31 juillet 2012

Édition préliminaire des œuvres du Jardin sans rêve

Intellectuel et fonctionnaire chinois de la fin de la période Ming, Chen Renxi (1581–1636) obtint son jin shi en 1622 et devint membre de l'Académie impériale Hanlin. C'est son frère Chen Lixi qui fit imprimer Wu meng yuan chu ji (Édition préliminaire des œuvres du Jardin sans rêve) en 1637. Cet ouvrage comporte 35 juan de l'œuvre principale de Chen, 8 juan de ses écrits non encore publiés, 2 juan de courts essais et 1 juan sur la généalogie de sa famille, en 16 volumes. Contenant essentiellement des informations détaillées sur les frontières près de Liao (également appelé empire du Khitan), l'ouvrage fut répertorié à la fois dans Jin shu zong mu (Le catalogue général des livres interdits) et Wei ai shu mu (Catalogue des œuvres contre la coutume ou la loi) pendant la dynastie Qing. Le texte est accompagné d'une illustration dessinée à la main intitulée Shan hai guan nei wai bian tu (Illustration de la frontière intérieure et extérieure du col de Shanhai). Les chapitres incluent les détails de la géographie des frontières, des terres labourées par l'armée, des mers et autres thèmes basés principalement sur l'expérience et les observations personnelles de l'auteur. Cet ouvrage contient également des archives importantes de l'histoire de la fin de la période Ming et du début de la période Qing. Il est intéressant de relever que les 35 juan de l'œuvre principale sont organisés en 14 chapitres, ajoutant 14 caractères, soit un caractère pour chaque chapitre. Ces 14 caractères forment un couplet de vers. Différents noms d'imprimeur et de graveur apparaissent dans l'ouvrage, et ce dernier comporte plusieurs préfaces et postfaces. La préface de l'auteur est datée de 1633. Seuls quelques exemplaires de cette œuvre existent encore aujourd'hui, donnant une valeur particulière à celle présentée ici.

La romance du temple de Jinhua

Jinhua si ji (littéralement, La romance du temple de Jinhua) est un exemplaire manuscrit datant de la fin de la dynastie Yuan, en un volume, d'une œuvre de fiction chinoise réalisée en Corée. La date exacte de sa première publication et son auteur sont inconnus. Un jeune étudiant chinois nommé Zixu fit un rêve alors qu'il dormait dans le temple de Jinhua, à Jinling (aujourd'hui Nanjing). Dans ce rêve, il était invité à une fête dont les hôtes étaient les quatre plus grands fondateurs des dynasties chinoises : Han Gaozu (règne : 206–195 av. J.-C.), Tang Taizong (règne : 627–649 apr. J.-C.), Song Taizu (règne : 960–976) et Ming Taizu (règne : 1368–1398). Leur conversation tentait d'établir quels dirigeants méritaient d'être reconnus comme des personnages de la restauration dynastique. Ils convinrent que ce fut Liu Bei (161–223), le dirigeant fondateur de l'état de Shu pendant l'ère des Trois Royaumes et lui octroyèrent le titre de Zhaoliedi (Empereur de l'éclat et de la vertu), alors qu'ils s'accordèrent sur la médiocrité de Cao Cao, le dirigeant de l'état de Wei entre 200 et 220 environ. Parmi les hauts fonctionnaires, Zhuge Liang (181–234), un chancelier de l'état de Shu, fut reconnu comme le premier ministre le plus éminent disposant d'un cabinet remarquable. Lorsque Yuan Taizu, un empereur de la dynastie Yuan, apprit qu'il ne fut pas invité au banquet, il s'indigna et lança un assaut avec pour soldats les Jurchens et les Turcs, mais il fut rapidement vaincu par les empereurs chinois Han. L'idéologie centrée sur les Chinois Han est un des thèmes du roman, qui représente notamment les empereurs participant au banquet comme les dirigeants légitimes de la Chine, tout en remettant en cause la légitimité des personnages historiques. Il s'agit de l'un des romans chinois qui furent populaires en Corée. L'histoire est également appelée Jinhua si meng you lu (Récit d'un voyage en rêve au temple de Jinhua).

