9 novembre 2011

Atlas terrestre agrandi

Guang yu tu (Atlas terrestre agrandi) est le plus ancien atlas de Chine complet encore existant. Il fut dessiné par le célèbre cartographe Ming Luo Hongxian (1504–1564). Il se base sur l'ouvrage de la dynastie Yuan Yu di tu (Carte terrestre) de Zhu Siben (1273–1333). Luo Hongxian, né à Jishui, dans la province de Jiangxi, reçut son diplôme shi jin en 1529, lors de la huitième année de règne de Jiajing, et obtint le titre officiel de compilateur principal. Écarté de la cour par d'autres fonctionnaires, il commencera à suivre les enseignements de Wang Yangming (1472-1529), le philosophe néo-confucianiste. Il étudiera également l'astronomie, la géographie, l'irrigation, les affaires militaires et les mathématiques. Il aurait acquis un exemplaire de la carte de Zhu Siben, aujourd'hui disparue, mesurant environ 7 x 7 chi (1 chi = 0,3 mètre environ). Utilisant ces travaux antérieurs comme plan de départ, il appliqua les méthodes de mesure chinoises traditionnelles pour dresser ses cartes sur un quadrillage, qui furent ensuite reliées sous forme de livre. L'atlas, contenant des cartes de l'ensemble du pays au milieu de l'ère Ming, fut gravé maintes fois. La première édition fut publiée en 1561 par Hu Song, gouverneur de la province du Zhejiang, et comportait deux cartes supplémentaires des îles Ryūkyū et du Japon. Une autre édition fut publiée en 1566 par Han Jun'en, un inspecteur de circuit impérial de la province du Shandong. Cet exemplaire est daté de 1579, la septième année de règne de Wanli, et fut publié en deux juan par Qian Dai (1541–1622), inspecteur impérial du Shandong. Le premier juan est un atlas de Chine complet comprenant 16 cartes des provinces méridionales et septentrionales, 2 provinces sous contrôle direct et 13 gouvernements administratifs provinciaux. Il comporte 93 feuilles, reliées en trois volumes. Le deuxième juan comporte 27 cartes au total, sur 106 feuilles, également reliées en 3 volumes, avec dix cartes des Neuf frontières s'étendant du Liaodong au Gansu. Les autres cartes couvrent le Tao He, le Songpan, le Jianchang, le Mayang, le Qianzhen, le fleuve Jaune, le transport maritime, le transport des céréales par voie d'eau, la Corée, les îles étrangères au sud-est et sud-ouest, l'Annam, la région occidentale, les déserts du nord, les îles Ryūkyū et le Japon. L'atlas débute par sept préfaces. De brèves notes et des figures explicatives apparaissent après chaque carte. Les parties de texte comportent des informations portant sur l'évolution des systèmes organisationnels, les zones affiliées, les résidences, les impôts fonciers, les garnisons, les soldats, les routes et d'autres sujets. L'atlas montre une image imposante de la Chine du milieu de la dynastie Ming qui eut une influence considérable aussi bien en Chine qu'à l'étranger. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, les cartes de Chine publiées en Europe furent toutes, sans exception, dessinées à partir de cet ouvrage.

Atlas complet et illustré des comtés sous la juridiction du gouvernement administratif de Jiangning

Jiangning devint une province au cours de la 25e année de règne de Qianlong de la dynastie Qing (1760). Le gouvernement provincial administratif fut établi sous la supervision du gouverneur-général de deux provinces du Yangtsé, l'un des huit gouvernorats généraux mis en place durant la dynastie Qing. La province enjambait le fleuve Yangtsé et était proche de la mer, bordant l'Anhui et le Sichuan au sud, et le Henan au nord. Quatre préfectures, deux divisions sous contrôle direct, une sous-préfecture et 33 divisions et comtés se trouvaient sous sa juridiction. Le territoire s'étendait sur plus de 750 lis (le li est une unité dont la valeur a varié au fil du temps ; 1 li équivalait alors à 0,8 kilomètre environ) d'est en ouest et sur 1200 lis du nord au sud. Jiangning bu zheng si shu fu ting zhou xian yu di quan tu (Atlas complet et illustré des comtés sous la juridiction du gouvernement administratif de Jiangning) est une représentation détaillée de la province. Les illustrations montrant chaque localité varient en hauteur (75 à 143,5 centimètres) et en largeur (37,2 à 139,8 centimètres). La latitude, la longitude et l'orientation sont données, mais on ne trouve aucune indication de degrés ou d'échelle. L'échelle et les distances ne peuvent donc pas être déduites de la taille des illustrations. La gravure est très soignée, avec des caractères grands et petits clairement marqués, écrits en excellente calligraphie. L'atlas contient 43 cartes au total, dont une carte générale de la province de Jiangning ; des cartes de préfectures comme Huai’an, Yangzhou et Xuzhou ; des cartes générales de deux divisions sous contrôle direct, Haizhou et Tongzhou, d'une sous-préfecture, Haimen ; et des cartes de comtés, dont Jurong, Lishui et Jiangpu. Le titre de chaque carte est écrit à la main en rouge. L'atlas contient aussi un guide illustré avec un cadre de soie rouge. La carte de Jiangning occupe une feuille entière ; les autres localités occupent seulement une demi-page. Les explications sont précises et concises, et le texte est écrit dans un style destiné à être lu à haute voix, vraisemblablement par des experts. Le retraçage des provinces, des préfectures et des comtés servait divers objectifs politiques et administratifs en Chine. Cet ouvrage contient de précieuses informations pour la recherche historique.

