9 juin 2015

Carte de l'Arabie du Nord–ouest et du Najd

Cette carte représente des régions des actuelles Jordanie et Arabie saoudite. Elle fut dessinée par le voyageur britannique Charles Montagu Doughty (1843−1926) et publiée en 1884. Une carte similaire accompagna la première édition du célèbre ouvrage de Doughty, Voyages en Arabie déserte, qui parut en 1888. La carte montre l'Arabie du Nord–ouest et le Najd (Nejd), plateau distant du centre de l'Arabie saoudite. Elle indique les principaux établissements humains et caractéristiques topographiques, ainsi que les routes que Doughty emprunta lorsqu'il sillonna avec des caravanes et des guides les terres entre Damas et les alentours de La Mecque. La carte occupe l'ensemble de la feuille, avec un cartouche représentant la première partie du voyage de Doughty, de Jerash, ou Gérasa, au nord, à Aqaba, au sud (villes aujourd'hui en Jordanie). Outre le tracé des itinéraires de Doughty, la carte indique les routes, les villages, les pistes de caravanes et les oueds. Le relief est représenté par des hachures et l'échelle est fournie en miles. La carte fut publiée par Edward Weller pour le journal Les actes de la Société royale de géographie. Éditeur et marchand de cartes londonien, Stanford (1827–1904) fonda en 1853 sa société, dont les visiteurs incluaient des explorateurs et des hommes politiques. Contrairement aux nombreux Britanniques à la fois diplomates, soldats et intellectuels, qui voyagèrent à travers l'Arabie, Doughty était surtout un érudit. L'objectif de ses périples en Arabie visait à faire la lumière sur l'un des hinterlands de l'histoire biblique. Doughty réalisa des copies d'inscriptions préislamiques qui furent par la suite publiées en France. Si certains comparèrent son style de prose à celui de la Bible du roi Jacques Ier, d'autres critiquèrent le fait qu'il combina le style victorien et la syntaxe élisabéthaine. Doughty lui–même mit en garde au sujet de Voyages en Arabie déserte en affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une lecture facile. Après une lente reconnaissance du public, l'ouvrage atteignit un statut de classique. Doughty est également connu pour son épopée originale, en six volumes, de l'histoire mythique d'Angleterre, intitulée L'aurore en Grande–Bretagne.

Carte de l'Arabie et du golfe Persique

Cette carte de la péninsule arabique et du golfe Persique met l'accent sur les caractéristiques géographiques et les routes de transport, selon les relevés effectués en 1916 par le service topographique de l'Inde, branche cartographique du gouvernement britannique de l'Inde. Elle fut réalisée au début de la campagne britannique contre l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale. Si la carte offre une vue d'ensemble du théâtre de guerre au Moyen–Orient, elle n'était pas destinée à une opération militaire en particulier. Elle montre le chemin de fer du Hedjaz, les câbles télégraphiques sous–marins, les routes de pèlerinage et l'emplacement des installations pétrolières dans le sud–ouest de l'Iran, mais pas les frontières internationales. Babylone et les ruines sassanides à Ctésiphon, près de Bagdad, deux célèbres sites d'un grand intérêt archéologique, figurent sur la carte. La légende sur la deuxième feuille explique les abréviations et les symboles utilisés. Le relief est représenté par des hachures et des points cotés. Le service topographique de l'Inde fut initialement établi en 1767 pour assister la compagnie anglaise des Indes orientales, puis le gouvernement britannique l'utilisa pour administrer son empire en Asie du Sud. La carte parut en 1917 sous la direction du colonel Sidney Burrard, arpenteur général de l'Inde, à l'aide de la technique d'impression de photozincographie, procédé photographique utilisant des plaques de zinc développé en Grande-Bretagne et permettant la reproduction précise d'images et de texte. Elle fut imprimée à l'usine du service topographique à Dehradun, en Inde.

Répartition approximative des rites ou des écoles de droit, et des sectes religieuses de l'islam en Arabie

Cette carte est consacrée aux différentes appartenances religieuses dans la population musulmane du Moyen–Orient. Elle indique les régions habitées par les adeptes des quatre écoles de la jurisprudence sunnite et la répartition des populations chiites. Lorsqu'il n'est pas possible de représenter cette diversité visuellement, quelques paragraphes au bas de la feuille donnent davantage d'explications, notamment sur l'ordre senoussi à Médine, l'école malikite du droit islamique en Syrie et l'école hanafite en tant que droit officiel des provinces ottomanes. La carte, qui comporte de nombreux détails, inclut une multitude de petits villages et villes. Les déserts ou les régions « de faible culture », comme le désert d'Arabie, le Sinaï et le désert oriental d'Égypte, sont représentés par des espaces non colorés. Les informations fournies sur la carte datent de septembre 1918. La région couverte s'étend de Homs (Syrie) et de Qirmasin (actuelle Kermanshah, en Iran), au nord, à l'ensemble de la péninsule arabique, au sud et à l'est. Le cartographe italien prolifique Achille Dardano (1870−1938) créa la carte et Carlo Alfonso Nollini (1872−1938), érudit à une époque professeur du célèbre écrivain égyptien Taha Hussein, l'annota. La carte fut photolithographiée par le ministère italien des Colonies.

