Afrique orientale allemande comme région d'établissement des européens, en prenant en compte l'Afrique orientale britannique et le Nyassaland

Tandis que l'Allemagne impériale commençait à créer un empire outre-mer à la fin du XIXe siècle, de nombreux Allemands influents cherchèrent à imiter l'exemple de la Grande-Bretagne, qui avait en partie construit son large et puissant empire en encourageant l'installation d'immigrants issus des îles britanniques au sein des territoires contrôlés par les britanniques situés à d'autres endroits du monde, y compris l'Afrique de l'est et l'Afrique du sud. L'Allemagne instaura un protectorat en Afrique de l'est en 1885 et fonda la colonie d'Afrique orientale allemande (aujourd'hui la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi) en 1891. En 1908, Friedrich von Lindequist, sous-secrétaire du bureau colonial allemand, dirigea une commission dans les régions montagneuses de l'Afrique orientale allemande afin d'étudier la faisabilité d'une extension de la colonie germanique. Le rapport de Lindequist comparait les conditions en Afrique orientale allemande avec celles de l'Afrique de l'est britannique (aujourd'hui le Kenya) et le Nyasaland (aujourd'hui le Malawi), et conclut que les colonies allemandes pourraient se développer dans les régions situées à 1200-2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le rapport fut publié en 1912 et servit de modèle à une série d'études concernant les leçons apprises de la colonisation européenne au sein de diverses régions tropicales du monde. Néanmoins, aucun de ces plans de colonisation étendue outre-mer ne fut achevé, étant donné que l'Allemagne allait bientôt perdre toutes ses colonies en raison de la première guerre mondiale.

La colonie d'Érythrée depuis ses origines jusqu'au 1er mars 1899

L'Italie, qui obtint son unité nationale en 1859-1860, fut un retardataire dans la course aux colonies d'Afrique que disputaient les puissances européennes. Les ambitions italiennes étaient à l'origine de s'installer dans une région le long de la côte de la mer Rouge auparavant occupée par les Turcs Ottomans et revendiquée par la suite par l'Égypte et l'Éthiopie. Entre 1869 et 1880, la Rubattino Navigation Company fit l'acquisition auprès du sultan local de parcelles de terre le long de la côte de la mer Rouge. Ces acquisitions furent transférées à l'État italien en 1882, et en 1885 des troupes italiennes débarquèrent à Massaoua, à Aseb et à d'autres endroits le long des côtes. L'Éthiopie reconnut le contrôle italien sur la région située le long de la mer Rouge en mai 1889, et le 1er janvier 1890, la colonie d'Erythrée fut officiellement fondée. La colonia Eritrea (La colonie d'Erythrée) retrace la campagne italienne destinée à établir et développer la colonie entre 1869 et 1899. Écrit par le Lieutenant B. Melli, un soldat qui participa aux campagnes militaires italiennes en Afrique, l'ouvrage contient un bref glossaire de vocabulaire indigène et plusieurs cartes. Melli donne un compte-rendu précis de la Bataille d'Adoua, où le 1er mars 1896, l'armée Ethiopienne de l'empereur Menelik II vainquit les forces italiennes surpassées en nombre menées par le Général Oreste Baratieri, arrêtant ainsi la tentative de l'Italie d'étendre sa colonie de la mer Rouge en envahissant des parties de l'Éthiopie.

Mémoire et note explicative d'une carte de Madagascar et de l'archipel du nord-est de l'île Maurice

Robert Townsend Farquhar (1776–1830) s'enrôla très jeune dans les services de la compagnie anglaise des Indes orientales, il officia à divers postes en Inde et dans les Moluques (aujourd'hui l'Indonésie), et en 1810 il devint gouverneur de l'île Maurice, que la Grande-Bretagne avait conquise à la France au cours des guerres napoléoniennes. Il commanda une carte détaillée de l'île Maurice et de Madagascar dans le but de promouvoir le commerce britannique dans la région. La carte est l'œuvre de Jean-Baptiste Lislet-Geoffroy (1755–1836), fils d'un père français, ingénieur employé par la Compagnie des Indes, et d'une mère Africaine, Niama, esclave également princesse du Galam (aujourd'hui le Sénégal). Lislet-Geoffroy fut éduqué par son père, avec une orientation marquée pour le latin, l'algèbre et la géométrie. Au cours de sa longue carrière au service des français et plus tard des britanniques, Lislet-Geoffroy apporta sa contribution scientifique en astronomie, en botanique, en cartographie et en géologie. En 1786, il fut élu membre honoraire de l'Académie Royale des sciences française, devenant ainsi la première personne d'ascendance africaine à recevoir cet honneur. En plus de la carte, ce volume contient un texte explicatif, probablement écrit pour la majeure partie par Lislet-Geoffroy, en français et en anglais, sur les pages de garde.