Index géographique illustré des quatre comtés du Shaanxi

Shaanxi si zhen tu shuo (Index géographique illustré des quatre comtés du Shaanxi) est un ouvrage important sur les défenses des frontières durant la dynastie Ming (1368–1644). Il fournit des détails concernant les préparatifs défensifs dans les quatre comtés du Shaanxi qui constituaient des points stratégiques du système de fortification des Neuf frontières (Yansui, Ningxia, Gansu et Guyuan). Cet exemplaire est fragmenté et comprend uniquement deux des quatre volumes originaux, sur le Yansui et le Ningxia. Le volume sur le Yansui comporte 40 feuilles et commence par un document illustré, le Yanzhen tu (Carte du Yanzhen), suivi de descriptions illustrées, en détail, du comté et de 36 bastions défensifs, notamment de villes fortifiées, de forteresses et de camps militaires, comme les forteresses de Huangfuchuan Bao et de Qingshuiying Bao. L'ouvrage comporte également des informations sur l'emplacement des forteresses, des frontières, sur le nombre d'escadrons défensifs, le nombre de chevaux et d'ânes, sur les ravitaillements des armées, sur l'emplacement des tribus nomades ennemies à l'extérieur des frontières, ainsi qu'un guide expliquant comment se défendre, intercepter et tuer en cas de rencontre avec l'ennemi. Le second volume, sur Ningxia, comporte 35 feuilles et répertorie plus de 30 camps et forteresses, notamment le camp de Huama Chi, la forteresse de Gaoping et la ville fortifiée de Zhongwei. Bien que cette édition soit fragmentée et que son auteur et sa date de publication soient inconnus, l'ouvrage constitue une source importante pour l'étude de la politique, de l'économie et des affaires militaires du milieu de la dynastie Ming.

Atlas géographique complet de la section est du comté de Yansui

Ce livre en forme d'accordéon est une carte militaire peinte en couleur sur soie, montrant Yansui Zhen, une forteresse militaire dans la province septentrionale du Shaanxi. L'ouvrage est long et large, puisqu'il mesure 48,3 centimètres de haut et 25,5 centimètres de large, en 14 plis. Une étiquette sur la couverture indique le titre, Yan sui dong lu di li tu ben (Atlas géographique complet de la section est du comté de Yansui). Le comté possédait 36 forteresses, mais seules 11 d'entre elles sont représentées dans cet ouvrage : Qingshui Ying, Mugua Yuan, Gushan, Zhenqiang, Yongxing, Shenmu, Dabaiyou, Bailin, Gaojia, Jian’an et Shuangshan. Les autres forteresses du comté, notamment Huangfuchuan Bao et 24 autres, sont absentes. Les illustrations couleur montrent des montagnes, des villes fortifiées, des rivières et des forteresses, mais ne sont accompagnées d'aucun texte. Les noms de lieux sont écrits à la main sur des morceaux de fin papier brun, collés sur le livre. De nombreuses marges supérieures contiennent des mots indiquant que les lieux montrés sont inaccessibles. Réalisé à l'aide de techniques expertes et raffinées, l'atlas est l'une des cartes militaires les plus rares de la dynastie Ming. L'auteur et la date exacte de publication sont inconnus.

