencontre de frontières, fruit du partenariat entre la Bibliothèque du Congrès et plusieurs institutions de la Fédération de Russie, des États‑Unis et d'Allemagne.