29 avril 2016

Prières pour le Norouz (Nouvel An)

Ce panneau de calligraphie est exécuté à l'encre noire en caractères naskhi (indiens) sur du papier rose décoré de motifs de nuages dorés et collé sur un fond bleu clair. Daté de 1211 après l'Hégire (1796−1797) dans l'angle inférieur gauche, il porte la signature de Muhammad Bakhsh. Dans l'angle supérieur droit, une invocation à Ali, Ya ʻAli al-aʻala (Ô Ali, le plus grand), révèle que l'ouvrage fut créé dans un milieu chiite. Le rubaʻi (quatrain en pentamètre iambique) suivant indique : « Ô Étoile de la Constellation de la Destinée (dotée) de chance / Lève-toi et sois joyeuse, car le Nouvel An est arrivé. / Chaque promesse que la Chance t'a faite / Est maintenant proche, si elle fut jamais lointaine ». Ce poème souhaite à un souverain (surnommé « Étoile de la Constellation de la Destinée ») bonne fortune éternelle et l'accomplissement des promesses à l'occasion du Norouz (Nouvel An). Ce Norouz correspond très probablement à l'équinoxe de printemps (21 mars), marquant le début du calendrier solaire comme il est célébré en Iran et dans certaines parties de l'Inde. Il semble que ce panneau de calligraphie ait été réalisé à l'occasion d'une fête du Nouvel An pour souhaiter à un mécène la prospérité au cours de l'année à venir.

Lettre d'un ami

Ce fragment de calligraphie est composé d'une lettre écrite par un homme à son ami. Dans la partie supérieure, la lettre commence par quatre bayts (vers) provenant d'un ghazal (poème lyrique) qui conseillent aux hommes d'être bons et de ne pas effectuer de siyah kar (mauvaises actions). Ces lignes sont rédigées dans une écriture plus petite en diagonale et sont séparées en quatre colonnes. La lettre se poursuit de façon horizontale. Le correspondant s'excuse de ne pas avoir écrit depuis longtemps. Au milieu de la lettre, il inclut également des versets à caractère eschatologique issus du Shāhnāmah de Firdawsi. Ils encouragent la crainte de Dieu et du Jour du Jugement dernier. Le texte est écrit à l'encre noire en petits caractères shikastah-nastaliq sur un morceau de papier peint en brun clair, de sorte qu'il ressemble à du papyrus, à de l'écorce ou à du bambou. Le panneau de texte est directement collé sur une feuille de papier mauve renforcée par un carton au dos. Bien que la lettre ne soit ni signée ni datée, elle semble avoir été exécutée en Perse (Iran) au cours du XVIIe ou du XVIIIe siècle.

