Vue de Québec, capitale du Canada

Cette carte illustrée, issue de la collection Rochambeau de la bibliothèque du Congrès, présente un remarquable panorama de la ville de Québec au cours de ses dernières années en tant que capitale de la Nouvelle-France, la colonie française du Canada. Dessinée en 1755 par le géographe royal Georges-Louis Le Rouge, la carte identifie dix sites clés à travers la ville. Situé sur le Saint- Laurent, Québec était un carrefour administratif, militaire, commercial, ainsi qu'un centre religieux abritant une cathédrale, le palais épiscopal, un séminaire, et une mission jésuite. Établie à l'origine en 1608 par Samuel de Champlain, Québec est devenue la capitale de la Nouvelle-France en 1663. Dans la bataille de Québec (de juin à septembre 1759), l'une des batailles culminantes de la guerre des Sept Ans (1754-63), les français, sous les ordres du Marquis de Montcalm, ont été contraints de céder la ville à une force d'invasion britannique conduite par le général James Wolfe. Quatre ans plus tard, la France cédait la plupart de ses possessions canadiennes en Amérique du Nord à la Grande-Bretagne.

Dunlap Broadside [Déclaration d'indépendance]

John Dunlap, imprimeur officiel du Congrès Continental, produisit les premières versions imprimées de la Déclaration d'indépendance américaine, dans son atelier de Philadelphie, dans la nuit du 4 juillet 1776. Après que la Déclaration eut été adoptée par le Congrès plus tôt dans la journée, un comité apporta à Dunlap pour impression, le document manuscrit, peut-être "la bonne copie" du brouillon de Thomas Jefferson. Le matin du 5 juillet, des copies furent envoyées par des membres du Congrès à diverses assemblées, conventions et comités de salut public ainsi qu'aux commandants des troupes continentales. Toujours le 5 juillet, une copie de la version imprimée de la Déclaration approuvée fut insérée dans le "journal brut" du Congrès continental du 4 juillet. Le texte était suivi des mots "Signé sur ordre et au nom du Congrès, John Hancock, Président. Attesté Charles Thomson, Secrétaire."On ne sait pas combien d'exemplaires de ce qui fut appelé "la feuille Dunlap" ont été imprimés dans la nuit du 4 juillet. On sait que vingt-cinq exemplaires existent, 20 sont détenus par des institutions américaines, deux par des institutions britanniques, et trois par des personnes privées. Est ici montré l'exemplaire provenant des Archives Nationales et Administration des documents (NARA).

Apothéose de la gloire militaire de Pierre

L'« Apothéose de la gloire militaire de Pierre » glorifie le tsar Pierre le Grand (1672–1725) comme étant un sage dirigeant et chef de guerre. L'estampe présente Pierre debout sur un piédestal illustrant des scènes de batailles, entouré par les portraits des 33 tsars et grands-ducs ayant régné sur la Russie depuis le IXe siècle jusqu'au début du règne de Pierre en 1682. Les étiquettes situées sous les portraits fournissent de brèves informations concernant chaque dirigeant. Derrière Pierre s'agencent des cartes représentant les forteresses qu'il a capturées au combat. L'œuvre a été commandée par Pheophan Prokopovich (1681–1736), figure ecclésiastique et théologien de l'État russe qui était un idéologue des réformes de Pierre et instigateur de l'idée d'absolutisme illuminé. Une lettre datée de fin mars ou début avril 1717 indique que Prokopovich préparait la généalogie du tsar et la lui avait envoyée pour révision et approbation. L'estampe, créée en 1717, fut réalisée par Peter Picart, un artiste et graveur néerlandais qui s'installa en Russie en 1702, où il réalisa de nombreuses cartes et estampes. L'œuvre se trouve dans les Archives historiques de l'État de Russie à Saint-Pétersbourg.

