Service topographique de l'Inde : spécimens de cartes

Le service topographique de l'Inde fut établi en 1767 pour assister la compagnie anglaise des Indes orientales dans la réalisation de travaux topographiques et la cartographie du territoire à des fins d'administration, d'imposition et de défense. À la fin du XIXe siècle, le service avait cartographié la majeure partie de l'Inde britannique. Ce volume, publié en 1904 sous la direction du lieutenant-colonel F.B. Longe, arpenteur général d'Inde, fut conçu comme un guide des types de dessin utilisés par le service topographique de l'Inde. Selon la « Note explicative » sur la première page, les « lignes doivent être précises et nettes, et l'encre utilisée doit être parfaitement noire ». Une grande minutie était nécessaire pour dessiner les cartes qui allaient être reproduites par photozincographie, procédé consistant à employer des plaques de zinc développées en Grande-Bretagne dans les années 1850 pour le Service cartographique de l'État, mais qui fut peu utilisé en Grande-Bretagne après les années 1880. Les officiers furent prévenus que les « lignes ou les noms apparaissant en gris, peu visibles ou interrompus, impliquaient un travail de retouche des plaques fastidieux » et « qu'avant de soumettre une carte en vue de sa publication, elle devait être examinée à la loupe ». Cet ouvrage contient 44 spécimens, dont la plupart furent tirés des cartes régionales existantes réalisées par le service topographique de l'Inde.

Eaux noires : l'étrange histoire de Port Blair

Tavarikh-i ‘ajib (Eaux noires : l'étrange histoire de Port Blair) est un récit sur la colonie pénitentiaire britannique de Port Blair, située sur les îles Andaman-et-Nicobar dans l'océan Indien. Les Britanniques établirent d'abord une base navale et une colonie pénitentiaire sur les îles en 1789, qu'ils abandonnèrent en 1796 en raison d'épidémies. Après la révolte de 1857 (également appelée la révolte des Cipayes), les autorités britanniques en Inde considérèrent la nouvelle nécessité d'une prison sécurisée dans une région distante et entreprirent sa construction à Port Blair plus tard la même année. Dans les décennies qui suivirent, de nombreux prisonniers politiques furent retenus dans la prison cellulaire, ou Kala Pani (eaux noires). Muhammad Jafar (1838–1905) fut déporté dans la colonie d'Andaman pour son implication dans la révolte de 1857. Dans son livre, il décrit la vie et les coutumes des insulaires, les règles et règlements de gestion des détenus entre 1858 et 1879, et les personnes en position d'autorité au sein de la colonie pénitentiaire. Il met également en évidence des événements majeurs, tels que l'assassinat du gouverneur général Lord Mayo à Port Blair, en 1872. Le livre inclut un tableau de mots et d'expressions hindis et ourdous, avec leurs équivalents en arabe. D'autres tableaux détaillent les nombreuses langues parlées dans la colonie. Cet ouvrage est illustré de dessins des habitants, et de la flore et la faune locales. Il parut pour la première fois en 1890, et l'exemplaire présenté ici est la seconde édition, révisée et augmentée, de 1892.

Une histoire du Sind : volume I

Journaliste et auteur prolifique ourdou, Abdulhalīm Sharar (1860–1926) naquit et passa la majeure partie de sa vie à Lucknow (dans l'actuel Uttar Pradesh, en Inde). Il produisit des biographies, des romans historiques, des ouvrages romantiques, des histoires, des essais et d'autres œuvres. Tarikh-e-Sindh (Une histoire du Sind) constitue l'un des ouvrages historiques majeurs de Sharar. Le peuplement permanent dans le Sind, une province de l'actuel Pakistan, remonte à 7000 av. J.-C. env. La civilisation de la vallée de l'Indus, une des cultures les plus anciennes au monde dont la taille et la sophistication rivalisaient avec celles d'Égypte et de Mésopotamie, prospéra dans la province du Sind entre 3300 et 1750 av. J.-C. Le Sind devint une province persane au VIe siècle av. J.-C. et fut conquise par Alexandre le Grand en 326 av. J.-C. Au cours des siècles suivants, les Gréco-Bactriens bouddhistes, les Scythes, les Persans et les Rajputs exercèrent une grande influence dans la région. En 711 av. J.-C., le général omeyyade Muhammad bin Qasim conquit le Sind à l'aide d'un corps de cavalerie de 20 000 hommes et de cinq catapultes. La conquête arabe fut suivie d'une conversion généralisée à l'islam, de la construction de Mansura comme capitale et du développement d'une ville portuaire à Debal. Au cours des siècles, les géographes, historiens et voyageurs musulmans écrivirent sur la région ou la visitèrent, utilisant parfois le nom de « Sind » pour désigner toute la zone s'étendant de la mer d'Arabie à l'Hindu Kush.

