22 septembre 2015

Esquisse 2. Concentration française, 1914. Plan Schlieffen

Cette carte illustre de façon simplifiée le plan conçu par le comte Alfred von Schlieffen (1833–1913), chef de l'état–major général de l'Empire allemand, devant assurer une victoire rapide des Allemands dans ce qui allait devenir la Première Guerre mondiale. Stratégiste militaire, Schlieffen était principalement soucieux de la position géographique vulnérable de l'Allemagne. Située entre la France et la Russie, devenues alliées en vertu d'un traité signé en 1894, l'Allemagne allait inéluctablement devoir combattre sur deux fronts en cas de différends avec l'un de ces deux pays. Schlieffen conclut que l'Allemagne devait attaquer d'abord la France, ennemie possédant les plus grandes capacités militaires, en envoyant des troupes en Belgique neutre pour contourner une grande partie des défenses françaises, tandis que la Russie, dont la mobilisation nécessiterait plusieurs semaines, pouvait être tenue en échec avec des forces minimes. Le plan Schlieffen, initialement créé en 1905, gagna la confiance du Haut Commandement allemand sous le successeur de Schlieffen, Helmuth von Moltke. Il fut retravaillé et peaufiné jusqu'à ce que les Allemands soient certains de triompher sur la France en six semaines, après quoi les troupes seraient transférées par voie de chemin de fer pour vaincre les Russes. Le plan échoua pour diverses raisons et l'Allemagne s'enlisa rapidement dans un conflit sanglant qui dura plus de quatre ans, s'achevant par une défaite. La carte appartient à la collection constituée par le général Tasker Howard Bliss (1853–1930) durant son service dans l'armée américaine pendant la Première Guerre mondiale et à la conférence de paix de Paris de 1919.

Ordre de bataille sur le front de l'Ouest. À 11 heures du matin, le 11 novembre 1918

La Première Guerre mondiale prit fin avec l'entrée en vigueur de l'armistice à 11 heures du matin, le 11 novembre 1918. Cette carte, dressée au Q.G. du général John J. Pershing, commandant des forces expéditionnaires américaines, montre l'ordre de bataille au moment de l'arrêt des combats. Les forces alliées sont déployées en un grand arc s'étendant de la frontière suisse à la mer du Nord, avec les Belges et les Britanniques à gauche, les Français au centre et à droite, et les Américains occupant une position centrale entre deux armées françaises. Les armées britanniques comptaient des divisions australiennes, canadiennes et néozélandaises, tandis que les forces françaises incluaient des troupes coloniales, notamment du Maroc. Des divisions du Portugal, de la Pologne et de l'Italie étaient également présentes. Le dernier chapitre de la guerre commença le 26 septembre, lorsque les armées britanniques, françaises, belges et américaines lancèrent l'offensive le long d'un large front avec 213 divisions, et 127 divisions en réserve. Des 185 divisions allemandes défendant leurs positions, seulement 49 furent classées par les services de renseignement alliés comme totalement aptes au combat. Au début, l'armée allemande lutta avec ténacité, reculant vers ses lignes défensives successives. Toutefois, confrontées à une défaite certaine et à une révolution au pays, les autorités allemandes n'eurent d'autre choix que de demander la paix. Le Kaiser Guillaume II fut forcé d'abdiquer et s'exila aux Pays–Bas. Les armées et leurs commandants, les corps au sein des armées et leurs commandants, ainsi que les divisions composant les corps, figurent sur la carte. Les divisions sont indiquées par leur numéro, à l'encre noire pour signifier les troupes « fraîches » et à l'encre rouge pour les troupes « fatiguées ». La carte inclut des tableaux répertoriant les divisions allemandes détruites depuis le 16 juillet, ainsi que le statut de toutes les divisions sur le front de l'Ouest et des divisions américaines. La carte appartient à la collection constituée par le général Tasker Howard Bliss (1853–1930) durant son service dans l'armée américaine pendant la Première Guerre mondiale et à la conférence de paix de Paris de 1919.

