Recueil de poèmes de Jāmī

Cette œuvre, datée du XVIe siècle est un exemplaire enluminé et illustré du premier recueil de poésie (appelée Dīvān-i avval ou Fātihat al-shabāb) de Nūr al-Dīn ‘Abd al-Rahmān Jāmī (1414–1492), grand poète, érudit et mystique persan qui vécut la plus grande partie de sa vie à Hérat (en actuel Iran). D'après le colophon (feuillet 306a), le manuscrit fut rédigé par l'illustre calligraphe séfévide Shāh Mahmūd Nīshāpūrī, mort au milieu des années 1560. Le codex débute par un frontispice illustré, s'étalant sur une double page, suivi par un incipit enluminé, également sur une double-page. Il y a dix peintures supplémentaires qui semblent postérieures au texte lui-même et dans le style d'Ispahan du XVIIe siècle. La reliure du bloc de texte, qui a été coupé, possède des panneaux en laque, ornés de scènes de chasse et de paysages. La reliure a également été réalisée en Iran et date de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle. Plusieurs sceaux et une déclaration de propriété ont été effacés sur le feuillet 1a, et l'empreinte d'un sceau au nom de Muhammad Amin peut être distinguée sur le feuillet 3a.

Recueil de poèmes d'Hasan Dihlavī

Cet exemplaire illustré et enluminé d'un dīvān (recueil de poèmes) est l'œuvre du grand poète et hagiographe de l'Inde islamique, Hasan Dihlavī, mort en 1338. Le manuscrit fut écrit en caractères nasta‘līq par ‘Abd Allāh Mushkīn Qalam (plume ambrée), à Allāhābād, en 1011 A.H. (1602 après J.-C.), selon le colophon du feuillet 187a, bien que l'illustration de cette page identifie le calligraphe Mir `Abd Allah Katib. Tous deux furent des calligraphes royaux reconnus. Abd Allāh Mushkīn Qalam travailla à Allāhābād, pour le prince Salim, qui devint l'empereur moghol, Jahāngīr. Le manuscrit s'ouvre sur un incipit enluminé, sur une double page, illustré de 14 peintures, notamment un portrait du calligraphe lui-même, sur le feuillet 187a. La reliure en laque présente des enluminures complexes sur lesquelles l'élément principal est un modèle d'entrelacs de motifs floraux dorés, probablement réalisée au XIXe siècle.

Recueil de courts poèmes d'amour de Jāmī

Ce manuscrit illustré et enluminé est un petit recueil de poèmes d'amour brefs, d'un type appelé tarjī`band, écrits par Nūr al-Dīn ‘Abd al-Raḥmān Jāmī (mort en 898 A.H./1492 après J.-C.). Il a été recopié en caractères nasta‘līq noirs par le calligraphe Muḥammad Zamān al-Tabrīzī, en 998 A.H./1589-1590 après J.-C., dans l'Iran séfévide. Le texte est rédigé sur du papier orangé et les bordures vert bleuâtre sont entièrement enluminées. Le manuscrit débute par un incipit d'une page avec un en-tête enluminé (feuillet 1b), et deux illustrations (feuillets 3a et 6a). La reliure en laque kadjar est ornée de motifs floraux et des vers y sont inscrits, attribués à l'imam Alī ibn Abī Ṭālib. L'ouvrage renferme également un acte de propriété, daté de 1311 A.H./1893-1894 après J.-C., qui précise que ce livre précieux a été acheté pour son fils, Maḥmūd Askānī, à une femme, pour 10 ashrafis (dinars d'or) (feuillet 6b).

