Carte de la côte nord-ouest de l'Amérique et d'une partie de la côte nord-est de l'Asie représentant le parcours de mai à octobre 1778 des sloops de Sa Majesté, « Resolution » et « Discovery »

George Vancouver (1757–1798), qui devint un explorateur et un arpenteur illustre du nord-ouest Pacifique, rejoignit la Marine Royale à l'âge de 13 ans comme aspirant sur le H.M.S. Discovery lors du troisième voyage funeste du capitaine James Cook en 1778–1780. Il pourrait s'agir de l'une des premières cartes de Vancouver. Le but dans lequel fut créée cette carte est inconnu. De telles cartes peuvent avoir été dessinées par les aspirants en tant qu'exercice s'inscrivant dans le cadre d'une étude continue réalisée sous la supervision des commandants et des capitaines des navires, tout comme le suggère le fait que la carte ne soit pas comparable à celles réalisées par William Bligh, commandant du navire-jumeau du Discovery, le Resolution. En avril 1778, Cook quitta Nootka Sound et l'île qui plus tard portera le nom de Vancouver. Il navigua le long de la côte de l'Alaska à la recherche de passages permettant de le mener jusqu'au passage du nord-ouest mais fut contraint de revenir vers le sud. En juillet, il avait contourné la péninsule d'Alaska et fut de nouveau capable de naviguer vers le nord, en passant par la péninsule tchouktche, en Russie, avant de prendre le large vers la mer de Béring. Cook traversa le cercle polaire arctique en août avant d'être repoussé par la banquise. Il mit le cap vers l'ouest et se fraya un chemin jusqu'à la côte russe, et se dirigea alors vers le sud-est jusqu'à Norton Sound, Alaska, en septembre 1778.

Carte topographique du territoire du Wisconsin

Il s'agit selon les études actuelles de la première carte à grande échelle du territoire de Wisconsin. La carte fut compilée et publiée par les géomètres Samuel Morrison, Elisha Dwelle et Joshua Hathaway et gravée sur trois plaques de cuivre. En 1785, le congrès des États-Unis adopta l'ordonnance sur l'aménagement du territoire qui stipulait un système d'aménagement des villes en carrés de six miles de côté, divisés en 36 sections d'un mile carré. La carte représente les villes du Territoire du Wisconsin élaborées en 1837. Les routes, les chemins de fer, les reliefs naturels, la végétation, les usines et les gisements de plomb et de cuivre connus à cette époque sont également représentés. Les longs domaines de Green Bay et de Prairie du Chien reflètent le système français d'aménagement du territoire le long des fleuves. Les cartes de cet acabit aidèrent les immigrants et les colons à comprendre le système d'aménagement et à localiser les terres qu'ils avaient achetées. Un acheteur potentiel pouvait aller dans n'importe quel bureau du cadastre du gouvernement des États-Unis et consulter le registre des parcelles contenant les descriptions détaillées du territoire. Comme l'indique l'inscription, la carte a appartenu auparavant à l'écrivain américain Eugene Field (1850-1895).

L'homme du commerce

« L'homme du commerce » est une carte détaillée réunissant l'anatomie humaine avec le système de transport américain. Publiée en 1889 par la société de développement des terres et des fleuves de Superior, dans le Wisconsin, la carte promeut Superior comme étant le centre des transports et présente les tracés de 29 chemins de fer traversant les États-Unis. La carte muette de l'Amérique du Nord se superpose à une vue en coupe du corps humain. La métaphore de la carte fait de West Superior « le centre de la circulation cardiaque ». Les chemins de fer représentent les artères principales. New York est « le nombril grâce auquel cet homme de commerce s'est développé ». La note explicative conclut : « Il est intéressant de savoir que l'on ne peut trouver dans aucune autre partie du monde une telle analogie entre les canaux naturels et artificiels de commerce et circulatoires ainsi que de l'appareil digestif de l'homme ». L'utilisation du corps humain comme métaphore cartographique date pour le moins du XVIe siècle, avec la carte anthropomorphique, issue de la cosmographie de Sebastian Münster, représentant l'Europe sous la forme d'une reine. Cette carte pourrait être la première application de cette métaphore à l'Amérique du Nord. Le cartographe fut A.F. McKay, qui occupa brièvement en 1889 le poste d'éditeur du journal Superior Sentinel. La carte fut gravée par Rand McNally. La bibliothèque de l'American Geographical Society fit l'acquisition de la carte en 2009, aidée en partie par la Map Society of Wisconsin. La seule autre copie connue de cette carte se trouve dans une collection privée.