Récits de Zixia, la gorge violette

Cao Zongzai (1754–1824), originaire de la province du Zhejiang, plus précisément de la ville de Haining qui est connue pour ses paysages impressionnants et le mascaret spectaculaire du fleuve Qiantang, réalisa plusieurs recueils de poésie. Ce manuscrit, en deux juan et un volume, intitulé Zi xia wen xian lu (Récits de Zixia, la gorge violette) provient de l'un d'eux et fut compilé par l'auteur dans son studio Dongshanlou (salle Montagne de l'Est). Cao produisit un autre recueil intitulé Xiachuan shi chao (Le recueil de poésie de Xiachuan). À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, les écrits des gens de lettres locaux s'inspiraient des paysages de Haining et de ses régions environnantes, devenant ainsi un thème populaire des œuvres littéraires et artistiques. La ville de Xiachuan, située au nord-est de Haining, était célèbre pour ses 12 paysages pittoresques immortalisés dans les vers de la poétesse Ming Xu Ying. Cao Zongzai compila de grands recueils de poèmes pour ses différents projets d'histoire locale. Avec dix-neuf amis littéraires, il composa des poèmes sur Xiachuan égalant ceux de Xu Ying, qu'ils rassemblèrent dans cette anthologie en 1803. Par la suite, ils l'incorporèrent dans la nomenclature géographique locale de 1812 éditée par Cao Zongzai. Le manuscrit répertorie les auteurs locaux de la dynastie Ming qui séjournèrent à Zixia (la gorge violette) ainsi que les détails de leurs accomplissements. Il inclut également des personnages vertueux et des descriptions de sites. C'est la raison pour laquelle cet ouvrage est autant un répertoire des personnalités célèbres locales qu'un recueil de poésie. La préface de l'anthologie date de 1828 et fut écrite par le poète Lu Jinghua.  

Enseignements de l'école confucéenne dans la province du Shanxi

Wen Xiangfeng (1577–1642), un fonctionnaire de la fin de la période Ming, est l'auteur de cet ouvrage. Il obtint son jin shi en 1610 et assuma plusieurs postes, notamment ceux de commissaire adjoint de la province du Shanxi, de vice-commissaire de la cour impériale Stud et de secrétaire du Bureau des cérémonies au Bureau des rites à Nanjing. Cependant, Wen Xiangfeng se consacra essentiellement à l'enseignement et à l'éducation, et fut connu dans la région comme un penseur confucéen. En 1621, il devint le chancelier littéraire de la province du Shanxi, où il écrivit cet ouvrage qui fut imprimé durant la première année du règne de Tianqi (1621–1627). Ce livre contient 16 juan en 16 volumes et inclut une préface de l'auteur. Il ne fut pas largement distribué. Wen était un disciple de Shao Yong (1011–1077), philosophe, cosmologiste, poète et historien Song, qui influença grandement le développement du néo-confucianisme en Chine. Avec cet ouvrage, Wen Xiangfeng espérait que son écriture épouse les doctrines des cinq classiques confucéens. Il déclara que son objectif premier était l'adhésion aux normes strictes d'éthique et de morale. En effet, il souhaitait montrer sa loyauté inébranlable envers le pays et l'empereur, loyauté qui prévaut sur les liens du sang, mais également servir, respecter et redouter le paradis (parent symbolique de l'empereur). Il tenta de mêler des thèmes astronomiques à ses théories, se consacrant à l'œuvre représentative de Shao Yong Huang ji jing shi (Livre des principes suprêmes de l'ordre du monde) et abordant les enseignements confucéens et des questions de religion. Il était défavorable à l'introduction de la religion chrétienne en Chine par les missionnaires. Wen Xiangfeng était également connu en tant que poète et auteur de recueils de poésie.

