Explication de « La récompense du Tout-Puissant »

Ce volume comprend un commentaire sur Fatḥ al-Qadīr (La récompense du Tout-Puissant) écrit par Muḥammad ibn ‘Abd al-Waḥid ibn al-Humām (vers 1388-1459) et plusieurs autres ouvrages. Ibn al-Humām était un savant hanafite (l'une des quatre écoles sunnites de la jurisprudence musulmane, ou fiqh) bien connu d'Alexandrie, en Égypte. Il était imam et spécialiste des principes de la fiqh et du hadith (le recueil des traditions relatives au prophète Mahomet). Les autres ouvrages contenus dans le volume incluent Kashf al-Rumūz wa-al-Asrār (L'exploration des signes et des secrets) de Shams al-Dīn Ahmad Qādī Zādah, Sharh Bidāyat al-Mubtadī (L'explication des débuts du débutant) de Burhān al-Dīn ‘Alī ibn Abī Bakr al-Marghīnānī, et dans les marges, Sharh al-‘ināyah ‘alā al-Hidāyah (L'interprétation de l'intention de l'orientation) d'Akmal al-Dīn Muhammad ibn Mahmūd al-Bābartī. Le livre traite des exigences du droit musulman en matière de mariage et de divorce, des relations et des obligations réciproques, de l'affranchissement des esclaves, des questions courantes sur la foi, des bénédictions dans différentes situations, du hajj, de la prière, du jeûne et des vêtements appropriés. Les pages de cette édition ne sont pas organisées de manière consécutive. L'ouvrage fut publié en Égypte et importé dans l'Empire russe à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle.

Carte générale de la province d'Estland, avec l'indication des routes postales et principales, gares et distances en verstes entre elles

Cette carte de 1820 de la province d'Estland est extraite du vaste ouvrage intitulé Geograficheskii atlas Rossiiskoi imperii, tsarstva Pol'skogo i velikogo kniazhestva Finliandskogo (Atlas géographique de l'Empire russe, du Royaume de Pologne et du grand–duché de Finlande), contenant 60 cartes de l'Empire russe. Compilé et gravé par le colonel V.P. Piadyshev, il témoigne des travaux topographiques détaillés menés par les cartographes militaires russes durant le premier quart du XIXe siècle. La carte montre les centres de population (six catégories classées par taille), les bureaux postaux, les routes (quatre types), les frontières des provinces et des districts ainsi que les bureaux de douane. Les distances sont indiquées en verstes, unité de mesure russe qui n'est plus utilisée aujourd'hui, équivalant à 1,07 kilomètre. Les légendes et les toponymes sont fournis en russe et en allemand. Le territoire représenté sur la carte correspond à la partie nord de l'actuelle Estonie. La région fut initialement peuplée par des migrants estoniens, qui parlaient une langue finno–ougrienne et dont les ancêtres (proches des Finlandais et des Hongrois) arrivèrent dans les terres baltiques à la suite d'une longue migration vers l'ouest, du nord–ouest de la Sibérie et à travers le nord de la Russie. Valdemar II, roi du Danemark, conquit cette région au XIIIe siècle. L'actuel nom de la capitale estonienne, Tallinn, qui signifie « ville danoise », vient de cette période. Ce fut également le début de l'ère des croisades nordiques, expansion scandinave vers l'est de la région baltique. Les chevaliers Teutoniques, basés dans l'est de la Prusse, gagnèrent le contrôle des territoires au XIVe siècle durant leur avancée vers l'est de la région baltique. La Suède conquit ensuite la zone au XVIe siècle et établit l'Estonie suédoise. En 1700, l'armée du roi suédois Charles XII, inférieure en nombre, annihila l'armée russe durant la bataille de Narva, sur la frontière est de l'Estonie. Cette défaite cuisante au début de ce que l'on allait appeler la grande guerre du Nord entraîna la mise en œuvre de réformes radicales dans l'État russe, contribuant à la victoire finale sur la Suède par Pierre le Grand en 1721. L'Estonie suédoise devint peu après la province d'Estland au sein de l'Empire russe.

Colonel John Whitehead Peard : connu sous le nom de l'Anglais de Garibaldi

Cette aquarelle originale, signée et datée du 22 août 1860, par Thomas Nast (1840-1902), fut initialement considérée comme un portrait du patriote italien Giuseppe Garibaldi, mais identifiée par la suite comme représentant le Colonel John Whitehead Peard. Connu comme "l'Anglais de Garibaldi", Peard était un juriste formé à Oxford et le fils d'un Amiral britannique. Il rejoignit Garibaldi en 1860, apparemment en raison de la brutalité des représentants gouvernementaux dont il fut témoin au cours de sa visite à Naples. Peard combattit au cours de guerres d'unification italienne et se vit attribuer la Croix de l'Ordre de la bravoure par le Roi Victor Emmanuel II. Après la retraite de Garibaldi, Peard retourna à Cornwall et y vécut la vie paisible d'un gentleman victorien. L'aquarelle est accompagnée de deux photostates provenant des New York Illustrated News montrant la peinture telle qu'elle apparut dans le journal le 27 octobre 1860. L'œuvre provient de la collection militaire Anne S.K. Brown à la Bibliothèque de l'Université Brown, la plus importante collection américaine consacrée à l'histoire et à l'iconographie des soldats et à la vie militaire, et l'une des plus vastes collections au monde dédiée à l'étude des uniformes militaires et marins.