Auto-stoppeur avec son chien "Tripper" aux États-Unis, Route 66, traverse le fleuve du Colorado à Topock

L' Agence de protection de l'environnement (EPA) fut créée en 1970 à un moment d'inquiétude croissante du public aux États-Unis face à la pollution et à ses effets sur la santé humaine. De 1972 à 1977 l'EPA parraina le programme Documerica de documentation photographique des sujets de préoccupation environnementaux en Amérique. Les images furent prises par environ 70 photographes réputés engagés par l'EPA pour le projet. Les photographes incluaient Denny Lyon, Gene Daniels, Marc St. Gill, Bill Strode, Charles O'Rear, Jack Corn, Tomas Sennett, Yoichi Okamote, et Ken Hayman. Cette photographie d'un auto-stoppeur en Arizona a été prise par O'Rear sur la Route 66, la célèbre route établie en 1926 qui courait de Chicago, Illinois, à Los Angeles, en Californie. La Route 66 a été déclassée en 1985, remplacée par le système plus moderne d'autoroutes inter-États.

Rivière Irtych, point de passage des ferries à Bolshereche, en Russie

Cette photographie de l'Irtych à Bolshereche a été prise en 1999 par William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet de la Bibliothèque du Congrès intitulé « Réunion des frontières ». L'Irtych, l'une des principales rivières de Sibérie, est un affluent de l'Ob, un fleuve plus imposant encore. L'Irtych prend sa source dans l'extrême nord-ouest de la Chine, près des monts Altaï de Mongolie. Sur son cours de 4 248 kilomètres, il traverse le Kazakhstan et la Sibérie occidentale avant de se jeter dans l'Ob près de la ville de Khanty-Mansiysk. En Russie, il traverse des villes comme Omsk et Tobolsk, ainsi que des villages historiques tels que Tara et Bolshereche. Fondé en 1627 en tant que colonie fortifiée cosaque, Bolshereche a joué un rôle important dans la défense de la frontière sud-ouest de la Sibérie contre les attaques de tribus des steppes. Après la fondation de la forteresse d'Omsk plus au sud en 1716, Bolshereche est devenue un carrefour commercial grâce à son emplacement privilégié sur l'Irtych et sur la route principale reliant Moscou à la Sibérie qui suit la rive gauche de la rivière. Bolshereche compte aujourd'hui près de 15 000 habitants. Grâce au dévouement d'enthousiastes locaux, cette petite ville a la particularité de posséder une réserve animalière d’importance nationale, le zoo public de Bolshereche.

Le Livre précieux des dates remarquables

Ce court ouvrage, intitulé Kitāb al-yawāqīt fī ma‘rifat al-mawāqīt et copié par un scribe anonyme à Shawwal en juin et juillet 1775 (AH 1168), est attribué à Husayn (ou Hasan) b. Zayd b. Ali al-Jaḥḥāf, qui l'aurait dédié à Abou Ali Mansour al-Hakim bi-Amr Allah, le sixième souverain fatimide (mort en 996). Ce manuscrit dresse la liste des 12 mois de l'année, à raison d'un mois par feuille, à la façon d'un almanach. La dernière page est un guide de l'interprétation des rêves qui aurait été écrit à la demande de Muhammad b. Ḥawwā, un souverain d'Asie Mineure (malik al-rūm). On sait qu’il existe un ouvrage bien plus long et portant un titre similaire : Kitāb al-yawāqīt fī al-mawāqīt, par Muhammad b. Ismā‘īl al-Ṣan‘ānī (1688-1768), qui vécut à l'époque où ce manuscrit fut copié.