Histoire de la langue ourdoue

Cet ouvrage, publié à Delhi en 1920, est une histoire de la langue ourdoue, de ses origines au développement d'une littérature ourdoue. L'ourdou et l'hindi partagent la même base indo-aryenne, mais l'ourdou est associé au style de caractères nasta'liq de la calligraphie persane et la lecture se fait de droite à gauche, tandis que l'hindi ressemble au sanskrit et se lit de gauche à droite. Les premières influences linguistiques sur le développement de l'ourdou apparurent probablement avec la conquête musulmane du Sind en 711. Cette langue commença à évoluer avec les contacts farsis et arabes établis au cours des invasions du sous-continent indien par les forces persanes et turques dès le XIe siècle. L'ourdou se développa de manière plus résolue durant le sultanat de Delhi (1206–1526) et l'Empire moghol (1526–1858). Lorsque le sultanat de Delhi s'étendit au sud vers le plateau du Deccan, la langue littéraire fut influencée par les langues parlées dans le sud, notamment le punjabi et l'haryanvi, et la langue des soufis et son usage à la cour. Les vers les plus anciens datent du XVe siècle, et la poésie ourdoue connut son âge d'or aux XVIIIe et XIXe siècles. La prose religieuse ourdoue date de plusieurs siècles, tandis que l'écriture séculaire se développa à partir du XIXe siècle. L'ourdou moderne est la langue nationale du Pakistan et celle-ci est également utilisée par des millions de personnes en Inde.

Médecin de famille

L'homéopathie fut introduite en Inde dans les années 1830 par John Martin Honigberger (1795–1869), d'origine roumaine, qui fut l'élève de Samuel Hahnemann (1755–1843), médecin allemand considéré comme le père de la médecine homéopathique. Honigberger passa 15 ans environ à Lahore, où ses premiers patients incluaient le maharaja Ranjit Singh du Penjab et le général Jean-François Allard, fils du conseiller militaire du maharaja. L'homéopathie se développa d'abord au Penjab et au Bengale, avant de s'étendre aux autres régions de l'Inde britannique. Dans ce livre, Mirza Allah Baig Lakhnavi donne des instructions concises concernant l'achat et la conservation des remèdes homéopathiques. Il décrit les traitements homéopathiques, pour lesquels les médecins utilisent des préparations fortement diluées pour induire des symptômes semblables à ceux devant être guéris, principe qu'Hahnemann appelait « les semblables se guérissent par les semblables ». L'auteur aborde ces remèdes dans le cadre d'une large gamme de maladies, des problèmes dermatologiques mineurs aux maladies graves du cœur, des reins et du foie, en passant par les troubles de l'estomac.

Le drame d'Akbar

Muḥammad Ḥusain Āzād (également appelé Ehsan Azad, 1834–1910 env.) fut un poète ourdou renommé et un écrivain à la prose vivante, particulièrement dans ses écrits historiques. Il naquit à Delhi, où son père, Muhammad Baqir, dirigea le premier journal ourdou Delhi Urdu Akhbar. La participation de Muhammad Baqir à la révolte de 1857 (également connue sous le nom de révolte des Cipayes) mena à son exécution par les Britanniques. Plusieurs années plus tard, son fils s'installa à Lahore, où il enseigna l'arabe à l'université publique, et par la suite, l'ourdou et le persan à l'université orientale. Auteur de près de 20 livres, dont certains furent publiés à titre posthume, Āzād est un maître renommé de la prose ourdoue. Ses ouvrages les plus importants incluent une histoire de la poésie ourdoue, des contes sur l'histoire médiévale de l'Inde, des essais allégoriques et l'œuvre présentée ici, Darbar-e-Akbari (Le drame d'Akbar), une histoire de l'époque d'Akbar le Grand (1556–1605). Ce drame en 12 parties fut d'abord publié en 1910 et il se concentre particulièrement sur le fils d'Akbar, Salim, également appelé Jahangir (« conquérant du monde » en persan), qui régna sur l'Empire moghol de 1605 à 1627. Mehr-un-Nisaa, belle veuve intelligente d'un officier rebelle, rejoignit la cour où, des années plus tard, en 1611, l'empereur l'épousa et lui octroya le titre de Nur Jahan, qui signifie « lumière du monde ». Elle se dévoua à Jahangir, et ce dernier était tellement attaché à elle qu'il lui confia la majeure partie de la gouvernance de l'empire. Dans ce drame, les dialogues donnent vie aux personnages et l'amour est représenté comme une force magique.

Tremblements de terre en Inde : volume I

Cet ouvrage décrit les événements qui survinrent avant, pendant et après le séisme violent qui frappa, tôt dans la matinée du 4 avril 1905, Kangra, une ville aux contreforts de l'Himalaya, dans la région du nord de l'Inde, historiquement connue comme le Penjab (dans l'État du Himachal Pradesh actuel). Précédant le tremblement de terre, l'activité sismique provoqua l'extinction des flammes de gaz combustible qui jaillissaient à proximité du temple hindou de Jawala Mukhi, phénomène que les fidèles interprétèrent comme la manifestation du mécontentement des dieux. Le tremblement de terre et ses répliques tuèrent entre 20 000 et 25 000 personnes et endommagèrent gravement le fort de Kangra, mentionné pour la première fois au IVe siècle av. J.-C. dans les annales d'Alexandre le Grand. La plupart des bâtiments de Kangra furent détruits et d'autres zones plus éloignées de cette région subirent également de graves dégâts. Les récits inclus dans cet ouvrage furent compilés et édités par Muhammad Abdul Qadir, également appelé Ta’ib Baduwi. On sait peu de choses de ce dernier, si ce n'est qu'il est l'auteur d'un autre livre sur la guerre entre la Turquie et la Grèce, et que l'Army Press à Simla lui appartenait.

