7 octobre 2014

L'histoire biographique de Tamerlan

Kulliyat-e Farsi Taymurnamah (littéralement, L'histoire biographique de Tamerlan) est une biographie de Tamerlan (1336−1405), fondateur turco-mongol de la dynastie et de la lignée des Timurides. L'ouvrage raconte en détail sa vie personnelle, politique et militaire, y compris ses campagnes et ses conquêtes, ainsi que les événements qui se déroulèrent dans les régions des actuels Iran, Afghanistan et Asie centrale. De nombreuses biographies de Tamerlan furent produites de son vivant et après sa mort. Cette version lithographiée fut publiée à Tachkent par la presse Matba-e Ghulam Hasan en 1912. La dernière page de l'introduction (pages 2 à 7) indique que ce livre fut écrit en 1792, durant le règne de Shah Murad, fondateur de l'émirat de Boukhara. Le nom complet de l'auteur, Mirza Muhammad Qasim Ibn Abdul Khaliq Bukhari, figure sur la couverture, mais aucune autre information n'est fournie à son sujet. L'introduction de cette copie est un trope historiographique persan typique, faisant l'éloge de la suprématie de Dieu et mettant en évidence le rapport entre l'émergence de Tamerlan en tant que souverain et la sanction divine. L'auteur souligne que cette relation peut également être établie avec les prophètes, d'Abraham à Mahomet, et les quatre califes de l'Islam, Abou Bakr, Omar, Othman et Ali. À la page 4, l'auteur affirme que « l'humanité » est constituée de deux types de personnes : d'abord les prophètes, puis les rois, comme protecteurs de la religion, artisans et gardiens de la paix, et défenseurs courageux et braves de la justice. (Il ne dit rien de ceux qui n'entrent pas dans ces catégories.) Tamerlan (Amir Timur Gorgan), « d'une bravoure incontestable, conquérant du monde, de la Bulgarie à la Chine, et souverain d'Iran et de Touran », appartient au second type. L'auteur fait référence à d'autres biographes de Tamerlan, notamment Qazi Abdul Wakil et Abdul Razzaq Samarqandi. Il aborde également le milieu familial de Tamerlan, son couronnement en tant que souverain à Balkh en 1369−1370 et ses campagnes militaires. N'étant pas limité à la vie de Tamerlan, l'ouvrage traite également des événements de la vie de ses descendants, tels que le couronnement de Châhrokh Mirzâ comme souverain d'Hérat, l'ascension de Babur comme empereur du Khorasan et de l'Inde, et l'émergence des Ouzbeks et des Safavides comme nouvelles lignées politiques au Mawaranahr, dans le Khorasan et en Iran. Certains événements historiques, personnages et récits se distinguent par des sous-titres en gras dans le corps du texte et au-dessus. Le premier dâstân (récit), des pages 8 à 15, relate la naissance de Tamerlan, tandis que le dernier est consacré à sa mort et évoque brièvement ses descendants, particulièrement ses 34 fils et ses nombreux petits-enfants. Les marges du texte contiennent des notes et des signatures de lecteurs inconnus, ou peut-être de l'auteur. Des sceaux et des cachets de nombreux autres lecteurs figurent également sur la dernière page du livre. Ce dernier compte environ 440 pages, paginées avec des chiffres de style indo-arabe.

