7 octobre 2014

Œuvres complètes d'Hakim Sanaï

Kitāb-i mustaṭāb-i Kullīyāt-i (Œuvres complètes d'Hakim Sanaï) est un recueil des œuvres poétiques d'Abu al-Majd Majdud ibn Adam Sanai Ghaznwai (mort en 1150). Plus connu sous le nom de Sanaï, Abdul Majd, fameux érudit classique persan du Moyen Âge, également mystique et poète, serait né et mort à Ghazni (actuellement une province du sud-est de l'Afghanistan), et aurait vécu dans le Khorasan. Sanaï, premier poète à avoir composé en persan des qasida (odes), des ghazal (poèmes lyriques) et des masnavi (couplets en rimes), est également célèbre pour sa poésie homilétique et son influence sur le développement de l'ancienne littérature mystique. Il fut associé aux cours des dynasties ghaznévides en qualité d'homme de lettres, dont les mécènes étaient entre autres, des fonctionnaires d'État, des militaires et des érudits. Le recueil moderne des œuvres de Sanaï est le fruit d'une transmission textuelle complexe, entreprise sur plusieurs siècles au cours desquels son contenu a changé à différents niveaux, particulièrement l'ordre des poèmes, les variantes de texte et le nombre de vers. L'exemplaire le plus ancien de son diwan (recueil), copié à Hérat en 1284−1285, est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque de Beyazit à Istanbul. La dernière page de cette édition en impression lithographique, copiée à partir d'un ou de plusieurs anciens manuscrits, indique qu'il fut imprimé et publié à la presse Matb-e Brejis à Bombay, par Aqa Muhammad Jafar Saheb en octobre 1910. Ce recueil particulier est organisé par genre et forme poétiques, incluant des ghazals, des masnavis, des qasidas, etc., et par thème religieux, mystique, éthique, philosophique et de cour, abordant Dieu, le mysticisme, l'amour, l'humanité, la connaissance divine, les idées et la culture courtoise. L'ouvrage se termine par une courte biographie de Sanaï. Le livre compte plus de 130 pages au total, paginées avec des chiffres de style indo-arabe. Les vers, rédigés de façon très dense, recouvrent entièrement les pages, y compris les marges. Presque tous les poèmes ont des titres et sont clairement séparés à la fin par l'inscription « Sanaï ».

Le miroir du planétaire

Āyinah-i jahān numā (Le miroir du planétaire) est un ouvrage en prose contenant des fables en persan, à la fois sur des thèmes religieux et séculiers. Un planétaire est un dispositif figurant les mouvements des corps célestes autour du Soleil. Le livre fut publié par procédé lithographique en 1899 à Kaboul. Il serait en partie inspiré d'un ouvrage d'Ḥusayn Vā'iẓ Kāshifī, mais le nom de son auteur est inconnu. Cet exemplaire est composé de plusieurs parties. Sa couverture en cuir de style afghan, gaufrée de fleurs, est caractéristique de la fin du XIXe siècle. À l'intérieur de la couverture, une note atteste que la publication fut approuvée par Abdur Rahman Khân, à l'époque émir d'Afghanistan. Le nom du scribe ou de l'homme chargé de la publication, Gul Mohammad Mohammadzai Durrani Afghan, vraisemblablement fonctionnaire de l'administration afghane, est également indiqué. Ces informations sont davantage détaillées dans l'avant-propos et l'épilogue, qui mentionne que l'émir lui-même lut le livre plusieurs fois, le soir, et qu'il approuva sa publication afin que « ses fables profitent aux lecteurs ». Le contenu est réparti en 14 courtes fables et 12 longues, portant notamment sur des thèmes tels que l'éthique, la piété religieuse, l'honnêteté, la loyauté, l'amitié, l'obéissance et le respect. La fable des pages 17 et 18 aborde la responsabilité morale et professionnelle des lettrés dans la société, consistant à servir, conseiller et corriger un (nouveau) souverain ou roi. La page 28 contient une fable expliquant le mal et la nuisance potentielle causés par le manque de franchise et d'honnêteté lorsque l'on s'adresse au roi, à un docteur ou à des amis. Les 14 courtes fables des pages 5 à 15 commencent pour la plupart par le pronom relatif « Ce que » ou « Celui qui », tandis que les 12 longues fables débutent généralement par « Les érudits ont affirmé que » ou « L'histoire de ». Tous les titres sont numérotés et écrits en caractères gras. L'ouvrage inclut à certains endroits des poèmes célèbres, comme à la page sept, souvent après une fable pour saluer son importance et sa valeur. Les pages sont numérotées avec des chiffres de style indo-arabe ; les pages 141, 173, 236, 270, 278 et 311 ont disparu. Les pages 1 à 144 sont de la main de Gul Mohammad, tandis que le reste de l'ouvrage fut copié après sa mort par son frère Mohammad Zaman Khan Barakzai.

