3 avril 2015

Coran

L'écriture sur un fond coloré était une méthode rarement utilisée en Orient comme en Occident pour souligner l'importance d'un manuscrit. Le codex présenté ici, dont toutes les pages sont dorées, est unique en son genre. Ses caractères naskhi noirs et simples sur un fond somptueux en font un chef–d'œuvre de la calligraphie. Au XVIIIe siècle, lorsque cette couverture fut réalisée, le livre fut grossièrement taillé, entraînant la perte de près de la moitié des ansae en forme de feuilles de palmier dans les titres des sourates et les numéros de versets dans la marge. Le texte est entièrement vocalisé. Les titres de chapitre sont rédigés en caractères coufiques étroits et serrés ou en écriture cursive plus grande, à l'encre bleue, rouge et blanche sur des fonds aux décorations et aux couleurs variées. Les marques séparant les versets sont dessinées en blanc et grossièrement remplies en orange ou en bleu. Le début du manuscrit arborait autrefois une enluminure occupant une double-page, dont il ne reste qu'un fragment aujourd'hui. Ce type d'ornement était typique des ouvertures des corans richement décorés produits durant les XIe et XIIe siècles dans la région centrale irako-iranienne du monde islamique, gouvernée à cette époque par les Seldjoukides.

Une campagne au Tonkin

Une campagne au Tonkin est un compte-rendu personnel de la campagne militaire menée par la France de 1883 à 1886 dans le but d'établir un protectorat sur le Tonkin (région septentrionale du Vietnam). L'auteur, Charles-Édouard Hocquard (1853−1911), médecin militaire, navigua avec un bataillon français depuis Toulon en janvier 1884, arriva dans le golfe du Tonkin le mois suivant et poursuivit immédiatement son voyage jusqu'à Hanoï par Haïphong. Le livre d'Hocquard raconte les combats importants de la campagne, notamment la prise de Bắc Ninh et le bombardement et la prise de Hưng Hóa durant les mois de mars et d'avril 1884. En octobre de la même année, Hocquard participa également à la campagne de Kep, où les Français s'opposèrent aux forces chinoises. La Chine, qui était intervenue dans le conflit en août 1884, ne parvint pas à empêcher les Français d'établir leur contrôle dans cette sphère d'influence traditionnellement chinoise. Outre le récit des événements militaires, le livre d'Hocquard décrit en détail la vie sociale, les activités économiques, les pratiques religieuses, ainsi que les mœurs et les coutumes du peuple vietnamien. Hocquard conclut son récit par plusieurs chapitres sur sa visite dans la cour vietnamienne à Huế et sa réception par le roi. Le livre contient 247 gravures et deux cartes. Hocquard, qui avait déjà publié en 1889 Trente mois au Tonkin, autre ouvrage sur son séjour au Vietnam, est célèbre pour ses photographies innovantes du pays.

Étude historique et archéologique sur Cổ-Loa, capitale de l'ancien royaume de Âu Lạc, 255-207 avant J.-C.

Étude historique et archéologique sur Cổ-Loa, capitale de l'ancien royaume de Âu Lạc, 255–207 avant J.–C. fut publié en 1893, plusieurs décennies après l'établissement de la présence coloniale française au Vietnam. Le livre rend compte des conclusions issues de la mission d'exploration des sites archéologiques à Cổ–Loa, menée par Gustave Dumoutier (1850−1904). Située à quelque 20 kilomètres au nord de l'actuelle Hanoï, Cổ–Loa fut l'ancienne capitale d'Âu Lạc, État fondé par Thục Phán, également appelé An Dương Vương (roi An Duong), souverain de la dynastie Thục. L'ouvrage est composé de trois parties. La première partie est une introduction à l'histoire et l'archéologie de Cổ–Loa. La seconde contient les traductions françaises, accompagnées d'annotations, de textes épigraphiques du XVIIe siècle et du début du XVIIIe, relatifs à l'entretien des temples royaux de Cổ–Loa. La troisième partie comporte les versions françaises de neuf histoires populaires et légendes encore racontées par le peuple du Tonkin (nord du Vietnam), datant de la période d'An Dương Vương. L'annexe inclut les versions d'origine des 13 documents abordés dans la seconde partie. Dumoutier étudia le chinois et l'annamite (le vietnamien) à Paris. En 1886, le gouvernement français l'envoya au Tonkin et le chargea d'organiser l'enseignement dans la colonie. Lorsqu'il travaillait au Vietnam, il dirigea également des expéditions archéologiques et continua de nourrir ses intérêts pour l'anthropologie, la linguistique, l'ethnographie et la géographie historique.

