11 août 2011

L'acteur Sanogawa Ichimatsu dans le rôle du danseur de Shakkyō

Le terme ukiyo-e, littéralement « images du monde flottant », se rapporte à un genre d'illustrations japonaises très en vogue au cours de la période Edo (1600–1868). Comme le suggèrent les mots « monde flottant », qui prennent racine dans la vision du monde éphémère du bouddhisme, l'ukiyo-e capturait la dynamique changeante de la vie urbaine de l'époque. Bien qu'elles soient accessibles et satisfassent des goûts « communs », ces impressions présentent des détails artistiques et techniques remarquablement sophistiqués, avec des sujets allant des portraits de courtisanes et d'acteurs à la littérature classique. Cette estampe montre l'acteur de Kabuki Sanogawa Ichimatsu exécutant la danse du lion, un des moments phares de la pièce Shakkyō (Le pont de pierre). Bien que le benizuri-e (impression en deux couleurs) fût le genre d'ukiyo-e le plus commun dans les années 1740, Okumura Masanobu (1686–1764) a réalisé cette estampe dans le style de l'urushi-e (images laquées). L'urushi-e, qui consistait à appliquer une couche de colle sur certaines zones noires d'une composition pour lui donner une texture brillante, a été populaire dans les années 1720. Masanobu a placé une gourde (le logo de sa maison d'édition Okumura-ya) en bas au centre de cette image.

Peuples de nombreuses nations

Au cours de la période Edo de contact restreint avec l'étranger qui dura presque deux siècles (1600–1868), les Japonais conservaient encore leur curiosité concernant les cultures étrangères. Cette carte, publiée au début du XIXe siècle, montre un énorme archipel représentant le Japon au centre du monde. Des cartouches comportent des images et des descriptions des peuples étrangers, les distances séparant leurs terres du Japon, ainsi que les différences de climat. Parmi les lieux répertoriés, on trouve le « Pays des pygmées, 14 000 ris » (1 ri = 3,9 kilomètres), le « Pays des femmes, 14 000 ris » et le « Pays des hommes noirs, 75 000 ris ». En bas à droite, il est dit que l'Amérique est peuplée de « personnes qui sont plus grandes que dans notre pays, blanches et belles... plus on va au sud, plus les gens sont gros ; la pointe australe de l'Amérique du Sud abrite le Chiika-koku (le pays des gens grands) ». Les descriptions donnent une idée des connaissances géographiques limitées et du portrait caricatural des étrangers au Japon au cours de cette période.

Les humours, le démon à supprimer « Kwai-Danzi »

La victoire du Japon au cours de la guerre russo-japonaise de 1904–1905, conflit portant sur l'influence économique et politique en Corée et en Mandchourie, marqua la première victoire d'une nation asiatique sur une puissance européenne. Ce dénouement imprévu obligea l'occident à réévaluer le statut du Japon au sein de l'ordre politique international. Cela eut pour effet de briser l'image d'invincibilité dont jouissait l'autorité occidentale dans de nombreuses nations asiatiques. Même si de nombreux japonais désapprouvaient le traité de paix qui marqua la fin de la guerre, la victoire du Japon confirma néanmoins le succès de la marche vers la modernisation du régime de Meiji et contribua à renforcer la présence croissante des militaires au sein du gouvernement. Cette impression de 1904, par Tomisato Chōmatsu, représente le Japon au centre comme le « dieu de la paix », dominant la Russie et admiré par l'Angleterre, les États-Unis, la Turquie, la France, la Chine, la Corée et l'Allemagne. La description japonaise, en bas, et sa traduction en anglais dans le coin supérieur gauche expliquent comment la Russie sera rejetée par les autres nations, tandis que le Japon gagnera leur soutien et leur admiration pour avoir repoussé le « démon ». Le personnage représentant le Japon tient un plat de gâteaux de riz portant le nom des principaux lieux disputés au cours de la guerre.