Histoire des Pachtounes

Tavārīkh-i Khūrshīd-i Jahān (littéralement, Histoires du Soleil et du monde) est principalement une histoire du peuple afghan pachtoune. L'ouvrage aborde les généalogies afghanes pachtounes, les lignées distinctes, ainsi que les nombreux événements politiques, les guerres et les formes de gouvernement, telles que les dynasties safavides et mogholes du Khorasan et de l'Inde, auxquelles les Pachtounes s'identifient historiquement. Le livre est organisé en quatre parties. La première est une liste complète du contenu. La seconde commence par une préface indiquant le nom de l'auteur, du mécène et du contributeur, et proclamant que l'ouvrage « se veut un livre sur l'histoire afghane pachtoune depuis la création d'Adam ». Cette partie est consacrée aux légendes généalogiques populaires des Afghans pachtounes, la plus notable prétendant qu'ils seraient les descendants de l'une des tribus israélites, spécifiquement des enfants de Saül, premier roi d'Israël. La troisième partie, le texte principal, est composée de huit chapitres sur l'histoire des Pachtounes. Enfin, l'épilogue, qui mêle la prose aux vers, inclut le nom de l'auteur, les informations de publication et une brève conclusion du contenu du livre. Dans plusieurs chapitres, des tables décrivent les différentes généalogies des Afghans pachtounes, accompagnées d'introductions détaillées sur chaque lignée. Par exemple, des tables retraçant les origines des Barakzai, des Alekozai, des Momands, des Kakars et d'autres branches figurent sur les pages 188 à 319. Ces tables généalogiques sont suivies de discussions approfondies. Le livre fut publié en 1894 à Lahore (aujourd'hui au Pakistan). Le nom complet de l'auteur, Sher Muḥammad Khān Saheb Gandapur Ibrahim Zai (1837−1902 env.), apparaît sur la couverture du livre. Sher Muḥammad Khān était vraisemblablement un Pachtoune gandapur et fonctionnaire nommé par les Britanniques à la municipalité de Kulachi, dans le Dera Ismail Khan, un des centres administratifs de la province de la Frontière-du-Nord-Ouest de l'Inde britannique. La préface mentionne qu'il écrivit un autre ouvrage historique intitulé Gulshan-i Afghanistan (Jardin de fleurs d'Afghanistan), publié sous le titre Hayat-i Afghani (Ancêtres des Afghans). Sher Muḥammad Khān raconte qu'Hayat-i Afghani entra en possession de Mohammad Hayat Khan Saheb, fonctionnaire judiciaire du district de Bannu, également dans la province de la Frontière-du-Nord-Ouest, et que celui-ci le fit publier sous son propre nom, mais ce fait n'est pas vérifié. Il est toutefois certain que Tavārīkh-i Khūrshīd-i Jahān parut sous le patronage de Sardar Mohammad Hayat Khan Saheb, s'agissant peut-être du même fonctionnaire. Les 319 pages de l'ouvrage sont numérotées avec des chiffres de style indo-arabe.

17 octobre 2014

Voyage d'un Syrien en Amérique centrale et du Sud

Le père Henri Lammens naquit dans une famille catholique à Gand, en Belgique, en 1862. Il rejoignit les jésuites à l'âge de 15 ans, puis il s'installa définitivement au Liban. Il maîtrisait le latin et le grec, et enseigna l'arabe à Beyrouth. Lammens produisit son premier ouvrage, un dictionnaire arabe intitulé Farā'id al-lugha (Les perles de la langue), en 1889. Il fut également éditeur pour le journal jésuite de Beyrouth al-Bashīr (L'évangéliste). Il écrivit de nombreuses œuvres, en particulier sur l'histoire de l'Arabie durant la période préislamique, mais également sur la dynastie omeyyade. Ses ouvrages d'érudition sont entachés d'un manque d'objectivité et d'une opinion souvent polémique et virulente à l'égard de l'islam. Remarques sur les mots français dérivés de l'arabe, Tasrīh al-abṣār (sur les sites archéologiques au Liban) et Études sur le règne du calife omeyyade Mu'āwiya Ier comptent parmi ses œuvres les plus célèbres. Lammens mourut à Beyrouth en 1937. Al-Riḥla al-sūrīya fī Amīrka al-mutawwasiṭa wa al-junūbīya (Voyage d'un Syrien en Amérique centrale et du Sud) est inspiré de son périple en Amérique et ses essais le relatant parus dans al-Bashīr en 1893 et 1894. Ces écrits, traduits en arabe par Rachid Chartouni, furent publiés sous forme de livre par l'Imprimerie catholique de Beyrouth en 1894. Dans le livre, l'auteur fournit des informations sur les pratiques religieuses, l'agriculture, l'industrie, le commerce et la démographie des pays qu'il visita, notamment Cuba (chapitres 1−3), la Jamaïque (chapitre 4), le Mexique (chapitres 5−11), le Honduras britannique (aujourd'hui le Belize, chapitre 12), le Guatemala (chapitre 13), le Honduras (chapitre 14), le Nicaragua (chapitre 15), le Costa Rica (chapitre 16), le Panama (à l'époque un département de la Colombie, chapitres 17−19), la Colombie (chapitres 20−23) et l'Équateur (chapitre 23).

