3 mars 2016

Vue aérienne de Middletown, dans le Connecticut, 1915

Cette carte panoramique montre Middletown (Connecticut), telle qu'elle était en 1915. Située le long du fleuve Connecticut, la ville s'appelait à l'origine Mattabeseck, nom amérindien de la région. C'était une ville portuaire possédant également de nombreuses industries. Des navires sont représentés voguant sur le fleuve à proximité de l'agglomération et de ses édifices (notamment des habitations, des églises, des boutiques, des usines et d'autres infrastructures) densément implantés depuis la rive. La ville s'étend jusqu'aux collines avoisinantes. Un train s'éloigne sur la ligne Air Line Railroad. Des vignettes placées au‑dessus et en dessous de la carte offrent un aperçu plus détaillé des différents lieux dignes d'intérêt. La frise supérieure est constituée des vues de la rue principale, des écoles, des banques, des boutiques, des édifices municipaux et de l'université Wesleyenne, fondée à Middletown en 1831. La frise inférieure se compose d'images de 13 usines et complexes industriels, fournisseurs, entre autres produits, de bois de construction, de lainage et de machines à écrire. La carte panoramique était un type de carte communément utilisé pour représenter les villes américaines et canadiennes vers la fin du XIXe et le début du XXe siècles. Également connues sous le nom de vues aériennes ou cartes de vue en perspective, ces œuvres représentent les villes vues d'en haut et en oblique. Pas toujours dessinées à l'échelle, ces cartes révèlent le tracé des rues, les bâtiments individuels ainsi que les caractéristiques essentielles du paysage, en perspective. Cette carte est de Thaddeus Mortimer Fowler (1842–1922), l'un des concepteurs de cartes panoramiques les plus prolifiques. Né à Lowell, dans le Massachusetts, Fowler combattit et fut blessé durant la guerre de Sécession. Après avoir travaillé pour un oncle photographe, il fonda sa propre société de cartes panoramiques en 1870. Au cours de sa longue carrière, Fowler réalisa les cartes panoramiques de villes dans 21 États américains et dans certaines régions du Canada.

La haftarah

Ce codex enluminé non daté, probablement du XVIIIe siècle, se compose d'une haftarah (également orthographiée haftara) de 263 feuilles de parchemin cousues ensemble dans une reliure en cuir. Dans la tradition juive, une haftarah est une lecture des Prophètes, qui a lieu lors du chabbat, des fêtes et des jours saints. Celle-ci contient les cinq livres de Moïse (ou Pentateuque), des parties des livres des Prophètes, des transcriptions des cinq livres relativement courts de la Bible hébraïque (Cantique des cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste et Esther) qui forment un groupe appelé les Hamech Meguilote (cinq rouleaux), le livre des proverbes, ainsi que des prières pour tous les jours, les chabbats et les jours saints (conformément à la pratique liturgique ashkénaze). Le scribe, et probablement enlumineur, de ce manuscrit fut Abraham bar Chizkija ha Lévi. Le manuscrit appartint auparavant à Samuel Gráf de Csakatorn et à Anton Kohn de Zagreb, qui l'eut en sa possession vers 1858. Un troisième propriétaire fut Moïse Issachar, fils d'Isaac de Schleining. Il est aujourd'hui conservé dans les collections de la Bibliothèque nationale de Slovaquie.

Lettre de Robert William Seton-Watson à Svetozar Hurban-Vajanský, 1908

La lettre présentée ici date du 15 juin 1908. L'auteur, R.W. [Robert William] Seton-Watson (1879-1951), historien et journaliste britannique, l'adresse à Svetozár Hurban-Vajanský (1847-1916), écrivain, journaliste, critique littéraire et homme politique slovaque. Seton-Watson s'intéressa de près et écrivit largement sur l'histoire des peuples slaves et sur la situation ethnique en Hongrie. Il était particulièrement préoccupé par le statut des Slovaques dans ce pays. Au fil du temps, il devint sympathisant et ami des Slovaques, et il rédigea des articles sur les conflits ethniques en Hongrie. Lors de ses maintes visites du territoire de la Slovaquie actuelle (qui faisait à l'époque partie de la Hongrie) avant la Première Guerre mondiale, il y établit des contacts avec des hommes politiques et des personnalités culturelles slovaques. La lettre aborde Les problèmes raciaux en Hongrie. Elle fut publiée en 1908 par Seton-Watson, sous le pseudonyme de Scotus Viator. Le livre constitue une étude détaillée, de quelque 500 pages, de la Hongrie et de son histoire, en particulier vis-à-vis de la situation de la minorité slovaque. Seton-Watson écrivit la quasi-totalité du livre, mais des auteurs slovaques contribuèrent à la rédaction de trois chapitres sur la culture populaire slovaque. Hurban-Vajanský produisit le chapitre intitulé « Poésie populaire slovaque ». Dans cette lettre, en allemand, Seton-Watson implore son collaborateur de lui transmettre son chapitre immédiatement, afin de pouvoir le traduire et l'envoyer à l'éditeur, et pour que le livre puisse être imprimé avant la fin du mois de septembre.