Œuvres récentes de Xu Bidong

Xu Fenpeng (1560–1642), également connu sous son nom de plume Bidong, est l'auteur de cet ouvrage. Imprimée par Yu Zhixiao au cours du règne de Wanli (1572–1620), l'œuvre contient près de 200 entrées en quatre juan et quatre volumes. Son titre d'origine, Si shu jin jian lu (Commentaires récents sur les Quatre livres), reflétait le fait qu'il contenait principalement les commentaires de l'auteur sur les Quatre livres confucéens : Da xue (La grande étude), Lun yu (Les analectes de Confucius), Zhong yong (L'invariable milieu) et Mengzi (Mencius). Trois préfaces accompagnent les commentaires. La première fut écrite par l'auteur lui-même, la seconde par Yu Zhixiao (datant de 1612) et la troisième par Yu Jiquan (datant également de 1612). Xu Fenpeng était érudit et brillant historien de renom. Très jeune, il fut reçu premier aux examens des niveaux de comté et de préfecture, mais il refusa de servir au sein du gouvernement. Pour gagner sa vie, il fonda une école située au pied du mont Bijia (« montagne en porte-pinceau ») dans la province du Guangdong et se consacra à l'écriture. Il basait ses cours sur ses propres textes révisés des classiques. Écrivain et éditeur prolifique, Xu produit de nombreuses œuvres. Ses histoires étaient particulièrement connues et appréciées au Japon. En outre, il compila, édita et écrivit des commentaires sur les classiques, des drames, des fictions et même des almanachs. Entre 1590 et 1620, bien qu'il eût parfois financé l'impression de ses propres livres, sa réputation était telle que les éditeurs commerciaux du Fujian et de Nanjing publièrent ses écrits. Les œuvres qu'il acheva en 1602 furent publiées la même année par la maison d'édition Guangqi Tang de Nanjing. Xu critiqua la pratique courante qui consistait à inclure des préfaces d'auteurs célèbres pour augmenter la valeur d'un livre. Il écrivit ainsi les préfaces de la plupart de ses livres, ce qui explique peut-être en partie sa brève renommée et, par la suite, son anonymat. Cet ouvrage présente une empreinte de sceau portant le nom de Fujinami, un collectionneur japonais.

Récits factuels sur Huaiyin

Huaiyin, également appelée Huai’an, était une préfecture de la province du Jiangsu située sur une ancienne section du Grand Canal et du fleuve Huai, deux voies navigables majeures pour le transport du grain. Le Huai reliait les fleuves Jaune et Yangtsé, et comme eux, il coulait à l'origine d'ouest en est, se déversant directement dans la mer. Au XIIe siècle, les armées Jin et Song, utilisant l'inondation comme arme de guerre, modifièrent le cours du fleuve Jaune de sorte qu'il coulât vers le sud et se déversât dans le Huai. Petit à petit, le sédiment du fleuve Jaune s'accumula, créant un obstacle massif dans la partie médiane et inférieure du fleuve Huai, qui devint ainsi un affluent du fleuve Yangtsé vulnérable aux inondations. Pendant son mandat de préfet de Huai’an, Zhang Zhaoyuan, l'auteur de cet ouvrage, dut faire face à une obstruction imminente du canal. Zhang prit des mesures pour éviter la catastrophe, ordonnant notamment la construction d'une voie d'accès qui permit aux bateaux d'entrer dans le canal. Ses actions lui valurent une promotion. L'ouvrage Huaiyin shi ji (Récits factuels sur Huaiyin), publié durant le règne de Wanli (1573–1620), contient ses mémoires et documents officiels. Parmi ces derniers, cinq sont qualifiés de majeurs : « Aménagement du fleuve Jaune et construction d'effluents sur le fleuve Huai », « Compréhension des deux fleuves », « Histoire du transport », « Détails des travaux de réhabilitation du fleuve » et « Détails sur la préparation pour faire face aux pirates ». L'ouvrage contient deux juan, dont un est un supplément, en un volume. Il présente les impressions de sceaux de deux grands collectionneurs de livres, Chen Ruolin (1759–1832) et Zhang Shouyu.