9 juin 2015

Réalités historiques des principautés maritimes

Haqā'iq al-akhbār 'an duwal al-biḥār (Réalités historiques des principautés maritimes) est un manuel complet en trois volumes sur l'histoire des puissances maritimes européennes et moyen–orientales de l'Antiquité à la fin du XIXe siècle. Surtout destiné aux élèves de l'Académie militaire égyptienne, il fut écrit par l'amiral Isma'il Sarhank (ou Sarhang) de 1896 à 1898. Les deux premiers volumes contiennent d'importantes informations sur les forces militaires ottomanes et égyptiennes, données utiles pour retracer l'essor et le déclin du pouvoir militaire ottoman, et le développement des forces armées de l'Égypte au XIXe siècle. Malgré l'absence de bibliographie ou de toute mention des sources, le texte et les notes de bas de page indiquent clairement que Sarhank eut accès aux documents du palais égyptien, ainsi qu'à une riche bibliothèque d'histoire politique et militaire ottomane et européenne. L'amiral (parfois appelé général) Sarhank fut nazir (directeur) de l'Académie militaire égyptienne. Son père quitta la Crète pour immigrer en Égypte. On ne sait rien de l'éducation que l'auteur reçut au Caire, si ce n'est qu'il maîtrisait une demi–douzaine de langues européennes. Les trois volumes furent imprimés à la presse de Boulaq, imprimerie du gouvernement au Caire. Les derniers chapitres du troisième volume semblent n'être jamais parus.

Encyclopédie du XIVe siècle après l'Hégire, ou XXe siècle après Jésus–Christ : une référence pour la langue arabe et les sciences universelles

Cette encyclopédie en dix volumes s'efforce de réconcilier la croyance islamique avec les courants scientifiques et intellectuels de l'Occident au début du XXe siècle. Produit par un seul homme, Muhammad Farid Wajdi, ou Wadjdi (1875−1954)‏, l'ouvrage est organisé à la manière des ouvrages de référence européens, c'est–à–dire par ordre alphabétique, avec de longs essais sur des thèmes importants. Dans chacun des essais, l'auteur soutient que le Coran et les traditions prophétiques de l'islam sont révélatrices ou compatibles avec la science moderne et les philosophies rationnelles (mais pas matérialistes). La diffusion de l'encyclopédie, qui devait servir aux élèves de référence complète sur l'ensemble des connaissances humaines, fut approuvée dans toutes les écoles égyptiennes. Apologiste prolifique et prolixe de l'islam, également rédacteur en chef du journal d'al–Azhar, Wajdi compta parmi les éminents penseurs réformistes musulmans de son temps. Ces réformistes remirent en cause non seulement les méthodologies analytiques traditionnelles, mais également les approches orientalistes européennes. Sur le plan politique, ils étaient nationalistes, opposés à la fois au colonialisme européen et à la suzeraineté ottomane. Il existait des différends entre eux. Par exemple, sur les questions relatives aux femmes, Wajdi prit une position plus traditionaliste que celle de Qasim Amin (1863−1908), qui était davantage libéral. Wajdi reçut le titre de « cheikh », bien qu'il n'obtînt pas de diplôme académique ou qu'il n'eût pas été formé dans les académies islamiques. Le fait qu'un homme laïque accédât à la direction du journal influent d'al–Azhar marqua un changement important dans l'administration religieuse en Égypte. Cette transformation se manifesta également dans son amitié avec le clergé érudit d'al–Azhar, dont un de ses membres, 'Abd al-Halim Mahmud, devint recteur d'al–Azhar, la plus haute autorité religieuse du pays. Muhammad Farid Wajdi ne doit pas être confondu avec le chef nationaliste Muhammad Farid (1868−1919) d'une génération précédente.