Les nymphes des vallées

'Arā'is al-Murūj (Les nymphes des vallées) est un recueil de nouvelles de l'éminent auteur et artiste libano-américain Gibran Khalil Gibran. Celui-ci naquit en 1883 dans une famille catholique maronite de Bcharré, village du nord du Liban. Sa famille immigra aux États-Unis en 1895, où il commença sa scolarisation formelle, étudiant l'anglais et l'art. Gibran est mieux connu en Occident pour son livre qu'il termina en 1923, Le prophète, traduit par la suite en plus de 40 langues. Mort à New York en 1931, Gibran fut inhumé au Liban, selon sa volonté. Le livre est composé de trois histoires : Ramād al-ajyāl wa al-nār al-khālida (Les cendres du passé et le feu éternel), Martā al-bāniya (Martha la bannaise) et Yūḥanna al-majnūn (Jean le fou). Les nymphes des vallées, traduit en anglais par H.M. Nahmad en 1948, parut également en espagnol, en persan et dans d'autres langues. Il s'agit ici de la seconde édition imprimée du livre, publiée par al-Hilāl au Caire en 1922.

Un traitement acceptable de l'histoire de l'Égypte et du Caire

Cet ouvrage est une édition imprimée de Ḥusn al-muhādara fī akhbār Miṣr wa al-Qāhira (Un traitement acceptable de l'histoire de l'Égypte et du Caire) par Jalal al-Din al-Suyuti. Il aborde l'histoire de l'Égypte, ses souverains et ses armées, ainsi que leur réputation historique. Le livre est composé de deux parties imprimées en 1909 dans un même volume par la maison d'édition Al-sharafīya du Caire. Imām Abū al-Faḍl 'Abd al-Raḥmān ibn al-Kamāl Abū Bakr Jalāl al-Dīn al-Suyūṭī, né au Caire en 1445, mémorisa le Coran à un jeune âge, étudia aux côtés de nombreux grands érudits et excellait dans l'exégèse du Coran, des hadith (les paroles attribuées au prophète Mahomet), de la jurisprudence et de la langue arabe. Ses voyages l'amenèrent au Hedjaz, en Syrie, au Yémen et au Maroc. Il mourut au Caire en 1505. Jalal al-Din al-Suyuti appartenait à l'école de droit madhab chaféite, au sein de laquelle il est considéré comme une autorité. Il écrivit plus de 500 ouvrages sur la linguistique et les études religieuses. Al-Itqān fī 'ulūm al-Qur'ān (Le précis des sciences du Coran), Tārīkh al-khulafā (Histoire des califes), Tafsīr al-Jalalayn (Exégèse du Coran par les deux Jalal, à savoir Jalal al-Din al-Suyuti et Jalal al-Din al-Mahalli), Al-Ṭibb al-nabawī (La médecine du Prophète) et Durr al-manthūr (Les perles dispersées) comptent parmi ses œuvres les plus connues.

Commentaire d'al-Allāma Ibn 'Aqīl sur « al-Alfiya » par al-Allāma Ibn Mālik

Cet ouvrage est un commentaire d'Ibn 'Aqīl sur l'œuvre célèbre d'Ibn Malik intitulée al-Alfīya, poème de 1 000 vers sur les principes de la grammaire arabe. 'Abd Allah ibn 'Abd al-Raḥmān ibn 'Aqil naquit en 1294 environ au Caire, où il mourut en 1367. On sait peu de choses de sa vie, si ce n'est qu'il fut un éminent grammairien de la langue arabe et un auteur prolifique. Outre son commentaire sur al-Alfiya, ses ouvrages incluent Taysīr al-isti'dād li rutbat al-ijtihād (La facilité de se préparer à la capacité de raisonnement indépendant) et al-Jāmi' al-nafīs 'alā madhhab al-imām Muḥammad ibn idrīs (L'encyclopédie précieuse sur la méthode de l'imam Muḥammad ibn Idrīs, en six volumes). Le commentaire et al-Alfiya sont tous deux des textes de référence du programme islamique traditionnel. Muhammad ibn 'Abd Allāh ibn Malik (mort en 1274), grammairien arabe, naquit à Jaén, en Andalousie (aujourd'hui en Espagne). Il quitta l'Andalousie et s'installa en Syrie. Il doit surtout sa renommée à al-Khulāsa al-alfīya (ou al-Alfiya en abrégé), versification de la grammaire arabe, qui allait devenir un des principaux textes de l'enseignement de la langue arabe dans la majeure partie du monde islamique. Au moins 43 commentaires furent écrits sur cet ouvrage, qui revêt une telle importance du fait que les érudits avaient recherché auparavant une authentification fiable de la grammaire et du lexique arabes. Ibn Malik composa son poème plus comme un outil didactique qu'un ouvrage de recherche. Toutefois, les étudiants devaient le mémoriser, suscitant une controverse à l'époque moderne. L'édition présentée ici de Commentaire d'al-Allāma Ibn 'Aqīl sur « al-Alfiya » fut publiée à Beyrouth par al-Maṭba'a al-adabīya en 1885.