Le Japon selon Colton : Nippon, Kiusiu, Sikok, Yesso et les îles Kouriles japonaises

J.H. Colton & Company fut fondée à New York, probablement en 1831, par Joseph Hutchins Colton, originaire du Massachusetts et qui n'avait qu'une éducation de base et peu ou pas de formation spécifique en géographie ou en cartographie. Colton transforma l'entreprise en une importante maison d'édition de cartes et d'atlas en achetant les droits d'auteur d'autres cartes et en les publiant de nouveau. La plupart des cartes de cette compagnie portaient sur des États individuels ou des groupes d'États des États-Unis, mais certaines portaient sur d'autres pays. Cette carte du Japon de 1855 aurait été réalisée par George Woolworth Colton, le fils aîné de Colton, qui travaillait aussi dans l'entreprise. Comme le montre cet exemple, presque toutes les cartes de cette compagnie étaient encadrées de bordures décoratives faites de vignes, de fleurs ou de formes géométriques entrelacées. Cette carte fut publiée un an après la conclusion du traité de Kanagawa de 1854 entre le Japon et les États-Unis, le premier traité signé par le Japon avec un pays occidental.

Côte de Cuba, du Cap de San Antonio à la baie de Cardenas

Cette carte espagnole d'une partie de la côte nord de Cuba montre le tracé et les caractéristiques de la côte, les sondages, les dangers de la navigation, une fortification et les colonies de peuplement. Elle comprend une rose des vents décorative et cinq vues latérales de la côte. Le sud est situé en haut. Cette carte provient de la Real Escuela de Navegación de Cadix, en Espagne. La Bibliothèque du Congrès se la procura chez Maggs Brothers, à Londres.

Représentation générale des plaines désertes (communément, l'Ukraine) avec les provinces voisines

Guillaume Le Vasseur de Beauplan était un ingénieur français qui travailla en Pologne entre 1630 et 1647. Il bâtit des fortifications en Ukraine, dont la plus grande partie était alors sous le contrôle de la Pologne, prit part à des batailles avec les Cosaques et les Tatars et, en 1639, descendit le fleuve Dniepr (Dnipro, en ukrainien) en bateau. Il réalisa deux cartes importantes des débuts de l'Ukraine qu'il fonda sur ses propres observations et ses propres mesures astronomiques et topographiques minutieuses. Sa carte de 1648, montrée ici, comprend des informations détaillées sur les zones frontalières, y compris les routes et les forts tatars. Sur cette carte, le sud est situé en haut, ce qui est une caractéristique des cartes militaires dans les pays exposés à des attaques venant du sud. Cette carte fut gravée par Willem Hondius, le plus jeune membre d'une éminente famille de graveurs flamands. En 1651, Beauplan publia également, en français, Description d'Ukranie, une importante source primaire d'informations sur l'Ukraine au XVIIe siècle.

Le Terre Sainte ou Terre Promise (anciennement la Palestine), récemment représenté et publié

Nicolaus Visscher (également écrit Nicolas ou Nicolaes), fils du maître peintre et cartographe hollandais Claes Janszoon Visscher, était réputé pour le raffinement artistique de ses cartes. Au 16ème et 17ème siècles, les Hollandais étaient engagés dans une course contre le Portugal pour le contrôle du commerce des épices. L'antipathie entre les deux états était particulièrement profonde, suite à l'alliance du Portugal avec le Royaume d'Espagne, contre lequel les Néerlandais s'étaient battus dans la guerre de Quatre-Vingts Ans (1566-1648). Un an seulement avant la création de cette carte, les Hollandais avaient chassé les Portugais du Sri Lanka et étaient pris dans un tourbillon d'entreprises cartographiques, liées à leur forte expansion commerciale et impériale. Bien qu' à cette époque la Terre Sainte appartienne à l'Empire ottoman, les Néerlandais avaient pris pied en Perse et nourrissaient des desseins d'expansion au Proche-Orient.

Le Carte archéologique de l'Irak

Les premières civilisations se développèrent dans la vallée fertile située entre le Tigre et l'Euphrate, la région du Moyen-Orient autrefois nommée Mésopotamie (du grec qui signifie “entre deux fleuves“) et qui correspond aujourd'hui au territoire de l'Irak. Ces anciennes civilisations comprenaient les empires sumérien, babylonien et assyrien. Cette carte moderne, produite par la direction générale des antiquités de l'Irak, montre l'emplacement des sites archéologiques et des monuments rocheux dans le pays. Le tableau en bas à gauche dresse la liste des périodes chronologiques, de la période paléolithique à la période islamique. Le tableau en haut à droite dresse la liste des noms de lieux anciens tels que Assur, Babylone et Ninive, et leurs équivalents en arabe moderne.

La Ville de Salvador

Cette carte de 1671 de Salvador, sur la côte nord-est du Brésil, est tirée de l'ouvrage monumental de l'écrivain néerlandais Arnoldus Montanus (1625-1683), De Nieuwe en Onbekende Weereld: Of Beschryving van America en ’t Zuid-land (Le nouveau monde inconnu: ou description de l'Amérique et de la terre du Sud). Montanus était pasteur protestant et directeur de l'école latine dans la ville de Schoonhoven. Il écrivit des livres sur l'histoire de l'Église et de la théologie, sur l'histoire des Pays-Bas, et sur les peuples et les cultures des Amériques et de l'Australie. (La “Terre du Sud“ dans le titre de son livre fait référence à l'Australie, que l'on venait de découvrir.) Montanus n'a jamais visité le Nouveau Monde et son oeuvre contient de nombreuses erreurs et des conceptions invraisemblables sur les peuples des Amériques. Cela n'empêcha pas son ouvrage de devenir une référence en Europe et d'être beaucoup lu pendant de nombreuses années. Son éditeur était le libraire et graveur d'Amsterdam, Jacob van Meurs, qui travailla de 1651 à 1680 à la publication d'ouvrages d'histoire, de géographie et de voyage.