Copie des « règlements internes du Rikken Seiyukai (Association des amis du gouvernement constitutionnel) »

Itō Hirobumi (1841−1909) avait bien réfléchi à la formation d'un nouveau parti au Japon : il devait être composé essentiellement de ses partisans au sein des bureaucrates du gouvernement, et avoir l'appui des intérêts commerciaux et industriels urbains. Simultanément, le Parti constitutionnel, dirigé par Hoshi Tōru, en collaboration avec des figures puissantes du gouvernement dominé par des clans, envisageait différents moyens d'accéder au pouvoir. Ces deux groupes unirent leurs forces pour former le Rikken Seiyūkai (Association des amis du gouvernement constitutionnel) le 15 septembre 1900. La cérémonie inaugurale aurait compté plus de 1 400 participants et un million de personnes auraient adhéré à l'association. Ce document est une copie des règlements internes du Rikken Seiyukai, provenant probablement d'Itō Hirobumi, qui fut impliqué dans son élaboration. Itō Hirobumi appela le groupe un kai (association) plutôt qu'un (parti), car il voulait s'éloigner de l'image du parti politique traditionnel. En outre, afin d'élargir sa base de soutien, il tenta de modifier la forme de l'organisation en une sorte de club, mais cela ne sembla pas produire l'effet escompté.

Conseils aux familles sur l'émigration au Brésil

En 1922, le ministère de l'Intérieur japonais proposa différentes dispositions encourageant l'émigration à São Paulo, au Brésil, afin de résoudre les problèmes de surpopulation et de chômage dans le pays. Ces mesures incluaient la diffusion d'informations sur l'émigration grâce à des subventions accordées à une société privée d'émigration (vraisemblablement l'Overseas Development Company, établie en 1916), la mise à disposition d'établissements scolaires et de santé dans les pays de destination, des débats sur le droit industriel, ainsi que des aides financières pour le voyage des émigrants, la construction de logement et les frais de subsistance. Le ministère des Affaires étrangères, principale autorité en matière d'émigration, s'opposa à fournir une aide financière pour les dépenses de voyage, craignant que cela ne détériorât les relations extérieures du Japon sans pour autant augmenter le nombre d'émigrants. Par conséquent, il décida de ne pas fonder les dépenses de voyage des émigrants en 1923. En février 1924, l'aide gouvernementale destinée aux émigrants augmenta pour atteindre 200 yens par personne âgée de plus de 12 ans (soit 20 000 yens pour 100 personnes). Cette mesure temporaire visait particulièrement les victimes du grand séisme de Kantō du 1er septembre 1923. À la suite de l'augmentation, bien plus de candidats cherchèrent à s'installer en Amérique du Sud. Les activités commerciales de l'Overseas Development Company étaient liées à l'émigration, à la réhabilitation, à l'investissement et à l'éducation. Fréquemment impliquée dans l'émigration au Brésil, la société utilisa cette brochure pour se promouvoir et fournir des informations utiles. Le document contenait des informations sur les qualifications requises pour émigrer, ainsi que des détails sur les emplois (salaire, etc.), les dépenses de voyage, les préparatifs nécessaires, les procédures de candidature et les aides financières disponibles pour les dépenses de voyage.

