Bahreïn et Jemama

Heinrich Ferdinand Wüstenfeld (1808-1899) était un orientaliste allemand qui se spécialisa en histoire et littérature arabes. Il étudia dans les universités de Göttingen et de Berlin, et enseigna à Göttingen de 1842 à 1890. Cet ouvrage est une analyse, basée sur des sources arabes, de la géographie de Bahreïn et de la province de Yemama, située dans l'actuelle Arabie Saoudite. Wüstenfeld remarqua dans son introduction que Bahreïn et Yemama étaient les parties les moins connues de la péninsule arabique. Seulement trois Européens avaient voyagé à travers ces régions, en 1819, 1862, 1863 et 1864, et aucun n'avait réalisé une étude géographique approfondie sur le territoire traversé. Le petit livre de Wüstenfeld était une tentative pour élargir les connaissances géographiques des deux régions en s'appuyant sur les travaux de géographes et de poètes arabes, et en analysant leur usage des noms de lieux au cours des siècles. L'ouvrage contient une carte ainsi qu'une liste alphabétique des noms des lieux, en arabe et en allemand.

Documents inédits sur l'histoire des îles Seychelles antérieure à 1810

Cette compilation de documents est une source importante pour l'étude des prémisses de l'histoire des Seychelles, un archipel situé dans l'océan Indien occidental au nord de Madagascar. Auparavant inhabitées, les îles ont été explorées par le navigateur portugais Vasco de Gama au début des années 1500. Dans les années 1740, les Français ont lancé depuis l'Isle de France (aujourd'hui Maurice) des expéditions aux Seychelles, et le 1er novembre 1756, le capitaine Corneille Nicolas Morphey, commandant de la frégate Le Cerf de la Compagnie française des Indes orientales, prit possession des îles au nom du Roi de France et de la Compagnie française des Indes orientales. La colonisation commença dans les années 1770 avec la création de plantations pour produire, avec une main-d'œuvre esclave importée, des cultures telles que le coton, le sucre et le riz. Les Britanniques s'emparèrent des îles en 1794 et en prirent le contrôle permanent en 1814 à la fin des guerres napoléoniennes. Ce livre, publié en 1909 à Mahé (à l'époque capitale de la colonie de la couronne britannique des Seychelles), comprend les textes des documents français les plus importants relatifs à l'histoire des îles de 1742 à 1810. Les documents ont été recueillis auprès des plus grandes bibliothèques et archives de Paris, des archives de Maurice, et de la bibliothèque municipale de Caen. S'y trouve également une liste des premières cartes des Seychelles. La République des Seychelles est devenue une nation indépendante en 1976.

Voyages du Samoa

Otto Finsch (1839–1917) était un ornithologiste et ethnographe allemand qui fut impliqué dans l'établissement du Kaiser Wilhelms-Land, un protectorat allemand situé dans la partie nord-ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée actuelle. Finsch travailla comme conservateur au musée d'histoire naturelle et d'ethnographie de Brême. Il fut récompensé d'un doctorat honoraire pour son travail ornithologique auprès de l'université de Bonn en 1868 et devint directeur du musée de Brême en 1876. Après une expédition initiale dans le Pacifique en 1879-1882, il retourna en Allemagne et devint membre des « arpenteurs de la mer du sud », un groupe de marchants, banquiers et érudits engagés à établir des colonies allemandes dans le Pacifique. En 1884-1885 Finsch entreprit des explorations à bord du bateau à vapeur allemand Samoa le long de la côte nord-ouest de l'île de Nouvelle-Guinée. Il visita également la Nouvelle-Guinée britannique qui occupait la partie sud-est de l'île. L'expédition de Finsch le mena jusqu'à la fondation, en 1884, de Kaiser Wilhelms-Land comme protectorat allemand. Cet ouvrage, publié en 1888 est le compte-rendu de Finsch concernant ses voyages. Il comprend des illustrations basées sur les croquis originaux, les cartes et les descriptions de la géographie, de la population et de la culture de Nouvelle-Guinée. Lors du déclenchement de la première guerre mondiale, en 1914, les troupes australiennes occupèrent Kaiser Wilhelms-Land, et à la fin de la guerre, le protectorat allemand devint une ligue de nations mandatée par l'administration australienne.

