À propos « Du ciel » d'Aristote

En collaboration avec l'intellectuel chinois Li Zhizao (1565–1630), le missionnaire portugais Fu Fanji (Francisco Furtado, 1587–1653) a traduit deux ouvrages occidentaux en chinois. Il s'agissait de Huan you quan (Au ciel et sur la terre), une traduction comportant de savants commentaires de l'ouvrage d'Aristote De Coelo et Mundo, et de Ming li tan (Investigations sur les principes des noms), une traduction libre et partielle de la logique aristotélicienne. Traitant plus de cosmologie que de religion, le premier livre faisait initialement partie du Commentarii Collegii Conimbrincensis Societatis Iesu, in quator libros De Coelo … Aristotelis Stagiritae en huit volumes, préparé et publié en 1592 par les jésuites au collège de Coimbra, au Portugal, avec Pedro de Fonseca comme éditeur en chef. Furtado effectua la traduction du latin au chinois, qui fut ensuite révisée par Li Zhizao. Une inscription de Li Zhizao à la fin de chaque juan indique que le texte fut traduit par le missionnaire portugais Furtado et perfectionné par ses soins, dans son jardin de Cunyuan près du lac de l'Ouest. Après avoir achevé la traduction, Furtado maîtrisait si bien le chinois que « peu à peu, il pouvait dire ce qu'il voulait dire ». La collaboration entre Furtado et Li Zhizao continua ensuite pour Ming li tan. Qian qing tang shu mu (Bibliographie de Qian qing tang), le catalogue d'une vaste collection d'œuvres de la dynastie Ming ainsi que des bibliographies ultérieures attribuent à tort cet ouvrage à Fu Zhaoji et le qualifie de taoïste. Cet exemplaire comporte six juan, pour un total de 375 feuilles. Une préface de Li Zhizao précède le texte principal. L'inscription à la fin de la table des matières indique qu'il fut imprimé par Li à ses frais et qu'il était propriétaire des blocs d'impression. Le premier juan est une présentation générale en cinq paragraphes ; les juan 2 à 6 contiennent 15 essais et un appendice. À la fin de l'ouvrage, Li mentionne également les noms des relecteurs et des correcteurs, dont Li Ningshi (Pedro Ribeiro, 1572–1640), Zeng Dezhao (Alvaro Semedo, 1585–1658), Fei Lede (Rodrigue de Figuerdo, 1594–1642) et Yang Manuo (Emmanuel Diaz, 1574–1659). Il indique également la date d'achèvement de la traduction (1625) et celle de l'impression (1628). L'impression est extrêmement soignée et il est surprenant qu'aucune réimpression n'ait jamais été publiée. Cet exemplaire est l'une des premières impressions. Le sixième juan et la table des matières sont des transcriptions écrites à la main.

Chronique des terres étrangères

Le Zhifang waiji (Chronique des terres étrangères) est une géographie concise du monde, la première de ce genre écrite en chinois. Le missionnaire jésuite italien Matteo Ricci produisit une carte du monde en chinois en 1584. Cette carte, qui suivait des principes occidentaux de cartographie alors inconnus en Chine, subit plusieurs révisions entre 1584 et 1602. Un ordre impérial chargea Diego de Pantoja et Sabatino de Ursis, deux prêtres compagnons de Ricci, d’écrire un livre expliquant la carte. Pantoja mourut en 1618 et le travail fut terminé par Giulio Aleni. Yang Tingyun, un officiel chinois respecté et l’un les premiers convertis au christianisme, polit le style de l'ouvrage et en favorisa la publication, en 1623, dans sa propre ville de Hangzhou. L’ouvrage divise le globe en cinq continents : l'Asie, l'Europe, la Libye (Afrique), l'Amérique et « Magellanica ». Cette dernière est une vaste étendue de terre qui irait des environs de l’extrémité sud de l'Amérique du Sud jusqu'à plusieurs degrés au-delà du pôle Sud.

Glorifications des traditions prophétiques

Ce manuscrit, écrit par Ibrāhim bin Mustafā en 1744, est une copie d'une œuvre en arabe de l'érudit afghan Al-Baghawi (1043-1122), datant d'entre 1116 et 1122 (510-516 de l'Hégire). Il s'agit d'un résumé, en sept chapitres, de sept collections de traditions au sujet de Mahomet, classées en fonction de leur véracité. Ce manuscrit appartient à la Collection Bašagić, composée de manuscrits islamiques, qui se trouve à la bibliothèque de l'Université de Bratislava, en Slovaquie, inscrite dans le registre Mémoire du Monde de l'UNESCO en 1997. Érudit, poète, journaliste et directeur du musée, Safvet beg Bašagić (1870-1934) a rassemblé une collection de 284 volumes manuscrits et de 365 volumes imprimés qui reflètent le développement de la civilisation islamique depuis ses origines jusqu'à l'orée du 20e siècle. Ce manuscrit est le n°41 des Arabské, turecké a perzské rukopisy Univerzitnej knižnice v Bratislave (Manuscrits arabes, turcs et persans de la bibliothèque de l'Université de Bratislava) de Jozef Blaškovič.

Arrivée des émigrants [c'est-à-dire immigrants], Ellis Island

Ce film de Gottfried Wilhelm « Billy » Bitzer, de l'American Mutoscope and Biograph Company, est l’un des premiers films de ce caméraman accompli. Il rappelle les films contemporains d'Ellis Island réalisés par l'Edison Manufacturing Company. Il présente des scènes qui se sont déroulées au centre d'immigration d’Ellis Island et sur un quai proche de ce centre. Il semble montrer d’abord un groupe d'immigrants en file pour embarquer sur un bateau quittant l'île, puis un autre groupe qui arrive sur l'île et qui est guidé du quai jusqu'au centre d'immigration par un préposé en uniforme. Edison Manufacturing et Biograph étaient des concurrents acharnés. Thomas Edison revendiquait la propriété exclusive du kinétoscope et donc de tous les droits à la création de films, bien que sa première machine n’ait pas obtenu de brevet en 1891 car elle ne remplissait pas toutes les fonctions qu'il lui attribuait et ne projetait pas les images animées en continu. Edison obtient finalement un brevet en 1897, mais les termes du brevet étaient si vagues qu'ils donnaient à Edison les droits sur tous les systèmes cinématographiques existants ou à venir. Biograph parla de fraude et soumit l’affaire au Bureau américain des brevets. En 1901, la compagnie Edison intentat un procès à Biograph pour violation de brevets, mais sans succès. Biograph continua à réaliser des films et les batailles juridiques continuèrent pendant des années.