Le moine fou de la Lune, ou La contemplation intense de la Lune

Cet ouvrage est une anthologie illustrée en couleur, publiée en 1789 par Tsutaya Jūzaburō (1750−1797), éditeur de la période Edo (1600−1868). Il compte 72 kyōka (poèmes japonais humoristiques ou satyriques de 31 syllabes) sur la Lune, ainsi que cinq peintures de Kitagawa Utamaro (1753–1806 env.), artiste du style ukiyo–e. Le titre, Kyōgetsubō (Le moine fou, ou la contemplation intense, de la Lune), fait allusion à un homme devenu fou à cause de la Lune. Il s'agirait d'une référence au poète Gyōgetsubō (Reizei Tamemori 1265−1328), fondateur de la lignée des poètes de kyōka. Ki no Sadamaru (1760–1841) sélectionna les poèmes et écrivit la préface de l'ouvrage. La Lune est présente sur chacune des peintures. La première, Akashi, est inspirée d'une scène de Genji Monogatari (Dit du Genji), où le seigneur Genji regarde la Lune depuis la baie d'Akashi. Sur la seconde, dans le style de peinture à l'encre, un bûcheron observe la Lune depuis le sommet d'un pont. La troisième peinture représente une scène de tsukimi (contemplation de la Lune) à Yoshiwara. La quatrième montre la Lune s'élevant au-dessus d'un flanc de montagne, tandis qu'une famille de fermiers travaille au premier plan. La cinquième peinture représente un palais situé sur la Lune. L'ordre des images varie selon l'exemplaire de l'ouvrage. Utamaro réalisa également des peintures pour deux autres œuvres, Ginsekai (Le monde d'argent, sur la neige) et Fugen–zo (La statue de Fügen, sur les fleurs), permettant d'intégrer le livre présenté ici à une trilogie sur la neige, la Lune et les fleurs. Si la première de couverture de cet exemplaire fut ajoutée à une date ultérieure, le bandeau de titre collé serait celui d'origine. Ce volume est une première édition contenant des images superbement imprimées.

Rapport sur la conception du pont de Ryōgoku après sa reconstruction et ses réparations

Le pont de Ryōgoku sur le fleuve Sumida, à Edo (aujourd'hui Tokyo), fut un lieu effervescent pendant la période Edo (1600−1868). La scène montre des feux d'artifice et d'autres divertissements dans le voisinage du pont. Initialement bâti au XVIIe siècle, le pont en bois fut rénové et réparé à plusieurs reprises avant d'être reconstruit en 1904 à l'aide des méthodes modernes. Ce document, plié en accordéon, est un rapport pictural sur la reconstruction du pont en 1839, où chaque partie du pont est représentée deux fois. Sa longueur totale dépasse les 4 mètres. Le tablier du pont est illustré sur une autre feuille de papier qui est collée sur la page de façon à former un rabat, caractéristique la plus remarquable du document. Il suffit de tourner le rabat pour voir les poutres et les supports en bois illustrés au–dessous. La même page est ici présentée en deux images consécutives : l'illustration dessinée sur le rabat et celle au–dessous. Par exemple, en relevant l'illustration du tablier du pont, visible sur l'image 11, le dessin qu'elle masquait apparaît sur l'image 12. Les illustrations sont très détaillées, incluant même les oiseaux nageant sur le fleuve.

Histoire du renouveau du rakugo

Ce livre est un carnet dans lequel le célèbre romancier Shikitei Sanba (1776−1822) a inséré les prospectus de huit représentations d'otoshibanashi ou de rakugo (littéralement, chute d'une histoire) tenues entre 1808 et 1817, à la fin de la période Edo (1600−1868). Sur les pages vides et les espaces laissés par les prospectus collés, Shikitei a écrit des commentaires sur les représentations et des informations relatives au renouveau du rakugo. Le rakugo est une forme d'art japonais traditionnel où un seul acteur, portant des vêtements japonais traditionnels, est agenouillé en style seiza et divertit la foule en racontant des histoires drôles. Les artistes jouent plusieurs rôles en modifiant leur voix et en utilisant différentes expressions faciales et gestuelles. Avec comme seuls accessoires un éventail et un essuie–main, ils parviennent à tout exprimer en restant assis, même la marche et la course. Ce type de représentation émergea durant la deuxième moitié du XVIIe siècle, mais elle disparut un temps avant de connaître un renouveau pendant la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Ce type de spectacle est encore joué aujourd'hui. Les prospectus collés dans ce livre sont des invitations à des représentations de rakugo, des estampes couleur d'images magnifiques peintes par des artistes célèbres, ainsi que des descriptions de l'histoire du rakugo. Le titre du livre, Otoshibanashi chūkō raiyu, signifie « histoire du renouveau du rakugo ». Son titre alternatif, Otoshibanashi kai Suriecho, signifie « Carnet de prospectus de spectacles de rakugo ». Cet ouvrage constitue un document précieux pour comprendre l'histoire du rakugo.