Convention des vétérans confédérés

Les réunions de vétérans de la guerre de sécession du Nord comme du Sud étaient des événements importants de la vie publique aux États-Unis durant les premières décennies du XXe siècle. Ce film muet de 1914 est un enregistrement de la rencontre de 40 000 vétérans confédérés à Jacksonville, en Floride, près d'un demi-siècle après la fin de la guerre. Un titre explique chaque séquence. Les mouvements du film sont un peu saccadés mais la qualité des images est bonne. Les vétérans vieillissants dansent sur la musique de deux joueurs de violon et se rassemblent pour défiler à pied, à cheval ou en voiture. Le film contient aussi des scènes de foule, des plans d'ensemble du camp et de ses tentes, une tente d'urgence médicale mise en place par la Croix-Rouge et des milliers de vétérans dînant ensemble dans une cantine. Des scènes du défilé des Fils de vétérans confédérés présentent des fanfares, un tramway électrique passant dans la rue, la cavalerie Forrest du Tennessee qui doit son nom au général de cavalerie confédéré Nathan Bedford Forrest. On y voit un Afro-Américain fidèle à la confédération, ainsi que F.M. Iremonger, dont on dit qu'il est le plus jeune vétéran confédéré encore en vie.

Lettre écrite en code par Rose Greenhow sur papier deuil

Rose Greenhow O'Neal était une espionne pour la Confédération au cours de la guerre de Sécession. En tant que jeune femme à Washington, elle se lia d'amitié avec de nombreux hommes politiques influents, y compris le président James Buchanan et le sénateur de Caroline du Sud John C. Calhoun, qui joua un rôle dans le développement de son dévouement pour le Sud. Au cours de la guerre civile, Greenhow adressa des messages chiffrés (par code secret) aux Confédérés, en fournissant des informations sur les plans militaires de l'Union. Le Président confédéré Jefferson Davis la distingua pour avoir aidé le Sud à gagner la première bataille de Bull Run. Greenhow envoya un message à propos des mouvements de troupe de l'Union à temps pour que les Généraux de brigade Pierre Beauregard et Joseph E. Johnston, les confrontent à Manassas, en Virginie. Une jeune femme travaillant avec Greenhow nommée Betty Duvall porta le message enveloppé dans une petit bourse de soie noire et dissimulée dans un chignon. Le responsable des services de renseignements des États-Unis Allan Pinkerton surveilla Rose Greenhow dans le cadre de ses activités de contre-espionnage et trouva suffisamment de preuves pour la faire placer en résidence surveillée. Elle fut ensuite transférée en prison, puis déportée à Richmond, en Virginie. Une de ses lettres codées est ici présentée.

Documents espagnols de concession de terrain de John B. Gaudry

Les concessions de terrain espagnoles étaient des revendications déposées pour prouver la propriété de terres après le transfert, en 1821, du territoire de la Floride aux États-Unis. À compter de 1790, l'Espagne a offert des concessions de terrain pour encourager la colonisation des terres dans la colonie peu peuplée et vulnérable de Floride. Lorsque les États-Unis prirent le contrôle du territoire, ils acceptèrent d'honorer toutes les concessions de terrain valables. Les résidents devaient prouver la validité de leurs concessions au moyen de documents et de témoignages consignés aux dossiers déposés auprès du gouvernement américain. Les revendications étaient soit confirmées (jugées valables) soit non confirmées (jugées non valables) par les commissions foncières d'État, les tribunaux fédéraux, ou le Congrès des États-Unis. Pour décrire avec précision la nature du terrain et la date de sa concession, les dossiers contenaient des levés et des parcelles, des copies des concessions royales, des témoignages, des correspondances, des actes notariés, des testaments, et des traductions de documents en espagnol. Les dossiers fournissent beaucoup d'informations sur le peuplement et le développement de la Floride durant la seconde période espagnole (1783-1821) et la période territoriale (1821-1845). Ces documents concernent les revendications de John B. Gaudry, un noble espagnol qui avait établi une plantation près de l'actuel De Leon Springs après avoir reçu une concession en 1807. Ils comprennent une illustration en couleurs de la plantation représentant la forêt, les lacs, les marais, une piste indienne, et la frontière de la plantation le long de la rivière St. Johns, ainsi qu'un levé, complété par des annotations, des 1 200 hectares de terre revendiqués par Gaudry.

