3 mars 2016

Une carte précise des Carolines du Nord et du Sud, avec leur frontière indienne

Cette carte colorée à la main des Carolines, datant de 1775, est connue sous le nom de « Carte de Mouzon ». Henry Mouzon (1741–1807 env.), cartographe et ingénieur civil à la paroisse de Saint-Stephen, fut chargé par le gouverneur lord Charles Greville Montague de réaliser l'étude topographique de la Caroline du Sud, en 1771. La carte de Mouzon est plus détaillée et plus précise que les cartes précédentes des Carolines. S'étendant de l'océan Atlantique jusqu'aux Appalaches, à l'ouest, cette carte repose sur celle de la Caroline du Sud établie par James Cook, en 1773, et sur celle de John Collet, de la Caroline du Nord, réalisée en 1770. Les inexactitudes de ces anciennes cartes furent corrigées grâce aux données provenant d'études topographiques plus récentes. La nouvelle carte ainsi établie représentait mieux l'expansion à l'ouest, en 1772, de la frontière entre les deux colonies. Pour la Caroline du Nord, elle incluait les comtés de Tryon et Pelham (appelé par la suite Sampson) et ajoutait des caractéristiques géographiques telles que « White Oak ou Tryon Mountains » et « Kings Mountain ». Pour la Caroline du Sud, elle indiqua des rivières et des villages amérindiens, à l'ouest de la frontière amérindienne cherokee. Le territoire représenté dans la partie sud-ouest de la carte est indiqué comme étant les terres des amérindiens creek et comme faisant partie de la Géorgie. La carte révèle également les forts, les paroisses, les sentiers amérindiens et les sondages sur la côte caroline. Les cartouches, en bas à droite, montrent « la rade de Port Royal » et « le banc de sable et la rade de Charlestown ». Des études récentes ont remis en cause l'attribution de la carte à Mouzon et ont suggéré qu'elle était probablement l'œuvre du cartographe britannique Louis Delarochette (1731‒1802), inspirée des cartes de Cook et de Collet. Publiée à Londres par Robert Sayer et John Bennett, la carte fut la source principale des connaissances sur la géographie des Carolines pour les forces américaines, britanniques et françaises durant la guerre d'indépendance américaine. La copie présentée ici, dont une partie du titre est tronquée, appartenait au général Rochambeau. Cette carte est extraite de la collection Rochambeau, conservée à la Bibliothèque du Congrès, comptant 40 cartes manuscrites, 26 cartes imprimées et un atlas manuscrit qui appartint à Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807), commandant en chef de l'armée expéditionnaire française (1780-1782) durant la guerre d'indépendance américaine. Certaines de ces cartes furent utilisées par Rochambeau durant le conflit. Datant d'entre 1717 et 1795, elles couvrent la majeure partie de l'est de l'Amérique du Nord, de Terre-Neuve-et-Labrador, au nord, à Haïti, au sud. La collection inclut des plans urbains, des cartes de batailles de la guerre d'indépendance et de campagnes militaires, ainsi que d'anciennes cartes d'État des années 1790.

Esquisse de l'affrontement à Trenton, remise le 26 décembre 1776

Cette carte colorée à la main fut remise par le lieutenant Andreas Wiederholdt (1752–1805 env.), dans le cadre de son témoignage à la commission d'enquête hessoise sur la bataille de Trenton, qui se tint à Philadelphie en avril et mai 1778. La carte est une source précieuse d'informations sur la bataille qui se déroula le 26 décembre 1776. Le général George Washington, accompagné de l'armée continentale, remporta une victoire importante immédiatement après sa célèbre traversée du fleuve Delaware. Les Hessois furent une force auxiliaire allemande aux côtés des Britanniques durant la guerre d'indépendance américaine. L'officier hessois Wiederholdt appartenait au régiment de Knyphausen. Il s'enrôla tout d'abord comme soldat, puis il atteignit rapidement le grade de sergent-major avant de devenir officier. Après avoir montré beaucoup de dévouement à ses hommes, il fut promu capitaine, le plus haut grade qu'il ait atteint. Durant la guerre, Wiederholdt tint un journal qu'il appela Tagebuch. Ces mémoires personnels complétés de l'esquisse de la ville de Trenton et de sa campagne environnante constituent des informations importantes sur la planification qui précéda la bataille. Wiederholdt fut forcé de remettre son journal au tribunal et son esquisse de la bataille joua un rôle important dans l'enquête. Les trois régiments hessois étaient commandés par le colonel Johann Rall, à qui Wiederholdt rapporta, par erreur, que l'armée de Washington avait complètement encerclé Trenton. Rall succomba à ses blessures et près de 900 Hessois furent faits prisonniers. La carte, qui n'est pas à l'échelle, montre les itinéraires d'attaque de Washington ainsi que les positions des troupes américaines durant la bataille. La ville de Trenton est cartographiée au nord-est, avec le fleuve Delaware au sud de la ville. Dans plusieurs angles du plan figurent les voies environnantes qu'il était possible d'emprunter en cas de retraite. Wiederholdt inclut des représentations picturales des rivières, des transbordeurs et des routes menant à Trenton, ainsi que la végétation et le relief. Des notes sur différents points de repère et des références sont indiquées sur la carte. Cette carte est extraite de la collection Rochambeau, conservée à la Bibliothèque du Congrès, comptant 40 cartes manuscrites, 26 cartes imprimées et un atlas manuscrit qui appartint à Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807), commandant en chef de l'armée expéditionnaire française (1780-1782) durant la guerre d'indépendance américaine. Certaines de ces cartes furent utilisées par Rochambeau durant le conflit. Datant d'entre 1717 et 1795, elles couvrent la majeure partie de l'est de l'Amérique du Nord, de Terre-Neuve-et-Labrador, au nord, à Haïti, au sud. La collection inclut des plans urbains, des cartes de batailles de la guerre d'indépendance et de campagnes militaires, ainsi que d'anciennes cartes d'État des années 1790.