Traité sur l'art de la mesure du poids

Cet ouvrage est un traité sur la construction et l'utilisation de la balance (qabān, également qapān). Il rassemble les connaissances géométriques, mécaniques et arithmétiques nécessaires à la construction et l'utilisation de dispositifs pour peser des objets lourds et aux formes irrégulières. On ne connaît pas le nom de son auteur, mais des extraits d'un autre ouvrage par un cheikh à l'époque défunt, ‘Abd al-Majīd al-Shāmulī al-Maḥallī, sont cités dans le traité. La dernière page du manuscrit contient des vers décrivant les principes de base de l'utilisation d'une balance, sous une forme facile à retenir. Le recours à des aides mnémotechniques en vers était commun dans l'enseignement de divers métiers.

Guide des opérations avec des radicaux irrationnels pour les néophytes

Ce traité mathématique par Muhammad b. Abi al-Fatḥ Muḥammad b. al-Sharafī Abi al-Rūḥ ‘Īsā b. Aḥmad al-Ṣūfī al-Shāfi‘ī al-Muqrī fut écrit en 1491 et 1492 (897 AH). Il commence par une « Introduction générale », suivie de deux parties principales, puis d’une conclusion sur l'étude des cubes et des racines cubiques. La première partie, « Opérations avec des radicaux irrationnels simples », est divisée en quatre chapitres. Le chapitre 1 couvre la simplification des radicaux. Les chapitres 2, 3 et 4 traitent respectivement de la multiplication, de l'addition et de la soustraction, et de la division des radicaux. La deuxième partie, « Opérations avec des radicaux complexes », comprend une introduction suivie de cinq chapitres. L'introduction présente les différentes formes de radicaux complexes et se termine par un résumé utile sous forme de tableau. Quatre chapitres examinent de façon systématique les opérations algébriques de base avec des radicaux complexes, tandis que le cinquième chapitre traite des méthodes permettant de tester et de vérifier les valeurs numériques obtenues pour les radicaux. La conclusion du traité se compose d'une introduction et de quatre chapitres : elle porte sur les opérations avec des cubes et des racines cubiques. L'extraction des racines cubiques ainsi que leur multiplication, division, addition et soustraction sont examinées méthodiquement.

Datsan bouddhiste d'Ivolginsk, temple principal, intérieur. Ivolga, en Russie

Cette photographie de l'intérieur du temple principal du datsan (monastère) bouddhiste d'Ivolginsk a été prise en 2000 par William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet de la Bibliothèque du Congrès intitulé « Réunion des frontières ». Ce centre bouddhiste majeur de la République de Bouriatie (Fédération de Russie) est situé à 25 kilomètres au sud-ouest d'Oulan-Oudé, près du fleuve Ivolga. Sa fondation en 1946 après la destruction ou la fermeture des communautés monastiques bouddhistes précédentes semble avoir été un geste culturel de la part du régime soviétique. Les temples, sanctuaires et autres structures du datsan suivent les principes bouddhistes régionaux pour ce qui est de la forme et la décoration. L'exemple le plus remarquable est le temple principal, ou tsokchen-dugan. Bien qu’il ait été construit à la fin des années 1940 en briques recuites de couleur claire, il présente des proportions et des ornements conformes aux traditions bouddhistes. L'intérieur est une symphonie de couleurs, depuis les bancs et tables d'étude des textes sacrés jusqu'à l'autel principal, avec ses représentations du Bouddha, ainsi qu'un portrait du Dalaï Lama. Les colonnes en bois peint, qui comportent des représentations du lotus et d'autres symboles, supportent l'étage supérieur du temple, réservé aux lamas.

Jeu géographique de la République française

J.N. Mauborgne, ancien professeur de géographie à Paris, créa ce « jeu géographique de la République française » en l'honneur du gouvernement de la Convention nationale pendant la Révolution française. Le but du jeu de Mauborgne était de voyager à travers la France républicaine, divisée en 83 « départements », les nouvelles unités d’administration territoriale introduites par la révolution pour remplacer les provinces historiques beaucoup plus grandes. Chaque case de la carte représente un département différent avec sa capitale, ou chef-lieu. Les joueurs se déplacent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre d'un département à l'autre jusqu’à ce qu’ils arrivent sur l'île méditerranéenne de Corse, ornée des mots « liberté » et « égalité » et couronnée d'un bonnet phrygien se balançant au bout d'une pique. Le plateau du jeu présente également, dans son coin supérieur gauche, une carte en cartouche de la colonie française de Saint-Domingue, dans les Caraïbes, ainsi que plusieurs coqs gaulois, animal que la Révolution avait transformé en un emblème national populaire.

