11 août 2011

Introduction à une histoire systématique des animaux à coquille

Joachim Johann Nepomuk Anton Spalowsky (1752–1797) était un véritable esprit universel de l'empire autrichien de la fin du XVIIIe siècle. On connaît peu sa vie, mais on pense qu'il était descendant de polonais silésiens. Il fut chirurgien attaché aux régiments municipaux de Vienne et membre de la Société royale des sciences de Bohême à Prague. La variété de ses publications témoigne de son érudition. Sa dissertation inaugurale de 1777 traitait des plantes toxiques et de sujets proches. Il rédigea ensuite des ouvrages sur les coquillages, les oiseaux et les mammifères, et même un essai sur l'économie et la numismatique. Le traité de 1795 de Spalowsky sur la conchyliologie Prodromus in Systema Historicum Testaceorum (Introduction à une histoire systématique des animaux à coquille) fait partie des ouvrages les plus rares parus sur les mollusques et autres organismes à coquille. Le travail reste d'importance grâce à ses descriptions originales de plusieurs espèces et variétés nouvelles. Bien que l'intention de Spalowsky ait été d'écrire une introduction pour tous les animaux à coquille, sa mort en 1797 empêcha la publication d'une étude plus approfondie. Les 13 planches gravées sont magnifiquement colorées à la main, à l'aquarelle et la gouache. Des feuilles d'or et d'argent ont été appliquées sous l'aquarelle pour reproduire la nature irisée des coquillages. Une légende descriptive en latin est placée en tête de chaque planche. La partie principale du livre comporte des textes en latin et en allemand de manière parallèle, sur deux colonnes.

Ornithologie

François Nicolas Martinet (environ 1725–1804) était un ingénieur et un dessinateur qui devint graveur et réalisa des illustrations pour des œuvres de Denis Diderot et de Benjamin Franklin, ainsi que pour des ouvrages écrits par les ornithologues les plus influents du XVIIIe siècle en France. Avant Martinet, les illustrateurs représentaient souvent les oiseaux de manière disproportionnée, incorrecte, ou dans des poses raides manquant de naturel. Martinet apporte du réalisme à ses illustrations, montrant comment les oiseaux apparaissent à l'état sauvage, dans leur habitat naturel. Au début des années 1770, il commença à produire ses propres planches pour une collection intitulée Ornithologie : histoire des oiseaux, peints dans tous leurs aspects apparents et sensibles. Martinet réalisa deux séries de planches sous ce titre : un ouvrage en deux volumes in-folio comprenant plus de 200 planches et aucun texte ; et un ouvrage in-octavo en neuf volumes comprenant 483 planches accompagnées de texte décrivant les oiseaux. Les deux éditions sont extrêmement rares. L'exemplaire montré ici est une version incomplète de l'édition in-folio comportant 174 planches d'illustrations, gravées à l'eau-forte et colorées à la main, à l'aquarelle. Chaque planche comporte une légende où figurent le nom commun de l'oiseau en français et un texte additionnel. Le livre est imprimé sur un papier de coton bleu de qualité qui adoucit les contrastes et crée un effet de ciel derrière les oiseaux. Martinet plaçait généralement les oiseaux percheurs sur des branches d'arbres, des rochers ou des buttes herbeuses, mais sur plusieurs des planches les plus intéressantes, l'arrière-plan et l'habitat naturel de l'oiseau sont plus travaillés.

17 août 2011

Géorgie

Cette carte à jouer du début du XIXe siècle provient d'un jeu de 60 cartes similaires, toutes consacrées à une province ou un territoire spécifique de l'Empire russe qui comprenait à l'époque le Grand-Duché de Finlande, le Congrès de Pologne et l'Amérique russe. Chaque carte comporte une face montrant le costume local et les armoiries de la province. Sur l'autre face, se trouve une carte géographique. Cette carte montre la Géorgie, un ancien royaume qui fut annexé par la Russie en 1801. Situé dans les montagnes du Caucase, la Géorgie bordait la mer Noire et la Turquie à l'ouest, la Perse (l'Iran actuel) au sud et la mer Caspienne à l'est. Tiflis (aujourd'hui Tbilissi) était le centre administratif. La carte indique que la distance entre Tiflis et Saint-Pétersbourg était de 2625 verstes, tandis que 1905½ verstes séparaient Tiflis de Moscou. La verste est une unité de distance russe qui n'est plus utilisée, équivalant à 1,0668 kilomètre.

