Livre sur l'âme

Abou Bakr Muhammad ibn Yahya ibn al-Sayegh, mieux connu comme Ibn Bâjja ou par son nom latinisé, Avempace (1095-1138 apr. J.-C. environ), était un grand penseur musulman andalou qui naquit à Saragosse, en Espagne, et mourut à Fès, au Maroc. Il fut également politicien et servit au poste de vizir (ministre) pour les Almoravides, les dirigeants islamiques du sud de l'Espagne et de l'Afrique du Nord entre 1062 et 1150 environ. Ibn Bâjja est mieux connu pour avoir été le premier commentateur d'Aristote en Espagne. Il est l'un des premiers représentants connus de la tradition philosophique aristotélicienne-néoplatonicienne arabo-espagnole. Il écrivit abondamment sur un large éventail de sujets, notamment l'astronomie, la logique, la philosophie, la musique, la botanique, la médecine, la psychologie et la poésie. Kitab al-Nafs (Livre sur l'âme) est un traité philosophique axé sur la psychologie et les principes de la logique et la raison. Bien que ce traité établisse un parallèle avec l'ouvrage d'Aristote De Anima (Sur l'âme), avec lequel il est souvent comparé, il ne s'agit pas d'un commentaire explicite de celui-ci. Ibn Bâjja eut une influence sur Ibn Rushd (aussi appelé par le nom latinisé d'Averroès, 1126-1198 apr. J.-C.), le philosophe andalou connu comme « le commentateur d'Aristote ».

Vies des médecins

Muaffaq-addin Abou Al-Abbas Ahmed Ibn Al-Qasim Ibn Khalifa Al-Khazraji, mieux connu comme Ibn Abi Usaybiah (mort vers 1269 apr. J.-C.), était un médecin et historien arabe, né à Damas, en Syrie. Fils d'oculiste, il étudia la médecine en Syrie ainsi qu'en Égypte. Uyūn ul-Anbā fī Ṭabaqāt ul-Aṭibbā (Vies des médecins) est une encyclopédie contenant des biographies de médecins grecs, romains, indiens et musulmans connus depuis les temps anciens jusqu'à environ 1245 apr. J.-C. L'ouvrage est divisé en 15 chapitres, dont le premier est une présentation générale de la profession médicale. Ibn Abi Usaybiah énumère certaines des qualités morales requises des médecins, comme la totale discrétion, l'intelligence, l'éthique personnelle, etc. Les autres chapitres du livre identifient et classent les médecins, comme le grand penseur perse Muhammad ibn Zakariya al-Razi (communément appelé Rhazès) et des philosophes non considérés comme des médecins de prime abord, tels qu'Aristote et Pythagore.

Les Rubaïyat d'Omar Khayyam

Ghiyath al-Din Abou al-Fath Omar ibn Ibrahim Al-Nisabouri al-Khayyami, mieux connu sous le nom d'Omar Khayyam (1048-1131 apr. J.-C.), était un mathématicien, astronome, philosophe et poète musulman perse qui s'intéressait également à la musique, la mécanique et la géographie. Il naquit et mourut à Nichapour, en Iran, où il enseigna les théories philosophiques d'Ibn Sina (aussi connu sous le nom d'Avicenne, 980-1037), entre autres disciplines. Bien que Khayyam soit principalement connu des générations suivantes pour sa poésie, son travail sur l'algèbre, les mathématiques et la réforme du calendrier fut d'une grande importance. Khayyam est connu pour ses rubaïyat (quatrains) qui sont deux strophes en ligne avec deux parties. Ce terme est dérivé de la racine arabe du mot « quatre ». On voit ici une collection de quatrains de Khayyam, dont l'interprétation ne cessa d'être controversée. Alors que certains les voient comme un appel à profiter et à célébrer la vie, d'autres les perçoivent dans un contexte mystique. D'autres encore soutiennent que cela renforce le pessimisme et le nihilisme. Ces interprétations sont grandement influencées par les différentes traductions de la collection. Le nombre exact des quatrains de Khayyam est inconnu, car beaucoup pourraient avoir été ajoutés ultérieurement à la collection d'origine par d'autres poètes. Pourtant, entre 1 200 et 2 000 quatrains ont été attribués à Omar Khayyam.