Couplets rimés spirituels de Rûmî

Masnavi-e Manawi (Couplets rimés spirituels de Rûmî) est le célèbre recueil de poésie de l'érudit soufi mystique et extatique du Moyen Âge Mawlānā Jalāl al-Dīn Rūmī (1207−1273), appelé Mowlana ou Mawlānā Jalaluddin Balkhi en Asie centrale, en Afghanistan et en Iran, et Rûmî en Occident. Ce manuscrit persan en écriture nasta'liq est une copie complète, incluant les six volumes et datant du XVe siècle, de Masnavi. L'ouvrage comporte des récits, des homélies et des commentaires. De nombreuses histoires mettent en scène des personnages de théâtre, tels que des mendiants, des prophètes, des rois et des animaux. Masnavi contient des histoires abordant des questions d'éthique et la sagesse traditionnelle, ainsi que d'autres pleines d'humour, dont une concernant la sexualité et les stéréotypes sur les ethnies et les genres. Les compositions en prose sont organisées extemporanément, avec parfois des interruptions soudaines et des retours au récit. En guise de prologue, Masnavi commence par « Le chant des roseaux », célèbre poème de Rûmî en 18 vers. Selon les érudits, ce chant incarne l'essence de l'œuvre. Un mystique qui s'est écarté de Dieu est à la recherche de son origine et aspire à la retrouver. Rûmî suggère dans ce chant que seul l'amour de Dieu lui permettra de retrouver cet état. La première histoire de Masnavi, développée autour du « Chant des roseaux », raconte comment l'amour d'un roi pour une esclave finit par la guérir de la maladie. Chacun des six livres possède sa propre introduction. L'introduction du premier volume, écrite en arabe, définit Masnavi comme « les racines de la religion », « révélant les secrets du savoir et de l'union ». Le contenu de Masnavi est qualifié de credo, de loi sacrée, de preuve de Dieu, de remède aux maladies des hommes et de mysticisme. Rûmî loue également la suprématie de Dieu : « Il est le plus protecteur et le plus miséricordieux de tous ». Les autres introductions, principalement en persan (celle du troisième livre est partiellement en arabe), sont composées en partie en prose et en vers. Dans chacune d'entre elles, Rûmî fait l'éloge de son plus grand disciple et successeur, Ḥosām-al-Din Chalabi (mort en 1284), saluant sa contribution à Masnavi. La conclusion de l'ouvrage, qui mêle les vers à la prose, en persan et en arabe, est intitulée « Le septième des livres de Masnavi ». Cette conclusion ne fait pas partie de l'œuvre d'origine connue de Masnavi, malgré des hypothèses sur l'existence d'un septième livre. Si cette théorie est vérifiée, ce manuscrit est donc un exemplaire rare. Le nom complet de Rûmî et l'année de publication, 1435, figurent sur la dernière page du sixième livre. Le lieu de la publication n'est pas indiqué, mais l'ouvrage fut probablement publié dans le Khorasan. Chaque récit comporte un en-tête rubriqué. Les pages ne sont pas numérotées.

