Histoire de la Corée, ancienne et moderne ; avec une description des mœurs et coutumes, de la langue et de la géographie

Le révérend John Ross était un pasteur presbytérien qui, en 1872, quitta son Écosse natale pour devenir missionnaire en Chine. Il ouvrit une école de garçons en 1873 et, après avoir acquis la maîtrise du chinois, il publia en 1877 un manuel scolaire en mandarin ABC : leçons faciles pour débutants, conçues pour aider les anglophones à apprendre le chinois. Après avoir travaillé pendant un temps à Xin Zhuang, dans la province du Liaoning, il s'installa dans la ville mandchoue de Mukden (aujourd'hui Shenyang), près de la frontière sino-coréenne. À l'époque, la Corée pratiquait une politique isolationniste et n'autorisait aucun missionnaire sur son territoire. Ross étudia et maîtrisa progressivement le coréen et, en 1877, il publia la première grammaire anglaise de la langue coréenne. Puis il entreprit la première traduction de la Bible de l'anglais au coréen, en utilisant le dialecte de Corée du Nord avec lequel il était familier. Ross a écrit deux principaux ouvrages historiques, Les Mandchous (1880) et une Histoire de Corée (1891). Le dernier ouvrage retrace le développement de la Corée de 2300 av. J.-C. jusqu'aux années 1870 et contient des chapitres sur les coutumes sociales, la religion, le gouvernement, la langue et la géographie, avec des cartes et plusieurs illustrations colorées des costumes coréens et des types sociaux. Le chapitre de Ross sur la langue coréenne est particulièrement intéressant et comprend des observations sur les similitudes et les différences entre le coréen, le mandchou, le mongol, le japonais et le chinois.

Monographie du lieu de naissance du Bouddha Sakyamuni dans le Téraï népalais

Dans les années 1870, le service archéologique d'Inde entreprit une série d'expéditions destinées à améliorer la compréhension du début de l'histoire de l'Inde et à faire avancer la préservation des monuments et des ruines importants. En 1896, l'archéologue allemand Alois Anton Führer (1853-1930) reçut la permission du gouvernement des provinces du nord-ouest et de l'Awadh et du gouvernement indien d'entreprendre une expédition vers le Népal. Führer est généralement crédité de la découverte du lieu de naissance de Bouddha. Siddhartha Gautama, le Bouddha, naquit à peu près en 563 av. J.-C. dans les jardins de Lumbinî, au sein des collines de l'Himalaya. Son lieu de naissance devint plus tard un site de pèlerinage et en 249 av. J.-C., l'empereur d'Inde Ashoka, un bouddhiste fervent, se trouva parmi les pèlerins. Ashoka érigea un pilier commémoratif sur lequel sont inscrits ces mots : « Ici naquit le vénérable. » Pour des raisons inconnues, Lumbinî cessa après le XVe siècle d'attirer les visiteurs et ses temples tombèrent en ruines. Accompagné du gouverneur de la province, le général Khadga Shamsher, Führer découvrit le pilier d'Ashoka, qui, avec d'autres preuves, confirma Lumbinî comme étant le lieu de naissance du Bouddha. Cette monographie, publiée en 1897, documente la découverte du pilier et les autres résultats de l'expédition. Lumbinî est l'un des quatre lieux sacrés du Bouddhisme et fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997.

Un catalogue de manuscrits sur feuilles de palmiers et sur papier de qualité appartenant à la bibliothèque de Durbar au Népal

Mahāmahopādhyāya Hara Prasād Sastri, érudit indien affilié à la Société Asiatique du Bengale, et Cecil Bendall, professeur de sanscrit à l'université de Cambridge, réalisèrent une expédition de recherche au Népal entre 1898 et 1899. L'objectif principal de l'expédition était d'examiner et de cataloguer les manuscrits sur feuilles de palmiers de la bibliothèque de Durbar, dont bon nombre furent acquis par Mahārāja Sir Vīra Sumsher Jung Bahādur Rānā. Selon Bendall, cette collection, « en regard de l'antiquité des documents » « n'était surpassée par aucune autre bibliothèque en sanskrit existante. » Ce livre, imprimé en 1905, contient un catalogue complet des manuscrits, écrits en diverses langues d'Inde et du Népal, préparé par Sastri. Sont repris dans le catalogue des textes et ouvrages concernant la médecine, l'astronomie, le théâtre, la poésie, la rhétorique, la politique et d'autres sujets. Certains des manuscrits les plus rares, y compris plusieurs en langue historique Gupta sont décrits en détail. Un ouvrage intitulé « Histoire du Népal et des royaumes environnants (1000 - 1600 apr. J.-C.) », compilé par Bendall et basé sur les textes des manuscrits de la bibliothèque de Durbar est également inclus. L'histoire contient des tableaux indiquant les rois régnant du Népal et des royaumes avoisinants.