L'Expansion coloniale du Congo français

L’Expansion coloniale au Congo français est une étude de l'histoire, de la géographie, de la population, des structures administratives et de l'économie du Congo, publiée en 1906 en parallèle de l'exposition coloniale française de Marseille. Dans les années précédant la première guerre mondiale, l'empire mondial de la France, second en taille derrière la seule Grande-Bretagne, atteignait son apogée. L'exposition avait pour but de glorifier la mission civilisatrice de la France ainsi que de mettre en lumière son commerce lucratif avec les colonies, dont l'essentiel transitait par le port de Marseille. Coincée entre le Congo belge au sud et le Cameroun contrôlé par l'Allemagne au nord, le Congo passa sous contrôle français dans les années 1880. En 1908, il fit partie de l'Afrique équatoriale française, avec le Gabon, le Tchad et l'Oubangui-Chari (aujourd'hui la République centrafricaine). Cet ouvrage, comme d'autres produits dans le cadre de l'exposition de Marseille, décrit en détail la façon dont les Français administraient leurs colonies. Il contient de nombreuses photographies et cartes, des inventaires et des tableaux. Il comprend également des descriptions détaillées du paysage, des cultures, des langues et des religions de la colonie, et décrit la structure administrative, économique et politique de la domination française. En 1960, le Congo français devint la République démocratique du Congo, dont la capitale est Brazzaville.

Togo : La mission Hugues Le Roux

Robert Charles Henri Le Roux (1860–1925), mieux connu par son pseudonyme Hugues Le Roux, était un écrivain et journaliste français qui se spécialisa dans la littérature de voyage et dans les ouvrages concernant les colonies françaises. Proche des cercles officiels français, il contribua au soutien de l'idée que la France avait une mission civilisatrice unique dans les parties sous-développées du monde. En 1918-1919, Le Roux produisit pour le Ministère français des Affaires étrangères une série de petits ouvrages concernant les colonies françaises en Afrique, ainsi qu'un livre sur la Syrie. Le Togoland avait été une colonie allemande avant la première guerre mondiale, lorsque la guerre fut déclarée en août 1914, la colonie fut envahie par les troupes britanniques provenant de la colonie britannique voisine de la Côte-de-l'Or et par les troupes françaises venues de la colonie française de Dahomey. Après la guerre, la colonie fut divisée en deux parties, destinées à être administrées par la Grand Bretagne et la France en vertu des mandats de la Société des Nations. L'ouvrage de Le Roux fournit une vue d'ensemble du pays en 1918. Il comprend des chapitres sur la géographie, la population, l'économie et l'histoire ainsi que sur l'organisation politique de la colonie et une carte dépliante détaillée. L'ouvrage conclut que le Togo était riche en minéraux, avec une main d'œuvre abondante mais que la colonie avait besoin d'un port et un chemin de fer afin d'atteindre son potentiel économique.

Chroniques de la Mauritanie sénégalaise. Nacer Eddine

Ismaël Hamet était un interprète et officier au service de l'armée française au sein de la colonie d'Afrique de l'ouest française. Son livre Chroniques de la Mauritanie sénégalaise de 1911 est l'un des quelques ouvrages sérieux concernant la région du Sahara occidental et la Mauritanie en particulier à avoir été publié en occident avant la première moitié du XXe siècle. La première partie de l'ouvrage comprend un chapitre de synthèse sur la géographie, l'histoire et les conditions sociales de la Mauritanie, un chapitre concernant les ressources naturelles et le commerce du Sahara occidental, un chapitre sur la condition morale et intellectuelle des peuples indigènes de la région, un lexique de termes arabes, et une liste alphabétique des noms propres arabes et berbères rencontrés dans les manuscrits arabes de la région. Une grande partie de la recherche de Hamet concernait les Almoravides, une dynastie musulmane berbère issue de l'Afrique du nord qui, au cours des XIe et XIIe siècles, gouverna un grand empire s'étendant jusqu'au Maroc actuel, à la Mauritanie, au sud de l'Espagne et au Portugal ainsi que sur une partie de l'Algérie et du Mali actuels. La deuxième partie de l'ouvrage comprend les textes des manuscrits, y compris Amr el Oualy Nacer Eddine (Histoire de Saint Nacer Eddine), traduit en français ou en arabe original, relatif à l'histoire de la Mauritanie depuis la fin du XVIe siècle jusqu'à la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Nouveau voyage vers les terres des Noirs, suivi d'études sur la colonie du Sénégal et de documents historiques, géographiques et scientifiques

Anne-Jean-Baptiste Raffenel (1809–1858), officier colonial français, fut nommée par la marine française afin d'entreprendre un voyage d'exploration au cœur de l'Afrique. Raffenel quitta la France à la mi-mai 1846 et revint en juin 1848. Le premier volume de cet ouvrage en deux volumes est le compte-rendu du voyage de quatre mois de Raffenel depuis la France jusqu'au Sénégal et de son voyage au sein de la colonie, qui comprenait les visites de villes et de régions sénégalaises, telles que Saint-Louis (Ndar), Bakel, Bambouk et Makana. Raffenel décrivit la structure du gouvernement de la colonie, la distribution des tribus et les coutumes culturelles et religieuses de la population. Le deuxième volume est une compilation de documents relatifs au colonialisme français en Afrique, en commençant par le voyage vers les îles Canaries des navigateurs de Dieppe en 1364, jusqu'aux résultats des expéditions scientifiques du milieu du XIXe siècle. Sont compris de nombreuses gravures, une carte dépliante détaillée, des tableaux météorologiques et une explication linguistique de la langue Arama accompagnée d'un glossaire de mots Arama avec leur équivalent en Français.