Histoire des conquêtes islamiques

Tarikh-e Futuhat-e Islamiyah (Histoire des conquêtes islamiques) est un ouvrage en deux volumes, faisant la chronique des événements historiques islamiques, particulièrement des guerres, des batailles et des conquêtes. Il est également connu sous les titres Tawarikh-e Islam (Histoire de l'Islam) et Futuhat-e nabawai (Conquêtes du Prophète). Cette copie lithographique est une traduction persane de l'œuvre d'origine arabe de Sayyid Ahmad ibn Sayyid Zayni Dahlan (1816 ou 1817−1886), éminent érudit de La Mecque et de Médine. Elle fut traduite collectivement par des « érudits d'Hérat [...] pour que les lecteurs afghans connussent l'histoire de l'Islam ». Cette traduction fut réalisée par 11 linguistes, approuvés par le gouverneur d'Hérat, Abdul Rahim Khan, et sous la supervision de son fils 'Abd al-'Alīm Khān. Le mollah Fakhruddin Khan Saljuqi fut l'un des principaux contributeurs. La préface, écrite par l'emblématique poète afghan du XXe siècle Khalilulah Khalili, fait l'éloge de la suprématie de Dieu et de la divinité de l'islam, de son prophète Mahomet et de ses disciples. Khalili souligne le besoin d'une histoire des conquêtes islamiques en persan, lingua franca de la haute culture en Afghanistan. Le contenu du premier volume porte sur des thèmes allant des conquêtes et des campagnes militaires d'Usâma Ibn Zayd, petit-fils d'adoption de Mahomet, au règne d'Abdülhamid II, l'un des derniers sultans de l'Empire ottoman. Les conquêtes incluent notamment la Syrie, la Perse, l'Anatolie, l'Égypte, l'Espagne, l'Afghanistan et d'autres régions géographiques en Europe, en Asie et en Afrique. De célèbres batailles et traités de paix sont également décrits. Un court épilogue dans le premier volume, écrit par les traducteurs et les contributeurs, loue l'achèvement et la publication du volume, et annonce l'intention de commencer le second. Tous les événements présentent des sous-titres, à la fois dans le corps du texte et sur les en-têtes de page. Le second volume aborde 195 événements, des invasions mongoles des terres islamiques au milieu du XIIIe siècle et du renversement du califat abbasside à Bagdad, aux batailles et aux campagnes militaires des sultans ottomans au XIXe siècle. En outre, le volume deux se conclut par deux courtes descriptions de la vie et des qualités morales et personnelles de Mahomet, et des quatre premiers califes de l'islam, ainsi qu'une discussion sur le règne du sultan Abdülaziz, l'un des derniers sultans ottomans. Un épilogue et un tableau de corrections de mots figurent sur la page 538 et des pages 539 à 544. Les deux volumes comptent au total près de 1 110 pages, paginées avec des chiffres de style indo-arabe. Le papier et les couleurs sont de mauvaise qualité, et des dommages causés par l'eau sont visibles. La couverture et les dernières pages blanches des volumes contiennent les sceaux et les signatures de différents propriétaires du livre. Des notes furent ajoutées dans les marges des textes, fournissant souvent des informations supplémentaires sur un événement spécifique ou une traduction persane d'un verset en arabe du Coran, comme à la page 2 du second volume.

Dīvān-i de la chaîne d'or

Dīvān-i Silsilah va al-Ẕahab (littéralement, Le recueil de la chaîne d'or) est un ouvrage littéraire persan en vers. Il fait partie d'une collection littéraire en sept volumes de Mowlana Noor al-Din Abd al-Rahman Jami (1414−1492), célèbre érudit et poète soufi persan. Cette collection, appelée Haft awrang (Les sept trônes), constitue l'une des premières œuvres majeures de Jami. Le premier volume, le plus long, fut composé entre 1468 et 1486. La copie manuscrite présentée ici semble incomplète, car le dernier récit en vers sur les érudits et les perfectionnistes se termine subitement et maladroitement. Elle compte plus de 100 pages, paginées avec des chiffres de style indo-arabe. Chaque récit en vers présente des sous-titres rubriqués à l'encre bleue, grise et rouge. Les notes de préface et d'épilogue ont été perdues, ce qui rend difficile l'identification du lieu, de la date et du contributeur de la publication. Sur la première page blanche, une ligne manuscrite en noir indique : « Silsilah-i zahab, 28 rabi al-awwal 1246 », c'est-à-dire le titre et la date islamique (16 septembre 1830), vraisemblablement la date de publication. Toutefois, l'un des trois sceaux accompagnant cette note mentionne l'année islamique 1210 (1795−1796), ne permettant pas de déterminer avec certitude la date réelle du manuscrit. Le nom de l'auteur, Mowlana Abdur Rahman Jami, figure sur la seconde page. L'édition complète de Dīvān-i Silsilah comporte trois parties. La première, ayant trait à l'éthique et la didactique, inclut de courtes anecdotes et des critiques de la société contemporaines. La deuxième, de structure similaire, traite de l'amour spirituel et charnel. La troisième partie est la conclusion. Cette copie est organisée autour de thèmes religieux et éthiques, et de plusieurs histoires héroïques, historiques et sentencieuses. Plusieurs récits, tels que les premiers vers, font l'éloge de Dieu, de sa divinité et de sa suprématie. La page six loue le prophète Mahomet. Les vers de la page 11 portent sur la vertu et la justice. Le thème de l'éthique est abordé, des pages 28 à 31, dans un récit sur un roi et son fils ou peut-être dans une conversation sous forme de questions–réponses entre un roi et un esclave, à la page 39, dans l'histoire d'un professeur et de son élève, ainsi qu'aux pages 90 et 91, dans le conte d'un garçon de village qui décide de ne pas se séparer de son vieil âne après qu'il a entendu que l'acheteur voulait le revendre sur le marché prétendant qu'il s'agissait d'un jeune âne. Jami avait des liens directs avec la cour timuride et ses souverains à Hérat et dans le Khorasan, particulièrement avec la cour du sultan Husayn Bayqara. Des commentaires interprétatifs et religieux, des poèmes persans de différents genres, des traités mystiques, des ouvrages sur la grammaire arabe, ainsi que des élégies, comptent parmi les nombreuses œuvres de poésie et de prose produites par Jami. Celui-ci fut influencé par les discours mystiques soufis, notamment de l'ordre des naqshbandiyya, et par les anciens auteurs de la littérature classique persane, tels que Saadi, Sanaï et Nizami. Selon les érudits, les œuvres de Jami, qu'ils considèrent comme l'un des derniers grands poètes persans traditionnels, sont emblématiques de la transition entre l'ère littéraire persane classique et néoclassique.

