25 juin 2015

Troisième édition des cinq drames du Sud

Cet ouvrage contient cinq drames du Sud : Huan sha ji (Le conte du lavage de la soie), Jin yin ji (Le conte du sceau doré), Xiang nang ji (Le conte du sachet violet), Xiu ru ji (L'histoire du manteau brodé) et Feng ming ji (Le conte du phénix en pleurs). Le conte du lavage de la soie, également appelé Wu Yue chun qiu (Annales des États de Wu et de Yue), en deux juan, fut écrit par le dramaturge Ming Liang Chenyu (1519−1591 env.). Liang, de son prénom de courtoisie Bolong, et de ses prénoms sociaux Shaobai et Chouchi Waishi, était originaire de Kunshan, dans la province du Jiangsu. La pièce compte 45 scènes. L'histoire est inspirée de Wu Yue shi jia (Les familles Wu et Yue) dans Shi ji (Les documents du grand historien) et de Wu Yue chun qiu, par Zhao Ye. Elle traite des Royaumes combattants Wu et Yue de la période des Printemps et Automnes. Le conte du sceau doré, en deux juan, fut écrit par Su Fuzhi, dramaturge du début de la dynastie Ming, sur lequel aucune information n'est disponible, si ce n'est qu'il fut probablement actif pendant le règne de l'empereur Chenghua, également Xianzong (1465−1487). La pièce comporte 38 scènes et raconte l'histoire de Su Qin, sous la période des Royaumes combattants (476−220 av. J.–C.). Le conte du sachet violet, en deux juan, est l'œuvre de Shao Can, de ses noms de courtoisie Wenming et Hongzhi, et de son prénom social Banjiang. Shao Can, originaire de Yixing (dans l'actuelle province du Jiangsu), vécut approximativement durant les règnes de Chenghua et de Hongzhi (1465−1505). La pièce compte 42 scènes. Elle raconte l'histoire du sachet violet subtilisé appartenant à Zhang Jiucheng, de la dynastie Song. L'histoire du manteau brodé, en deux juan, fut écrit par Xue Jingun, de son nom de courtoisie Baichang, qui était originaire de Wujin, dans la province du Jiangsu. Ses dates de naissance et de décès ne sont pas connues. Cette pièce est une histoire d'amour en 41 scènes. Le conte du phénix en pleurs, en deux juan, fut écrit par l'historien et érudit littéraire Ming Wang Shizhen (1526−1590), de son nom de courtoisie Yuanmei, et de ses prénoms sociaux Fengzhou et Yanzhou Shanren, qui était natif de Taichang, dans la province du Jiangsu. La pièce, de 41 scènes, est axée sur le conflit entre des fonctionnaires de la cour, menés par Xi Yan (1482−1548) et Yang Jisheng (1516−1555), ainsi que sur le ministre rusé Yan Song et son fils. Exprimant une certaine préoccupation à l'égard des événements de l'époque, la pièce brise le schéma du chuan qi (drame du Sud), généralement centré sur les principaux héros et héroïne. Cet exemplaire de la collection de la Bibliothèque centrale nationale inclut un commentaire de synthèse, une table des matières et des illustrations au début de chaque juan. En outre, la dernière page de Jin yin ji, de Xiu ru ji et de Feng ming ji présente au–delà du cadre de gauche l'inscription à l'encre : « Changle Zheng Zhenduo cang shu (Livres de la bibliothèque de Zheng Zhenduo de Changle) ». La couverture de Xiu ru ji comporte également une inscription manuscrite, à l'encre rouge, de Renqiu Jushi (nom de plume de Zheng Zhenduo), indiquant que l'exemplaire était une édition imprimée datant de la fin de la dynastie Ming. Les commentaires dans l'ouvrage furent attribués à Li Zhuowu (1527−1602), bien que leur véritable auteur se nommât Ye Zhou, commentateur Ming de fiction et de drame de Wuxi.

Codex Vergara

Le Codex Vergara est un document cadastral aztèque réalisé en 1539 par les conquérants espagnols du Mexique afin de faciliter la perception de l'impôt pour le roi d'Espagne auprès des populations autochtones. Il recense les propriétés foncières des villages aztèques de Calcantloxiuco, Topotitlan, Patlachiuca, Teocatitla et Texcalticpac. Ces villages sont représentés sur le document cadastral avec leur situation géographique et leur étendue. Les sept premières pages fournissent la généalogie des familles propriétaires et leurs liens avec les différentes parcelles. Dans l'angle supérieur gauche, l'habitation familiale, ou chantli, est suivie d'une tête humaine sans corps représentant le chef de famille, qui est relié aux autres membres de la famille par un trait horizontal. Au–dessus de la tête, un signe phonétique indique le nom du personnage. Le cadastre proprement dit ne commence qu'au sixième feuillet. Les parcelles de terrain sont représentées sous forme de quatre ou cinq dominos empilés les uns sur les autres. Le codex est l'un des deux recensements et levés cadastraux les plus importants d'un ancien État des Amériques (l'autre étant Códice de Santa María Asunción). Il répertorie les superficies des champs, ainsi que les mesures de périmètre avec une exactitude mathématique comparable aux levés occidentaux réalisés plusieurs siècles plus tard. Ce document est très important pour notre connaissance du Mexique colonial. Il contient, entre autres, quelque cinq cents patronymes. Ce codex est écrit en écriture pictographique et en langue nahuatl sur du papier fabriqué en Europe et importé au Mexique par les Espagnols.