Arabie du Sud–ouest : Taiz, feuille 1

Cette carte de 1916 représente la partie sud–ouest de la péninsule arabique, aujourd'hui région de la République du Yémen. Grâce à sa grande échelle, la carte indique des détails sur les villes et les villages, les tribus, les caractéristiques topographiques, et inclut des notes avec des informations rarement fournies sur les cartes antérieures de la région. Elle s'étend des montagnes faiblement peuplées, au nord, au port de Moka (ou Mocha), au sud. La vaste plaine côtière longeant la mer Rouge, appelée la Tihama, est représentée comme un rivage peu peuplé avec des routes et des pistes atteignant les villes fortifiées de Taiz (aujourd'hui Ta'izz) et d'Ibb dans les hauts plateaux. La majeure partie de la péninsule arabique, y compris l'actuel Yémen, était sous la domination de l'Empire ottoman. Bien que la plupart des efforts politiques et militaires britanniques au début du XXe siècle fussent concentrés au nord, la région toute entière se trouva mêlée à la campagne britannique durant la Première Guerre mondiale visant à arracher le Moyen–Orient aux Ottomans. Une version de cette carte fut publiée en 1915. L'exemplaire présenté ici est une révision de 1916. Les nombres sur la carte correspondent aux élévations en pieds. La carte fut créée par le service cartographique britannique en coopération avec le service géographique de l'état–major au ministère de la Guerre, qui publia une série de neuf cartes de la péninsule, couvrant Ta'izz, La Mecque, Taïf, Kunfuda (ou al–Qunfudhah), Wadi Bishah, Abha, Wadi Shehran, Saada et Sanaa. Les informations cartographiques et ethnographiques sont issues des recherches du Britannique Francis Richard Maunsell (1861−1929), officier des services de renseignement de l'armée, voyageur et cartographe.

Arabie du Sud–ouest : Ebha, feuille 4

Cette carte de 1917 fait partie d'une série de neuf représentations à grande échelle de la région sud-ouest de la péninsule arabique. Elle fut publiée par le service cartographique britannique en coopération avec le service géographique de l'état–major au ministère de la Guerre, qui fit paraître un ensemble de cartes de la péninsule, couvrant Ta'izz, La Mecque, Taïf, Kunfuda (ou al–Qunfudhah), Wadi Bishah, Abha, Wadi Shehran, Saada et Sanaa. La carte est consacrée à la région autour de la ville d'Ebha (aujourd'hui Abha, en Arabie saoudite). Elle montre la côte de la mer Rouge et les zones de plateau faiblement peuplées bordant les terres plus élevées au sud. La majeure partie de la péninsule arabique était sous la domination de l'Empire ottoman. Bien que la plupart des efforts politiques et militaires britanniques au début du XXe siècle fussent concentrés au nord, la région toute entière se trouva mêlée à la campagne britannique durant la Première Guerre mondiale visant à arracher le Moyen–Orient aux Ottomans. La carte fut créée par le voyageur et officier des services de renseignement de l'armée Francis Richard Maunsell (1861−1929). Maunsell avait précédemment exploré et cartographié l'est de l'Anatolie, ainsi que les régions adjacentes de la Syrie, de l'Irak et de l'Iran. Bien que le gouvernement gardât jalousement ses comptes–rendus, certains passages furent publiés dans son article de 1901, intitulé « Kurdistan central » , dans la revue The Geographical Journal. Également photographe accompli, Maunsell prit des clichés spectaculaires lors de ses voyages en Arabie. Il est difficile de déterminer l'ampleur de ses connaissances personnelles sur l'Arabie du Sud–ouest. La carte comporte des notes répertoriant plusieurs sources utilisées par Maunsell pour sa réalisation, dont des cartes françaises et allemandes, et même de l'Amirauté turque.

Arabie du Sud–ouest : La Mecque, feuille 8

Cette carte fait partie d'une série de neuf représentations à grande échelle de la région sud-ouest de la péninsule arabique. La carte couvre les terres s'étendant entre La Mecque et son port de Jeddah (aujourd'hui Djedda), au nord, la ville d'al–Līth, au sud, sur la mer Rouge, et les régions arides vers le sud–ouest. La région dans son ensemble est appelée Hedjaz. La majeure partie de la péninsule arabique étant sous la domination de l'Empire ottoman, La Mecque joua un rôle essentiel dans la campagne britannique durant la Première Guerre mondiale visant à arracher le contrôle du Moyen–Orient aux Ottomans. Ce fut à La Mecque que le chérif Hussein ben Ali, souverain du Hedjaz, établit sa capitale. Dans un échange de correspondance en 1915−1916 avec sir Henry McMahon, Hussein forma une alliance militaire avec les Britanniques contre son suzerain ottoman. En retour, McMahon promit un État indépendant pour les Arabes avec Hussein comme roi, mais cette offre fut minée par une entente contradictoire passée avec les Français, à savoir les accords Sykes-Picot de 1916. Les conséquences de ces manœuvres diplomatiques et politiques jetèrent les bases de l'alignement actuel des États au Moyen–Orient. La carte fut créée par le service cartographique britannique en coopération avec le service géographique de l'état–major au ministère de la Guerre, qui publia une série de cartes du sud–ouest de la péninsule, couvrant Ta'izz, La Mecque, Taïf, Kunfuda (ou al–Qunfudhah), Wadi Bishah, Abha, Wadi Shehran, Saada et Sanaa. Les informations géographiques et ethnographiques sont issues des recherches du Britannique Francis Richard Maunsell (1861−1929), officier des services de renseignement de l'armée, voyageur et cartographe. Les sources répertoriées de Maunsell, datant d'entre 1824 et 1916, incluent une carte de l'état–major turc, des cartes de l'Amirauté, ainsi que des ouvrages allemands, français et britanniques. La carte comporte un petit glossaire de termes topographiques arabes. Les échelles de distance sont fournies en miles et en kilomètres, et le relief est indiqué par des lignes de contour et des points cotés en pieds.