Les Mélanésiens de Nouvelle-Guinée britannique

Charles Gabriel Seligman (1873–1940) était un ethnographe britannique qui conduisit des recherches sur le terrain en Nouvelle-Guinée, au Sarawak, au Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka) et au Soudan. Formé en tant que docteur médical, il rejoignit en 1898 une expédition organisée par l'université de Cambridge à destination du Détroit de Torres, la masse d'eau séparant l'île de Nouvelle-Guinée de l'Australie. Le but de l'expédition était de se documenter sur les cultures des insulaires du Détroit de Torres, qui disparaissaient rapidement sous l'influence de la colonisation. En 1904, Seligman fut l'un des trois membres de l'expédition ethnographique de Cooke Daniels à destination de la Nouvelle-Guinée britannique, fondée par le propriétaire du grand magasin de Denver dans l'état du Colorado, William Cooke Daniels. Les Mélanésiens de Nouvelle-Guinée britannique contient les archives détaillées de la majorité des recherches anthropologiques que Seligman entreprit au cours de l'expédition. Les découvertes de Seligman démontrèrent les différences physiques et culturelles saisissantes entre les Papous occidentaux et sa principale préoccupation, leurs voisins orientaux, qui avaient été plus influencés par l'immigration mélanésienne. L'ouvrage établit la réputation de Seligman comme anthropologiste et demeure une source importante utile à l'étude de la culture traditionnelle des peuples actuels de Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'ouvrage comprend des photographies, des dessins, des cartes et un glossaire de termes indigènes.

L' empire birman il y a cent ans, tel que décrit par le Père Sangermano, avec une introduction et des notes par John Jardine

Vincenzo Sangermano (1758-1819) était un prêtre catholique, membre de l'ordre religieux des Barnabites, qui officia comme missionnaire en Birmanie de 1783 à 1806. Après s'être initialement rendu dans la ville d'Ava, alors la capitale, il s'installa à Rangoon, où il acheva la construction d'une église et d'un séminaire de missionnaires. Tout en assumant la direction du séminaire, Sangermano entreprit des recherches pionnières sur le système politique, juridique et administratif de l'empire birman ainsi que sur la cosmographie birmane, la science, la religion, les mœurs et les coutumes. Sangermano basa son travail sur des observations personnelles et des enquêtes, ainsi que sur les rares manuscrits birmans et palis qu'il analysa et traduisit. En 1808, Sangermano retourna dans son pays natal, l'Italie, où il commença à préparer ses recherches pour une publication, mais il mourut en 1819 avant d'avoir pu terminer son travail. Son manuscrit est resté dans les mains de l'ordre Barnabite et a été publié, avec le soutien du Fonds de traduction orientale de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, en 1833. Est présentée ici la deuxième édition de l'ouvrage de Sangermano, publiée à Londres en 1893, qui comprend une introduction détaillée par John Jardine, un juriste érudit britannique et juge qui occupa différents postes dans l'Empire britannique, y compris celui de commissaire judiciaire de la Birmanie britannique. L’œuvre de Sangermano demeure une source essentielle pour l'étude de la Birmanie pré-moderne.

Missions politiques au Bhoutan, comprenant les rapports de l'Honorable Ashley Eden, 1864; du Capitaine R.B. Pemberton, 1837, 1838 avec le journal du Dr. W. Griffiths ; et le compte-rendu de Baboo Kishen Kant Bose

Publié à Calcutta (aujourd'hui Kolkata) en 1865, ce volume contient quatre récits traitant des interactions au cours du XIXe siècle entre l'Inde britannique et le Royaume du Bhoutan. Le premier est le rapport de Sir Ashley Eden (1831-1887), un administrateur britannique qui, en 1863, fut envoyé en mission pour conclure un traité de paix et d'amitié avec le Bhoutan. La mission d'Eden échoua et fut suivie par le déclenchement de la guerre entre le Bhoutan et les Britanniques de 1864 à 1865 (également connue sous le nom de Guerre des Duars), en conséquence de laquelle le Bhoutan fut contraint de céder plusieurs régions frontalières aux Britanniques. Le second récit provient du Capitaine R. Boileau Pemberton, qui effectua une mission au Bhoutan en 1837-1838, mais échoua à conclure un traité entre le Bhoutan et la Compagnie britannique des Indes orientales. Le troisième récit provient du journal de William Griffiths, un médecin qui accompagna Pemberton. Le récit final est une traduction d'un rapport de Baboo Kishen Kant Bose, un agent indigène qui, en 1815, se rendit au Bhoutan, au nom de la Compagnie des Indes orientales pour négocier certaines questions. En plus des récits principaux, le livre comprend les textes de plusieurs projets de traité et des tableaux contenant des informations détaillées sur la végétation, la géologie et le climat du Bhoutan.

Le charme romantique d'une capitale orientale

Francis Bradley Bradley-Birt (1874-1963), membre de l'administration des Indes (Indian Civil Service), et de la Royal Geographical Society à Londres, a écrit plusieurs livres sur l'Inde britannique et la Perse. Le charme romantique d'une capitale orientale est l'histoire de la ville de Dacca, aujourd'hui Dhaka, la capitale du Bangladesh. Située sur le fleuve Buriganga, Dacca passa successivement sous domination bouddhiste, hindoue, moghole puis britannique. Ce livre retrace l'ascension et la chute du pouvoir moghol, la rivalité entre les Britanniques et les Français pour l'influence politique et commerciale sur la ville, la montée en puissance de la British East India Company au cours du XVIIIe siècle, et l'histoire de Dacca sous la domination britannique, qui débuta officiellement en 1793. Faisant à l'origine partie de la province du Bengale en Inde britannique, Dacca est devenue la capitale du nouvel État du Bengale oriental et Assam après la partition du Bengale en 1905. Dans sa préface, Bradley-Birt écrivit que « la partition très disputée du Bengale » avait exposé le Bengale oriental « à l'intérêt public général, tant en Inde qu'à domicile, et il est souhaité que l'histoire de sa capitale, que les pages suivantes tentent de relater sous une forme populaire, sera d'un intérêt particulier au moment présent. »