Lectionnaire des Évangiles

Les illustrations de ce lectionnaire du début du XIe siècle constituent un ancien exemple de la tradition ottonienne de l'enluminure de livre. Le manuscrit contient 292 initiales majuscules dorées, 30 lettrines dorées, cinq pages de texte décorées, une lettrine pleine page et une miniature du Christ en majesté. Au verso du feuillet 1, un poème d'introduction de 16 vers est écrit en capitales rustiques dorées sur un fond violet. La page opposée contient la représentation du Christ en majesté : le Christ faisant le signe de la bénédiction, assis sur un trône dans la mandorle, accompagné des symboles des Évangélistes dans les angles du cadre de l'enluminure. Selon de nombreux érudits, le manuscrit aurait été écrit à l'abbaye d'Echternach (aujourd'hui au Luxembourg), bien que le lieu d'origine du manuscrit fasse l'objet de controverses. Le manuscrit appartint initialement à des propriétaires privés, puis le prévôt Franziskus Töpsl de l'abbaye de Polling l'acquit au XVIIIe siècle. Il fut transféré à la bibliothèque de la cour de Munich en 1803.

Étymologie, livres 1 à 9

Etymologiae (Étymologie) de saint Isidore de Séville (560−636 env.) est une encyclopédie complète des connaissances de la fin de l'Antiquité. L'opus fut largement diffusé et lu au Moyen Âge. Isidore dédia son ouvrage à l'évêque Braule de Saragosse (585−651 env.), qui le copia après la mort d'Isidore. Ce manuscrit d'Etymologiae fut produit à l'abbaye de Prüfening, près de Ratisbonne de 1160 à 1165 environ. Aujourd'hui, il ne contient que les neuf premiers livres de l'œuvre, bien que le catalogue de l'abbaye de Prüfening datant de 1347 répertorie les 20 livres constituant l'ensemble de l'ouvrage. En 1442, le scribe Nicholaus Goldner utilisa le codex (lorsqu'il était encore complet) pour réaliser une copie, qui est également conservée à la Bibliothèque d'État de Bavière.

Commentaire littéral sur la Genèse

De Genesi ad litteram (Commentaire littéral sur la Genèse) est un texte exégétique sur le premier livre de la Bible, par saint Augustin (354–430). Ce manuscrit du commentaire de saint Augustin, datant d'entre 1147 et 1164, fut écrit et décoré dans la ville diocésaine de Salzbourg. En 1122, l'ancien chapitre des chanoines de Salzbourg fut remplacé par un chapitre régulé par les chanoines augustins, expliquant probablement pourquoi les ouvrages de saint Augustin les décennies suivantes furent souvent copiés dans cette ville. Le manuscrit est remarquable pour ses dessins à la plume, dont une représentation pleine page de l'archevêque Eberhard Ier (mort en 1164), agenouillé devant le premier évêque et saint patron de Salzbourg, saint Rupert, et lui remettant le codex. Cette illustration dédicatoire compte parmi les exemples les plus anciens de dessins à la plume produits à Salzbourg. Son attribution au scriptorium de l'abbaye de Saint–Pierre ou à celui de la cathédrale demeure controversée. Le manuscrit, qui avait été transporté à Paris en 1801 au lendemain de l'occupation française de Salzbourg, fut transféré à la bibliothèque de la cour de Munich en 1815.

Évangéliaire

Cet évangéliaire manuscrit aurait été produit en 1150 à Passau, en Allemagne. Ce codex et l'Évangile de Passau (également présenté sur le site de la Bibliothèque numérique mondiale) sont notables, car ils se démarquent de la production de manuscrits dans cette ville à cette époque. L'évangéliaire débute par huit pages de tables de canons, qui sont très élaborées. Les quatre images pleine page des Évangélistes assis donnent une impression tridimensionnelle. Au XVe siècle, l'ouvrage fut relié dans des couvertures de laiton plaqué or. La première de couverture est dominée par la représentation de la Vierge sur le trône ; sa tête est constituée de cristaux. Des médaillons contenant les symboles des Évangélistes gravés sous verre furent ajoutés dans les angles. Le manuscrit appartint au monastère de Saint–Nicolas de Passau, puis il fut transféré à Munich en 1803 ou 1804.