23 décembre 2011

Vue d'ensemble de la mosquée de Shah-i Zindah (photo prise en soirée). Samarcande

Au début du 20e siècle, le photographe russe Sergei Mikhailovich Prokudin-Gorskii (1863–1944) utilisait un procédé de photographie en couleur particulier destiné à créer des archives visuelles de l'empire russe. Certaines des photographies de Prokudin-Gorskii remontent aux alentours de 1905, mais la majeure partie de son travail est datée de 1909 à 1915, années pendant lesquelles, avec l'appui du tsar Nicolas II et du ministre des Transports, il entreprit de longs voyages aux quatre coins de l'empire.

Cathédrale de la Nativité du Christ (1552 à 1562, 1652, années 1770), panorama du sud depuis la rivière Onega, avec son clocher (1767-1778), Kargopol (Russie)

Cette vue sud, depuis la rivière Onega gelée, du bâtiment religieux émergeant de la place de la cathédrale (dite également place du nouveau marché) à Kargopol (Oblast d'Arkhangelsk) fut prise en 1999 par le Dr William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet « Rencontre de frontières » de la Bibliothèque du Congrès. Kargopol est l'un des plus anciens villages au nord de la Russie, probablement fondé au XIIe siècle, peut-être même au XIe siècle. Sa situation près du lac Lacha et de la source de la rivière Onega (qui se jette dans la mer Blanche) a permis à Kargopol de bénéficier du commerce du sel, du poisson et d'autres produits en provenance des forêts du nord. La prospérité qui en a découlé a permis la construction d'églises imposantes qui existent toujours pour la plupart. Cet ensemble architectural au centre de la ville inclut la cathédrale de la Nativité (à gauche), construite entre 1552 et 1562, au début du règne d'Ivan le Terrible. La forme archaïque et massive de la cathédrale, construite en pierre calcaire, se termine par cinq dômes élevés en oignon. Endommagée en 1765 par un incendie qui détruisit ses coupoles, la cathédrale resta à la merci des éléments jusqu'aux réparations entreprises dans les années 1770, lorsque les quatre angles de ses murs furent renforcés. Le centre de l'ensemble est indiqué par le clocher de la cathédrale, construit entre 1767 et 1778. Visible à travers les arbres, sur la droite, se dresse l'église de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste, construite en briques entre 1740 et 1751.

Clocher de la cathédrale (entre 1767 et 1778), vue de l'est, à Kargopol (Russie)

Cette vue du nord-est du clocher de la cathédrale à Kargopol (oblast d'Arkhangelsk) fut prise en 1998 par le Dr William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet « Rencontre de frontières » de la Bibliothèque du Congrès. Kargopol est l'un des plus anciens villages au nord de la Russie, probablement fondé au XIIe siècle, peut-être même au XIe siècle. Sa situation près du lac Lacha et de la source de la rivière Onega (qui se jette dans la mer Blanche) a permis à Kargopol de bénéficier du commerce du sel, du poisson et d'autres produits en provenance des forêts du nord. La prospérité qui en a découlé a permis la construction d'églises imposantes qui existent toujours pour la plupart. Situé au centre de la ville sur la place de la cathédrale (dite également place du nouveau marché), la construction du grand clocher a été initiée en 1767 par Iakov Sivers, gouverneur général de la province de Novgorod, dans le cadre d'un plan de relance de la ville après l'incendie de 1765. Achevé de construire seulement en 1778 en raison de difficultés à obtenir des matériaux de construction, le clocher est devenu un point d'orientation incontournable, tant sur le lac que sur la ville. La partie nord-ouest de la place de la cathédrale est occupée par l'église de la Présentation de la Vierge (à droite), édifiée entre 1802 et 1808.