Annonce de récompense pour l'arrestation des organisateurs du mouvement nationaliste slovaque

L'annonce présentée ici fut émise par les autorités hongroises locales pour appeler à l'arrestation des dirigeants du soulèvement slovaque de 1848-1849, Ľudovít Štúr (1815-1856), Michal Miloslav Hodža (1811-1870) et Jozef Miloslav Hurban (1817-1888). Le placard est en trois langues : hongrois, allemand et slovaque. Il contient des descriptions des trois hommes recherchés et annonce une récompense de 100 forints pour leur arrestation. La Slovaquie faisait à cette époque partie de la Hongrie, elle-même au sein de l'Empire austro-hongrois. Quand la révolution de 1848 éclata en Hongrie, les dirigeants de la minorité slovaque publièrent leur « Pétition de la nation slovaque » réclamant des droits nationaux et individuels. Le gouvernement hongrois révolutionnaire de Lajos Kossuth refusa d'accorder des droits spécifiques à la minorité slovaque, ce qui amena le Conseil national slovaque sous Hurban, Štúr et Hodža à déclarer l'indépendance nationale le 19 septembre 1848. La révolte fut réprimée par les autorités hongroises, mais Hurban, Štúr, et Hodža devinrent des héros nationaux.

Harmonie du berger

Jeune homme, le compositeur, organiste et copiste Georgius (également appelé Jozef) Juraj Zrunek (1736–1789) entra dans l'ordre franciscain, où il excella dans l'enseignement de la musique. Il travailla notamment dans l'actuelle Slovaquie, à Hlohovec, en tant qu'organiste aux côtés de Paulin Bajan (1721-1792) et à Žilina avec Edmund Pascha (1714–1772), également connu sous le nom de Claudianus Ostern, frère franciscain, compositeur, poète et organiste. Les activités de Zrunek en tant que compositeur ont fait l'objet de recherches, car certaines de ses œuvres furent précédemment attribuées à Pascha. Zrunek fut un important créateur de cantiques et de messes de Noël. Ses œuvres comprennent l'Harmonia pastoralis (Harmonie du berger), recueil de trois œuvres composées dans les années 1760, dont la partition de sa propre main est présentée ici. La plus célèbre de ses compositions Harmonia pastoralis est sa Messe de Noël en fa majeur pour orgue, voix solo et chœur, qui combine de manière originale le texte latin de la messe ordinaire avec des parenthèses d'origine slovaque folklorique (correspondant à l'esprit de la scène traditionnelle de la Nativité). La deuxième messe de ce volume est écrite dans le même style bilingue. La troisième œuvre est l'antienne en latin Tota pulchra (Tu es toute belle). La page de titre d'un autre recueil de Zrunek, Prosae Pastorales (Chansons pastorales), conclut ce volume, mais le reste de cette œuvre n'est pas présent. Un autre manuscrit de la Bibliothèque nationale de Slovaquie, contenant Harmonia pastoralis, Prosae Pastorales et d'autres compositions de Zrunek, est également présenté sur le site de la Bibliothèque numérique mondiale.

Fragment du Picatrix

Le document présenté ici est un fragment de deux pages de l'ouvrage connu en Europe médiévale sous le nom de Picatrix. Ce livre, qui couvre à la fois l'astronomie, l'astrologie, les connaissances mystiques et occultes, l'alchimie et la magie, fut rédigé en arabe dans l'Espagne mauresque peu avant le milieu du XIe siècle. La version connue en Europe était une traduction latine d'un dialecte arabe original et perdu, datant de 1250 environ. L'ouvrage d'origine fut souvent attribué à l'astronome et mathématicien Maslama ibn Ahmad al-Majriti (mort en 1004 env.), mais cette attribution fut réfutée par les érudits modernes. Le titre « Picatrix » serait une distorsion du nom du célèbre physicien grec Hippocrate. Le fragment montré ici date du XIVe siècle et fut longtemps conservé à la bibliothèque piariste de Podolínec, dans le nord de la Slovaquie. Il est aujourd'hui conservé dans les collections de la Bibliothèque nationale de Slovaquie. Vers 1920, l'arabiste allemand Wilhelm Printz découvrit l'ouvrage original du Picatrix en arabe, dont le titre (Ghāyat al-Ḥakīm) fut traduit par « Le but du sage ».