Le Jin Zhaocheng Tripitaka

Cette édition du canon bouddhiste a été imprimée entre la neuvième année de l'ère Huangtong de Xizong de la dynastie Jin et vers l'ère Dading de Shizong, et pour cette raison est appelée "Jin Tripitaka" par les spécialistes. Elle est aussi appelée le "Jin Tianning du Temple Tripitaka de Xiezhou" parce que le bois a été sculpté au Temple Tianning sur la montagne Jinglin, à Xiezhou, Shanxi (l'actuel comté de Xie dans le district de Jinnan). L'œuvre a été redécouverte en 1933, au temple de Guangsheng  dans le comté de Zhaocheng, Shanxi, de sorte que son nom est également abrégé en "Zhaocheng Tripitaka". Selon les documents historiques, la création du Tripitaka Jin a été financée par une femme du nom de Cui Fazhen, roturière de Zhangzi dans le comté de Luzhou, avec le soutien de beaucoup de croyants de la région. Au total, plus de 168 000 panneaux de bois furent sculptés, dont 6 980 juan (chapitres) de texte. Le Tripitaka Jin est basé sur le "Kaibao Tripitaka" du Xe siècle, et s'inscrit dans la tradition des publications imprimées dans la plaine de Chine du Nord. Cette œuvre possède une grande valeur documentaire. En effet, beaucoup des sutras de cette édition du canon étaient manquants, ou n'étaient pas inclus dans les autres éditions.

Encyclopédie Yongle

L' Encyclopédie de Yongle est une encyclopédie à grand échelle - la plus grande de la Chine pré-moderne - organisée selon les catégories traditionnellement établies en Chine. L'ouvrage complet est composé de 22 877 juan (chapitres) de texte à proprement parler, de prolégomènes et d'un index de 60 juan, tous reliés en 11 095 tomes, pour un total de quelques 370 millions de caractères. L'encyclopédie renferme des informations textuelles provenant d'environ 8000 textes de toutes sortes, depuis les temps pré-Qin jusqu'au début de la dynastie Ming. Elle recouvre les œuvres de spécialistes célèbres dans des domaines tels que l'astronomie, la géographie, les affaires humaines, les objets célèbres, la philosophie yin-yang, le bouddhisme et le taoïsme, l'artisanat, etc. En plus d'être de grande ampleur et de porter sur des sujets très variés, l' Encyclopédie de Yongle était transcrite avec soin et finement illustrée, ce qui en faisait un véritable trésor parmi les manuscrits. L'œuvre elle-même est tombée dans l'oubli avec la chute des Ming. Beaucoup d'exemplaires ont connu un sort malheureux au cours des dynasties Ming et Qing, et des parties de l'encyclopédie ont été dispersées à travers le monde. Seuls quelque 400 volumes nous sont parvenus. Ils sont répartis entre plus de 30 collections à travers huit pays ou territoires. La bibliothèque nationale de Chine possède 221 tomes, soit plus de la moitié des volumes dans le monde, ce qui fait d'elle l'institution qui en détient le plus grand nombre.

La Bibliothèque complète en quatre sections (Siku Quanshu)

Le Siku quanshu (Bibliothèque complète en quatre sections), compilée durant la période Qianlong de la dynastie des Qing, est la plus grande collection de textes de la Chine pré-moderne. Elle occupe une place importante dans l'histoire des textes culturels et de la pensée universitaire en Chine. L'édition Wenjin ge est un manuscrit rédigé au cours du règne Qianlong. Elle comprend au total 36 304 tomes, répartis en 6 144 boîtes placées sur 128 étagères. Ils sont constitués de 79 309 juan (chapitres) et étaient tout d'abord conservés dans le pavillon Wenjin du Palais d'Été de Rehe (Jehol, aujourd'hui Chengde). En 1914, ils ont été versés au fonds de la Bibliothèque de la Capitale (aujourd'hui la Bibliothèque nationale de Chine). La collection complète est divisée en quatre sections: classique, anecdotes, références, et belles-lettres, chacune liée à une couleurs des quatre saisons, pour en faciliter la lecture. Les textes sur lesquels se fonde l'édition Wenjin ge sont les livres conservés à la trésorerie du palais, les livres rassemblés par le tribunal des Qing, les livres soumis depuis tous les secteurs de l'empire, et les livres reconstitués à partir de l' Encyclopédie de Yongle.L'ensemble complet des Siku quanshu de la Bibliothèque nationale de Chine conserve un riche corpus de documents littéraires et historiques, ainsi que les étagères, les caisses et les livres originaux.

