4 août 2015

Cherokee Phoenix, volume 1, n° 3, 6 mars 1828

Le Cherokee Phoenix fut le premier journal amérindien. Le syllabaire, ou alphabet, cherokee, fut inventé par l'orfèvre cherokee Sequoyah (1770−1843 env.) et adopté en 1821 par le gouvernement tribal qui, quatre ans plus tard, alloua 1 500 dollars pour produire un journal bilingue. La publication du Cherokee Phoenix commença à New Echota (aujourd'hui près de l'actuelle Calhoun, dans l'État de Géorgie) le 21 février 1828. Les textes en cherokee et en anglais étaient imprimés côte à côte. Elias Boudinot (mort en 1839), maître d'école cherokee, édita le journal, assisté du missionnaire Samuel Worcester (1798–1859). Boudinot, conscient que les difficultés auxquelles faisaient face les Cherokees touchaient également d'autres tribus, décida de changer le nom du journal en Cherokee Phoenix, and Indians' Advocate en mars 1829. À l'époque, les Cherokees menaient une existence relativement prospère ; ils vivaient dans des maisons en charpente, et étaient dotés d'un gouvernement bien organisé et d'une constitution écrite. Toutefois, l'État de Géorgie invalida toutes les lois tribales lorsque de l'or fut découvert sur leurs terres et, en 1829, la ruée vers l'or battait son plein. Les colons blancs s'empressèrent de saisir ces territoires. Suite à l'adoption en 1830 de l'Indian Removal Act (loi relative au déplacement des Amérindiens), les Cherokees furent contraints de quitter leurs terres ancestrales et de s'installer dans les régions à l'ouest du fleuve Mississippi. Le manque d'encre et d'imprimeurs entrava la publication du journal. Après la démission forcée de Boudinot en 1832, Elijah Hicks devint le dernier éditeur du journal. Worcester, malgré son emprisonnement pour avoir refusé de prêter le serment d'allégeance à l'État, continua à contribuer au Cherokee Phoenix en écrivant des articles jusqu'en janvier 1833, lorsqu'il dut démissionner de la revue et quitter la Géorgie. Le dernier numéro du journal parut le 31 mai 1834, peu avant la saisie de la presse par la milice géorgienne. En 1838−1839, les Cherokees furent expulsés vers l'Oklahoma. On estime que 4 000 membres de la tribu périrent durant cette marche forcée, aujourd'hui appelée la Piste des larmes. Bien qu'ils perdissent un quart de leur population, les Cherokees entreprirent la publication d'un autre journal, le Cherokee Advocate. La Bibliothèque numérique mondiale présente ici 82 numéros du Cherokee Phoenix et du Cherokee Phoenix, and Indians' Advocate, parus entre 1828 et 1834.
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19 août 2015

« Œuvres du philosophe de Sans–Souci » de Frédéric le Grand. Volumes I–III

Cette édition, en trois volumes, d'œuvres choisies de Frédéric II, roi de Prusse, fut imprimée en 1749−1750. Il s'agit du premier ouvrage imprimé sur la presse privée de Frédéric, au palais de Sans–Souci. Le roi intitula l'édition, dont le contenu était entièrement en français, Œuvres du philosophe de Sans–Souci. (Sans–Souci était le nom du palais d'été construit par Frédéric tout près de Berlin entre 1745 et 1747.) Le premier volume contient l'épopée burlesque Le Palladion, qui fut écrite comme une arlequinade et qui dut rester un secret absolu en raison de sa dure satire adressée aux contemporains de Frédéric et à la religion chrétienne. Seules 24 copies furent produites. Le Palladion fut initialement imprimé pendant l'été 1749, mais l'ouvrage comportait tellement de défauts que le roi fit imprimer en janvier 1750 une édition révisée, qu'il édita lui–même, également en 24 copies. De l'édition de 1749, uniquement un exemplaire, désormais disparu, survécut. Les second et troisième volumes des Œuvres parurent en 40 copies. Le second volume inclut 8 odes et 16 poèmes, appelés « épîtres ». Le troisième volume est composé de 10 épîtres, de 11 lettres (principalement adressées à Voltaire) et de 3 œuvres en prose. La presse privée du roi continua à produire des exemples extrêmement rares de livres d'art du XVIIIe siècle jusqu'en 1752. Ces ouvrages, conçus dans un style fidèle à celui du « philosophe de Sans–Souci », créèrent un cadre adéquat pour les ouvrages historiographiques, littéraires et poétiques de Frédéric.

