Calendrier des années 1486 à 1504

Ce feuillet imprimé, absolument unique, est un rare fragment du calendrier perpétuel, en allemand, des années 1486 à 1504, réalisé à Venise en 1486 par l'imprimeur originaire de Nuremberg Konrad, ou Conrad, Zeninger. Les initiales sont imprimées en rouge et en noir. Les saints et leur jour de fête annuelle y sont répertoriés. Il existe d'autres fragments de pages de cet ouvrage dans deux bibliothèques, en Allemagne et en Autriche, mais cet exemplaire provenant de la Bibliothèque nationale de Slovaquie est le seul au monde ayant été préservé dans son intégralité. Les caractères typographiques du calendrier sont l'œuvre de Bernardino Giolito de' Ferrari, connu sous le nom de Bernardino Stagnino, imprimeur du nord de l'Italie actif à Venise de 1483 à 1538, qui travailla souvent avec des libraires et d'autres imprimeurs du nord des Alpes.

Lamentations du prophète Jérémie

Ce codex en parchemin portant une notation gothique pour chant choral contient les lamentations du prophète Jérémie mises en musique, ainsi que le récit de Noël de l'Évangile selon saint Matthieu. Ce volume daté de 1594 fut compilé par Georg Ayblinger pour un prêtre d'Oettingen, en Bavière (Allemagne), dont l'identité reste inconnue. L'ornementation est constituée de la lettrine « E » peinte au recto du feuillet 2, lettre capitale couleur or se détachant sur fond de paysage dans un cadre doré. Le dessin représente une prairie avec une rangée d'arbres, des collines et des édifices illuminés par le soleil à l'horizon. Tout le codex est décoré de fioritures à la plume et à l'encre venant agrémenter les notes et les mots. Le scribe n'a pas été identifié et deux feuillets sont manquants.

Transcription réalisée au XVIe siècle d'un extrait de l'Évangile selon saint Matthieu datant du XIVe siècle

Cet extrait de l'Évangile selon saint Matthieu (chapitres 17:9 à 19:21) est une transcription réalisée au XVIe siècle d'un document médiéval original, aujourd'hui disparu, datant du XIVe siècle. Elle est constituée de huit pages rédigées en cyrillique ancien à l'encre noire et rouge avec des annotations dans les marges. Le texte est une recension en bulgare de slavon d'église comportant des éléments orientaux. Ce manuscrit fut réalisé en Ruthénie (à l'ouest de l'Ukraine) par un scribe non identifié. Il est aujourd'hui conservé dans les collections de la Bibliothèque nationale de Slovaquie.

Théâtre de la noblesse en Europe. Généalogie des ancêtres illustres du monde chrétien

Theatrum, Nobilitatis. Europeae, Tabulis. Progonologicis. Praecipuorum. In. Cultiori. Christiano. Orbe. Magnatum. Et. Illustrium. Progenitores (Théâtre de la noblesse en Europe. Généalogie des ancêtres illustres du monde chrétien) est un ouvrage sur les arbres généalogiques des familles nobles et royales d'Europe rédigé par le théologien luthérien allemand Philipp Jakob Spener (1635‒1705). Spener, l'un des fondateurs du piétisme, est considéré comme le père de la généalogie et de l'héraldique modernes. Il fut prédicateur à Strasbourg, à Francfort et à Dresde avant de devenir conseiller au consistoire de Berlin. Theatrum, Nobilitatis. Europae est un ouvrage en quatre volumes publié à Francfort‑sur‑le‑Main entre 1668 et 1678. Les familles, dont tous les noms sont latinisés, apparaissent sous forme de tableaux. Le frontispice représente l'arbre généalogique de Ferdinand Ier, roi de Hongrie et de Bohême, et empereur du Saint Empire romain. La composition, réalisée à Francfort, est l'œuvre d'Egidius Vogel. Le document présenté ici est constitué du premier et du troisième volume (sous une seule reliure), datant de 1668 et conservés à la Bibliothèque nationale de Slovaquie. Ce sont les uniques exemplaires existant dans le pays. Cet ouvrage fut jadis la propriété du juriste praguois Thomas Anton Putzlacher (1722–1796), comme l'indiquent la note « ex bibliotheca », de sa main, et l'ex‑libris imprimé collé au verso du premier plat de la reliure.