L' Exploitation des œuvres de la nature (Tiangong Kaiwu)

Tiangong kaiwu (Exploitation des œuvres de la nature), un ouvrage intégré sur l'agriculture et l'artisanat, est l'une des œuvres les plus importantes sur la science et la technologie dans l'histoire de la Chine. Un savant européen a dit qu'elle constituait une version avant l'heure de l'Encyclopédie de Denis Diderot   publiée en France au XVIIIe  siècle. L'auteur est Song Yingxing, un scientifique réputé de la dynastie des Ming. Tout en travaillant comme précepteur dans le comté de Fenyi (province de Jiangxi), il a étudié les techniques agricoles et artisanales, dont il a ensuite fait un livre. Cet ouvrage a été publié grâce aux fonds de son ami Shaokui Tu, dans la dixième année du règne Chongzhen (1637). Le Tiangong kaiwu décrit tous les aspects de la technologie jusqu'au milieu de la période Ming. Divisé en trois parties et comprenant 121 illustrations, il décrit les conditions, les configurations et les étapes de production de plus de 130 types de techniques de production et d'outils. Le livre constitue un panorama complet de la science et de la technologie, et fournit un résumé systématique des techniques chinoises antiques, de l'expérience accumulée par la Chine en matière d'agriculture, et des réalisations de la Chine dans la technologie artisanale. Bon nombre de techniques de production décrites dans le livre sont toujours en usage aujourd'hui. Le livre a été traduit en japonais, français, anglais, allemand, italien et russe, et a été largement diffusé en Europe et au Japon.

De la chute des États

Ce rouleau complet de parchemin de la dynastie des Tang a été exhumé à Dunhuang, en Chine. Le texte est écrit à l'encre sur du papier jaunâtre en écriture standard, dans des colonnes régulièrement espacées avec des caractères magnifiques. Le rouleau contient un ouvrage intitulé De la chute des États,par Lu Ji (261-303), un écrivain de la dynastie des Jin occidentaux. Calqué sur l'œuvre de Jia Yi, Sur une visite à Qin,le document décrit l'ascension et la chute du royaume oriental de Wu durant la période des Trois Royaumes, ainsi que les contributions méritantes de la famille Lu. Célèbre parmi les ouvrages antiques sur l'administration, De la chute des États fait valoir que la clé de la fortune d'un pays est d'évaluer et employer les personnes à bon escient. Par rapport au texte tel qu'il est présenté dans l' Histoire des Trois Royaumes et l' Anthologie littéraire,le manuscrit découvert à Dunhuang présente de nombreuses différences dans les caractères employés (des caractères populaires non standards), et dans les formulations. Ces changements montrent l'évolution des caractères dans le processus de transmission des textes, et sont un exemple de la façon dont les scribes modifiaient les textes écrits durant l'ère du manuscrit. Le rouleau fait partie d'une collection de manuscrits allant du IVe  au XIe  siècle, qui a été découverte en 1900 dans une chambre de sutra des grottes de Mogao ; en 1910, les autorités chinoises ont décidé de transférer cette collection à la Bibliothèque de la Capitale, ancêtre de la Bibliothèque nationale de Chine.

Les Quatre livres en chapitres et versets entièrement commentés

Les Analectes est un des classiques fondateurs pour les lettrés ruistes (confucéens) Elles ont été compilées par les disciples de Confucius et les propres disciples de ceux-ci. Cet ouvrage contient essentiellement des conversations et des dialogues relatifs à Confucius et à ses disciples, qui reflètent les opinions et les principes de Confucius tels qu'appliqués à l'administration, à l'éthique, à la moralité et à l'éducation. La version généralement acceptée des Analectes se divise en 20 chapitres. Zhu Xi (1130-1200), de la dynastie des Song, a compilé "Le grand apprentissage" et "L'invariable milieu" du Livre des Rites et a combiné ces extraits avec Le Mencius pour créer Les Quatre livres en chapitres et vers avec commentaires réunis.Immensément admirée en Chine, l'œuvre de Zhu Xi a été considérée pendant plusieurs siècles comme indispensable au cursus de tout candidat se préparant aux examens de la fonction publique. Ainsi, Les Analectes ont exercé en Chine une influence profonde et étendue sur plusieurs générations.