Carte du monde en projection cordiforme double

Cette carte du monde en deux feuilles est l'un des premiers travaux du célèbre cartographe flamand Gerardus Mercator (1512-1594). Il n'existe que deux copies de cette carte : la première se trouve au sein de la bibliothèque de l'American Geographical Society et la deuxième au sein de la bibliothèque publique de New York. Il s'agit également de la première carte à appliquer le nom Amérique au continent nord-américain ainsi qu'au continent sud-américain et à différencier l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud comme deux continents à part entière. En utilisant de cette façon le terme « Amérique », Mercator partage la responsabilité avec Martin Waldseemüller pour la dénomination de l'hémisphère ouest. Mercator était un maître dans l'art de la gravure et un créateur d'instruments mathématiques et de globes terrestres. Sa solution au problème de représentation du globe terrestre en deux dimensions, tel qu'utilisé ici sous forme de projection cordiforme double, a grandement favorisé l'amélioration de la précision des cartes. Les cartes de navigation de Mercator permettaient aux relèvements au compas d'être tracés en lignes droites sur les cartes et clarifiaient ainsi les mesures de longitude et de latitude.

Région méditerranéenne en 1569

Ce portulan réalisé par l'éminent cartographe et graveur italien Paolo Forlani est la première carte maritime gravée et imprimée sur une plaque de cuivre. Forlani naquit à Vérone mais prospéra à Venise en 1560-1574.La majorité de ses cartes apparurent sous l'empreinte d'autres éditeurs, entre autres Giovanni Francesco Camocio, Ferrando Bertelli et Bolognini Zaltieri de Venise et Claudio Duchetti de Rome. Tous étaient membres de l'école de cartographie Lafreri. Les plaques de certains d'entre eux étaient encore largement utilisées au cours du XVIIe siècle. Représentant en théorie la région méditerranéenne, la carte s'étend vers l'ouest jusqu'à l'Irlande et vers le nord jusqu'à la Russie et la mer noire (indiquée sous le nom de Mare Maggiore). Le mot portulan provient de portolano, signifiant « relatif aux ports ». Souvent, les portulans ne reproduisaient que les lignes côtières utilisées pour la navigation et ne représentaient que peu ou pas d'éléments intérieurs. Les lignes droites s'entrecroisant sur la carte représentent les 32 directions, ou caps, du compas de navigation. Les noms des lieux côtiers sont écrits du côté de la terre par rapport à la ligne côtière afin de n'occulter aucun danger maritime éventuel. Les zones de contrôle politique sont indiquées par différentes couleurs le long des lignes côtières et dans certains cas par des dégradés sur l'intérieur des terres.

Mappa mundi

On en sait peu sur le géographe et cosmographe vénitien du XVe siècle Giovanni Leardo, mis à part le fait que trois de ses cartes du monde, signées par leur créateur, ont survécu depuis l'époque médiévale. Il s'agit de la plus vieille carte du monde conservée au sein de la bibliothèque de l'American Geographical Society, elle est considérée comme le meilleur exemple de mappemonde médiévale provenant de l'hémisphère Ouest. Les deux autres cartes de Leardo, similaires mais non identiques, se trouvent en Italie, au sein de la bibliothèque communale de Vérone et au sein du musée civique de Vicence. La carte représente les parties du monde connues des européens à la fin du Moyen Âge - l'Europe, l'Asie et l'Afrique - et, comme sur de nombreuses cartes du monde médiévales, Jérusalem au centre et à l'est vers le haut. Archer M. Huntington acheta et présenta la carte à l'American Geographical Society en 1906. En 1928, la société publia une copie couleur grandeur nature et un texte d'accompagnement écrit par John K. Wright, La carte du monde de Leardo : 1452 ou 1453. Le travail de Wright s'est résumé principalement à la description détaillée de la disposition, des noms et des éléments situés sur la carte. Rand McNally reproduisit également la carte sous la forme d'une carte de vœux en 1952.

Le dessin de la géographie moderne de l'ensemble de l'Afrique

Cette carte rare de 1564 imprimée sur huit plaques de cuivres est la carte d'Afrique la plus importante produite au XVIe siècle. Les cartes antérieures étaient principalement imprimées sur du bois ; les plaques de cuivre permirent au graveur de reproduire de plus amples détails et une meilleure finition. La carte fut réalisée par le cartographe, ingénieur et astronome italien Giacomo Gastaldi (vers 1500–1566) et gravée par Fabricius Licinus (vers 1521–1565). La carte représente une mer mouchetée, des navires et des créatures marines, réelles et mythiques. L'intérieur est couvert de montagnes ombragées sur leurs flancs occidentaux afin d'indiquer l'ensoleillement perpétuel. Les noms des lieux sont abondants ; les noms des caps et des baies proviennent de sources portugaises et arabes. Gastaldi, qui était cosmographe auprès de la République de Venise, est considéré par de nombreux érudits comme étant le plus grand cartographe de l'école italienne. Cette carte fut utilisée comme référence importante par les cartographes ultérieurs du XVIe et du XVIIe siècle, y compris par Ortelius, de Jode, Magini et Mercator. L'existence de huit autres copies a été rapportée au fil des années, l'une d'elles se trouvant au British Museum et une autre au sein de la Bibliothèque nationale de France.