L'acteur Nakayama Tomisaburo

Le terme ukiyo-e, littéralement « images du monde flottant », se rapporte à un genre d'illustrations japonaises très en vogue au cours de la période Edo (1600–1868). Comme le suggèrent les mots « monde flottant », qui prennent racine dans la vision du monde éphémère du bouddhisme, l'ukiyo-e capturait la dynamique changeante de la vie urbaine de l'époque. Bien qu'elles soient accessibles et satisfassent des goûts « communs », ces impressions présentent des détails artistiques et techniques remarquablement sophistiqués, avec des sujets allant des portraits de courtisanes et d'acteurs à la littérature classique. Cette estampe fait partie de l'œuvre de Kabukidō Enkyō (1749–1803), seul disciple de l'énigmatique Tōshūsai Sharaku, qui ne compte que sept peintures, toutes des portraits d'acteurs. On ne sut rien d'Enkyō jusqu'en 1926, date à laquelle on découvrit qu'il utilisait aussi le nom de Nakamura Jūsuke II. Sous ce nom, il était connu comme auteur et acteur de Kabuki. Il est probable que le sujet montré ici soit Nakayama Tomisaburō, un acteur masculin interprétant des rôles féminins, comme l'indique une estampe d'Enkyō identique de la collection de l'Institut de l'art de Chicago.

Bébé poisson blanc

Un style nouveau et moins formel de poésie appelé haikai (vers liés) se propagea parmi les populations urbaines de Kyoto, d'Osaka et d'Edo dans le Japon du XVIIe siècle. Le haikai était également une activité sociale, et des rencontres de vers liés avaient lieu régulièrement chez soi ou au restaurant. De tels rassemblements poétiques contribuèrent au développement, dans des sphères privées, d'impressions au bloc de bois appelées surimono (objet imprimé), qui associaient des images à des vers représentatifs du cercle littéraire. Les images aussi bien que les vers se voulaient « réservés aux initiés », pour une audience raffinée et instruite. Ces surimonos étant destinés à être offerts et non vendus, les artistes, les graveurs et les imprimeurs apportaient un soin extrême à leur réalisation. Le produit final compte bien souvent parmi les exemples les plus remarquables de l'art de l'impression au bloc de bois. Cette estampe de Ryūryūkyo Shinsai (environ 1764–1820) est une nature morte représentant des légumes coupés et une casserole contenant des poissons des glaces sur un plateau. Le poème de ce surimono traduit par Dontontei Wataru (mort en 1822) indique : « Les poissons des glaces (cuisent) comme de la neige fondante / Paisiblement, le vin réchauffe ma poitrine / Je me sens comme une source d'un millier de pièces d'or. »

Un samouraï buvant du saké

Le terme ukiyo-e, littéralement « images du monde flottant », se rapporte à un genre d'illustrations japonaises très en vogue au cours de la période Edo (1600–1868). Comme le suggèrent les mots « monde flottant », qui prennent racine dans la vision du monde éphémère du bouddhisme, l'ukiyo-e capturait la dynamique changeante de la vie urbaine de l'époque. Bien qu'elles soient accessibles et satisfassent des goûts « communs », ces impressions présentent des détails artistiques et techniques remarquablement sophistiqués, avec des sujets allant des portraits de courtisanes et d'acteurs à la littérature classique. Ceci est une esquisse préliminaire, peut-être destinée à servir de motif pour une gravure au bloc de bois. Le style rappelle les œuvres de Tsukioka Yoshitoshi (1839–1892), particulièrement la représentation frappante des blessures du guerrier. Parmi les styles développés par Yoshitoshi, on trouve une série d'estampes connues sous le nom « d'estampes sanglantes », où le sang constitue le centre d'intérêt principal. Il utilisa également le même coup de pinceau nerveux afin de créer des contours multiples pour ses silhouettes. Le dessin distinct d'une tête apparaît à la base de l'image, soigneusement ombré de lavis rouges et noirs.