Népal et pays himalayens

Isabelle Massieu (1844–1932), femme de lettres et voyageuse française, fut la première femme française à visiter le Népal. En 1892, elle entreprit depuis Paris, sa ville natale, une série de voyages qui l'emmenèrent dans presque toutes les parties de l'Asie et qui la conduisirent vers la publication de plusieurs livres populaires. Népal et pays himalayens est un compte-rendu original de son voyage de 1908 dans la vallée de la Sutlej située en Inde septentrionale et traversant le Népal, le Bhoutan et le Sikkim jusqu'au Tibet. Massieu décrit la population, les paysages et l'architecture des pays visités, la ville de Katmandou, capitale du Népal, le temple spectaculaire de Changu Narayana, ainsi que les activités économiques telles que la production de thé. Sont également inclus les comptes-rendus de ses rencontres avec l'explorateur, géographe et écrivain voyageur suédois, Sven Hedin ; le psychologue et anthropologiste social français Gustave Le Bon ; l'indianiste français Sylvain Lévi et le missionnaire, lexicographe et érudit tibétain catholique, le Père Desgodins. L'ouvrage comprend six cartes et de nombreuses photographies et illustrations.

Compte-rendu de M. Arthur Mahaffy au sujet d'une visite des îles Gilbert et Ellice, 1909

Les îles Gilbert et Ellice situées dans l'océan Pacifique ouest-central furent visitées pour la première fois par des Européens au début du XIXe siècle et devinrent un protectorat britannique en 1892. En janvier-mars 1909, Arthur Mahaffy (1869-1919), un fonctionnaire colonial britannique, effectua une visite d'inspection dans le protectorat afin d'examiner la situation économique et sociale, et en particulier le système d'imposition utilisé pour soutenir le gouvernement du protectorat. Le compte-rendu de huit pages de Mahaffy, qui fut soumis au bureau du haut-commissaire pour le Pacifique Sud à Suva, Fiji, au mois de juillet 1909 et publié à Londres en 1910, contient des informations sur le régime foncier des îles, la taxe foncière échelonnée, la production de copra et de noix de coco ainsi que sur les tendances sociales, économiques et démographiques. Mahaffy conclut que les conditions de l'île étaient favorables, une affirmation apparemment contredite par la décroissance de la population autochtone qu'il avait observée comme « bien marquée sur presque toutes les îles du groupe », et qu'il attribua aux maladies importées, au taux de natalité décroissant et à diverses autres motifs. Le protectorat devint une colonie de la couronne d'Angleterre en 1916. En 1979, la colonie fut divisée pour former les pays indépendants de Tuvalu (précédemment les îles Ellice) et Kiribati (précédemment les îles Gilbert).

Funafuti, ou trois mois sur une île de corail : un compte-rendu non scientifique d'une expédition scientifique

Funafuti est un atoll corallien qui fait partie de Tuvalu, une nation souveraine, située dans le centre-ouest du Pacifique, à mi-chemin entre Hawaï et l'Australie. Ce livre est un compte-rendu d'une expédition scientifique en 1897 à Funafuti, qui, à l'époque, faisait partie du protectorat britannique des îles Gilbert et Ellice. L'auteur, Janet William Edgeworth David, épouse du professeur T. W. E. David de l'Université de Sydney, en Australie, accompagna son mari lors de l'expédition. L'objet de l'expédition était de prélever des carottes profondes des récifs coralliens afin de faire progresser l'état des connaissances scientifiques sur les récifs et leurs origines, et spécifiquement de tester les théories avancées par Charles Darwin dans son ouvrage Structure et distribution des récifs coralliens (1842). Le livre de Mme David, sous-titré Compte-rendu non scientifique d'une expédition scientifique, comprend de nombreuses remarques ironiques sur l'expédition et ses participants. Mais il contient également des informations détaillées sur l'atoll ainsi que sur le peuple de Tuvalu, incluant des chapitres sur le roi Tupu et son sous-chef, la langue, la loi, les soins des malades, les tatouages, la nourriture et la cuisine, les vêtements et les plantes, et les animaux. Sont également inclus neuf contes et histoires traditionnels, ainsi que les textes de 31 chansons en tuvalu et en anglais.

Togo sous drapeau allemand

L'Allemagne, retardataire dans la compétition disputée par les puissances européennes pour les colonies d'Afrique, établit le protectorat de Togoland en 1884. Englobant le territoire actuel du Togo et la région de la Volta du Ghana en Afrique de l'Ouest, le Togo fut dépeint par les cercles impériaux allemands comme étant une colonie modèle, financièrement autosuffisante et bénéficiant de ponts, de routes et de chemins de fer destinés à soutenir le secteur de l'agriculture basé sur les exportations de cacao, de café et de coton. Les historiens ultérieurs contestèrent cette caractérisation, en soulignant le traitement sévère habituel dont souffraient les Togolais sous le règne allemand. Les autorités allemandes se servirent d'expéditions scientifiques afin d'étendre leur contrôle sur l'intérieur de la colonie. Heinrich Klose était un chercheur de Berlin qui, en 1894-1898, passa presque quatre ans au Togo et pris part à l'expédition à destination des régions du nord-ouest. Togo unter deutscher Flagge (Togo sous drapeau allemand) est le compte-rendu de son séjour et de l'expédition visant le nord. Le livre contient des informations précieuses concernant la géographie, la population et l'économie du pays, mais il était également destiné à valider la thèse de la colonie modèle et d'affirmer que le succès de Togoland était une preuve des capacités de l'Allemagne en tant que puissance impériale. L'Allemagne perdit la colonie en 1914, lorsqu'elle fut occupée par les forces françaises et britanniques aux premiers jours de la première guerre mondiale.