Du Caire à Kisumu : Colonie d'Égypte-Soudan-Kenya

Du Caire à Kisumu : Colonie d'Égypte-Soudan-Kenya fut le cinquième d'une série d'ouvrages intitulée Les voyages de Carpenter, écrite par Frank G. Carpenter (1855–1924) dans les années 1920 et publiée par la firme de Doubleday, Page & Company de Garden City (état de New York). Carpenter était un auteur américain d'ouvrages de voyage et de géographie mondiale dont les lecteurs étaient nombreux au sein des écoles américaines du début du XXe siècle. Du Caire à Kisumu n'est pas le compte-rendu d'un seul voyage, mais une composition basée sur les notes de Carpenter concernant plusieurs voyages en Afrique étalés sur de nombreuses années. Sont compris des chapitres sur l'Égypte, le Soudan, le canal de Suez, le transport sur la mer Rouge, Aden (aujourd'hui le Yémen), le port de Mombasa, le chemin de fer d'Ouganda, Nairobi, la chasse, le rôle de la Grande-Bretagne en Afrique de l'est et les populations africaines, y compris les Kikuyus et les Masaïs. Les ouvrages de Carpenter reflètent les préjugés et les opinions préconçues de l'époque, mais ils apportèrent la connaissance du monde à de nombreux américains. La collection de Frank et Frances Carpenter au sein de la bibliothèque du Congrès contient les photographies prises et rassemblées par Carpenter et sa fille Frances (1890-1972) afin d'illustrer ses écrits. Elle comprend un nombre estimé de 16 800 photographies et de 7 000 films négatifs et négatifs sur verre.

L’Égypte musulmane et l'Abyssinie chrétienne ou le service militaire sous le khédive, dans ses provinces et au-delà de leurs frontières, tel que les vécus le personnel américain.

William McEntyre Dye (1831–1899) était diplômé de l'Académie militaire des États-Unis, ancien colonel de l'armée des États-Unis et ancien combattant de la guerre de sécession. Fin 1873, Dye entra au service d'Ismaïl Pacha, le khédive d'Égypte et du Soudan, qui recrutait, avec l'aide du général William T. Sherman, des officiers américains pour servir comme conseillers dans son armée. L’Égypte faisait à l'époque toujours officiellement partie de l'Empire ottoman, mais exerçait un haut degré d'autonomie. Dye servit en qualité d'adjoint du chef d'état-major dans l'expédition égyptienne contre l'Abyssinie (Éthiopie), qu'Ismaïl Pascha lança en 1875 pour conquérir le territoire sur la côte de la mer Rouge. Ce livre, publié après le retour de Dye aux États-Unis, contient un compte-rendu extensif de première main de la campagne Abyssinienne. Malgré l'implication d'officiers étrangers, l'armée d'Ismaïl Pacha subit de graves défaites en novembre 1875 et mars 1876, décrites et analysées par Dye. L'ouvrage est également remarquable pour ses récits des expéditions menées pour le khédive à Kordostan dans le centre du Soudan et au Darfour, dans l'ouest du Soudan. L'annexe contient une liste annotée de 25 officiers américains (anciens combattants des armées et marines de l'Union et confédérées) ayant trait au service militaire en Égypte entre 1869 et 1878.

Dictionnaire et grammaire de la langue kikongo, telle que parlée à San Salvador, l'ancienne capitale du vieil empire de Kongo, en Afrique de l'ouest : Préface

William Holman Bentley (1855–1905) naquit à Sudbury, au Royaume-Uni, là où son père officiait en tant que pasteur baptiste. Après avoir travaillé quelque temps comme employé de banque, il fut accepté au sein de la nouvelle mission de la Baptist Missionary Society à destination du Congo, et en avril 1879, il navigua vers le Congo en compagnie de trois autres missionnaires. En janvier 1881, Bentley et H.E. Crudgington devinrent les premiers européens à établir une route intérieure depuis l'embouchure du fleuve Congo jusqu'à Stanley Pool, emplacement de l'actuelle Kinshasa. Tout en construisant des missions et en voyageant au sein de l'Afrique, Bentley s'appliqua à maîtriser le kikongo. En 1884, il revint en Angleterre en permission, emmenant avec lui son assistant congolais, Nlemvo, qui travailla à ses côtés sur la compilation du Dictionnaire et grammaire de la langue kikongo, qui fut publié en 1887. Le document présenté ici est la préface du dictionnaire, qui fut publiée séparément un an plus tôt, en 1886. Dans la préface, Bentley indique le nombre réduit de références européennes qu'il fut capable d'utiliser dans le cadre de l'étude de la langue kikongo, l'aide qui lui fut offerte de la part d'africains, notamment Nlemvo, et les méthodes utilisées pour compiler le dictionnaire, qui comprenait le tri et la correction de 25 000 bouts de papier contenant les mots et leurs définitions.