Ketubah

Cette ketouba, un contrat de mariage en hébreu entre deux personnes identifiées comme Shelomò, fils de Zare de Carcassona et de Bella di Merwanha, est un témoignage rare de la présence juive en Sardaigne, et plus particulièrement à Alghero sur la côte nord-ouest de l'île. Dans la seconde moitié du 14ème siècle, Alghero est devenu le centre de la communauté juive de Logudoro, une région au centre-nord de la Sardaigne. Les juifs bénéficiaient de privilèges particuliers en Sardaigne jusqu'à l'Inquisition et leur expulsion en 1492, qui fut décrétée par le souverain de Sardaigne, Ferdinand II d'Aragon (1452-1516), également connu sous le nom de Ferdinand le Catholique. Contraints de quitter leurs maisons et leurs communautés, ils emportèrent avec eux tous les documents et objets pouvant attester de leur présence, autrefois florissante. Ce document fragmentaire de la bibliothèque de l'Université de Sassari a été préservé dans la reliure d'un livre.

Passage Active, Île Saturna, vue vers l'Ouest

La Northwest Boundary Survey (étude de la frontière nord-ouest) de 1857-61 était unprojet anglo-nord-américain d'étude de la fontière ente les États-Unis et le Canada de la crête des montagnes Rocheuses à l'océan Pacifique. Mené conjointement par des experts américains et britanniques, il a impliqué quatre années de travaux pénibles en terrain accidenté et densément boisé. James Madison Alden (1834-1922) était un artiste du Massachusetts qui, en 1854, s'enrôla dans la marine américaine et travailla en tant que cartographe à un projet de représentation graphique de la côte californienne. En janvier 1858, Alden devint l'artiste officiel de la Northwest Boundary Survey. En raison de la guerre civile et d'autres complications, l'étude américaine ne publia jamais son rapport final, et une grande partie de sa documentation fut perdue. Les aquarelles d'Alden, qui témoignent de son sens de la couleur et de son talent dans l'art de l'aquarelle, sont essentiellement ce qui a survécu de la partie américaine du projet. Ce tableau montre une vue vers l'île Saturna, faisant partie de la chaîne des îles Gulf en Colombie-Britannique, au Canada.

Testament de Zephaniah Kingsley, 1843

Zephaniah Kingsley était un riche planteur propriétaire d'esclaves dans le nord-est de la Floride. Ses héritiers comprenaient sa femme, une esclave affranchie nommée Anna M.J Kingsley, et leurs enfants. Kingsley était à la fois un défenseur de l'esclavage et un militant pour les droits civils des Noirs libres. Né à Bristol, en Angleterre, en 1765, Kingsley arriva à Charleston, en Caroline du Sud, alors colonie britannique, en 1770. Dans les années 1790, Kingsley développa des activités dans le commerce maritime, y compris la traite négrière. En 1803, il devint citoyen de la Floride espagnole et entreprit d'acquérir des terres dans le nord-est de la Floride. En 1806, Kingsley acheta, à La Havane, Cuba, une adolescente originaire de la région du Jolof au Sénégal, en Afrique de l'Ouest, nommée Anta Majigeen Ndiaye ; il l'émancipa et par la suite en fit son épouse : Anna Kingsley. Lorsqu'en 1821, l'Espagne dut abandonner le contrôle de la Floride aux États-Unis, ces derniers acceptèrent d'honorer les droits des noirs libres du territoire. Au cours des trois décennies suivantes, cependant, les lois locales et de l'état ainsi que les coutumes ont lentement érodé les droits de ces citoyens américains. Dans les années 1840 et 1850, de nombreux noirs libres ont été forcés à l'esclavage. À la fin de sa vie, Kingsley était désabusé par la discrimination raciale pratiquée dans la société d'avant-guerre de la Floride et préoccupé par le sort de sa femme et de ses enfants. Craignant pour la sécurité de sa famille en Floride, Kingsley fit des préparatifs pour envoyer sa femme et ses enfants en Haïti, et en 1838, Anna et ses enfants furent résidents d'Haïti. Dans ce testament, Kingsley a cherché à assurer la liberté et le bien-être financier des enfants qu'il avait eu de différentes femmes (esclaves et libres), ainsi que de son épouse. Il a donné des instructions pour que les familles d'esclaves qu'il possédait ne soient pas séparées sans leur consentement, que ses esclaves obtiennent le privilège d'acheter leur liberté à la moitié de leurs valeurs respectives, et que la possibilité leur soit donnée d'aller en Haïti s'ils ne pouvaient pas rester libres en Floride.