Les pays lointains : notes de voyage (Californie, Île Maurice, Aden, Madagascar)

Louis Laurent Simonin (1830–1886) était un ingénieur des mines, un écrivain et un voyageur français qui, dans cet ouvrage, fit la chronique de ses impressions concernant quatre endroits largement différents : les États-Unis de Californie, l'île Maurice sous contrôle britannique, Aden (Yémen) et Madagascar. Simonin expliqua que ces endroits sont propres à intéresser les lecteurs européens et que tous avaient présenté un développement économique et d'autres progrès au cours des années précédentes. Il fut impressionné par la diversité de la population de la Californie, et remarqua les réussites de l'État en termes de communication et de transport. En passant par l'île Maurice et son île voisine, la Réunion, il décrivit leur paysage pittoresque et retraça leur histoire et leur culture uniques ainsi que leur composition ethnique, qui comprend des arabes et des perses. Il accentua l'importance de l'île pour son industrie sucrière, sa production minérale et agricole, ainsi que sa fonction militaire et commerciale au sein de l'océan Indien en tant qu'escale pour les navires. Simonin caractérisa Aden de « nouvelle Gibraltar », rapprochée de l'Europe grâce aux nouveaux navires à vapeur. Simonin fut également impressionné par Madagascar, qui devenait à l'époque un objet de rivalité impériale entre la France et la Grande-Bretagne.

Chosön, le pays du Matin calme ; esquisse de la Corée

Percival Lowell est né en 1855 à Cambridge, Massachusetts, dans une famille distinguée de la Nouvelle-Angleterre. Son frère, Abbott Lawrence Lowell (1856-1943), était président de l'université de Harvard ; sa sœur, Amy Lowell (1874-1925), un grand poète et critique. Lowell a étudié les mathématiques à Harvard et, après l'obtention du diplôme, a passé six ans dans les affaires, à gérer une filature de coton familiale. Au printemps 1883, il effectua son premier voyage au Japon. En août de cette année, la légation des États-Unis à Tokyo l'a sollicité pour occuper les fonctions de secrétaire et conseiller de la Mission spéciale coréenne aux États-Unis, la première mission de la Corée vers un pays occidental. Lowell accepta l'offre et rapidement, comme il l'écrivit plus tard, « je suis entré sur ma terre natale comme un étranger. » Les Coréens ont été satisfaits de ses services et, à l'issue de leur mission, ont invité Lowell à les raccompagner en Corée. Il ne resta en Corée qu'environ deux mois, mais son séjour servit de base pour Choson, le pays du Matin calme, dans lequel il décrivit la géographie, les gens et la culture d'un pays encore peu connu en Occident. Lowell passa l'essentiel de la décennie suivante en Extrême-Orient, où il écrivit plusieurs livres et acquit la maîtrise tant du japonais que du coréen. Au cours de l'automne 1893, il retourna aux États-Unis, où il étudia l'astronomie et fonda, en 1894, l'observatoire Lowell de Flagstaff, en Arizona. Sa contribution scientifique la plus importante a été de poser, en 1914, l'existence d'une planète transneptunienne, seize ans avant qu'un astronome de l'observatoire Lowell découvre la planète qui fut appelée Pluton.

Corée

Angus Hamilton était un journaliste britannique qui collabora avec un certain nombre de quotidiens et de revues entre 1894 et 1912. Parmi les événements qu'il couvrit figure la guerre des Boers en Afrique du Sud, le soulèvement Boxer en Chine et la guerre russo-japonaise de 1904–1905. Il passa plusieurs mois en Corée comme correspondant pour l'Extrême-Orient de la Pall Mall Gazette et rédigea cet ouvrage sur la base de ses observations. La Corée était à l'époque peu connue en Occident, et le livre de Hamilton contenait beaucoup d'informations sur l'économie du pays, le commerce international et les activités des grandes puissances étrangères rivalisant alors pour exercer une influence politique et économique en Corée. Parmi les informations fournies figuraient, dans l'annexe I, les horaires pour voyager par chemin de fer de Port Arthur (actuellement Dalian, en Chine) à Moscou. Le temps de voyage total était indiqué comme étant de 13 jours, 2 heures, et 42 minutes. Les autres annexes traitaient des expéditions, exportations et importations, du commerce côtier, des recettes douanières et de l'exportation de l'or de la Corée. Hamilton écrivait à la veille de la guerre russo-japonaise, et il consacra son chapitre introductif à la crise politique se déroulant entre la Russie et le Japon, à la question de savoir si cela conduirait à la guerre, et à l'effet qu'un conflit éventuel aurait sur la Corée.