Vue détaillée du canal de Jiangsu à Pékin

Jiangsu zhi Beijing yun he quan tu (Vue détaillée du canal de Jiangsu à Pékin) est constituée d'une longue feuille de papier continue pliée en accordéon. Elle comporte 21 plis, chacun mesurant 24,1 centimètres de haut et 13 centimètres de large. Le titre au début est écrit à la main, à l'encre, et la calligraphie utilise le style de caractères officiel. L'ouvrage fut imprimé au cours de la dynastie Qing (1644–1911), mais l'auteur et la date de publication sont inconnus. L'inscription sur trois lignes à gauche indique que l'ouvrage fut acheté au cours du huitième mois de l'année de Gengxu (un système de numérotation continue du calendrier chinois suivant un cycle de 60 ans) et réparé dans un magasin près de la porte de la ville. On trouve également plusieurs sceaux imprimés, dont un sceau carré blanc où figure le nom de famille Du, un sceau carré rouge avec le nom Fu'an et autre sceau blanc avec le nom Yang Jianxin. Ces sceaux font certainement référence aux propriétaires antérieurs de l'ouvrage. Le sujet de cette peinture est le grand canal de Pékin à Hangzhou, connu sous le nom de Grand canal, qui constitue le plus long canal (ou rivière artificielle) au monde. Le canal favorisa le développement du marché économique des centres urbains chinois dès la période Sui (581–618). De la dynastie Tang jusqu'à la dynastie Qing, le Grand canal servait d'artère principale entre la Chine septentrionale et la Chine méridionale. Il était essentiel au transport de céréales et d'autres marchandises vers Pékin. Ce transport pratique permettait aussi aux empereurs de mener des tournées d'inspections en Chine méridionale. Au cours de la dynastie Qing, les empereurs Kangxi et Qianlong effectuèrent 12 voyages vers le sud, pour toutes sortes d'occasions, mais un seul jusqu'à Hangzhou. Cette peinture est abîmée à la fois devant et derrière, et il manque la section sud du cours inférieur du fleuve Yangtsé. On peut voir le début du canal à Lingkou Zhen, près de Wujin Xian, dans la province du Jiangsu. Il serpente ensuite vers le nord jusqu'à ce qu'il atteigne les frontières de Linqing Zhou, dans la province du Shandong. La carte montre l'endroit où le canal traverse le fleuve Jaune, mais pas son arrivée à Pékin. La peinture est réalisée de manière extrêmement détaillée et comporte des indications claires sur les affluents, les lacs, les montagnes, les forêts, les villes, les ponts, les monastères, les pagodes, les temples, les écluses, les quais, les bancs de sable, les vannes, ainsi que sur les distances entre les points. Certains des affluents sont représentés avec tant de précision qu'ils ressemblent à des toiles d'araignées. Ce type de carte imprimée est très rare.

Archives historiques de la capitale de l'est des Song du Nord

Dongdu shi lue (Archives historiques de la capitale de l'est des Song du Nord) s'intéresse à l'histoire des neuf cours des Song du Nord (960–1127), principalement sous la forme de biographies, en commençant par celle de Taizu Jianlong (règne : 960–963) et en terminant par celle de Qinzong Jiankang (règne : 1126–1127). Le livre est divisé en 12 juan d'informations historiques générales, 5 juan sur les familles des hauts fonctionnaires, 105 juan de biographies et 8 juan de suppléments portant sur les dynasties non chinoises de Liao (Khitan), Jin (Jurchen), Xi Xia (empire Tangut) et Jiaozhi (Giao Chỉ, Vietnam), pour un total de 130 juan. L'auteur est Wang Cheng, un fonctionnaire du XIIe siècle, fils du compilateur de Song shi lu (Archives de la dynastie Song) qui, comme son père, rassembla de nombreuses archives historiques pour mener à bien ses travaux. Les descriptions sont brèves, pertinentes et semblent impartiales. De nombreux écrivains de la fin de la dynastie Yuan (1271–1368) utilisèrent ce livre comme référence. Au cours de la période des Song du Nord, la capitale Bianliang (aujourd'hui Kaifeng Shi, dans la province du Henan) s'appelait Dongdu, la capitale de l'est, en opposition à Luoyang, la capitale de l'ouest. Cet exemplaire date de la dynastie Ming (1368–1644). Dans cette édition, un caractère différent a été utilisé pour le nom de l'auteur et certains contenus ont été revus. Cet ouvrage fut néanmoins inclus dans la bibliographie Si ku quan shu ti yao (Bibliographie annotée de la Bibliothèque impériale de Siku Quanshu) et devint la version acceptée. Les blocs de bois utilisés furent ceux de la première édition provenant de Meishan, dans la province du Sichuan, au cours du règne de Shaoxi (1190–1194) de la dynastie Song, mais elle reste considérée comme la première édition Ming. L'impression est d'excellente qualité et représente en fait le meilleur exemple de blocs d'impression Song. À la fin de la table des matières se trouve une annotation de l'imprimeur de l'édition Song indiquant : « Imprimé par la Maison de Cheng de Meishan et soumis aux autorités. Reproduction interdite ». Il s'agit probablement de la mention la plus ancienne de droits d'auteur dans l'histoire de l'édition chinoise.