24 août 2011

Togo sous drapeau allemand

L'Allemagne, retardataire dans la compétition disputée par les puissances européennes pour les colonies d'Afrique, établit le protectorat de Togoland en 1884. Englobant le territoire actuel du Togo et la région de la Volta du Ghana en Afrique de l'Ouest, le Togo fut dépeint par les cercles impériaux allemands comme étant une colonie modèle, financièrement autosuffisante et bénéficiant de ponts, de routes et de chemins de fer destinés à soutenir le secteur de l'agriculture basé sur les exportations de cacao, de café et de coton. Les historiens ultérieurs contestèrent cette caractérisation, en soulignant le traitement sévère habituel dont souffraient les Togolais sous le règne allemand. Les autorités allemandes se servirent d'expéditions scientifiques afin d'étendre leur contrôle sur l'intérieur de la colonie. Heinrich Klose était un chercheur de Berlin qui, en 1894-1898, passa presque quatre ans au Togo et pris part à l'expédition à destination des régions du nord-ouest. Togo unter deutscher Flagge (Togo sous drapeau allemand) est le compte-rendu de son séjour et de l'expédition visant le nord. Le livre contient des informations précieuses concernant la géographie, la population et l'économie du pays, mais il était également destiné à valider la thèse de la colonie modèle et d'affirmer que le succès de Togoland était une preuve des capacités de l'Allemagne en tant que puissance impériale. L'Allemagne perdit la colonie en 1914, lorsqu'elle fut occupée par les forces françaises et britanniques aux premiers jours de la première guerre mondiale.

Funafuti, ou trois mois sur une île de corail : un compte-rendu non scientifique d'une expédition scientifique

Funafuti est un atoll corallien qui fait partie de Tuvalu, une nation souveraine, située dans le centre-ouest du Pacifique, à mi-chemin entre Hawaï et l'Australie. Ce livre est un compte-rendu d'une expédition scientifique en 1897 à Funafuti, qui, à l'époque, faisait partie du protectorat britannique des îles Gilbert et Ellice. L'auteur, Janet William Edgeworth David, épouse du professeur T. W. E. David de l'Université de Sydney, en Australie, accompagna son mari lors de l'expédition. L'objet de l'expédition était de prélever des carottes profondes des récifs coralliens afin de faire progresser l'état des connaissances scientifiques sur les récifs et leurs origines, et spécifiquement de tester les théories avancées par Charles Darwin dans son ouvrage Structure et distribution des récifs coralliens (1842). Le livre de Mme David, sous-titré Compte-rendu non scientifique d'une expédition scientifique, comprend de nombreuses remarques ironiques sur l'expédition et ses participants. Mais il contient également des informations détaillées sur l'atoll ainsi que sur le peuple de Tuvalu, incluant des chapitres sur le roi Tupu et son sous-chef, la langue, la loi, les soins des malades, les tatouages, la nourriture et la cuisine, les vêtements et les plantes, et les animaux. Sont également inclus neuf contes et histoires traditionnels, ainsi que les textes de 31 chansons en tuvalu et en anglais.

Compte-rendu de M. Arthur Mahaffy au sujet d'une visite des îles Gilbert et Ellice, 1909

Les îles Gilbert et Ellice situées dans l'océan Pacifique ouest-central furent visitées pour la première fois par des Européens au début du XIXe siècle et devinrent un protectorat britannique en 1892. En janvier-mars 1909, Arthur Mahaffy (1869-1919), un fonctionnaire colonial britannique, effectua une visite d'inspection dans le protectorat afin d'examiner la situation économique et sociale, et en particulier le système d'imposition utilisé pour soutenir le gouvernement du protectorat. Le compte-rendu de huit pages de Mahaffy, qui fut soumis au bureau du haut-commissaire pour le Pacifique Sud à Suva, Fiji, au mois de juillet 1909 et publié à Londres en 1910, contient des informations sur le régime foncier des îles, la taxe foncière échelonnée, la production de copra et de noix de coco ainsi que sur les tendances sociales, économiques et démographiques. Mahaffy conclut que les conditions de l'île étaient favorables, une affirmation apparemment contredite par la décroissance de la population autochtone qu'il avait observée comme « bien marquée sur presque toutes les îles du groupe », et qu'il attribua aux maladies importées, au taux de natalité décroissant et à diverses autres motifs. Le protectorat devint une colonie de la couronne d'Angleterre en 1916. En 1979, la colonie fut divisée pour former les pays indépendants de Tuvalu (précédemment les îles Ellice) et Kiribati (précédemment les îles Gilbert).