La méthode de la médecine

Abu al-Qasim Khalaf ibn al-Abbas al-Zahrawi (également connu sous son nom latinisé d'Albucasis, 936-1013 apr. J.-C. environ) était un chirurgien andalou musulman, né à El Zahra (connu aujourd'hui sous le nom de Medina Azahara), près de Cordoue en Espagne. Il est considéré par certains comme le père de la chirurgie moderne. Il est également mieux connu pour son encyclopédie médicale Al-tasreef liman ajiza an al-taaleef (La méthode de la médecine). Cet ouvrage est devenu un texte de référence en Europe pendant cinq siècles sous son titre latin, Liber Alsaharavi de cirugia, après qu'il fut traduit de l'arabe vers la moitié-fin du XIIe siècle par Gérard de Crémone. L'encyclopédie se compose de 30 chapitres ou traités qui couvrent des sujets tels que la relation médecin-patient, les différents domaines de spécialisation médicale, la nutrition, le lien entre alimentation et maladie, le diagnostic grâce à un examen, la pharmacologie, et la classification des maladies et leurs symptômes. Dans la dernière section, qui traite de la chirurgie, al-Zahrawi soutient qu'il est nécessaire que le chirurgien possède des connaissances sur tous les autres domaines médicaux avant d'opérer. Le livre contient également des schémas et des illustrations des instruments médicaux et dentaires utilisés par al-Zahrawi, qu'il a lui-même imaginés, pour certains.

Les traités philosophiques de Razi et les pièces conservées de ses livres perdus

L'un des plus anciens pionniers de l'histoire de la médecine, Muhammad ibn Zakariya Al-Razi (également connu sous le nom latin de Rhazès ou Rasis, 865-925 apr. J.-C., 251-313 après l'Hégire) fut un polymathe, médecin et philosophe persan musulman. Il naquit dans la ville de Rayy, près de l'actuelle Téhéran en Iran, et vécut la majeure partie de sa vie entre son lieu de naissance et Bagdad, capitale du califat abbasside. Il enseigna la médecine et fut le médecin en chef des deux villes. Il fit des contributions majeures et durables dans les domaines de la médecine, de la musique, de la philosophie et de l'alchimie, et fut l'auteur de plus de 200 livres et traités. Cet ouvrage est une sélection de traités philosophiques d'Al-Razi. Il traite de sujets qui comprennent la guérison spirituelle, la métaphysique, la connaissance divine et les concepts de temps et de lieu.

Le livre de la compilation

Abu Nasr Muhammad al-Farabi (également connu sous son nom latinisé d'Alpharabius, 870-950 apr. J.-C. environ) était un philosophe et scientifique musulman qui s'intéressait également à la philosophie politique, la logique, la cosmologie, la musique et la psychologie. Bien que son origine ne soit pas confirmée, il est généralement convenu qu'al-Farabi était d'origine persane et qu'il est né soit à Faryab, en actuel Afghanistan, soit à Farab, en actuel Kazakhstan. Il était appelé le « second maître », une référence déférente suggérant qu'il suivait de près Aristote en matière de philosophie. Le livre présenté ici est le Kitab Al-majmu' (Livre de la compilation), qui décrit les conceptions philosophiques d'Al-Farabi et reflète ses études minutieuses de la philosophie antique. Il comprend huit traités abordant la philosophie grecque (Platon et Aristote) et islamique, en plus du mysticisme islamique. On raconte que cet ouvrage d'Al-Farabi aida Ibn Sina (Avicenne, 980-1037) à maîtriser la métaphysique d'Aristote.