« Œuvres du philosophe de Sans–Souci » de Frédéric le Grand. Volume I

Cette édition, en trois volumes, d'œuvres choisies de Frédéric II, roi de Prusse, fut imprimée en 1749−1750. Il s'agit du premier ouvrage imprimé sur la presse privée de Frédéric, au palais de Sans–Souci. Le roi intitula l'édition, dont le contenu était entièrement en français, Œuvres du philosophe de Sans–Souci. (Sans–Souci était le nom du palais d'été construit par Frédéric juste en–dehors de Berlin entre 1745 et 1747.) Le premier volume contenait l'épopée burlesque Le Palladion, qui fut écrite comme une arlequinade et qui dut rester un secret absolu en raison de sa dure satire adressée aux contemporains de Frédéric et à la religion chrétienne. Le volume fut imprimé en 24 exemplaires seulement. Après son arrivée à Potsdam en juillet 1750, Voltaire (1694−1778) fut chargé d'éditer les second et troisième volumes des Œuvres de 1750, mais pas le premier volume qui incluait Le Palladion. Par la suite, Frédéric fit imprimer sur la presse de Sans–Souci un nouveau premier volume des Œuvres, comportant les 8 odes et les 16 poèmes appelés épîtres, ou missives, du second volume de 1750, édités et corrigés par Voltaire. Le volume inclut également d'autres odes (dont une est adressée à Voltaire) et épîtres, ainsi que la première impression de L'art de la guerre de Frédéric, poème en six cantos, accompagné de gravures à l'eau–forte de Georg Friedrich Schmidt dessinées selon les esquisses de Blaise Nicolas Le Sueur.

Mémoires de la Maison de Brandebourg

Mémoires pour servir à l'histoire de la Maison de Brandebourg est une histoire de la dynastie de Brandebourg par Frédéric II, roi de Prusse, qui appartenait lui–même à cette lignée. L'ouvrage, lu à l'Académie prussienne des sciences en 1747−1748, parut en trois parties. Sa première impression complète, datant de 1751, est présentée ici. Elle fut produite sur la presse privée de Frédéric, au palais de Sans–Souci, près de Berlin. L'ouvrage fut considéré comme le quatrième volume des Œuvres du philosophe de Sans–Souci de Frédéric, bien qu'il ne parût pas sous ce titre. Dans l'ensemble, le style de l'édition correspond sensiblement à celui des Œuvres. L'artiste Georg Friedrich Schmidt créa indépendamment, de la conception à l'exécution, les trois premières vignettes, ainsi que le frontispice, dont le « Veritas » est conçu de façon plus professionnelle que celui du Palladion (premier volume de l'édition de 1749−1750 des Œuvres). Le peintre français Blaise Nicolas Le Sueur fournit les esquisses des vignettes restantes.

Hymne acathiste pour sainte Barbe

Akafist Sviatieĭ velikomuchenitsie Varvarie (Hymne acathiste pour sainte Barbe) honore sainte Barbe la grande martyre d'Héliopolis (morte en l'an 305), dont les reliques furent transférées au début du XIIe siècle de Constantinople à Kiev, où elles demeurent encore aujourd'hui. La fête de la sainte, qui offrirait protection contre la mort subite et inattendue, est célébrée le 4 décembre. L'hymne fut imprimé pour la première fois à la fin du XVIIe siècle à la presse de la laure de Kievo–Petchersk, également appelée monastère des Grottes de Kiev. Selon l'historien et évêque, Eugène Bolkhovitinov, l'hymne fut écrit par l'évêque métropolite de Kiev Josaphat Krokovski, également connu pour ses travaux sur le Paterikon des grottes de Kiev en 1702. Une autre édition existante de l'hymne fut produite à l'imprimerie de Moguilev (1698). Akafist Sviatieĭ velikomuchenitsie Varvarie, imprimé à 20 reprises environ au XVIIIe siècle à Kiev, devint très populaire auprès des adeptes de l'Église orthodoxe orientale. L'édition de 1788 est une réimpression de celle de Kiev. Elle fut produite à la presse de la laure de la Dormition de la Mère de Dieu de Potchaïv, probablement pour répondre aux besoins des vieux–croyants vivant dans la République des Deux Nations.

Carte de l'île de Terre–Neuve, 1689

Cette carte nautique du golfe du Saint–Laurent fut dressée en 1689 à Plaisance (aujourd'hui Placentia, sur l'île de Terre–Neuve, au Canada), capitale française de Terre-Neuve, par le cartographe basque Pierre Detcheverry pour le gouverneur Antoine Parat. Elle comporte de nombreux toponymes en langue basque et localise les multiples mouillages sur la côte entre Terre–Neuve et Tadoussac (l'actuel Québec). Les Basques et les Portugais furent les premiers arrivés dans les zones de pêche au large de Terre–Neuve. Ils commencèrent à y pêcher la baleine et la morue en 1525 environ, en naviguant vers l'Amérique du Nord au printemps et en regagnant leurs ports d'attache dans le golfe de Gascogne en décembre ou en janvier, lorsque l'état des glaces empirait dans l'Atlantique Nord. À la fin du XVIIe siècle, période à laquelle cette carte fut réalisée, les pêcheurs et les marins français, dont bon nombre étaient Basques, naviguaient ces eaux depuis plus de 150 ans. L'échelle est indiquée en lieues, ancienne unité de mesure française variable selon les degrés et l'époque. Très approximativement, une lieue équivalait à trois kilomètres. La carte appartient à la collection du Service hydrographique de la Marine conservée à la Bibliothèque nationale de France, où elle fut déposée en plusieurs étapes entre 1942 et 1965. La collection est issue du Dépôt général des cartes et plans, journaux et mémoires de la Marine française, qui fut créé par le roi Louis XV en 1720 afin de recueillir la documentation nécessaire à l'établissement de cartes nautiques fiables.