Récit d'une expédition pour explorer le fleuve Zaïre, généralement appelé le Congo, en Afrique du Sud, en 1816

James Kingston Tuckey (1776-1816) était un officier de la marine britannique, qui, après avoir servi aux Caraïbes, en Asie et en Australie, a été nommé au commandement d'une expédition pour explorer le fleuve Congo par ordre du gouvernement britannique. Il devait vérifier en particulier, si le Congo était lié au fleuve Niger. Tuckey remontât le Congo sur une distance de 480 km, cartographiant la rivière et recueillant des informations géographiques et ethnographiques. Avant de pouvoir terminer sa mission, il mourut de la fièvre (le 4 Octobre 1816, près de Moanda, dans l'actuelle République Démocratique du Congo). Cet ouvrage se compose de son journal, qu'il a tenu jusqu'à peu de temps avant sa mort, complété par des observations d'autres membres de l'expédition. Une annexe propose un vocabulaire de base de deux langues africaines, le Malemba et l'Embomma.

Un Guide de bonté

Ce livre de prières musulmanes est une copie de 1785 d'un manuscrit du 15ème siècle. L'œuvre comprend un panorama de la Mecque et de Médine, villes saintes de l'islam en Arabie saoudite. La Mecque, où le prophète Mahomet est né et a vécu pendant les 50 premières années de sa vie, est la ville la plus sacrée dans l'Islam. On y trouve également la Kaabah, sanctuaire saint de l'islam également appelé la "demeure de Dieu" (Bayt Allah). Les musulmans du monde entier prient en direction de la Mecque et de la Kaabah. Médine est la deuxième ville la plus sacrée de l'Islam, où le prophète Mahomet a cherché refuge, il y est mort et y fut enterré.

Les acteurs Ichikawa Raizō dans le rôle de Umeōmaru et Nakajima Mihoemon dans le rôle de Shihei

Le terme ukiyo-e, littéralement « images du monde flottant », se rapporte à un genre d'illustrations japonaises très en vogue au cours de la période Edo (1600–1868). Comme le suggèrent les mots « monde flottant », qui prennent racine dans la vision du monde éphémère du bouddhisme, l'ukiyo-e capturait la dynamique changeante de la vie urbaine de l'époque. Bien qu'elles soient accessibles et satisfassent des goûts « communs », ces impressions présentent des détails artistiques et techniques remarquablement sophistiqués, avec des sujets allant des portraits de courtisanes et d'acteurs à la littérature classique. L'auteur de cette estampe n'est pas connu avec certitude, mais elle est attribuée à Kitao Shigemasa (1739–1819), un illustrateur de livres et artiste autodidacte de l'ukiyo-e qui s'essaya aux techniques émergentes de l'impression couleur. Cette estampe est une benizuri-e (impression en deux couleurs) hosoban (format étroit), une des premières formes d'estampes couleur qui limitait souvent sa palette au rose et au vert. L'hosoban était la taille standard pour les estampes d'acteurs au XVIIIe siècle. Les acteurs de Kabuki sur cette estampe sont figés à un moment dramatique de la scène du kuruma-biki (la rupture du chariot), au cours de laquelle un jeune homme héroïque, Umeomaru, affronte avec vigueur Shihei, un ennemi ayant provoqué la ruine politique de son père.

Le Attaque de Manille, octobre 1762

La guerre de Sept Ans (1756-1763) était un conflit global entre la Grande-Bretagne et la France qui impliqua aussi l'Espagne en tant qu'allié de la France. En 1762, les Britanniques envoyèrent  l'amiral William Draper, avec un corps expéditionnaire de près de 2 000 soldats européens et indiens (Sepoy), attaquer Manille dans la colonie espagnole des Philippines. Ils ne rencontrèrent que peu d'opposition de la part des Espagnols et, le 2 octobre 1762, le gouverneur général intérimaire, l'archevêque Manuel Antonio Rojo, livrait la ville aux Anglais. L'occupation britannique dura jusqu'en 1764, les Philippines revenant sous contrôle espagnol dans le cadre de l'accord de paix. La carte montre l'endroit où les Britanniques débarquèrent et l'attaque lancée par le sud. Elle montre aussi les navires de guerre britanniques (dont certains sont identifiés individuellement) et beaucoup d'autres éléments, parmi lesquels les routes, les maisons, les églises, la végétation et les champs cultivés.