L'État du New Hampshire. Carte dressée principalement à partir de levés réels

Cette carte du New Hampshire fut réalisée en 1794 par Samuel Lewis (1753 ou 1754–1822), dessinateur et graveur de Philadelphie. Elle était destinée à l'Atlas général pour l'édition Carey de la Nouvelle géographie universelle de Guthrie, publié à Philadelphie en 1795. Elle présente cinq comtés du New Hampshire, Cheshire, Grafton, Hillsborough, Rockingham et Stratford, avec leurs frontières, leurs villes et villages principaux, leurs routes et voies navigables, leurs montagnes et leurs îles. La plus grande partie de la région nord de la carte est vide, avec la mention, sur l'extrémité supérieure, « Portage indien » (portage de canoë). Lewis identifie les montagnes Blanches comme les collines Blanches, qu'il décrit comme apparaissant « à de nombreuses lieues en mer comme des nuages blancs s'élevant juste au-dessus de l'horizon ». Dartmouth College, fondé en 1769, est indiqué à gauche sur la carte. James Smither, originaire de Philadelphie, grava la carte. Mathew Carey (1760–1839), immigrant irlandais, travailla comme éditeur à Philadelphie. Il était spécialisé dans les cartes, atlas et ouvrages de géographie. En 1795, il publia le premier atlas paru aux États-Unis, l'Atlas américain. Les premiers éditeurs américains, tels que Carey, qui n'étaient pas liés pas des accords internationaux sur les droits d'auteur, réutilisèrent des sources européennes pour imprimer un grand nombre d'atlas et de textes de géographie. Carey combina des cartes venues d'Europe, publiées initialement à Londres par William Guthrie en 1770, à des cartes mises à jour des États-Unis pour réaliser la Nouvelle géographie universelle de Guthrie. Cette carte est extraite de la collection Rochambeau, conservée à la Bibliothèque du Congrès, comptant 40 cartes manuscrites, 26 cartes imprimées et un atlas manuscrit qui appartint à Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807), commandant en chef de l'armée expéditionnaire française (1780-1782) durant la guerre d'indépendance américaine. Certaines de ces cartes furent utilisées par Rochambeau durant le conflit. Datant d'entre 1717 et 1795, elles couvrent la majeure partie de l'est de l'Amérique du Nord, de Terre-Neuve-et-Labrador, au nord, à Haïti, au sud. La collection inclut des plans urbains, des cartes de batailles de la guerre d'indépendance et de campagnes militaires, ainsi que d'anciennes cartes d'État des années 1790.

Carte des dominions britanniques et français en Amérique du Nord avec indication des routes, des distances, des frontières et de l'étendue des colonies

Cette carte de repérage de l'Amérique du Nord publiée en 1755 montre la souveraineté des Britanniques sur de vastes parties du continent au début de la guerre de la Conquête (1754–1763). Ce document est peut‑être la plus célèbre carte d'Amérique du Nord du XVIIIe siècle. Créée par John Mitchell, virginien d'origine qui se rendit à Londres vers l'âge de trente‑cinq ans, cette carte fut compilée à l'aide des informations fournies par les gouverneurs des colonies britanniques. Même si les territoires d'autres puissances européennes y apparaissent, elle fut réalisée dans le but de servir les intérêts britanniques. Les possessions françaises dans la vallée du Mississippi et dans celle de l'Ohio, selon les termes du traité d'Utrecht (1714) n'y sont pas représentées. Par contre, les territoires revendiqués par les Anglais, s'étendant de l'ouest des monts Allegheny jusqu'au fleuve Mississippi, sont mis en valeur. Non seulement cette carte est une véritable source de renseignements géographiques, mais elle peut également être considérée comme une représentation de la domination anglaise en Amérique du Nord. Elle fut ultérieurement utilisée pour établir les frontières des États‑Unis lors du traité de Paris de 1783. La mise en couleur fut réalisée à la main et les reliefs apparaissent sous forme de dessins. Une carte intitulée « Nouvelle carte de la baie d'Hudson et du Labrador d'après la dernière étude de ces côtes » apparaît dans un cartouche dans l'angle supérieur gauche. Abel Buell fut fortement influencé par ce document lorsqu'il créa sa Carte des États‑Unis d'Amérique du Nord (1784), première carte des États‑Unis indépendants à être publiée. En comparant le cartouche de sa carte à la façon dont les territoires revendiqués s'étendent depuis la côte atlantique sur celle-ci, cette inspiration ne fait aucun doute. Les États allant jusqu'au Mississippi sur la création de Buell de 1784 y furent délimités de manière similaire. La carte présentée ici indique les provinces, certains comtés, un grand nombre de bourgs et de villes, les colonies frontalières, les forts, les routes, les distances entre les principales agglomérations, les cours d'eau et les lacs, les portages, les chutes d'eau, les villages amérindiens et les territoires tribaux, les « comptoirs » anglais sur les terres amérindiennes, les gisements de minéraux, les premiers itinéraires d'exploration, quelques champs de bataille et les reliefs. Les zones de pêche de l'Atlantique Nord, des chenaux du fleuve Saint‑Laurent et des Grands Lacs sont également représentées.