Église de la Résurrection (entre 1686 et 1694), vue du sud-ouest, à Matigory (Russie)

Cette vue du sud-ouest de l'église de la Résurrection dans le village de Verkhnie Matigory (oblast d'Arkhangelsk) fut prise en 1999 par le Dr William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet « Rencontre de frontières » de la Bibliothèque du Congrès. Constituée de briques et de stuc, et ornée de détails blancs, l'église de la Résurrection fut érigée entre 1686 et 1694 sur une falaise au-dessus de la rivière Matigorka (un affluent de la rivière Dvina septentrionale) par le maître d'œuvre Fëdor Spiridonov Stafurov. L'agencement pittoresque de ses volumes commence par la structure principale dont les murs sont dominés par une arcade ornementale. Cinq dômes en oignon surgissent d'une plateforme émergeant au-dessus du cube principal. À l'ouest se trouvent deux chapelles ainsi qu'un vestibule chauffé (trapeznaia) construits au début du XVIIIe siècle et dédiés à Sainte-Parascève et Saint-Nicolas. L'emplacement des autels des chapelles est indiqué à l'extérieur par une coupole. Le clocher, une structure octogonale à l'extrémité ouest de l'église, possède des ouvertures pour dix cloches et se termine par une tour revêtue d'une toiture en forme de tente. La structure du clocher équilibre la forme pyramidale de l'église dans un riche étalage de volume et de proportion. Au moment où l'église fut achevée, la région Matigory-Kholmogory avait déjà commencé à céder à Arkhangelsk, fondée en 1584, à environ 60 kilomètres au nord-ouest, près de l'embouchure de la Dvina.

Église de la Résurrection, vue intérieure avec son iconostase, à Matigory (Russie)

Cette vue de l'iconostase de l'église de la Résurrection dans le village de Verkhnie Matigory (oblast d'Arkhangelsk) fut prise en 1999 par le Dr William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet « Rencontre de frontières » de la Bibliothèque du Congrès. L'église de la Résurrection fut construite entre 1686 et 1694. Son iconostase à cinq registres datant du XVIIIe siècle est l'une des mieux conservées dans le nord de la Russie et présente un certain nombre d'icônes anciennes. Bien qu'une partie du deuxième registre (les fêtes) et l'arcade supérieure de la porte royale soient visibles sur cette photographie, l'accent est mis ici sur les trois niveaux supérieurs, en commençant par la déisis (du mot grec désignant la prière). Ce registre est axé sur une image du Christ Pantocrator (tout puissant) intronisé, encadré par Marie (à gauche) et Jean-Baptiste (à droite), tous accompagnés des archanges Michel et Gabriel, des apôtres Pierre et Paul, et d'autres pères de l'église. Tous les personnages laissent supposer une posture de prière vers le Christ. Le registre suivant (le quatrième), connu sous le nom des prophètes, met en scène les prophètes de l'Ancien Testament, ainsi que les rois David et Salomon. Au centre se trouve une image majestueuse de la Vierge Marie du Signe (Znamenie). Le registre supérieur (cinquième), connu sous le nom des patriarches (Praottsy), inclut les personnages du premier livre de la Bible (notamment Adam, Eve, Abraham, Abel et Isaac). La Trinité de l'Ancien Testament se trouve en son centre, représentant la visite de trois anges à Sarah et Abraham (Genèse 18).

Église Saint-Nicolas (1584 ?), vue du sud-ouest, à Liavlia (Russie)

Cette vue du sud-ouest de l'ancienne église Saint-Nicolas (la Dormition), dans le village de Liavlia, sur la rive droite de la rivière Dvina (oblast d'Arkhangelsk) fut prise en 1998 par le Dr William Brumfield, photographe américain et historien de l'architecture russe, dans le cadre du projet « Rencontre de frontières » de la Bibliothèque du Congrès. Liavlia fut l'un des premiers villages russes dans la région en aval de la Dvina, établi par la ville médiévale de commerce Novgorod dès le XIVe siècle. Cette église en bois fut construite à l'origine dans les années 1580 pour le petit monastère de la Dormition, fondé à la fin du XIVe siècle. En 1641, le monastère fut subordonné au monastère Saint-Antoine-de-Siisk (en amont sur la Dvina). Après 1765, l'église de la Dormition servit la paroisse locale. Avec la construction d'une église de la Dormition en briques en 1804, l'église de la Dormition en bois resta vide pendant 40 ans. En 1844, Alexandre de Travers, gouverneur d'Arkhangelsk, visita l'église et décida de la sauver. Les réparations qui s'en suivirent permirent d'éliminer les rangées de bois endommagées (réduisant ainsi la hauteur d'environ deux mètres) et de supprimer une galerie rattachée à l'extérieur. Mais la structure octogonale d'origine de ce monument remarquable survécut, ainsi qu'une abside et un petit vestibule. Sa tour en forme de tente et sa coupole furent restaurées dans les années 1960.