Sept siècles de monarchie et la sainte couronne de Hongrie

De Monarchia Et Sacra Corona Regni Hungariae Centuriae Septem (Sept siècles de monarchie et la sainte couronne de Hongrie) est une histoire de la Hongrie couvrant les 700 années ayant précédé sa rédaction, au milieu du XVIIe siècle. Son auteur, Peter Révai (ou Révay, 1568‒1622), fut historien et fonctionnaire du gouvernement. Il fut administrateur héréditaire du district de Turiec à partir de 1598 et gardien de la couronne royale dès 1608. Il officia également en tant que conseiller du roi et juge à la table royale. Cet ouvrage fut publié en 1659, soit 37 ans après la mort de son auteur, par le fonctionnaire d'administration provinciale František Nádašdy (ou Ferenc Nádasdy, 1625‒1671). Il comprend aussi une liste chronologique des palatins hongrois de 1001 à 1655. Celle‑ci fut dressée par le Hollandais Gaspar Jongelincx (mort en 1669), historien à la cour de Léopold Ier de Hongrie (1640‒1705). Les dernières pages du volume contiennent un « Catalogus judicum curiae regiae per regnum Hungariae » (liste des décisions de la cour concernant l'administration du royaume de Hongrie). Révay fut le premier à produire un ouvrage exhaustif traitant des Slaves dans l'historiographie hongroise. Il y expose leurs origines et fournit des documents attestant de leur nombre, de l'étendue des territoires où ils habitent et de la prévalence des langues qu'ils parlent. Son point de vue sur les Slaves a depuis longtemps fait le lit du concept de renouveau national dans l'histoire de la Slovaquie.

Carnet de notes de Linné sur la botanique

Le naturaliste suédois Carl von Linné (1707–1778) prépara ses notes et ses dessins à la plume sur les systèmes de classification botanique à Stockholm de 1750 à 1751. Également connu sous le patronyme de Carolus Linnaeus, forme latinisée de son nom, Linné fut le créateur‑fondateur de la taxinomie botanique et zoologique. Il inventa un système de dénomination en deux mots latins (appelée nomenclature binominale) pour classer tous les organismes selon leurs caractéristiques, utilisant à cette fin le nom du genre suivi de celui de l'espèce. Il mit au point ce système, encore utilisé de nos jours, dans son ouvrage Systema naturae (Système de la nature), dont la première édition fut publiée en 1735. Le document présenté ici est l'un des carnets de notes de Linné sur la botanique conservé à la Bibliothèque nationale de Slovaquie. Il contient essentiellement des notes manuscrites et des croquis de plantes ou de parties spécifiques de végétaux. En 1753, Linné publia son œuvre maîtresse en deux volumes, comptant 1 200 pages, Species plantarum (Espèces de plantes), où il répertoria l'ensemble des espèces végétales découvertes à l'époque de sa rédaction (soit près de 6 000 en tout) et les classa en 1 000 genres environ. C'était la première fois que les plantes étaient classées et nommées selon la nomenclature binominale.

Cour de ferme dans le village de Valaská

Sedliacky dvor vo Valaskej (Cour de ferme dans le village de Valaská), de Jozef Murgaš (1864‒1929), est l'un des trésors les plus anciens et les plus précieux des collections de la Bibliothèque nationale de Slovaquie. Cette peinture à l'huile de Murgaš représente une cour de ferme baignée de lumière, avec un trépied en son centre, délimitée par une modeste maisonnette de bois et des bâtiments agricoles. Murgaš acheva ce tableau vers 1895, alors qu'il était encore chapelain, après être rentré en Slovaquie, ses études à Munich terminées. L'œuvre ne porte ni signature ni marque d'auteur. Murgaš, qui était prêtre de l'Église catholique romaine, étudia l'art à Budapest et à Munich, et créa un certain nombre de retables. En 1896, il se rendit à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie, pour prêcher auprès des Slovaques de la ville. Il fut l'un des signataires de l'accord de Pittsburgh de 1918 en faveur de la création de la Tchécoslovaquie. Il est surtout connu de nos jours pour ses qualités d'inventeur, en particulier pour ses travaux de précurseur dans le domaine de la télégraphie sans fil, pour lesquels il détenait plusieurs brevets. Il inventa également le moulinet pour canne à pêche.