Ouvrage sur la navigation

Rédigé à l'origine en 1525 et dédié au sultan Soliman I (le Magnifique), ce grand ouvrage de Piri Reis (mort vers 1554) sur la navigation a ensuite été révisé et développé. Né vers 1470 à Gelibolu (Gallipoli), Piri Reis devint un amiral, géographe et cartographe ottoman. Le présent manuscrit, rédigé pour la plus grande partie à la fin du XVIIe siècle, est basé sur la version développée et compte quelque 240 cartes extrêmement soignées et des graphiques portulans. Parmi les cartes, on retrouve une carte du monde avec le contour des Amériques (feuillet 41a) et des cartes des côtes, avec les baies, les caps, les péninsules, les îles, les montagnes et les villes du bassin méditerranéen et de la mer Noire. L'ouvrage commence par une description de la côte d'Anatolie et des îles de la mer Égée, de la péninsule du Péloponnèse, ainsi que des côtes orientales et occidentales de la mer Adriatique. Le livre se poursuit avec une description des rives occidentales de l'Italie, du sud de la France, de l'Espagne, de l'Afrique du Nord, de la Méditerranée orientale, de l'ouest de l'Anatolie, de diverses îles situées au nord de la Crète, de la mer de Marmara, du Bosphore et de la mer Noire. Il se termine par une carte des rives de la mer Caspienne, sur le feuillet 374a.

Coran

Cet exemplaire enluminé timouride grand format du Coran aurait été réalisé dans le nord de l'Inde, au XVe siècle. Le manuscrit s'ouvre sur une série de frontispices enluminés. Le texte principal est calligraphié en grands caractères vocalisés muhaqqaq polychromes. Des explications marginales indiquent que certains mots et phrases sont calligraphiés en thoulouth et en naskhi et que le texte comporte une traduction interlinéaire en perse, apparaissant en couleur rouge, en caractères naskhi. Sur le rabat de la reliure en cuir brun doré sont inscrits les versets 77 à 80 de la sourate 56 (sourate al-wāqi‘ah). Le sceau du sultan Bayezid II, qui régna sur l'Empire ottoman de 1481 à 1512, apparaît sur le feuillet 8a. On distingue sur le feuillet 3a, à peine visibles une déclaration de waqf (legs) et le cachet du sultan Uthmān Khān, qui régna de 1618 à 1622.

Mémoires de Bābur

Reconnue comme l'une des autobiographies les plus importantes au monde, Bāburnāmah est l'histoire de Zahīr al-Dīn Muhammad Bābur, né en 1483, qui régna de l'âge de 11 ans jusqu'à sa mort, en 1530. Bābur conquit le nord de l'Inde et fonda l'empire moghol (ou empire moghol timouride). Originaire de Fergana, en Asie centrale, Bābur descend, du côté de son père, de Tamerlan et, du côté de sa mère, de Gengis Khan. Il écrivit ses mémoires en Chagatai, ou ancien turc, qu'il appela le turc, et ils furent par la suite traduits en persan puis recopiés et illustrés à maintes reprises par ses descendants moghols. La copie actuelle, en persan, calligraphiée en caractères nasta‘līq, est un fragment d'un manuscrit dispersé, réalisé à la fin du XVIe siècle. L'ordre des feuilles que l'on trouve ici ne suit pas le récit du texte. Ce fragment de Walters contient 30 tableaux, pour la plupart en pleine page, représentatifs du style de la cour moghole, sous l'empereur Akbar, qui régna de 1556 à 1605. Un autre fragment majeur de cet ouvrage de 57 pages, se trouve au Musée d'État des cultures orientales de Moscou. On évalue l'âge de la reliure en cuir vert foncé, qui n'est pas l'original du texte, entre 75 et 150 ans.

Le Khamseh d'Amir Khusrau Dihlavī

Ce document est un magnifique exemplaire du Khamseh (quintet) d'Amir Khusrau Dihlavī (1253-1325 environ), grand poète soufi originaire d'Inde et qui écrivait en persan. Son quintet est une reprise des cinq histoires écrites par le poète du XIIe siècle, Nizāmī Ganjavī. Le manuscrit fut calligraphié en caractères nasta‘līq par l'un des plus grands calligraphes de l'école moghole, Muhammad Husayn al-Kashmīrī, qui reçut le surnom de Zarrīn Qalam (plume d'or). Cet exemplaire du Khamseh de Dihlavī fut certainement réalisé à Lahore (Pakistan actuel), à la fin du XVIe siècle, et il est associé au mécénat d'Akbar (qui régna de 1556 à 1606). Les illustrations du manuscrit sont signées de plusieurs artistes : La‘l (Lāl), Manūhar, Sānwalah, Farrukh, Alīqulī, Dharamdās, Narsing, Jagannāth, Miskīnā, Mukund et Sūrdās Gujarātī. Les enlumineurs sont Husayn Naqqāsh, Mansūr Naqqāsh, Khvājah Jān Shīrāzī et Lutf Allāh Muzahhib. Les bordures sont toutes richement enluminées d'animaux, d'oiseaux et de motifs géométriques, ainsi que de personnages humains se livrant à des activités quotidiennes telles que la prière, la chasse et la lecture. La reliure en laque, ornée de scènes picturales, date de la même époque que le manuscrit. Huit feuilles de cette copie du Khamseh de Dihlavī sont exposées au Metropolitan Museum of Art (13.228.26-33).

