Livre de théologie

Shem’un al-Turani est né en 1670 près du Tour Abdin, en Turquie actuelle. Il étudia dans la région du Tour Abdin et devint moine à 20 ans. Il fut nommé maphrien (historiquement le prélat second du patriarche dans la hiérarchie de l'Église syriaque orthodoxe) en 1710 et prit le nom de Basileios. Le maphrien Basileios Shem’un devint martyr en 1740. Ses œuvres, écrites en vers et en prose, sont considérées essentielles, car il fut l'un des auteurs syriaques les plus célèbres et que très peu d'ouvrages de la littérature syriaque de la période ottomane furent publiés. Son Kitāb al-ṯe’ōlōġiyyā (Livre de théologie) est divisé en 12 chapitres, comportant chacun 10 sections. Ce livre fut écrit en syriaque et peu après traduit en garshuni (c'est-à-dire en arabe avec une écriture syriaque, tandis que l'« arabe » est utilisé spécifiquement dans les manuscrits de l'œuvre). La traduction fut réalisée par Athanasius Aslan, évêque d'Amida (aujourd'hui Diyarbakir, en Turquie) et étudiant du maphrien Basileios Shem’un. Cette copie est l'un des deux premiers manuscrits de la version en garshuni.

L'arme de la religion et le bouclier de la certitude

Shem’un al-Turani est né en 1670 près du Tour Abdin, en Turquie actuelle. Il étudia dans la région du Tour Abdin et devint moine à 20 ans. Il fut nommé maphrien (historiquement le prélat second du patriarche dans la hiérarchie de l'Église syriaque orthodoxe) en 1710 et prit le nom de Basileios. Le maphrien Basileios Shem’un devint martyr en 1740. Kitāb silāḥ al-dīn wa-turs al-yaqīn (L'arme de la religion et le bouclier de la certitude) contient son traité polémique en faveur de la pratique et de la doctrine syriaques orthodoxes, et contre celles des catholiques et de l'Église de l'Orient. Contrairement à son autre œuvre majeure, Kitāb al-ṯe’ōlōġiyyā (Livre de théologie), d'abord réalisée en syriaque puis traduite en garshuni, cet ouvrage fut écrit en garshuni (mots arabes en caractères syriaques). La copie présentée ici fut achevée en août 1724 par un scribe nommé Zakarya.

Sélections du Livre de saint Hiérothée avec commentaires

Ce manuscrit contient des commentaires sur Ktābā d-Irotē’os (Livre de saint Hiérothée), une épopée théologique du début du VIe siècle sur les mystères cachés du divin, attribuée à Étienne Bar Soudaïli. L'auteur des commentaires est Grégoire Bar ‘Ebraya (également appelé Bar Hebraeus, 1226–1286), qui fut un évêque syriaque orthodoxe et un mystique syrien. Bar Soudaïli et cet ouvrage furent l'objet de suspicion au sein de l'Église orthodoxe. Cette méfiance s'explique par le fait que son ouvrage fut associé à l'origénisme et à Pseudo-Denys l'Aréopagite (tous deux liés aux tentatives de réconciliation du platonisme et des Écritures saintes, croyances considérées comme hérétiques par la suite) et à Évagre le Pontique, un ancien Père de l'Église doté d'un grand talent de rhétorique devenu moine et ascète. Cet ouvrage conserva néanmoins sa popularité, et les commentaires ultérieurs tels que ceux-ci semblèrent souligner son rapprochement avec la pensée orthodoxe plutôt que son éloignement. Dans ce manuscrit, non daté mais qui ne fut copié probablement qu'au XXe siècle, les numéros de chapitre s'alignent sur le texte et les commentaires.

La vie de Barsauma

Ce manuscrit non daté de Ktāba d-ḥayyāw(y) d-qaddišā mār(y) Barṣawmā (La vie de Barsauma) contient le récit de la vie miraculeuse de Barsauma (mort vers 492). Il est écrit en syriaque, mais ce texte est également connu en ge'ez, langue classique d'Éthiopie. On dit que Barsauma aurait accompli près de 100 miracles, décrits en détail ici, et qu'il fut impliqué dans les controverses christologiques du Ve siècle. Un monastère connu près de Mélitène, en Turquie actuelle, porte son nom en sa mémoire. Les feuillets du manuscrit ne sont pas numérotés, mais il est évident qu'il manque la première main au début et quelques feuillets à la fin de l'ouvrage. L'écriture sur les bords de page déborde nettement.