Certificat de ratification du dix-neuvième amendement de la Constitution, accompagné par la résolution et la transcription des journaux des deux chambres de l'assemblée générale de l'État du Tennessee

La dix-neuvième amendement garantit à toutes les femmes américaines le droit de vote. L'amendement fut introduit pour la première fois au Congrès en 1878. Au fil des ans, les champions des droits de vote poursuivirent des stratégies différentes pour atteindre leur but. Certains travaillèrent à faire passer des lois sur le suffrage dans chaque État, et en 1912 neuf États de l'ouest avaient adopté une législation sur le suffrage des femmes. D'autres contestèrent devant les tribunaux les lois autorisant seulement les hommes à voter. Les suffragettes utilisèrent également des tactiques telles que des défilés, des veilles silencieuses, et des grèves de la faim. Les supporteurs rencontrèrent souvent une résistance farouche, leurs opposants les chahutèrent, les emprisonnèrent, et les attaquèrent parfois physiquement. En 1916, presque toutes les grandes organisations de suffrage étaient unies derrière l'objectif d'un amendement constitutionnel. Le paysage politique a commencé à changer en 1917, lorsque New York adopta le suffrage des femmes et à nouveau en 1918, lorsque le président Woodrow Wilson changea sa position pour appuyer l'amendement. Le 21 mai 1919, la Chambre des représentants adopta l'amendement, et le Sénat suivit deux semaines plus tard. Lorsque le Tennessee devint le 36ème État à ratifier l'amendement le 18 août 1920, l'amendement franchit son dernier obstacle en obtenant l'accord des trois quarts des États. Avec ce document du 26 août 1920, le Secrétaire d'état Bainbridge Colby a certifié la ratification.

Nous pouvons le faire ! [Rosie la Riveteuse]

Cette affiche, produite par Westinghouse pendant la Seconde guerre mondiale pour le comité de coordination de la production de guerre, faisait partie d'une campagne nationale aux États-Unis visant à enrôler des femmes dans la main-d'œuvre. Face à la grave pénurie de main d'œuvre en temps de guerre, les femmes étaient nécessaires dans les industries de défense, le service civil, et même les forces armées. Des campagnes de publicité visèrent à encourager ces femmes qui n'avaient jamais occupé d'emploi à rejoindre la main-d'œuvre. Des images d'affiche et de film glorifiaient le rôle des femmes au travail et suggéraient que leur féminité n'était pas sacrifiée pour autant. Les femmes sont dépeintes comme attirantes, confiantes, et résolues à apporter leur contribution pour gagner la guerre. Parmi toutes les images de femmes au travail pendant la Seconde guerre mondiale, l'image de la femme à l'usine prédomine. Rosie la riveteuse - la femme forte et compétente, vêtue d'une combinaison et d'un bandana - fut introduite comme un symbole de féminité patriotique. L'équipement du travail de guerre - uniformes, outils, et boîte à casse-croûte - fut incorporé à une image révisée de l'idéal féminin.

Déclaration d'intention pour Albert Einstein

En 1936, le physicien d'origine allemande Albert Einstein déposa cette demande de naturalisation pour devenir citoyen américain. A la suite de la prise de pouvoir nazie en Allemagne en 1933 et du début des persécutions des juifs allemands, Einstein renonça à sa nationalité allemande et émigra aux États-Unis pour prendre le poste de professeur de physique théorique à Princeton. Sur la base de cette déclaration, l'homme qui avait proposé en premier la théorie de la relativité en 1905, devint citoyen américain en 1940.

Déclaration d'Intention de Maria von Trapp

Le nom de Maria von Trapp est devenu célèbre aux États-Unis quand, en 1959, son histoire a été adaptée à Broadway dans la comédie musicale La mélodie du bonheur. Avec sa famille, elle avait fui son Autriche natale pour les États-Unis à la suite de l'invasion nazie. Cette déclaration d'intention, soumise devant la Cour de justice de Burlington, Vermont, le 21 janvier 1944 afin d'obtenir la citoyenneté américaine, éclaire la véritable personnalité de Maria Von Trapp.