Album de visages d'opéra du Bureau de la Grande Paix

Les dessins de cet album montrent le maquillage des personnages de l'opéra de Pékin. Il est l'œuvre d'un peintre de cour pendant ou après le règne de Tongzhi (1851-1874). Au cours de la dynastie Qing, un Bureau de la Grande Paix fut créé pour gérer la troupe de théâtre de la cour. Il était chargé de préparer les pièces qui se jouaient pendant la saison des spectacles et lors des cérémonies officielles. Le maquillage des personnages des pièces suivait généralement une codification d'expressions et de couleurs bien établie. Les 97 peintures de ce livre présentent le maquillage de neuf types de pièces. Les illustrations sont habilement exécutées, les couleurs sont vives, la soie des pages ainsi que les pigments sont de la plus haute qualité. Selon toute vraisemblance, l'album était un « objet pour le plaisir de Sa Majesté ». L'album est très apprécié, tant pour sa beauté formelle que pour les informations qu'il renferme. Il constitue une ressource historique précieuse sur l'habillement et le maquillage des débuts de l'opéra de Pékin.

Annales de la Création

La couverture de cet ouvrage anonyme porte le titre de Traduction de l'intégralité du texte des "Annales Yao de la Création." Dans ce document bilingue, le texte dongba est en couleur et le texte chinois est en noir. Les glyphes dongba sont des caractères antiques qui étaient utilisés pour consigner le dialecte du peuple Naxi occidental implanté autour de la rivière Li dans le Yunnan. Ils furent élaborés aux environs du VIIe siècle. Les Les Annales de la Création reflètent la conception Naxi du monde naturel et des origines de l'humanité, et décrivent les migrations incessantes de ce peuple au cours de son histoire, ainsi que la lutte de ses ancêtres contre la nature. Cet ouvrage décrit de façon vivante, en images lumineuses, Chaozeng Li'en, l'ancêtre du peuple Naxi, et son épouse, Chenhong Baobai. L'œuvre déborde d'admiration envers la sagesse et l'héroïsme des ancêtres, entremêlée de descriptions de l'amour fidèle. Tout en consignant l'histoire et la culture traditionnelle Naxis, le livre reflète aussi indirectement la vie sociale, la philosophie religieuse, et les mœurs matrimoniales de l'époque. Cette œuvre, qui peut de fait être considérée comme une saga épique, est non seulement représentative de la littérature Dongba, mais est également un classique important de la religion Dongba, et d'une grande valeur historique.

Les vents des quatre directions

Cet os d'oracle datant d'environ 1200 avant J.-C contient 24 caractères en quatre groupes dans un style énergique et solide, typique du groupe Bin des devins sous le règne de Wu Ding (vers 1200-1189 avant J.-C.). Il consigne les dieux des quatre directions et des quatre vents. Les vents des quatre directions reflètent les équinoxes de printemps et d'automne, les solstices d'été et d'hiver, et les changements des quatre saisons. Les quatre vents sont le vent d'est, appelé Xie, le vent du sud, appelé Wei, le vent d'ouest, appelé Yi (deuxième ton en mandarin), et le vent du nord, appelé Yi (premier ton en mandarin). Ils constituaient le système saisonnier standard indépendant conçu par le peuple Yin, et furent une base importante pour le calendrier et la détermination de mois intercalaires. Cet article provient d'une collection de 35 651 spécimens de plastrons et d'os de la Bibliothèque nationale de Chine, qui constitue le quart de tous les os d'oracle découverts à ce jour, et qui est considérée comme la plus belle collection en Chine.

Œuvres complètes de Han Yu

Han Yu est le premier des huit principaux écrivains des dynasties Tang et Song. Ses textes sont riches, puissants, impertinents et enlevés. Les oeuvres complètes de 40juan (chapitres) de Han Yu (Changli xiansheng ji [Œuvres complètes du Maître de Changli]) ont été compilées par son disciple Li Han, et constituent le recueil le plus complet des œuvres de Han Yu. La "Collection extérieure" et les "Écrits omis" ont été ajoutés par des érudits de la dynastie des Song qui ont découvert des oeuvres perdues de Han. Cette édition a été imprimée durant l'ère Jianchun (fin du XIIIe siècle) des Song du Sud par Liao Yingzhong et l'Académie de Shicaitang . La gravure sur bois est de la plus haute qualité. Le papier est brillant, l'encre luisante, et le style calligraphique rappelle les maîtres Tang Zhu Suiliang et Liu Gongquan. Avec une édition similaire des œuvres du maître Tang Liu Zongyuan, les bibliophiles ont toujours considéré cette œuvre comme le plus précieux des héritages. Des archives complètes nous permettent de savoir que cette copie est passée par les collections de Xiang Yuanbian, Wang Shizhong, la bibliothèque de Haiyuan de M. Yang, les collections de Chen Chengzhong et d'autres célèbres collectionneurs de livres . L'œuvre se trouve maintenant à la Bibliothèque nationale de Chine.