Codex d'histoire mexicaine, de 1221 à 1594

Ce manuscrit est une copie du XVIIIe siècle d'un ouvrage d'origine désormais disparu. Il retrace l'histoire de la nation mexicaine de 1221 à 1594, évoquant des événements tels que la découverte mythique de Tenochtitlan (ancêtre de la ville de Mexico) par Cuauhcohuatl et la mort de l'empereur Moctezuma (ou Montezuma). Le document fut rédigé en nahuatl, langue principale de la population indigène du Mexique. Cette copie, produite au Mexique sur du papier importé d'Europe, fut très probablement réalisée par le père José Antonio Pichardo (1748−1812), qui créa de nombreuses autres copies de manuscrits mexicains, aujourd'hui conservées à la Bibliothèque nationale de France.

Codex Azcatitlan

Ce manuscrit, appelé Codex Azcatitlan, fut très probablement réalisé quelques années seulement après l'arrivée des Espagnols au Mexique. Il retrace l'histoire des Aztèques (ou Mexicas), dont leur migration vers Tenochtitlan (ancêtre de la ville de Mexico) depuis Aztlan, ancien berceau mythique de cette civilisation. Le codex décrit la succession des souverains aztèques, l'arrivée des troupes espagnoles menées par Hernán Cortés et l'introduction du christianisme. De tous les manuscrits connus relatant l'histoire aztèque, le Codex Azcatitlan est sans doute le plus précieux et le plus important. Se démarquant des histoires écrites plus tard durant la période coloniale, ce codex est célèbre pour sa façon unique de raconter les mémoires des indigènes du passé préhispanique. À l'instar d'autres codex aztèques, il fut composé en écriture pictographique. Celle–ci est très soignée, témoignant de l'habilité du copiste. Le codex fut copié sur 25 feuillets de papier importé d'Europe au Mexique au XVIe siècle. Chaque épisode de l'histoire occupe une double page afin d'en faciliter la lecture. Sur le premier feuillet, l'auteur présente un groupe de personnages que les érudits n'ont pas encore pu identifier. Il s'agit peut–être de tlatoanis, hauts dirigeants militaires et religieux mésoaméricains. Des feuillets 2 à 25, le copiste décrit la migration des tribus mexicas vers la Terre promise, Tenochtitlan.

Codex Ixtlilxochitl

Le Codex Ixtlilxochitl est un calendrier rituel représentant les cérémonies et les fêtes principales célébrées au grand teocalli, pyramide à degrés de Tenochtitlan (ancêtre de la ville de Mexico), pendant l'année mexicaine. Le calendrier aztèque était composé de deux systèmes. Ce codex présente le Xiuhpohualli (premier calendrier, également appelé solaire) de 365 jours, divisé en 18 mois de 20 jours chacun, plus une période supplémentaire de cinq jours vides ou néfastes à la fin de l'année, appelée Nemontemi. Le manuscrit débute par le premier mois de l'année, atlacahualco ou atlcahualo (arrêt de l'eau), dessiné sous les traits d'un personnage les bras ouverts et les genoux pliés, semblant faire une offrande au Soleil. Chaque fête est représentée par un pictogramme : une forme humaine, un animal, un bâtiment ou des offrandes. Sous chacun de ces pictogrammes, un commentaire en espagnol, de la main de l'un des propriétaires du manuscrit, commente ou traduit la figure. Ce document est particulièrement précieux, car il inclut au verso du feuillet 112 une représentation du grand teocalli. La série compte 21 images peintes. Les couleurs vives témoignent de l'excellent état de conservation du codex.

Matrícula de Huexotzinco

Matrícula de Huexotzinco est un recensement des villages de la province de Huexotzingo (également Huejotzingo). Ce document très volumineux comptait plus de 440 feuillets, dont six sont désormais manquants. Le recensement est divisé en trois parties : un texte en espagnol en introduction au recensement, le recensement pictural et une analyse en espagnol des résultats. Chaque partie débute par une page sur laquelle figure le glyphe du nom du village, suivi d'un registre des hommes mariés, des personnes âgées, des veuves et des veufs, des malades et des personnes décédées depuis le dernier recensement. Un tecpan (bâtiment administratif officiel de la tribu) est dessiné sur chaque page, ainsi que 20 têtes, auxquelles des gloses en glyphes onomastiques furent ajoutées. Toutes les cinq pages (ou tecpans), un nouveau personnage représente une famille ou un groupe en particulier. Les métiers des personnes répertoriées sont également indiqués, avec leurs noms en espagnol et en nahautl. Un texte en espagnol résume les résultats du recensement. La Matrícula est un document extrêmement important pour l'étude du Mexique au début de la période coloniale. Ses chiffres et ses gloses en nahautl et en espagnol se sont avérés très utiles pour décrypter les documents picturaux aztèques. En outre, ce recensement fournit de nombreuses informations détaillées sur l'économie, l'organisation sociale, la langue, l'histoire, le peuple et l'art du Mexique à cette époque.