Une nouvelle représentation de l'ensemble de la Hongrie

Cette rare carte de Hongrie fut créée par Matthias Zündt en 1567. Zündt (1498-1572 environ) était un graveur, sculpteur et orfèvre de Nuremberg ayant produit 13 cartes et vues gravées sur plaques de cuivre entre 1565 et 1571. La carte était constituée à l'origine de six plaques disposées ensemble. Elles représentent des vues colorées de villes importantes, de royaumes, de provinces et de pays limitrophes. Les églises épiscopales et les édifices religieux turcs y sont représentés, traduisant le fait qu'à cette époque, un tiers du pays était gouverné par les Turcs. La vie pastorale est représentée au travers d'illustrations de bétail, de bergers, de chiens, de maisons rustiques, de cabanes, de cavaliers et d'animaux. Les mines et les montagnes ainsi que les évènements militaires importants du XVIe siècle tels que les batailles, les sièges et les cantonnements sont également représentés. Les noms des lieux sont principalement en latin et d'autres en hongrois et en allemand. La carte de Zündt fut utilisée comme référence pour les atlas du XVIe siècle tels que Theatrum Orbis Terrarum d'Ortelius de 1573 et Speculum Orbis Terrae de Gerard de Jode, publiés en 1584 et en 1593.

La grande Chine englobant les royaumes sous les cieux

Cette rare mappemonde chinoise est un exemple important de la cartographie chinoise du début du XIXe siècle. La carte est une impression sur bloc de bois coloriée à la main, initialement publiée à Pékin par Zhu Xiling. La Chine se trouve au centre de la carte, qui représente la Grande Muraille, le désert du Lob Nor, les provinces, les capitales provinciales et régionales, les avant-postes militaires, les colonies locales et les principaux fleuves et cours d'eau. Hainan, Taïwan, l'île de Java, le Brunei, Johore, le Vietnam et le Cambodge y sont délimités. L'Amérique et d'autres pays occidentaux sont représentés sous forme d'îles amorphes et sans importance jouxtant les principales terres émergées. La carte présente également « Eluosi guo » ou « le pays de Russie », « Yingjili guo jie » ou « la frontière d'Angleterre » et « Helan guo » ou « le pays de Hollande ». L'océan Indien est décrit comme étant le « petit océan de l'occident ». La carte fut offerte à l'American Geographical Society de New York en 1884 par George C. Foulk et porte ses annotations.

Grande cérémonie de célébration de l'anniversaire de l'Empereur, première compilation

Ce travail, publié en 120 juans et en 40 volumes, célébrant le 60e anniversaire de l'Empereur Kangxi, fut compilé par un peintre paysagiste et fonctionnaire Wang Yuanqi (1642–1715) avec le concours d'autres intervenants, et fut publié au sein de la salle Wuying au cours de la 56e année du règne Kangxi (1717). Il inclut également des mémoires de hauts fonctionnaires de la cour impériale demandant l'approbation de la délivrance du travail. Le travail nécessita plusieurs années pour être achevé, avec un total de 39 fonctionnaires participant au projet. Parmi eux se trouvait Leng Mei, un peintre portraitiste célèbre, qui travailla étroitement avec Wang Yuanqi. Kangxi (1654–1722), deuxième empereur de la dynastie Qing, bénéficia du règne le plus long des dirigeants de la Chine, il dura 61 ans, et est considéré comme l'un des empereurs les plus admirés. La chine jouissait de la paix et de la prospérité durant son règne, ce qui se remarqua dans l'avancée de l'apprentissage et le mécénat des arts et des sciences. La grande particularité du travail concerne la peinture en longueur, avec 73 gravures sur bois dans le juan 41 et 75 gravures sur bois dans le juan 42, disposées d'une extrémité à l'autre en forme de parchemin. D'environ 50 mètres de long, le parchemin décrit les scènes de la célébration de l'anniversaire dans le cadre de laquelle une procession partit du jardin de Chang chun yuan, au nord-ouest de Pékin, jusqu'à la Cité Interdite, située à une distance d'environ 10 kilomètres. Le travail, initialement conçu par le peintre et le haut fonctionnaire Song Junye, décrivait 50 scènes de la célébration. Il fut demandé plus tard à Wang Yuanqi de superviser l'achèvement de la peinture. Dans l'un de ses mémoires, Wang Yuanqi demanda à avoir une copie finale réalisée sur soie. Il recommanda également l'inclusion d'essais élogieux honorant l'empereur. Après le décès de Wang Yuanqi, son cousin Wang Yiqing continua le travail. L'impression fut financée par deux frères, Zhao Hongcan et Zhao Hongxie, tous deux hauts fonctionnaires de haut rang. La copie conservée par la bibliothèque du congrès fut présentée par William Woodville Rockhill (1854–1914), diplomate auprès de la Chine et professeur d'études de chinois et de tibétain.