Inshaʼ

Ce fragment de calligraphie appartient à une série de 22 inshaʼ (compositions littéraires ou lettres) écrites par les calligraphes Mir Kalan, Khan Zaman (fils de Khan Khanan), Qa'im Khan, Lutfallah Khan et Mahabat Khan. D'après l'écriture (nastaliq indienne), une impression de sceau portant la date de 1113 après l'Hégire (1701−1702) et une lettre mentionnant la ville de Jawnpur, en Inde, il semble que ces écrits aient été exécutés en Inde au cours du XVIIIe siècle. Par ailleurs, s'il s'agit du même calligraphe Mir Kalan que le célèbre peintre actif à Lucknow au milieu du XVIIIe siècle, cette identification confirmerait alors que cette série calligraphique, conservée dans les collections de la Bibliothèque du Congrès, est un corpus de documents produit par différents auteurs actifs en Inde au XVIIIe siècle. Les calligraphies sont typiquement exécutées en écriture nastaliq de façon précipitée, sur du papier blanc encadré de bleu et collé sur un carton rose ou saumon. Elles se caractérisent par leur mauvais état, étant souvent très endommagées par des trous de vers et/ou des taches d'eau. Certaines contiennent des gribouillis dans les marges, tandis que d'autres portent des impressions de sceau découpées et collées sur le carton. Dans la plupart des cas, une attribution à un calligraphe est écrite dans la partie supérieure, précédée de l'expression raqamahu (écrit par) ou khatt-i (écriture de). Le recto du fragment présenté ici porte l'attribution « khatt-i Khan Zaman » (écriture de Khan Zaman) dans la partie supérieure. L'encadrement horizontal de la partie inférieure contient le fragment d'une empreinte de sceau où il est possible de déchiffrer les noms suivants : Muhammad bin... Shah Ghazi... Khan Fadavi. La composition inscrite sur le papier blanc comporte une lettre adressée au baradar-i mihraban-i man (bon ami ou frère) de l'auteur, dans laquelle celui-ci accuse réception de la dernière lettre reçue. Puis l'auteur affirme que sa famille et lui-même se portent bien, mais avoue être déçu que son ami ne puisse se joindre à eux. Pour cette raison, il demande à ce que son ami/frère envoie un vakil (agent) à sa place. Le verso de cette pièce a été sérieusement endommagé par l'eau. Dans la partie supérieure, il est cependant possible de lire l'attribution à Khan Zaman. La partie inférieure horizontale contient un motif de gribouillis et un morceau de papier blanc collé. La composition du centre ressemble à la lettre située au recto du fragment. L'auteur s'adresse à son bon ami/frère pour lui dire qu'il lui manque et qu'il souhaite le revoir. Puisque ce dernier ne peut venir, l'auteur demande à ce qu'il dépêche un vakalat (mandataire ou remplaçant) afin de mener une action non précisée ici.

Inshaʼ

Ce fragment de calligraphie appartient à une série de 22 inshaʼ (compositions littéraires ou lettres) écrites par les calligraphes Mir Kalan, Khan Zaman (fils de Khan Khanan), Qa'im Khan, Lutfallah Khan et Mahabat Khan. D'après l'écriture (nastaliq indienne), une impression de sceau portant la date de 1113 après l'Hégire (1701−1702) et une lettre mentionnant la ville de Jawnpur, en Inde, il semble que ces écrits aient été exécutés en Inde au cours du XVIIIe siècle. Par ailleurs, s'il s'agit du même calligraphe Mir Kalan que le célèbre peintre actif à Lucknow au milieu du XVIIIe siècle, cette identification confirmerait alors que cette série calligraphique, conservée dans les collections de la Bibliothèque du Congrès, est un corpus de documents produit par différents auteurs actifs en Inde au XVIIIe siècle. Les calligraphies sont typiquement exécutées en écriture nastaliq de façon précipitée, sur du papier blanc encadré de bleu et collé sur un carton rose ou saumon. Elles se caractérisent par leur mauvais état, étant souvent très endommagées par des trous de vers et/ou des taches d'eau. Certaines contiennent des gribouillis dans les marges, tandis que d'autres portent des impressions de sceau découpées et collées sur le carton. Dans la plupart des cas, une attribution à un calligraphe est écrite dans la partie supérieure, précédée de l'expression raqamahu (écrit par) ou khatt-i (écriture de). Le recto de cette composition particulière est attribué à Qaʼim Khan, comme indiqué par l'inscription « fa'la Qaʼim Khan pa[sar]... » (réalisé par Qaʼim Khan, fils de...) figurant en haut du document. Dans le coin inférieur gauche apparaît un motif de gribouillis. La composition elle-même est présentée sur un papier marbré de couleur bleue et blanche, décoré de fleurs couleur saumon. Elle commence par des louanges adressées à Dieu, huwa al-ʻaziz (le Glorifié), suivie de deux vers (bayts) de poésie sur la firaq (douleur causée par la séparation) composés par le grand poète persan Hafiz (mort en 1390 env.). L'auteur indique ensuite avoir reçu une lettre de son ami, qu'il se représente comme une fleur. Bien que cette inshaʼ (lettre) contienne des expressions recherchées et fleuries, l'auteur admet à la fin qu'elle fut hararahu bi al-ʻajalah (écrite dans la précipitation). À l'instar du recto, le verso du fragment est attribué à Qaʼim Khan et porte la même inscription dans sa partie supérieure. La composition est présentée sur du papier blanc parsemé de bleu et comporte une inshaʼ adressée à un certain Navab Sahib (titre confirmant encore l'origine indienne de ces lettres). L'auteur déclare sa satisfaction d'avoir reçu la lettre de Navab Sahib, qui fut pour lui comme une gul-i khush bu (fleur parfumée), et lui fait part de son impatience de le voir. Il remercie Navab Sahib pour ses attentions généreuses et termine sa lettre en promettant de ne pas oublier sa gentillesse.

