Afrique australe : la perdre ou la diriger ; Les incidents et expériences du Bechuanaland, de la colonie du Cap et d'Angleterre

John MacKenzie (1835-1899) était un missionnaire écossais qui fut envoyé en Afrique du Sud par la London Missionary Society en 1858. Il vécut à Shoshong dans l'actuel Botswana entre 1862 et 1876. MacKenzie pensait que les Ngwato et les autres peuples africains avec qui il avait travaillé étaient menacés par des flibustiers boers envahissant leur territoire depuis le sud, ainsi que par des politiciens tels que Cecil Rhodes qui désirait voir les territoires étendus du nord annexés à la colonie britannique du Cap. Il commença donc une compagne afin que ce qui devint le protectorat Bechuanaland soit dirigé directement depuis la Grande-Bretagne. Afrique australe : la perdre ou la diriger est le compte-rendu écrit par Mackenzie des évènements qui ont mené à l'établissement du protectorat. En janvier 1885, influencé par MacKenzie, le cabinet britannique décida d'envoyer une expédition militaire en Afrique du Sud afin d'assoir la souveraineté de la Grande-Bretagne sur le territoire disputé. Sir Charles Warren (1840–1927) prit la tête de 4 000 soldats impériaux en direction du nord depuis Le Cap. Après avoir conclu des traités avec plusieurs chefs africains, Warren annonça l'établissement du protectorat en mars 1885. Mackenzie accompagna Warren et Afrique australe contient son compte-rendu détaillé de l'expédition. L'ouvrage, publié en 1887 en deux volumes et comprenant des cartes, des photographies et des illustrations demeure une référence importante concernant l'histoire du Botswana.

Sibérie

Morgan Philips Price (1885–1973) était un journaliste, photographe et politicien britannique qui écrivit plusieurs ouvrages à propos de la Russie. Il étudia les sciences à l'université de Cambridge. En 1910, il se joignit à une expédition scientifique britannique destinée à explorer les sources du fleuve Enesei dans le centre de la Sibérie en compagnie de deux amis, l'écrivain, photographe et cartographe Douglas Carruthers et le zoologiste et grand chasseur J.H. Miller. Sibérie est le compte-rendu de Price concernant l'expédition et ses voyages sur les chemins de fer Transsibérien, de son séjour au sein de la ville de Krasnoiarsk et de sa visite dans la ville provinciale sibérienne de Minusinsk. L'ouvrage, publié en 1914, est illustré de photographies et de cartes. Il comprend des chapitres sur l'histoire de la colonisation et l'évolution sociale de la Sibérie, les conditions économiques de la Sibérie occidentale et centrale ainsi que sur l'avenir de l'économie de la Sibérie. Le dernier chapitre est dédié à la Mongolie, que Price visita également. La Mongolie avait été une province chinoise depuis 1691, mais devint un état indépendant sous la protection russe en 1912. Price était un partisan de la Sibérie et de son potentiel économique, il souligna de nombreux parallèles entre son développement et celui du Canada. Il fut plus tard journaliste pour le Manchester Guardian au cours de la révolution russe et exerça le poste de membre du Parlement.

Carte générale de la ville de Lisbonne, 1785

Cette carte détaillée de la capitale portugaise, Lisbonne, est l'oeuvre du cartographe Franc D. Milient. En 1755, Lisbonne fut presque complètement détruite par un tremblement de terre suivi d'un raz-de-marée. Un ministre de l'époque, Sebastião José de Carvalho e Melo (1699-1782), également connu sous le titre de premier marquis de Pombal, a décidé de raser ce qui restait du centre ville et de reconstruire selon les notions contemporaines d'urbanisation. On peut apprécier la reconstruction sur cette carte, qui montre l'aménagement ordonné de la ville basse à partir d'une schéma géométrique. Carvalho e Melo a également testé des modèles architecturaux en fonction de leur capacité à résister aux tremblements de terre et aux tsunamis. En raison de sa politique, les immeubles reconstruits dans le centre de Lisbonne peuvent être considérés comme les premiers bâtiments parasismiques.

Histoire de l'expédition, sous le commandement des capitaines Lewis et Clark, jusqu'aux sources du Missouri, à travers les montagnes Rocheuses et sur le fleuve Columbia jusqu'à l'océan Pacifique

Ce récit de l'expédition de Lewis et Clark, publié en 1814, est basé sur les journaux détaillés tenus par les capitaines Meriwether Lewis et William Clark, les chefs de l'expédition. Ce livre commence par « La vie du capitaine Lewis », document écrit par Thomas Jefferson qui reproduit les instructions détaillées données par Jefferson à Lewis concernant les objectifs de l'expédition. « L'objet de votre mission est d'explorer le Missouri, ainsi que ses principaux affluents, qui par son cours et son accès aux eaux du Pacifique, que ce soit le Columbia, l'Oregan [sic], le Colorado, ou toute autre rivière, offre la voie d’eau la plus directe et la plus praticable du point de vue du commerce pour traverser le continent. » Le corps expéditionnaire de 29 hommes partit de Saint-Louis le 14 mai 1804. Durant les 28 mois qui suivirent, Lewis et Clark parcoururent plus de 12 000 kilomètres à travers un terrain inconnu peuplé de tribus indiennes. À la fin de 1804, ils avaient atteint le grand méandre du Missouri. En 1805, il remontèrent le Missouri, traversèrent les montagnes Rocheuses et descendirent le Columbia jusqu'à l'océan Pacifique. Après un terrible hiver, les membres de l'expédition commencèrent leur long voyage de retour, pour atteindre enfin Saint-Louis le 23 septembre 1806.