Amérique du Nord et Antilles, nouvelle carte de l'Empire britannique et de ses limites selon le traité de paix définitif de 1763, représentés avec précision, et des dominions détenus par les Espagnols, les Français et autres États européens

Suite au traité de Paris de 1763 marquant officiellement la fin de la guerre de la Conquête, les principales puissances coloniales européennes se partagèrent l'Amérique du Nord. L'article VII de ce traité, mis en évidence dans l'angle inférieur droit de la carte, définit la frontière entre les territoires français et britanniques sur le continent par « une ligne longeant le centre du fleuve Mississippi ». Les frontières coloniales visibles sur ce document, d'après les termes du traité, représentent les possessions britanniques officiellement reconnues à l'est du fleuve Mississippi. Des cartes plus anciennes, comme la Carte des dominions britanniques et français en Amérique du Nord avec indication des routes, des distances, des frontières et de l'étendue des colonies (réalisée par John Mitchell en 1755), avait déjà entériné ces revendications territoriales, mais à l'époque celles‑ci étaient toujours contestées par la France et par l'Espagne. La mise en couleur fut réalisée à la main et les reliefs apparaissent sous forme de dessins. Ce document comprend des notes historiques intitulées « Extrait du traité de paix, des proclamations, etc., relatifs à l'Amérique et aux Antilles » et deux vignettes représentant des cartes du Canada : « Carte détaillée de Baffin et de la baie d'Hudson », dans l'angle supérieur gauche, et « Carte du pays situé entre Montréal, Albany et Oswego », dans l'angle inférieur gauche. Cette carte indique les frontières des provinces, les bourgs et les villes, les villages amérindiens et les territoires tribaux, les forts, quelques routes, les portages, les chutes d'eau et certaines industries. Les brisants et les hauts‑fonds à proximité de la côte, les routes de navigation et les dangers que les navires pouvaient rencontrer entre le golfe du Mexique et les Caraïbes y sont aussi signalés.

Elkins, en Virginie‑Occidentale, 1897

Cette carte panoramique montre Elkins (Virginie‑Occidentale) telle qu'elle était en 1897. La ville devint une plateforme ferroviaire dans les années 1880 sous l'égide de deux entrepreneurs et hommes politiques : Henry Gassaway Davis (1823–1916) et Stephen Benton Elkins (1841–1911), qui lui donna son nom. Les deux hommes furent sénateurs de Virginie‑Occidentale. Ce document représente la ville d'Elkins, située le long de la rivière Tygart's Valley enjambée par deux ponts, le premier réservé au chemin de fer (longeant Railroad Avenue) et le second aux personnes à pied ou utilisant un autre moyen de locomotion (dans la continuité de Davis Avenue). À l'extrémité de la ville, un train se déplace sur le réseau du West Virginia Central Railroad. Le chemin de fer permit l'avènement des industries en rapport avec l'exploitation de ressources naturelles comme le charbon et le bois destiné à la construction. L'index figurant au bas de la carte indique les lieux dignes d'intérêt, notamment la plateforme ferroviaire, les principales installations industrielles, les boutiques, les écoles, les églises (presbytérienne, baptiste, catholique, méthodiste, baptiste réservée aux gens de couleur, et des Frères unis en Jésus Christ) et l'opéra. La carte panoramique était un type de carte communément utilisé pour représenter les villes américaines et canadiennes vers la fin du XIXe et le début du XXe siècles. Également connues sous le nom de vues aériennes ou cartes de vue en perspective, ces œuvres représentent les villes vues d'en haut et en oblique. Pas toujours dessinées à l'échelle, ces cartes révèlent le tracé des rues, les bâtiments individuels ainsi que les caractéristiques essentielles du paysage, en perspective. Cette carte est de Thaddeus Mortimer Fowler (1842–1922), l'un des concepteurs de cartes panoramiques les plus prolifiques. Né à Lowell, dans le Massachusetts, Fowler combattit et fut blessé durant la guerre de Sécession. Après avoir travaillé pour un oncle photographe, il fonda sa propre société de cartes panoramiques en 1870. Au cours de sa longue carrière, Fowler réalisa les cartes panoramiques de villes dans 21 États américains et dans certaines régions du Canada.