Carte de l'Europe montrant les pays tels qu'établis par la conférence de paix de Paris

Cette carte, publiée par la revue National Geographic en 1920, montre les changements territoriaux en Europe provoqués par la Première Guerre mondiale et convenus à la conférence de paix de Paris de 1919. La légende dans l'angle inférieur gauche est composée des différentes lignes de couleur marquant les nouvelles frontières politiques définitivement décidées, les nouvelles frontières politiques non encore définies, les territoires soumis à un plébiscite, les territoires internationaux et les frontières des pays avant la guerre. Le conflit et le processus de rétablissement de la paix qui s'ensuivit entraînèrent la restitution des provinces de l'Alsace et de la Lorraine à la France (qui les avait perdues au profit de l'Allemagne durant la guerre franco–allemande de 1870–1871), le transfert de petits territoires de l'Allemagne à la Belgique et au Danemark, l'établissement d'un État indépendant polonais à partir de territoires appartenant précédemment aux Empires allemand, russe et austro–hongrois, la dissolution de l'Autriche–Hongrie et la création des États indépendants d'Autriche, de Hongrie et de Tchécoslovaquie, ainsi que l'établissement d'un État sud–slave (Yougoslavie), réunissant le royaume de Serbie et des territoires faisant auparavant partie de l'Empire austro–hongrois. En outre, la ville libre de Dantzig (aujourd'hui Gdańsk, en Pologne) fut fondée et l'Autriche dut céder la région du Trentin à l'Italie. Comme la carte l'illustre, la situation en Europe de l'Est était encore très instable. Les États récemment établis de la Lettonie, de la Lituanie et de l'Estonie sont indiqués, mais leurs frontières, et celles de la Pologne et de la Russie (qui allait bientôt devenir l'Union soviétique), sont marquées comme non encore définies. Certains de ces changements politiques et territoriaux persistent jusqu'à ce jour. D'autres, qui suscitèrent trop d'instabilité, furent annulés dans les années 1930, pendant la Deuxième Guerre mondiale ou même dans les années 1990, notamment avec l'éclatement de la Tchécoslovaquie, de l'Union soviétique et de la Yougoslavie. Un cartouche montre en détail les Dardanelles. L'échelle est fournie en kilomètres et en miles. La carte appartient à la collection constituée par le général Tasker Howard Bliss (1853–1930) durant son service dans l'armée américaine pendant la Première Guerre mondiale et à la conférence de paix de Paris de 1919.

Ordre de bataille présumé de l'ennemi. 7 octobre 1918

Cette carte de l'armée des États–Unis, datant de la Première Guerre mondiale, montre la ligne américaine et la ligne opposée allemande, ainsi que l'ordre de bataille présumé de l'ennemi, à proximité de Sommerance, en France, le 7 octobre 1918. Les forces allemandes sont catégorisées en fonction de leurs compétences de combat, les meilleures unités étant de la première classe et les plus faibles de la quatrième. Les unités sont réparties en division, puis en régiment. La durée qu'elles passèrent sur la ligne de front est indiquée, ce qui permettait aux planificateurs de déterminer l'efficacité au combat ou la lassitude d'une unité donnée. Le territoire saisi suite à une attaque mineure américaine le 6 octobre figure sur la carte. Les informations contenues dans ce type de carte provenaient de sources variées, notamment de cartes allemandes capturées, de déclarations de prisonniers de guerre, et de photographies et de surveillances aériennes. Les combats représentés ici entraient dans le cadre de la grande offensive qui se déroula du 26 septembre au 11 novembre 1918, dernier effort produit sur l'ensemble du front de l'Ouest, grâce auquel les Alliés espéraient repousser les Allemands hors de France et, par conséquent, gagner la guerre. La principale attaque américaine fut menée par la 1ère armée sous le commandement du général John J. Pershing, au niveau de la partie d'environ 35 kilomètres de large sur le front entre la Meuse et la forêt d'Argonne. Trois corps, comptant chacun trois divisions et une en réserve, lancèrent l'offensive. Le 5e corps attaqua au centre et devait porter le coup de grâce, flanqué du 1er corps à gauche et du 4e à droite. Pour mener à bien l'opération, 600 000 troupes américaines durent relever avant l'assaut 220 000 soldats français épuisés et las. La zone est représentée à l'échelle 1:20 000. La carte appartient à la collection du général de division Charles P. Summerall de l'armée américaine, commandant du 5e corps.