Métamorphoses

On sait avec certitude que ce document, connu comme l'Ovide napolitain, est originaire de la région des Pouilles dans le sud de l'Italie, où il a probablement été copié au sein du monastère de San Benedetto di Bari. L'œuvre est un témoignage de la plus ancienne tradition manuscrite relative aux Métamorphoses, un poème narratif en latin écrit par le poète romain du Ier siècle, Ovide, qui fut populaire en Europe au Moyen Âge. Le codex comprend des illustrations en couleurs représentant les différents styles réunis dans le sud de l'Italie au XIe siècle sous l'influence des Normands, remplaçant progressivement les traditions lombardes et arabes. Les influences de Byzance et de l'Orient sont également apparentes. Le manuscrit est écrit dans une variante de Bari de l'écriture bénéventaine, l'écriture nationale du sud de l'Italie entre 800 et 1200. Aujourd'hui sous la protection de la Bibliothèque nationale de Naples, le codex avait appartenu auparavant au couvent napolitain de San Giovanni a Carbonara.

Le système de Saturne

Christiaan Huygens (1629–1695) est né à La Haye, aux Pays-Bas, dans une grande famille néerlandaise. À la différence de son grand-père, de son père et de son frère, qui tous servirent la famille régnante, la Maison d'Orange, en tant que secrétaires et diplomates, Huygens se consacra aux sciences et aux mathématiques. Il publia trois ouvrages de mathématiques, rédigea un manuscrit sur l'hydrostatique, écrivit un livre sur les collisions de corps élastiques, effectua des recherches sur la force centrifuge et inventa l'horloge à pendule. Huygens était particulièrement intrigué par la planète Saturne, dont les « poignées » saillantes étaient visibles à travers les télescopes de l'époque, mais impossibles à expliquer. Avec son frère Constantijn, Huygens fabriqua un puissant télescope grâce auquel il espérait élucider le mystère de l'étrange aspect de Saturne. Huygens découvrit Titan, la lune de Saturne, et avança la théorie selon laquelle la planète était entourée d'un mince anneau plat. En 1659, Huygens publia Systema Saturnium, dans lequel il calculait que la lune de Saturne mettait un peu moins de 16 jours à effectuer une orbite autour de la planète. Il y présenta aussi les preuves étayant sa théorie selon laquelle Saturne était entourée d'un anneau incliné de 20 degrés par rapport à son plan d'orbite. L'inventeur, collectionneur de livres et philanthrope américain Berne Dibner (1897-1988) classa Systema Saturnium parmi les « Hérauts de la science » : les 200 titres les plus importants pour le développement de la science et de la technologie occidentales.

Cinq ouvrages de doctrine

Ce manuscrit du XVIIe siècle est un recueil de cinq ouvrages doctrinaux traduits du grec vers l'arabe. Trois de ces ouvrages furent rédigés par Jean de Damas (mort vers 750) : Sur la foi orthodoxe, Dialectiques et Contre les hérétiques. Jean de Damas était souvent lu aussi bien en grec qu'en arabe (lui-même était bilingue, bien qu'il n'écrivît qu'en grec). Les deux autres textes sont l'œuvre du moine Paul d'Antioche, évêque de Sidon au XIIIe siècle. Le premier est une lettre intitulée Que le créateur est unique et que les chrétiens ne sont pas polythéistes (Mushrikīn), et l'autre une Vue d'ensemble de la foi chrétienne. Les deux textes sont adressés à un lecteur musulman.

Pandectes

Ce texte est une traduction arabe d'un ouvrage chrétien initialement rédigé en grec au XIe siècle, connu sous le nom de Pandectes (ou pandektes) de Nicon de la Montagne Noire. Le titre grec de l'ouvrage signifie L'universel (le livre). Le titre arabe, Al-Ḥāwī, possède à peu près la même signification : Le livre complet. Le texte est divisé en 63 chapitres et offre un aperçu de la vie et de la doctrine chrétiennes basé sur des extraits de la Bible, des Pères de l'Église et du droit canonique. L'œuvre était populaire parmi les chrétiens arabophones, comme en témoigne sa présence dans de nombreux autres manuscrits arabes.