Une carte du monde

Au cours de la période Edo de contact restreint avec l'étranger qui dura presque deux siècles (1600-1868), les Japonais conservaient encore leur curiosité concernant les cultures étrangères. Les cartes du monde en particulier sont des indications de la façon dont les Japonais percevaient leur pays et sa position dans la communauté internationale. Beaucoup furent publiées dans la ville portuaire de Yokohama et popularisées à des fins d'information et de divertissement. Cette carte, une gravure sur bois datant de la seconde moitié du XIXe siècle, illustre un archipel immense représentant le Japon au centre du monde. Des images d'un soldat russe et d'un soldat américain, et la brève histoire de chaque pays, sont placées dans des encarts. Différents types de navires parsèment les mers. La carte est également accompagnée d'un tableau indiquant la distance de Nagasaki à différents pays étrangers, tels que la Chine, l'Inde et les Pays-Bas. En bas à droite se trouvent les noms des seigneurs féodaux qui occupaient des fonctions de surveillance de la côte.

Kouropatkine à genoux au milieu des navires détruits et faisant appel à Saint-André, le saint patron de la Russie, qui tient une grande épée et un bouclier

La guerre russo-japonaise (1904-1905) fut documentée sur de nombreux supports, tels que des estampes, des photographies et des illustrations. Les victoires de l'armée japonaise au début de la guerre inspirèrent les œuvres de propagande d'artistes japonais. Kobayashi Kiyochika (1847-1915) dessina ce feuillet satirique de la série Nihon banzai hyakusen hyakushō (Vive le Japon : 100 victoires, 100 rires). Kiyochika, connu pour ses estampes utilisant des techniques de peinture occidentales, fut brièvement sous la tutelle de Charles Wirgman (1832-1891), caricaturiste anglais pour le magazine Illustrated London News. Kiyochika devint également caricaturiste politique à temps plein pour un magazine japonais de 1882 à 1893. L'écrivain satirique Honekawa Dojin (pseudonyme de Nishimori Takeki, 1862-1913) accompagnait chaque illustration d'une description humoristique. Le texte de cette gravure se présente sous la forme d'une conversation entre le général Alexeï Nikolaïevitch Kouropatkine, ministre de la Guerre de l'Empire russe, et Saint-André, saint patron de la Russie, qui réprimande le général pour être revenu avec une flotte percée de toutes parts.

Le conte du coq

La guerre russo-japonaise (1904-1905) fut documentée sur de nombreux supports, tels que des estampes, des photographies et des illustrations. Les victoires de l'armée japonaise au début de la guerre inspirèrent les œuvres de propagande d'artistes japonais. Cette estampe fait partie de la série Rokoku seibatsu senshō shōwa (La guerre expéditionnaire contre la Russie : contes hilarants). L'illustrateur est Utagawa Kokunimasa, aussi connu sous les noms de Baidō Bōsai ou Utagawa Kunimasa V (1874-1944). L'écrivain satirique Honekawa Dojin (pseudonyme de Nishimori Takeki, 1862-1913) accompagnait chaque illustration d'une description humoristique. La série se moquait des Russes, réputés pour leur faiblesse militaire, leur vanité et leur lâcheté. Le texte est ponctué de jeux de mots portant sur les caractères chinois qui indiquent des significations négatives, telles que la mort et la souffrance, ou des noms de lieux de bataille. Dans cette gravure publiée en 1904, trois soldats russes sont représentés près d'un feu de camp avec un coq, leurs tentes en arrière-plan. Ils discutent de la force militaire du Japon en employant différentes références se rapportant aux oiseaux.

L'Amérique

Après près de deux siècles de contact restreint avec l'étranger, le Japon fut de plus en plus exposé à la culture occidentale dans les années 1850, à mesure que de nouveaux accords commerciaux facilitaient l'interaction interculturelle. L'afflux de technologies et de coutumes peu familières causèrent l'anxiété ainsi que la crainte de la population japonaise, et sa forte curiosité se manifeste dans les représentations détaillées de sujets étrangers par les artistes d'ukiyo-e (images du monde flottant). Hiroshige II (vers 1826-1869) fut l'élève et le fils adoptif du grand maître des paysages, Utagawa Hiroshige (1797-1858), et produisit cette œuvre en 1860. Dans cette estampe, une femme représentant l'Amérique est dépeinte portant une coiffe de plumes et faisant de l'équitation en amazone dans un paysage enneigé.