1 février 2012

L'index géographique de la préfecture de Xinghua de la grande dynastie Ming

Cette édition manuscrite de l'index géographique de la préfecture de Xinghua, dans la province du Fujian, est constituée de 54 juan en 12 volumes. Elle fut compilée conjointement par Zhou Ying (1430-1518) et Huang Zhongzhao (1435-1508), tous deux du Fujian. Xinghua devint une préfecture au cours de la deuxième année (1369) du règne du premier empereur Ming, Hongwu. La ville avec son port était importante pour l'économie locale et le commerce avec l'étranger. Zhou Ying et Huang Zhongzhao reçurent tous deux le prestigieux jin shi (doctorat). Disciple du néoconfucianisme de Zhu Xi, Zhou Ying occupa divers postes officiels pendant de nombreuses années, notamment en tant que magistrat de plusieurs préfectures et commissaire administratif provincial du Sichuan. Huang Zhongzhao fut l'auteur d'œuvres littéraires et membre de l'Académie impériale Hanlin. Il était également connu en tant qu'écrivain d'histoires locales. En 1501, Huang Zhongzhao fut invité par Chen Xiao, le magistrat de la préfecture de Xinghua à l'époque, pour aider Zhou Ying à compiler cet index géographique, mais Huang décéda peu après avoir terminé la partie sur les personnalités locales. L'ouvrage fut organisé en six parties, suivant les six divisions administratives gouvernementales des affaires civiles, des recettes, des rites, de l'armée, de la justice et des travaux publics. L'édition originale n'existe plus. Elle est censée avoir été détruite dans un incendie peu de temps après sa publication. Ainsi, les mots chong xiu (nouvelle édition) furent ajoutés à cette édition manuscrite de Tian yi ge (La bibliothèque de l'antichambre du ciel). Elle comprenait les noms des deux éditeurs originaux, Zhang Yuanshen et Hong Yongshao, et des deux imprimeurs, Zhang Hao et Liu Chengqing. Les deux préfaces furent écrites par Zhou Ying et Chen Xiao, le magistrat de la préfecture. Une postface est datée de 1503. Comme index géographique, il fournit des informations approfondies sur l'histoire, la géographie, l'économie locale, la culture, la langue et les dialectes, les biographies de personnes notables, et l'administration de la préfecture ainsi que celle de la province du Fujian.

Guide du grand chemin de fer sibérien

La voie ferrée transsibérienne de 8 000 kilomètres, qui relie Ekaterinbourg dans l'Oural à Vladivostok sur la côte du Pacifique, est la plus longue voie ferrée du monde. Sa construction commença en 1891 et se termina en 1916. Dès 1900, une grande partie de la ligne était finie et ouverte à la circulation. Au cours de cette année, le ministère russe des Voies de communication publia deux éditions identiques en anglais et en russe de ce guide illustré de la voie ferrée. Il comprend une histoire de la Sibérie, un récit de la construction du chemin de fer et une liste détaillée des agglomérations urbaines et rurales se trouvant sur sa route.

Panneau calligraphique gulzar

Ce panneau calligraphique exécuté en noir et rouge sur un fond blanc décoré d'or contient plusieurs prières (du'a's) adressées à Dieu, au prophète Mahomet et à son gendre Ali. Les lettres des plus grands mots sont exécutées en écriture nasta'liq et sont remplies de motifs décoratifs, d'animaux et de figures humaines. Ce style d'écriture remplie de divers motifs est appelé gulzar, ce qui signifie littéralement « jardin de roses » ou « plein de fleurs ». Il est habituellement appliqué à l'intérieur d'inscriptions écrites en nasta'liq, comme celle-ci. L'écriture gulzar était populaire en Iran à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Cette pièce, écrite par le calligraphe Husayn Zarrin Qalam (« Hussayn à la plume d'or ») pour le sultan Husayn Khan en 1797-1798, date du début de la dynastie Qajar en Iran (1785-1925). Tout autour des plus grandes lettres composées dans le style nasta'liq et remplies de motifs se trouvent de plus petites prières chiites exécutées dans plusieurs écritures différentes, notamment thuluth, naskh, nasta'liq, shikasta, tawqi' et kufi. Une inscription est même écrite à l'envers, comme si elle avait été exécutée à l'aide d'un miroir. La variété même de ces écritures et la plus grande composition gulzar du centre avaient pour but de présenter la maîtrise qu'avait Husayn Zarrin Qalam des principales écritures calligraphiques.