Images du mont Fuji

L'ouvrage présenté ici est un album d'images publié en 1846, reposant sur les croquis dessinés par le peintre de la période Edo Koizumi Danzan (également connu sous le nom de Koizumi Ayaru, 1766−1854 env.) après qu'il atteignit le sommet du mont Fuji en 1795. Il contient des inscriptions, une introduction écrite par plusieurs érudits et poètes éminents, une postface de Koizumi, 21 illustrations de Koizumi (bien que dans cet exemplaire, les septième, huitième et neuvième images soient également les trois premières ; il manque donc trois images), une postface et un colophon, ainsi qu'une vue distante du mont Fuji et le commentaire d'un élève de Koizumi. Koizumi chercha à représenter le mont Fuji de façon réaliste, ce qui différencie ses illustrations des vues distantes de la montagne souvent peintes par de nombreux autres artistes. L'album montre le cratère du mont Fuji, vu depuis le sommet, et des paysages qui varient en fonction de différents points de vue, tels que la forme du mont Fuji, les protubérances à son sommet et les endroits qui restent enneigés. Les images 14 et 15, qui représentent un paysage matinal à mi–chemin du sommet, sont non seulement réalistes, mais elles constituent également une représentation splendide du mouvement complexe d'une mer de nuages après l'aurore. Le livre est composé d'un long morceau de papier plié en forme de soufflet, auquel une couverture avant est attachée. Il peut être visualisé lorsqu'il est complètement ouvert, mais il fut ici photographié en unités de double page pour cette présentation numérique. Les images 14−15 et 23−24, forment donc deux parties d'une même image. Pour mieux comprendre la composition voulue par l'artiste, il suffit de télécharger et de réarranger les images.

Ébauche de proposition de « l'accord de la conférence d'Osaka »

Iwakura Tomomi et Ōkubo Toshimichi constituaient le noyau du gouvernement japonais après les bouleversements politiques de 1873. Les relations entre Itagaki Taisuke et Kido Takayoshi, qui n'étaient pas membres du gouvernement, et Ōkubo demeurèrent tendues. La proposition d'une expédition militaire contre la Corée avait entraîné la scission de l'ancienne alliance gouvernementale. Itagaki et Kido firent parti de la faction défaite, dont la plupart des membres avaient soutenu l'expédition. Toutefois, grâce à l'intervention d'Inoue Kaoru et d'Itō Hirobumi, tous deux inquiets, plusieurs discussions entre les partis concernés se déroulèrent durant les mois de janvier et de février 1875, lors de ce que l'on appelle désormais la conférence d'Osaka. En préparation à la transition vers un gouvernement constitutionnel, les participants convinrent d'établir un Genrōin (Chambre des anciens) et un Conseil des gouverneurs provinciaux, de créer un cabinet séparé et des ministères dont les ministres devaient agir comme assistants de l'empereur, de confier les affaires administratives à chaque ministère et de créer une Cour suprême. L'ébauche de proposition de « l'accord de la conférence d'Osaka » est une convention sur l'activité politique, dressée par Itagaki et Inoue pendant ces discussions.

Addendum à l'ébauche de proposition de « l'accord de la conférence d'Osaka »

Iwakura Tomomi et Ōkubo Toshimichi constituaient le noyau du gouvernement japonais après les bouleversements politiques de 1873. Les relations entre Itagaki Taisuke et Kido Takayoshi, qui n'étaient pas membres du gouvernement, et Ōkubo demeurèrent tendues. La proposition d'une expédition militaire contre la Corée avait entraîné la scission de l'ancienne alliance gouvernementale. Itagaki et Kido firent parti de la faction défaite, dont la plupart des membres avaient soutenu l'expédition. Toutefois, grâce à l'intervention d'Inoue Kaoru et d'Itō Hirobumi, tous deux inquiets, plusieurs discussions entre les partis concernés se déroulèrent durant les mois de janvier et de février 1875, lors de ce que l'on appelle désormais la conférence d'Osaka. En préparation à la transition vers un gouvernement constitutionnel, les participants convinrent d'établir un Genrōin (Chambre des anciens) et un Conseil des gouverneurs provinciaux, de créer un cabinet séparé et des ministères dont les ministres devaient agir comme assistants de l'empereur, de confier les affaires administratives à chaque ministère et de créer une Cour suprême. L'ébauche de proposition de « l'accord de la conférence d'Osaka » est une convention sur l'activité politique, dressée par Itagaki et Inoue pendant ces discussions. Il s'agit ici d'un addendum à cet accord.