Mihr et Mushtari

Ce manuscrit est un exemplaire illustré du célèbre poème racontant l'histoire d'amour platonique entre Mihr (le Soleil), le fils de Shāhpūr, et le fils de son vizir, Mushtari (Jupiter). Cette histoire de 90 chapitres a été composée par Muhammad ibn Ahmad ‘Assār Tabrīzī, mort vers 1382. Le présent exemplaire a été calligraphié en caractères nasta‘līq, en 1476, par Murshid al-Kātib, originaire de Chiraz (dans l'actuel Iran). Étant donné le nombre de manuscrits existants dans lesquels on retrouve le nom de ce calligraphe, il semblerait qu'il ait été particulièrement prolifique. Le présent codex comprend neuf peintures. La reliure en cuir brossé à l'or, avec doublures de cuir rouge orné de filigrane, est l'originale du manuscrit.

Version turque ottomane de Sinbad (Sindbād nāmah)

Cet ouvrage est un exemplaire illustré et enluminé de Tuhfet ül-ahyār, une version turque ottomane de la célèbre histoire de Sinbad (Sindbād nāmah). Il retrace l'histoire de Sinbad le Sage (non Sindbad le marin), qui fut le précepteur du fils d'un roi oriental. Il a été rédigé par Abdülkerīm bin Muhammed, pendant le règne du sultan Soliman I, appelé le Magnifique, qui régna de 1520 à 1566. Le texte est écrit en caractères naskhi noirs avec des ornements en or et en rouge, et les titres des chapitres sont en or. Le manuscrit date du XVIe siècle et s'ouvre sur un incipit enluminé d'une page (feuillet 1b). Il comprend en tout six illustrations.

La succession présidentielle de 1910 : le parti national démocratique

La sucesión presidencial en 1910: El Partido Nacional Democrático (La succession présidentielle de 1910 : le parti national démocratique) provoqua une réaction immédiate dans la classe politique mexicaine à sa publication, à la fin de 1908. L'auteur du livre, Francisco I. Madero, était un membre d'une éminente famille de propriétaires terriens et d'hommes d'affaires de l'État de Coahuila. Il s'était engagé dans la politique libérale et, pendant de nombreuses années, il fournit une aide intellectuelle et matérielle à des dissidents opposés au gouvernement de Porfirio Díaz (président du Mexique de 1876 à 1911, sauf entre 1880 et 1884, et quelques jours en 1876). Sous le slogan « Ordre et progrès », la dictature de Porfirio Díaz avait interdit toute opposition politique et exclu la possibilité de l'alternance du pouvoir. Le livre de Francisco Madero préconisait des élections démocratiques, un système de rotation pour les bureaux publics, la fin de la corruption et la formation d'organisations politiques pour participer à des élections libres. En 1909, alors que le gouvernement de Diaz commence les préparatifs des célébrations du centenaire de l'indépendance du Mexique, Madero fonde le Central Club Antirreeleccionista avec le slogan : « Un suffrage efficace, sans réélection ». De nombreux intellectuels tels que Filomeno Mata, José Vasconcelos, Luis Cabrera, et les frères Francisco et Emilio Vazquez Gomez rejoignent le mouvement et les campagnes menées dans tout le pays pour former des clubs locaux afin de soutenir la cause antiréélection. Ils fondent également un journal, El Antirreleccionista, qui est immédiatement interdit. La réélection de Porfirio Díaz et le harcèlement puis l'emprisonnement dont il est l'objet finissent de convaincre Francisco Madero de la nécessité d'engager une lutte armée, qui devient la révolution mexicaine, forçant Porfirio Díaz à quitter ses fonctions.