Sage conseil

Muḥammad Ḥusain Āzād (également appelé Ehsan Azad, 1834–1910 env.) fut un poète ourdou renommé et un écrivain à la prose vivante, particulièrement dans ses écrits historiques. Il naquit à Delhi, où son père, Muhammad Baqir, dirigea le premier journal ourdou Delhi Urdu Akhbar. La participation de Muhammad Baqir à la révolte de 1857 (également connue sous le nom de révolte des Cipayes) mena à son exécution par les Britanniques. Plusieurs années plus tard, Āzād s'installa à Lahore, où il enseigna l'arabe à l'université publique, et par la suite, l'ourdou et le persan à l'université orientale. Il écrivit près de 20 livres, dont certains furent publiés à titre posthume. Cet ouvrage inclut plusieurs de ses récits allégoriques sur la société de son époque et des leçons de morale pour les jeunes. En outre, il aborde et promeut l'éducation des femmes. Āzād déclara qu'il avait découvert le manuscrit de cet ouvrage dans un vieux sac appartenant à son père, mais le livre semble avoir été écrit par Āzād à l'époque où il s'établit à Lahore.

Histoire de Babylone et de Ninive

Tarikh e Babul Wa Nainawa (Histoire de Babylone et Ninive) est un récit en ourdou sur ces deux villes antiques. Babylone fut fondée au début du troisième millénaire av. J.-C., sur un site entre les fleuves de l'Euphrate et du Tigre, au sud de l'actuelle Bagdad, en Irak. Devenue une grande puissance sous Hammourabi (règne : 1792–1750 av. J.-C.), elle fut gouvernée par l'empereur néobabylonien Nabuchodonosor II (634–562 av. J.-C. env., règne : 605–562 av. J.-C. env.) et conquise par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C. Ninive était située sur la rive est du Tigre en Assyrie antique, de l'autre côté du fleuve où se trouvait la ville moderne de Mossoul, en Irak. Le peuplement de Ninive commença en 6000 av. J.-C. env., et en 2000 av. J.-C., la ville fut un centre de culte dédié à la déesse de la fertilité Ishtar. Sennachérib (règne : 704–681 av. J.-C.) transforma Ninive en une ville magnifique, avec de nouvelles rues et places, ainsi qu'un réseau de canaux dans un zone entre murailles. Il fit également construire un immense palace splendide. Après la chute de Ninive aux mains des Mèdes et des Babyloniens en 612 av. J.-C., la ville fut détruite et ne retrouva jamais sa grandeur. Outre les récits anciens sur Babylone et Ninive, l'auteur aborde en détail les catastrophes naturelles et évoque les aspects religieux, sociopolitiques et culturels de la vie dans ces deux villes.

Antiquités de Samarcande. Madrasa de Tillia Kari. Façade principale (sud). Début. Inscription le long du mur intérieur de la niche principale et de sa partie supérieure

Cette photographie de l'entrée principale de la madrasa de Tillia Kari, à Samarcande (Ouzbékistan), est extraite de l'ouvrage archéologique Album du Turkestan. Cet inventaire photographique, en six volumes, fut réalisé entre 1871 et 1872 sous le patronage du général Konstantin P. von Kaufman, premier gouverneur général (1867-1882) du Turkestan, nom donné aux territoires d'Asie centrale de l'Empire russe. L'album consacre une attention particulière à l'architecture islamique de Samarcande, avec notamment des monuments datant des XIVe et XVe siècles, lors du règne de Tamerlan et de ses successeurs. Situé au centre de Samarcande, l'ensemble du Registan est composé de trois exemples majeurs de madrasa (école religieuse). Le troisième composant du Registan, la madrasa de Tillia Kari, fut construit entre 1646 et 1660 sur le site d'un ancien caravansérail. L'entrée de la cour rectangulaire est encadrée d'un grand aivan (salle voûtée dotée de trois murs et d'un côté ouvert). Cette vue montre un panneau de majolique polychrome situé dans la partie supérieure de la façade droite de la niche de l'aivan. La partie principale du panneau, encastrée dans un arceau pointu, présente des motifs d'écriture kufique entrelacés. L'arceau est entouré de céramiques formant des motifs géométriques et à fleurs. Une bande d'inscription en style cursif est visible au-dessus de l'arceau pointu. Le panneau est bordé d'une bande ornementale élevée, décorée de figures géométriques, au-dessus de laquelle une bande horizontale, plus grande, contient une inscription. Une colonne torsadée est fixée sur l'angle.