Araucaria angustifolia, pin du Paraná, ou du Brésil

La voie ferrée de Paranaguá à Curitiba de la ligne de chemin de fer de Paraná, au Brésil, fut construite entre 1880 et 1884, en trois parties : de Paranaguá à Morretes, de Morretes à Roça Nova, et de Roça Nova à Curitiba. L'ingénieur João Teixeira Soares dirigea l'équipe de construction. Traversant la formation montagneuse littorale de la Serra do Mar, la voie ferrée constitua un jalon important pour le génie brésilien. Un auteur britannique décrivit la ligne en 1917 en ces termes : « Le sommet de la ligne s'élève à 952 mètres [3 122 pieds] après une ascension de 40 kilomètres… Dotée d'un écartement de rails d'un mètre, elle remonte en zigzag une série de contreforts et de saillies latérales, puis se termine par une section vertigineuse longeant les falaises de la Serra, sur des viaducs dépassant des précipices de 305 mètres [1 000 pieds]. Un virage se profile sur la ligne quasiment tous les 50 mètres et les vues vers la mer sont particulièrement remarquables ». La ligne, prolongée jusqu'à Ponta Grossa en 1890, est encore utilisée aujourd'hui. Marc Ferrez (1843–1923), artiste brésilien d'origine française qui documenta le développement du Brésil en tant que nation, photographia les travaux de construction sur la voie ferrée entre Paranaguá et Curitiba au début des années 1880. La vue présentée ici est l'une des 33 photographies prises par Ferrez et incluses dans un album de la collection Thereza Christina Maria de la Bibliothèque nationale du Brésil. La collection est composée de 21 742 photographies que l'empereur Pierre II réunit sa vie durant, puis légua à la bibliothèque nationale. Couvrant une vaste gamme de sujets, la collection détaille les réalisations du Brésil et du peuple brésilien au XIXe siècle, et inclut de nombreuses photographies d'Europe, d'Afrique et d'Amérique du Nord.

Ligne de chemin de fer de Paraná

La voie ferrée de Paranaguá à Curitiba de la ligne de chemin de fer de Paraná, au Brésil, fut construite entre 1880 et 1884, en trois parties : de Paranaguá à Morretes, de Morretes à Roça Nova, et de Roça Nova à Curitiba. L'ingénieur João Teixeira Soares dirigea l'équipe de construction. Traversant la formation montagneuse littorale de la Serra do Mar, la voie ferrée constitua un jalon important pour le génie brésilien. Un auteur britannique décrivit la ligne en 1917 en ces termes : « Le sommet de la ligne s'élève à 952 mètres [3 122 pieds] après une ascension de 40 kilomètres… Dotée d'un écartement de rails d'un mètre, elle remonte en zigzag une série de contreforts et de saillies latérales, puis se termine par une section vertigineuse longeant les falaises de la Serra, sur des viaducs dépassant des précipices de 305 mètres [1 000 pieds]. Un virage se profile sur la ligne quasiment tous les 50 mètres et les vues vers la mer sont particulièrement remarquables ». La ligne, prolongée jusqu'à Ponta Grossa en 1890, est encore utilisée aujourd'hui. Marc Ferrez (1843–1923), artiste brésilien d'origine française qui documenta le développement du Brésil en tant que nation, photographia les travaux de construction sur la voie ferrée entre Paranaguá et Curitiba au début des années 1880. La vue présentée ici est l'une des 33 photographies prises par Ferrez et incluses dans un album de la collection Thereza Christina Maria de la Bibliothèque nationale du Brésil. La collection est composée de 21 742 photographies que l'empereur Pierre II réunit sa vie durant, puis légua à la bibliothèque nationale. Couvrant une vaste gamme de sujets, la collection détaille les réalisations du Brésil et du peuple brésilien au XIXe siècle, et inclut de nombreuses photographies d'Europe, d'Afrique et d'Amérique du Nord.