Dans les griffes de la mort : les troupes américaines traversant une étendue d'eau sous le feu des nazis

Cette photographie de la bibliothèque Franklin D. Roosevelt à Hyde Park, New York, montre des soldats américains débarquant en Normandie, en France, le matin du 6 juin 1944, au début de l'intervention attendue depuis longtemps pour libérer l'Europe continentale de l'emprise de l'Allemagne nazie. La plupart des soldats qui débarquèrent venaient des États-Unis, de Grande-Bretagne et du Canada, avec de plus petits contingents de France, Pologne, Belgique, Tchécoslovaquie, Grèce et Pays-Bas. Les forces de débarquement furent confrontées à de formidable obstacles. Les défenses allemandes comprenaient des milliers de soldats enterrés dans des bunkers, de l'artillerie, des mines, des barbelés, des mitrailleuses, et des obstacles pour empêcher les barges de débarquement d'atteindre le rivage. Les victimes alliées (tués, blessés, disparus et faits prisonniers) le 6 juin dépassèrent les 10 000,  dont 2 500 furent tués - 6 603 Américains, environ 2 700 Britanniques, et 946 Canadiens -. Toutefois, à la fin de la journée, 155 000 soldats alliés étaient à terre et contrôlaient plus de 200 kilomètres carrés de la côte française.

Clarence Earl Gideon, appelant, contre Louis L. Wainwright, Directeur de l'administration pénitentiaire, intimé

Dans l'affaire emblématique de Gideon contre Wainwright, la Cour suprême américaine a confirmé le droit d'un individu à un avocat, même dans les affaires n'impliquant pas de crimes passibles de la peine capitale. Earl Clarence Gideon avait été reconnu coupable de cambriolage et condamné à cinq ans d'emprisonnement lors d'un procès durant lequel le juge de première instance avait refusé sa demande d'avocat. En tant que détenu, Gideon a écrit et déposé plainte contre le secrétaire de l'Administration pénitentiaire de Floride, demandant une ordonnance d'habeas corpus, au motif que l'assistance d'un avocat lui avait été refusée et qu'il était donc emprisonné illégalement. La Cour suprême de Floride confirma la décision antérieure du tribunal de première instance, rejetant l'appel de Gideon. En 1963, la Cour suprême a unanimement infirmé la décision du tribunal de Floride, établissant ainsi le principe selon lequel les juridictions d'État sont tenues de fournir aux défendeurs des conseillers juridiques dans les affaires pénales. Le procureur général américain de l'époque, et plus tard sénateur, Robert F. Kennedy a dit de la décision qu'elle avait changé le cours de l'histoire du droit américain. Ce document est la décision du tribunal lorsque l'affaire fut rejugée (cette fois avec une représentation pour Gideon) cinq mois après la décision de la Cour suprême. Gideon fut acquitté. 

Déclaration des droits

Au cours des débats sur l'adoption de la Constitution des États-Unis, ses opposants firent valoir que la Constitution telle que rédigée ouvrirait la voie à la tyrannie du gouvernement central. Ils gardaient encore en mémoire la violation britannique des droits civils avant et pendant la guerre d'indépendance, aussi exigèrent-ils une "charte des droits" qui proclamerait les droits des citoyens individuels. Plusieurs conventions d'État, dans leur ratification formelle de la Constitution, demandèrent de telles modifications. D'autres ratifièrent la Constitution en pensant que les amendements seraient proposés. Le 25 Septembre 1789, le premier Congrès des États-Unis proposa donc aux législatures d'État 12 amendements à la Constitution qui se heurtèrent aux arguments les plus souvent avancés à leur encontre. Les deux premiers amendements proposés, qui portaient sur le nombre d'électeurs pour chaque représentant et sur la rémunération des membres du parlement, ne furent pas ratifiés. Les articles 3 à 12, cependant, furent ratifiés par les trois quarts des législatures des États et constituent les dix premiers amendements de la Constitution, connus sous le nom de Déclaration des Droits (Bill of Rights).