Grande carte géographique universelle

Matteo Ricci naquit en 1552 à Macerata, en Italie. En 1571, il entra chez les Jésuites et commença son noviciat au Collège de Rome, où il étudia la théologie et la philosophie, ainsi que les mathématiques, la cosmologie et l'astronomie. En 1577, Ricci demanda à être envoyé comme missionnaire en Asie. Il arriva à Goa en terre portugaise (aujourd'hui en Inde) en septembre 1578, où il fut ordonné en juillet 1580. Il travailla à Goa et à Cochin (aujourd'hui Kochi, en Inde) pendant quatre ans, jusqu'à ce qu'il soit appelé à rejoindre la récente mission jésuite de Chine. Il arriva à Macao en août 1582 et passa le reste de sa vie en Chine, vivant à Zhaoqing, à Shaozhou, à Nanjing et à Beijing. Il passa les dernières années de sa vie à Beijing, entre 1601 et 1610, où son compagnon jésuite Diego Pantoja et lui furent les premiers occidentaux autorisés à pénétrer dans la Cité interdite. La méthode de Ricci pour réussir à convertir les Chinois au catholicisme consistait, en partie, à faire découvrir aux érudits et aux fonctionnaires les réalisations scientifiques et culturelles de l'Europe chrétienne. Une grande carte occidentale du monde était affichée dans sa maison de Zhaoqing. Ses visiteurs chinois étaient stupéfaits en voyant la Terre représentée comme une sphère et en découvrant que l'empire Chinois occupait une partie relativement peu importante du monde. Ils demandèrent à Ricci de traduire la carte en chinois, et celle-ci fut gravée et imprimée en 1584. Toutes les copies de la carte de 1584 furent perdues, comme le furent celles d'une seconde version réalisée par Ricci à Nanjing en 1599. La carte présentée ici est l'une des six copies connues de la troisième version de la carte, faite par Ricci en 1602 à la demande de Li Zhizao, un ami chinois qui était lui-même cartographe. La version de 1602 est la plus ancienne carte existante en chinois représentant les Amériques et reflétant les connaissances géographiques acquises lors des voyages de découverte européens des XVe et XVIe siècles. La carte montre les cinq continents : l'Europe, la Libye (l'Afrique), l'Asie, l'Amérique et le continent austral de Magellanica, dont on supposait l'existence. Les quatre océans (Atlantique, Pacifique, Indien et Arctique) sont également représentés. Ricci compléta la carte avec d'ingénieuses annotations en chinois indiquant les informations (parfois erronées) dont disposait alors l'Occident concernant divers pays. Il décrivait le Nil comme étant « le plus long fleuve du monde. Il lui faut sept mois pour se jeter dans la mer. Dans ce pays, il n'y a ni nuages, ni pluie tout au long de l'année, si bien que ses habitants possèdent des connaissances en astronomie ». En parlant du Canada, il écrivit : « Ses habitants sont bienveillants et hospitaliers avec les étrangers. Généralement, leurs habits sont confectionnés à partir de peaux, et ils vivent de la pêche. » En plus de ces remarques portant sur des lieux particuliers, la carte comporte des informations géographiques et astronomiques très précises et sophistiquées, dont un traité sur la taille et la forme de la Terre, une explication des variations de durée du jour et de la nuit, un tableau montrant les distances des planètes par rapport à la Terre, ainsi que des cartouches où figurent des cartes en projection polaire (nord et sud) destinées à montrer que la Terre est ronde.

Calendrier folklorique bulgare pour l'année bissextile 1868

Le Calendrier folklorique bulgare pour l'année bissextile 1868 est l'un des nombreux calendriers folkloriques populaires réalisés par En’o Kŭrpachev (1833-1916), un éditeur de Constantinople (aujourd'hui Istanbul), au cours de la période du Renouveau national en Bulgarie. Le premier calendrier bulgare publié apparaît en 1818. Plus de 100 calendriers seront publiés au cours de la seule période du Renouveau national. L'engouement pour les calendriers bulgares a commencé dans les années 1840 et s'est poursuivi longtemps après la fin de la période du Renouveau. Les calendriers étaient un genre de lecture populaire au cours du XIXe siècle, dont le contenu très varié allait de l'information sur les jours fériés et les dates spéciales à des anecdotes, des poèmes, des traductions et la vie des saints. Ce calendrier de 1868 comporte une liste des dates et des événements historiques liés à la Bulgarie, des prévisions pour la nouvelle année, un calendrier de l'Église orthodoxe, une liste des foires devant avoir lieu cette année-là, ainsi que des informations concernant les services télégraphiques et postaux et les lignes maritimes. La partie la plus intéressante du calendrier est un poème sur la légende aujourd'hui démystifiée d'Hilarion de Tŭrnovo (un Grec), que l'on accusait d'avoir brûlé des livres slaves dans la bibliothèque du patriarche de Tŭrnovo. Cette fable vit le jour au cours de la période du Renouveau national et servait à diffamer le clergé grec.