Chapitres coraniques 1 et 114

Réalisé dans une fine écriture shikasta (littéralement « brisée »), ce fragment de calligraphie contient un bismillah (au nom de Dieu) initial et les première et cent-quatorzième sourates (chapitres) du Coran. Dans la partie supérieure, figure le premier chapitre du Coran, intitulé al-Fatiha (le prologue). Il indique : « Au nom de Dieu, le Très Clément, le Très Miséricordieux. / Louange à Dieu, Seigneur de l'univers ; / Le Très Clément, le Très Miséricordieux ; / Maître du Jour du jugement. / C'est Toi que nous adorons, et c'est Toi dont nous implorons le secours. / Guide-nous dans le droit chemin, / Le chemin de ceux auxquels Tu as accordé Ta grâce, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés ». Au-dessous la Fatiha, apparaît l'un des chapitres les plus courts du Coran, la sourate al-Nas (les hommes). Ce chapitre contient une louange de Dieu, appelé Malak al-Nas (Souverain des hommes) et al-waswas (protecteur contre Satan), littéralement le « chuchoteur » : « Dis, je cherche protection auprès du Seigneur des hommes, / Le Souverain des hommes, le Dieu des hommes, / Contre le mal du mauvais conseiller, furtif, / Qui souffle le mal dans la poitrine des hommes, qu'il soit un esprit ou un être humain ». Ces deux sourates du Coran apparaissent ici probablement du fait qu'elles sont succinctes et qu'elles peuvent être facilement mémorisées et récitées à haute voix. Il est cependant assez inhabituel de trouver des versets du Coran écrits en shikasta, écriture très fluide inventée en Perse (Iran) par Darvish ʻAbd al-Majid al-Taliqani, calligraphe du XVIIIe siècle. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, le Coran fut généralement transcrit en écriture naskhi ou nastaliq, plus lisibles que l'écriture shikasta. Ce fragment particulier se distingue donc comme une rare preuve de la transcription de certains versets coraniques en écriture shikasta, en Iran, au cours des XVIIIe et XIXe siècles.

Quatrain sur l'Aïd (jour de fête)

Entouré de rubans de nuage sur un fond doré, le rubaʻi (quatrain en pentamètre iambique) présenté ici est écrit à l'encre noire en écriture nastaliq. Il n'est ni signé ni daté, bien que cette écriture suggère qu'il fut exécuté en Perse (Iran) au cours du XVIe ou du XVIIe siècle. Dotée de plusieurs cadres monochromatiques, la page de texte est collée sur un papier rose renforcé par du carton. Dans l'angle supérieur gauche du panneau de texte, une invocation de Dieu débute le poème avec l'expression « huwa al-muʻizz » (le Glorifié). Puis vient le quatrain : « Que ton cœur soit la mer et ta main le minéral, / Comme le cœur et la main de Dieu, / Roi du monde qui gouverne, / Puisses-tu toujours traverser le monde entier ». Ce quatrain offre une duʻaʼ (prière) à un souverain, comparant sa générosité à celle de Dieu, avec l'espoir que son autorité, comme celle de Dieu, s'étende au monde entier.