Village de Gusinoe Ozero, Datsan, temple principal (1858-1870), façade ouest, Gusinoe Ozero, Russie

Cette photographie du temple principal du monastère bouddhiste (datsan) de Gusinoozersk a été prise en 2000 par William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet de la Bibliothèque du Congrès intitulé « Réunion des frontières ». Situé près du lac Gusinoe (Lac des oies) dans le sud-ouest de la République de Bouriatie (Fédération de Russie), le datsan de Gusinoozersk ou de Tamtchinski fut fondé au milieu du XVIIIe siècle et devint en 1809 le centre du bouddhisme en Sibérie orientale, position qu'il occupa jusqu'en 1930. En 1858, la construction d'un nouveau temple principal commença pour remplacer le temple en bois qui datait de 1750. Dans la configuration typique des grands temples bouddhistes de cette région, la partie principale fut construite en briques et les deux étages supérieurs en bois. L'entrée principale (façade sud) s'inscrit dans un portique comportant six grandes colonnes de maçonnerie. Bien que la construction du temple ait officiellement été terminée en 1870, d'importants travaux de décoration intérieure se poursuivirent jusqu'à la fin du XIXe siècle. À la suite de la fermeture du monastère dans les années 1930, le temple fut mis à sac et l'intérieur tomba en ruine. Il est actuellement en cours de restauration dans le cadre de la renaissance de l'héritage culturel et spirituel bouddhiste en Bouriatie.

Une représentation moderne de l'Irlande, l’une des îles britanniques

Abraham Ortelius (1527-1598) était un graveur et homme d'affaires flamand qui voyagea beaucoup afin de s’occuper de ses affaires commerciales. En 1560, il s'intéressa à la géographie scientifique au cours d'un voyage avec Gérard Mercator. L'œuvre principale d'Ortelius, Theatrum orbis terrarum (Théâtre du monde), fut publiée à Anvers en 1570, à l'aube de l'âge d'or de la cartographie hollandaise. Le Theatrum présentait les parties qui composaient le monde et reflétait une époque d'exploration, d’élargissement des relations commerciales et de recherche scientifique. Considéré aujourd’hui comme le premier atlas du monde, le Theatrum original fut amélioré par de fréquentes mises à jour et réimpressions pour inclure les dernières informations scientifiques et géographiques. Cette carte de l'Irlande d'Ortelius illustre les techniques de cartographie les plus modernes de l'époque : détails géographiques précis, symboles topographiques magnifiquement rendus et une abondance de noms de lieux. Les propriétés foncières importantes sont représentées par des rendus d’images de bâtiments de ces domaines.

Son Excellence George Washington, ancien commandant en chef des forces armées des États-Unis d'Amérique et président de la Convention de 1787

En 1787, la confédération des 13 États américains était en plein désarroi. Les caisses de la confédération étaient vides, l’État de New York et le New Jersey se disputaient au sujet des droits perçus sur les marchandises traversant les frontières entre les États, les fermiers du Massachusetts se rebellaient et l'Espagne ainsi que la Grande-Bretagne empiétaient sur les territoires américains à l'ouest. La Convention fédérale fut convoquée pour examiner les problèmes entraînés par le gouvernement de la jeune république conformément aux Articles de la Confédération en vigueur. Elle réagit en élaborant le document qui devint la Constitution des États-Unis. Les délégués avaient élu George Washington, le héros de la guerre d’indépendance, président de la convention. L'artiste Charles Willson Peale décida de se servir de cette occasion pour vendre des gravures imprimées d'un nouveau portrait du général dans le cadre de sa série de portraits des auteurs de la révolution. Les tentatives précédentes de Peale de vendre des gravures des dirigeants de la nation s'étaient révélées décevantes et celle-ci ne fit pas mieux. Bien qu’il n’ait pas été un succès commercial, ce portrait est considéré comme historiquement important. Il représente le dirigeant d'un pays en crise et c'est l'un des rares portraits de Washington dans lequel celui-ci ne sourit pas du tout.