Portrait de Ľudovít Štúr

Ľudovít Štúr (1815–1856) fut homme politique, philosophe, historien, linguiste, écrivain, poète, journaliste, rédacteur en chef et pédagogue slovaque. Il fut le personnage le plus actif en faveur de sa patrie durant la première moitié du XIXe siècle et l'un des instigateurs du soulèvement national slovaque de 1848‒1849. Il fut également le principal acteur de la codification de la langue slovaque moderne. Le document présenté ici est le plus ancien portrait à l'huile de Štúr, peint par Jozef Božetech Klemens (1817‒1883) d'après une lithographie réalisée en 1861 par l'artiste, acteur et metteur en scène tchèque František Kolář (1829‒1895). Klemens fut un peintre, sculpteur, ingénieur et scientifique important du XIXe siècle et, comme Štúr, une figure prépondérante du renouveau national slovaque. En tant que peintre, il est essentiellement reconnu pour ses portraits. En Slovaquie, 2015 fut déclarée « Année de Ľudovít Štúr » pour marquer le 200e anniversaire de sa naissance.

Note sur la construction d'un « takiyah-khanah »

Cette grande feuille de papier, constituée de plusieurs feuilles distinctes collées ensemble, comporte quatre lignes de texte en écriture nastaliq. Le nombre 786 visible dans la partie supérieure correspond, dans le système de numérotation en abjad (lettre à valeur numérique), à la somme totale des lettres du bismillah (au nom de Dieu). En d'autres termes, le nombre 786 équivaut à l'expression initiale « au nom de Dieu, le Généreux, le Miséricordieux » apparaissant juste avant le contenu principal du texte. Les quatre lignes suivantes indiquent qu'un certain Muhammad 'Ali ordonna la construction d'un bâtiment dédié aux services de dhikr (commémorations) et aux cérémonies de matam (deuil) du martyre de l'imam Hussein. Ce type de bâtiment, appelé takiyah ou takiyah–khanah, est utilisé pour les tazieh (représentations de la Passion chiite), reconstituant les événements qui se déroulèrent à Kerbala en 680. Certaines communautés chiites érigèrent des takiyahs en Iran et en Inde aux XIXe et XXe siècles. Un des takiyahs les plus célèbres fut construit par Mu'avin al-Mulk à Kermanshah, dans le sud–ouest de l'Iran, en 1895−1896. Grand ensemble somptueusement décoré en plusieurs parties, il fut bâti pour abriter une variété de spectacles et d'événements religieux associés au martyre de l'imam Hussein.

Vers d'Amir Khusraw Dihlavi

Ce fragment de calligraphie contient plusieurs vers écrits par le poète Amir Khusraw Dihlavi (1253−1325 env.), dont le nom est indiqué sous la forme « li–Amir Khusraw » dans l'angle supérieur droit du panneau de texte central. Les vers décrivent la permanence de l'amour comme un bouton de fleur en éternel épanouissement : « Quel être merveilleux et agréable dans la roseraie / (Que Dieu mette) une épine dans mes yeux si l'une d'entre elles (les fleurs) vous ressemble / Je vais et je viens dans le jardin cent fois / (Et), à cause de mon désarroi, je ne sais pas quelle fleur a éclos / La poussière de Kisra devint une fleur et la couronne parée de bijoux devint poussière / Le nom de l'amoureux (demeure) sur toutes les portes et tous les murs ». Le panneau de texte est encadré de plusieurs autres vers dans des registres, sur fond rose ou bleu peint de motifs dorés, collées sur une feuille plus grande de papier bleu ornée de biches et de fleurs dorées. La composition est renforcée au dos par du carton. En bas à gauche, sur les deux lignes horizontales de texte sous le panneau central, le calligraphe, Muhammad Husayn al-Katib (« l'écrivain »), a signé son ouvrage de ses diminutifs accompagnés d'une demande de pardon à Dieu pour ses péchés. Il indique également que le panneau calligraphique fut achevé en l'an 998 après l'Hégire (1590). Muhammad Husayn aurait été actif sous le chah safavide 'Abbas Ier (règne : 1587–1629).