Guide du grand chemin de fer sibérien

La voie ferrée transsibérienne de 8 000 kilomètres, qui relie Ekaterinbourg dans l'Oural à Vladivostok sur la côte du Pacifique, est la plus longue voie ferrée du monde. Sa construction commença en 1891 et se termina en 1916. Dès 1900, une grande partie de la ligne était finie et ouverte à la circulation. Au cours de cette année, le ministère russe des Voies de communication publia deux éditions identiques en anglais et en russe de ce guide illustré de la voie ferrée. Il comprend une histoire de la Sibérie, un récit de la construction du chemin de fer et une liste détaillée des agglomérations urbaines et rurales se trouvant sur sa route.

Panneau calligraphique gulzar

Ce panneau calligraphique exécuté en noir et rouge sur un fond blanc décoré d'or contient plusieurs prières (du'a's) adressées à Dieu, au prophète Mahomet et à son gendre Ali. Les lettres des plus grands mots sont exécutées en écriture nasta'liq et sont remplies de motifs décoratifs, d'animaux et de figures humaines. Ce style d'écriture remplie de divers motifs est appelé gulzar, ce qui signifie littéralement « jardin de roses » ou « plein de fleurs ». Il est habituellement appliqué à l'intérieur d'inscriptions écrites en nasta'liq, comme celle-ci. L'écriture gulzar était populaire en Iran à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Cette pièce, écrite par le calligraphe Husayn Zarrin Qalam (« Hussayn à la plume d'or ») pour le sultan Husayn Khan en 1797-1798, date du début de la dynastie Qajar en Iran (1785-1925). Tout autour des plus grandes lettres composées dans le style nasta'liq et remplies de motifs se trouvent de plus petites prières chiites exécutées dans plusieurs écritures différentes, notamment thuluth, naskh, nasta'liq, shikasta, tawqi' et kufi. Une inscription est même écrite à l'envers, comme si elle avait été exécutée à l'aide d'un miroir. La variété même de ces écritures et la plus grande composition gulzar du centre avaient pour but de présenter la maîtrise qu'avait Husayn Zarrin Qalam des principales écritures calligraphiques.

Village de Gusinoe Ozero, Datsan, temple principal (1858-1870), façade ouest, Gusinoe Ozero, Russie

Cette photographie du temple principal du monastère bouddhiste (datsan) de Gusinoozersk a été prise en 2000 par William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet de la Bibliothèque du Congrès intitulé « Réunion des frontières ». Situé près du lac Gusinoe (Lac des oies) dans le sud-ouest de la République de Bouriatie (Fédération de Russie), le datsan de Gusinoozersk ou de Tamtchinski fut fondé au milieu du XVIIIe siècle et devint en 1809 le centre du bouddhisme en Sibérie orientale, position qu'il occupa jusqu'en 1930. En 1858, la construction d'un nouveau temple principal commença pour remplacer le temple en bois qui datait de 1750. Dans la configuration typique des grands temples bouddhistes de cette région, la partie principale fut construite en briques et les deux étages supérieurs en bois. L'entrée principale (façade sud) s'inscrit dans un portique comportant six grandes colonnes de maçonnerie. Bien que la construction du temple ait officiellement été terminée en 1870, d'importants travaux de décoration intérieure se poursuivirent jusqu'à la fin du XIXe siècle. À la suite de la fermeture du monastère dans les années 1930, le temple fut mis à sac et l'intérieur tomba en ruine. Il est actuellement en cours de restauration dans le cadre de la renaissance de l'héritage culturel et spirituel bouddhiste en Bouriatie.