Voyage d'exploration en Indo-Chine

Voyage d'exploration en Indo–Chine est une réimpression éditée et annotée du récit de l'expédition sur le Mékong de 1867−1868, initialement publiée en 1870 dans la revue géographique hebdomadaire française Le Tour du monde. L'auteur du livre, Francis Garnier (1839−1873), jeune officier de marine à qui l'on attribue l'idée de la mission de reconnaissance, joua un rôle central dans cette expédition, commandée par un officier de marine d'un rang plus élevé, le capitaine de frégate Ernest Doudart de Lagrée (1823−1868). Garnier, chargé de cartographier le fleuve et de produire un compte-rendu sur ses peuples et ses ressources naturelles, reprit le commandement général après la mort de Lagrée en mars 1868. À l'époque de l'expédition, l'ensemble du cours du fleuve et sa source restaient à découvrir et aucun Européen n'avait voyagé en amont au–delà de Vientiane (Laos). L'expédition quitta Saigon le 5 juin 1866, atteignit Shanghai en juin 1868, puis rentra le 29 du même mois à Saigon. Elle couvrit quelque 10 000 kilomètres, dont près de 4 000 à pied, cartographiant sur le chemin la vallée du Mékong et passant par des régions des actuels Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, Birmanie et Chine. Le livre de Garnier décrit en détail les peuples, les lieux et les paysages qu'ils rencontrèrent et examine le potentiel économique du fleuve. Il contient 211 gravures sur bois et deux cartes. Garnier fut tué en décembre 1873 durant une campagne infructueuse visant à saisir et contrôler Hanoï. Cet ouvrage fut publié à titre posthume.

William Howard Taft au Panama

Ce film est consacré à une visite d'inspection, par le président William Howard Taft, des travaux de construction du canal de Panama, probablement en novembre 1910. Taft avait précédemment servi comme secrétaire à la Guerre au sein du cabinet du président Theodore Roosevelt, participant au développement du canal et se rendant à de nombreuses reprises au Panama. Le film montre une foule, constituée d'hommes et de femmes, posant sur un quai pour la caméra. Un bateau entre dans un port non identifié, avec assis sur le pont supérieur Taft et le général George W. Goethals, chef ingénieur du projet du canal de Panama. Dans une autre scène Taft et son entourage, en tenue officielle, montent à bord vraisemblablement du cuirassé USS Tennessee, dont l'équipage se tient au garde–à–vous. Ils débarquent ensuite d'un navire non identifié, sur lequel une foule est également rassemblée sur le pont. Une autre scène montre Taft, notamment accompagné de Mme Helen Herron Taft, épouse du président, et de Federico Alfonso Pezet, ministre du Pérou aux États–Unis, descendant d'un train et accueillis par le général Goethals. Dans la dernière scène, Taft et les membres de son entourage visitent des ruines envahies par la jungle. Le projet américain de construction du canal commença au mois de juin 1904 et dura une décennie.

Canal de Panama : scènes du canal terminé

Ce film est consacré au fonctionnement du canal de Panama en 1919, cinq ans après la fin des travaux et son ouverture à la circulation océanique. La caméra suit le transit par le canal d'un navire non identifié, de l'Atlantique au Pacifique. Le bateau passe par la ville panaméenne de Colón, à l'extrémité atlantique du canal, puis par les écluses de Gatún et le lac Gatún. Le déversoir de Gatun et le Chagres sont visibles dans certaines séquences. Le navire emprunte ensuite la coupe Gaillard (coupe Culebra), puis les écluses Pedro Miguel, le lac Miraflores, ainsi que les écluses de Miraflores et la partie finale du canal, en passant par les villes de la zone du canal d'Ancón, de Balboa et de Balboa Heights. Les dernières vues montrent l'hôpital d'Ancón (hôpital Gorgas) et le bâtiment de l'administration américaine à Balboa. Le film contient de nombreuses scènes montrant le fonctionnement des gigantesques écluses du canal.