24 août 2011

Les pays lointains : notes de voyage (Californie, Île Maurice, Aden, Madagascar)

Louis Laurent Simonin (1830–1886) était un ingénieur des mines, un écrivain et un voyageur français qui, dans cet ouvrage, fit la chronique de ses impressions concernant quatre endroits largement différents : les États-Unis de Californie, l'île Maurice sous contrôle britannique, Aden (Yémen) et Madagascar. Simonin expliqua que ces endroits sont propres à intéresser les lecteurs européens et que tous avaient présenté un développement économique et d'autres progrès au cours des années précédentes. Il fut impressionné par la diversité de la population de la Californie, et remarqua les réussites de l'État en termes de communication et de transport. En passant par l'île Maurice et son île voisine, la Réunion, il décrivit leur paysage pittoresque et retraça leur histoire et leur culture uniques ainsi que leur composition ethnique, qui comprend des arabes et des perses. Il accentua l'importance de l'île pour son industrie sucrière, sa production minérale et agricole, ainsi que sa fonction militaire et commerciale au sein de l'océan Indien en tant qu'escale pour les navires. Simonin caractérisa Aden de « nouvelle Gibraltar », rapprochée de l'Europe grâce aux nouveaux navires à vapeur. Simonin fut également impressionné par Madagascar, qui devenait à l'époque un objet de rivalité impériale entre la France et la Grande-Bretagne.

Le charme romantique d'une capitale orientale

Francis Bradley Bradley-Birt (1874-1963), membre de l'administration des Indes (Indian Civil Service), et de la Royal Geographical Society à Londres, a écrit plusieurs livres sur l'Inde britannique et la Perse. Le charme romantique d'une capitale orientale est l'histoire de la ville de Dacca, aujourd'hui Dhaka, la capitale du Bangladesh. Située sur le fleuve Buriganga, Dacca passa successivement sous domination bouddhiste, hindoue, moghole puis britannique. Ce livre retrace l'ascension et la chute du pouvoir moghol, la rivalité entre les Britanniques et les Français pour l'influence politique et commerciale sur la ville, la montée en puissance de la British East India Company au cours du XVIIIe siècle, et l'histoire de Dacca sous la domination britannique, qui débuta officiellement en 1793. Faisant à l'origine partie de la province du Bengale en Inde britannique, Dacca est devenue la capitale du nouvel État du Bengale oriental et Assam après la partition du Bengale en 1905. Dans sa préface, Bradley-Birt écrivit que « la partition très disputée du Bengale » avait exposé le Bengale oriental « à l'intérêt public général, tant en Inde qu'à domicile, et il est souhaité que l'histoire de sa capitale, que les pages suivantes tentent de relater sous une forme populaire, sera d'un intérêt particulier au moment présent. »

Missions politiques au Bhoutan, comprenant les rapports de l'Honorable Ashley Eden, 1864; du Capitaine R.B. Pemberton, 1837, 1838 avec le journal du Dr. W. Griffiths ; et le compte-rendu de Baboo Kishen Kant Bose

Publié à Calcutta (aujourd'hui Kolkata) en 1865, ce volume contient quatre récits traitant des interactions au cours du XIXe siècle entre l'Inde britannique et le Royaume du Bhoutan. Le premier est le rapport de Sir Ashley Eden (1831-1887), un administrateur britannique qui, en 1863, fut envoyé en mission pour conclure un traité de paix et d'amitié avec le Bhoutan. La mission d'Eden échoua et fut suivie par le déclenchement de la guerre entre le Bhoutan et les Britanniques de 1864 à 1865 (également connue sous le nom de Guerre des Duars), en conséquence de laquelle le Bhoutan fut contraint de céder plusieurs régions frontalières aux Britanniques. Le second récit provient du Capitaine R. Boileau Pemberton, qui effectua une mission au Bhoutan en 1837-1838, mais échoua à conclure un traité entre le Bhoutan et la Compagnie britannique des Indes orientales. Le troisième récit provient du journal de William Griffiths, un médecin qui accompagna Pemberton. Le récit final est une traduction d'un rapport de Baboo Kishen Kant Bose, un agent indigène qui, en 1815, se rendit au Bhoutan, au nom de la Compagnie des Indes orientales pour négocier certaines questions. En plus des récits principaux, le livre comprend les textes de plusieurs projets de traité et des tableaux contenant des informations détaillées sur la végétation, la géologie et le climat du Bhoutan.