Positions alliées et ennemies dans la région de Sommerance. 2 octobre 1918

Cette carte de l'armée américaine montre la situation du front de l'Ouest, dans la région de Sommerance, le 2 octobre 1918, un peu plus d'un mois avant la fin de la Première Guerre mondiale. Elle identifie les positions allemandes et fut distribuée aux officiers jusqu'au niveau du commandement des compagnies. Une note précise que les « informations sont issues de cartes allemandes saisies, de déclarations de prisonniers et de photographies aériennes récentes ». La Kriemhilde Stellung, extrémité est de la grande ligne Hindenburg, composée d'un vaste système de défenses dans le nord-est de la France, est visible derrière la ligne des tranchées allemandes. Les Allemands firent construire la ligne durant l'hiver 1916–1917 par les prisonniers de guerre russes. Une autre note sur la carte indique : « Depuis deux mois, des hommes travaillent sur ces tranchées, les agrandissant et creusant de profonds abris pouvant contenir de 50 000 à 100 000 hommes chacun ». Des symboles marquent l'emplacement des mitrailleuses, des mortiers, des ponts, des lignes de chemin de fer, des abris, des dépôts de munitions, des zones minées, des câbles téléphoniques, des casernes, des hôpitaux, des montgolfières, ainsi que d'autres caractéristiques des champs de bataille. La zone est représentée à l'échelle 1:20 000. La carte appartient à la collection du général de division Charles P. Summerall de l'armée américaine, commandant du 5e corps de la 1ère armée sous le général John J. Pershing.

Nationalités des peuples sujets dans l'alliance germanique. À partir des conditions de paix des Alliés, telles que déclarées dans leur réponse à la note du président Wilson du 19 décembre 1916

En décembre 1916, le président des États–Unis, Woodrow Wilson, chef de la première puissance mondiale neutre, proposa un plan mettant fin à la Grande Guerre avec une « paix sans victoire ». Wilson demanda aux Alliés et aux Empires centraux de lui transmettre leurs conditions pour résoudre le conflit. Dans leur réponse à la note de Wilson, les puissances alliées déclarèrent : « Le monde civilisé sait que les objectifs des Alliés incluent la réorganisation de l'Europe, garantie par un régime stable et fondée aussi bien sur le respect des nationalités que sur le droit à la pleine sécurité et à la liberté de développement économique que possèdent tous les peuples, petits et grands ». Les Français et les Britanniques n'avaient aucun intérêt à négocier une paix sans victoire ou à accorder ce que Wilson appelait le droit à l'autodétermination à leurs peuples sujets. Ils étaient toutefois enclins à utiliser la question de la nationalité dans le cadre de leur campagne de propagande contre leurs ennemis. Cette carte de 1917, publiée en Grande–Bretagne et basée sur des sources allemandes d'avant–guerre, met en évidence la diversité ethnique et le grand nombre de peuples sujets au sein des populations des puissances de l'alliance germanique. Si l'Allemagne impériale proprement dite avait une population relativement homogène, avec 92 pour cent d'Allemands ethniques, il en était autrement pour l'Autriche–Hongrie et l'Empire ottoman. Comme les tableaux dans l'angle supérieur droit de la carte l'indiquent, la région de l'Empire austro–hongrois gouvernée par l'Autriche comptait seulement 35 pour cent d'Allemands, tandis que les régions de la double monarchie sous le contrôle hongrois n'étaient composées que de 48 pour cent de Magyars. Les Turcs ethniques constituaient uniquement 35 pour cent de la population de l'Empire ottoman. Les hachures permettent d'identifier les régions habitées par les peuples différents, notamment des Slaves de nationalités variées, des Roumains, des Italiens et, dans l'Empire ottoman, des Arabes, des Arméniens, des Kurdes, etc. Après la Première Guerre mondiale, les Empires austro–hongrois et ottoman furent dissolus conformément au principe d'autodétermination nationale et remplacés par des États plus petits. L'Allemagne devint davantage homogène sur le plan ethnique lorsqu'elle perdit la plupart de ses territoires peuplés de Polonais, d'Alsaciens, de Danois et d'autres minorités. La zone est représentée à l'échelle 1:4 300 000 environ.