« Siraj al-Tavarikh », ou Histoire de l'Afghanistan

Siraj al-Tavarikh (littéralement, Histoires de lumière) est un ouvrage sur l'histoire moderne afghane, par Faiz Muhammad Katib Hazarah (1862 ou 1863−1931), un des premiers historiens d'Afghanistan. Le livre fut commandé par l'émir Habibullah Khan, souverain d'Afghanistan au début du XXe siècle. On s'accorde généralement à dire que Siraj al-Tavarikh est constitué de quatre volumes, couvrant la période entre 1747, lorsque l'Afghanistan sous Ahmad Shah Durrani, fondateur de l'État moderne, émergea comme un régime politique indépendant dans le Khorasan, et 1919, date de l'arrivée au pouvoir d'Amanullah Khan, fils d'Habibullah Khan. Certains affirment toutefois qu'il existe un cinquième volume, abordant la période de 1919 à 1929. La copie présentée ici contient seulement les volumes 1 et 2, publiés dans un même tome en 1912−1913 par Matba-e Hurufi Dar al-Saltana-e, presse royale de Kaboul. Le premier volume de cette copie inclut une préface détaillée aux pages 1 et 2, ainsi que des cartes aux pages 3 et 4, représentant la topographie et « l'ancienne géographie de l'Afghanistan », appelé Bakhtar, Kaboulistan et Zaboulistan. (À l'époque de la conversion de ces territoires à l'islam, aux VIIe et VIIIe siècles, ils furent divisés de façon à former la région est, de Kandahar et Kaboul au Sindh, et la région ouest, comprenant le Khorasan.) Les pages 4 à 9 sont consacrées aux villes célèbres d'Afghanistan et de l'est de la Perse, dont Kaboul, Kandahar, Hérat, Ghazni et Balkh. L'essentiel du contenu du premier volume, des pages 10 à 194, couvre les règnes des dynasties du XVIIIe siècle d'Ahmad Shah Durrani et des Sadozaï, sa lignée pachtoune, qui gouvernèrent l'Afghanistan moderne et les régions du nord-ouest de l'Inde jusqu'au début du XIXe siècle, lorsque l'émir Dost Muhammad Khan et la lignée afghane des Barakzai remplacèrent les Sadozaï comme branche politique prédominante. Le second volume de l'ouvrage d'origine, des pages 195 à 377 dans cette édition, aborde les règnes de Dost Muhammad Khan et des autres souverains barakzai jusqu'en 1880, à l'arrivée au pouvoir de l'émir Abdur Rahman Khan, qui était également un Barakzai. Dans une préface d'une demi-page à la page 196, l'auteur raconte la fin de l'écriture du premier volume et son approbation par l'émir Habibullah Khan. Un arbre généalogique des Barakzai est fourni à la page 197. La page 377 contient un court épilogue. Des sous-titres figurent à la fois dans le texte principal et la partie supérieure des pages. Celles-ci sont numérotées avec des chiffres de style indo-arabe.