L' empire birman il y a cent ans, tel que décrit par le Père Sangermano, avec une introduction et des notes par John Jardine

Vincenzo Sangermano (1758-1819) était un prêtre catholique, membre de l'ordre religieux des Barnabites, qui officia comme missionnaire en Birmanie de 1783 à 1806. Après s'être initialement rendu dans la ville d'Ava, alors la capitale, il s'installa à Rangoon, où il acheva la construction d'une église et d'un séminaire de missionnaires. Tout en assumant la direction du séminaire, Sangermano entreprit des recherches pionnières sur le système politique, juridique et administratif de l'empire birman ainsi que sur la cosmographie birmane, la science, la religion, les mœurs et les coutumes. Sangermano basa son travail sur des observations personnelles et des enquêtes, ainsi que sur les rares manuscrits birmans et palis qu'il analysa et traduisit. En 1808, Sangermano retourna dans son pays natal, l'Italie, où il commença à préparer ses recherches pour une publication, mais il mourut en 1819 avant d'avoir pu terminer son travail. Son manuscrit est resté dans les mains de l'ordre Barnabite et a été publié, avec le soutien du Fonds de traduction orientale de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, en 1833. Est présentée ici la deuxième édition de l'ouvrage de Sangermano, publiée à Londres en 1893, qui comprend une introduction détaillée par John Jardine, un juriste érudit britannique et juge qui occupa différents postes dans l'Empire britannique, y compris celui de commissaire judiciaire de la Birmanie britannique. L’œuvre de Sangermano demeure une source essentielle pour l'étude de la Birmanie pré-moderne.

Les Mélanésiens de Nouvelle-Guinée britannique

Charles Gabriel Seligman (1873–1940) était un ethnographe britannique qui conduisit des recherches sur le terrain en Nouvelle-Guinée, au Sarawak, au Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka) et au Soudan. Formé en tant que docteur médical, il rejoignit en 1898 une expédition organisée par l'université de Cambridge à destination du Détroit de Torres, la masse d'eau séparant l'île de Nouvelle-Guinée de l'Australie. Le but de l'expédition était de se documenter sur les cultures des insulaires du Détroit de Torres, qui disparaissaient rapidement sous l'influence de la colonisation. En 1904, Seligman fut l'un des trois membres de l'expédition ethnographique de Cooke Daniels à destination de la Nouvelle-Guinée britannique, fondée par le propriétaire du grand magasin de Denver dans l'état du Colorado, William Cooke Daniels. Les Mélanésiens de Nouvelle-Guinée britannique contient les archives détaillées de la majorité des recherches anthropologiques que Seligman entreprit au cours de l'expédition. Les découvertes de Seligman démontrèrent les différences physiques et culturelles saisissantes entre les Papous occidentaux et sa principale préoccupation, leurs voisins orientaux, qui avaient été plus influencés par l'immigration mélanésienne. L'ouvrage établit la réputation de Seligman comme anthropologiste et demeure une source importante utile à l'étude de la culture traditionnelle des peuples actuels de Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'ouvrage comprend des photographies, des dessins, des cartes et un glossaire de termes indigènes.

Voyages du Samoa

Otto Finsch (1839–1917) était un ornithologiste et ethnographe allemand qui fut impliqué dans l'établissement du Kaiser Wilhelms-Land, un protectorat allemand situé dans la partie nord-ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée actuelle. Finsch travailla comme conservateur au musée d'histoire naturelle et d'ethnographie de Brême. Il fut récompensé d'un doctorat honoraire pour son travail ornithologique auprès de l'université de Bonn en 1868 et devint directeur du musée de Brême en 1876. Après une expédition initiale dans le Pacifique en 1879-1882, il retourna en Allemagne et devint membre des « arpenteurs de la mer du sud », un groupe de marchants, banquiers et érudits engagés à établir des colonies allemandes dans le Pacifique. En 1884-1885 Finsch entreprit des explorations à bord du bateau à vapeur allemand Samoa le long de la côte nord-ouest de l'île de Nouvelle-Guinée. Il visita également la Nouvelle-Guinée britannique qui occupait la partie sud-est de l'île. L'expédition de Finsch le mena jusqu'à la fondation, en 1884, de Kaiser Wilhelms-Land comme protectorat allemand. Cet ouvrage, publié en 1888 est le compte-rendu de Finsch concernant ses voyages. Il comprend des illustrations basées sur les croquis originaux, les cartes et les descriptions de la géographie, de la population et de la culture de Nouvelle-Guinée. Lors du déclenchement de la première guerre mondiale, en 1914, les troupes australiennes occupèrent Kaiser Wilhelms-Land, et à la fin de la guerre, le protectorat allemand devint une ligue de nations mandatée par l'administration australienne.