Représentations de métaux, de minéraux, d'insectes et de plantes

Jin shi kun chong cao mu zhuang (Représentations de métaux, de minéraux, d'insectes et de plantes) fut peint par Wen Shu (1594–1634), l'arrière-arrière-petite-fille de Wen Zhengming (1470–1559), l'un des plus grands peintres, calligraphes et intellectuels de la dynastie Ming. Mariée à Zhang Jun, peintre lui aussi, et résidant à Hanshan, Wen Shu vivait au milieu de la nature et excellait dans la peinture des oiseaux, des fleurs, des plantes, des insectes et des papillons. Elle consacra de nombreuses années à copier des milliers d'illustrations provenant de livres de la médecine chinoise traditionnelle de la collection impériale. La préface écrite à la main par Zhang Jun, datée de la 48e année du règne de Wanli (1620), indique que Wen Shu peignait la plupart des objets en recopiant des illustrations de livres traitant de la pharmacopée. Elle peignait sans ajouter de texte, ce qui distingue son œuvre des illustrations couleur du manuscrit non publié de Ben cao pin hui jing yao (Recueil des essentiels de la pharmacopée), réalisé en 1505 par Liu Wentai et d'autres auteurs. Cet album de 27 juan contient 1316 images, représentant 1070 espèces de plantes médicinales. Dans le coin supérieur droit de chaque illustration se trouve le nom de la plante, écrit à la main en rouge par le père de Wen, Wen Congjian, un peintre paysagiste. L'ouvrage appartenait auparavant à la collection de Zhang Fang’er, un neveu de Zhang Fengyi, ministre du Bureau de guerre. Il comporte deux impressions de sceau. L'un est un rectangle blanc indiquant Mingshan Tang, et l'autre est le nom de l'atelier Qing yi fu. L'album entra à la Bibliothèque centrale nationale au cours de la Guerre de résistance contre le Japon (1937–1945) sur recommandation de l'homme d'affaires Pan Boshan (1904–1943).

Traitement par incantation

Zhu you ke (Traitement par incantation) est un manuscrit extrêmement rare qui aurait été écrit par un prêtre taoïste nommé Zhang Zun. Aussi connu sous le nom de Mi jue qi shu (Le livre rare des secrets), l'ouvrage comporte cinq volumes non numérotés, désignés chacun par un caractère : qian, yuan, heng, li et zhen. Une annotation figurant sur le volume initial qian indique que les tablettes de pierre originales des textes sont entrées dans la collection impériale au cours de la 13e année du règne de Kangxi (1656) en tant que Shi san ke (Les 13 voies de traitements). Le traitement par incantation est la 13e des « 13 voies ». L'ouvrage fut probablement publié avant le début de la dynastie Qing. Le volume qian comporte une explication de son origine. Il y est indiqué qu'au cours de la 28e année du règne de Chunxi (1188) de la dynastie des Song, il fut ordonné au gouverneur provincial Ya Qi de prendre le contrôle du fleuve Jaune où il découvrit 58 tablettes de pierre gravées de mots secrets. Zhang Zun déchiffra les inscriptions, et à partir de cet instant, le traitement des maladies fut alors incroyablement efficace. On raconte qu'au cours du règne de Jingtai (1450-1456) de la dynastie Ming, un médecin nommé Xu Jinghui, né à Linqing, dans la province du Shandong, maîtrisait et pratiquait les 13 voies du traitement et que sa maison fut bientôt envahie par les patients. Zhang Zun, l'auteur du post-scriptum du premier volume, celui désigné par le caractère qian, écrivit qu'il existait une autre copie de l'ouvrage, de qualité inférieure. Cette version apparut en 1724, collationnée et recopiée à la main par Shen Changfa, mais les cinq volumes ne semblaient pas cohérents entre eux et les méthodes d'incantations et de tabous variaient. On suppose que le livre fut recopié à partir de sources différentes. La pratique de traitements par incantations constituait une profession reconnue et respectée. Un médecin zhu you utilisait des prières, des sortilèges ou tabous, et des cérémonies pour « conduire l'esprit jusqu'à l'essence du qi ». Ces procédés pouvaient non seulement guérir les maladies et les douleurs, mais ils pouvaient également empêcher les enfants de pleurer la nuit, aider les femmes à accoucher et traiter les blessures inattendues et les morsures d'insectes ou d'animaux. Parmi les exemples de résultats promis, il est question « d'amener la prospérité dans un foyer en remplissant une urne d'eau », « d'exterminer les rats à l'aide de sortilèges » et « de faire apparaître un tigre en soufflant une plume ». Les traitements du livre sont destinés aussi bien aux adultes qu'aux enfants. Ils s'appliquent aux affections du pouls, à l'accouchement, aux yeux, à la respiration, aux dents et aux stomatites, aux oreilles et au nez, à l'orthopédie, aux plaies et aux os brisés, aux blessures de têtes de flèches, aux incantations, etc.

Les archives médicales de Shishan

Cet ouvrage, en trois juan avec un supplément et en trois volumes, est l'œuvre de Wang Ji (1463–1539), physicien renommé et membre d'une famille de médecins de la dynastie Ming. Il fut initialement publié en 1520. Le manuscrit fut préparé par son disciple, Chen Jiao. Cette édition fut imprimée par Chen Jiao au cours de la dixième année du règne de Jiajing (1531). La préface est l'œuvre de Cheng Zeng et date elle aussi de 1531. L'ouvrage comprend également deux portraits de l'auteur, des inscriptions par Li Fan, Cheng Wenjie et Chen Jiao, ainsi que les recommandations de l'auteur. Wang Ji (de son prénom social Shi shan ju shi), est né à Qimen, dans le Huizhou, dans la province de l'Anhui. Il a étudié les enseignements confucéens dans sa jeunesse puis, après avoir échoué aux examens civils, il s'est consacré à la médecine. Il fut l'auteur de 13 ouvrages, dont ce recueil des cas qu'il a eu à traiter. Wang Ji suivit principalement les enseignements du célèbre médecin Zhu Zhenheng (1281 environ – 1358), de la dynastie Yuan, comme on peut l'apprendre dans l'un de ses autres ouvrages, Tui qiu shi yi (S'assurer des intentions du maître). Les cas médicaux de la Chine ancienne indiquent la méthode et le résultat des traitements. De telles archives médicales ont pu être trouvées pour des périodes remontant jusqu'aux Han de l'ouest (206–8 av. J.-C.), la plus ancienne étant un recueil de 25 cas de Chun Yuyi (205–150 av. J.-C.). Ce type d'archives pouvait être bref ou très long. Chaque dossier mentionne le nom, le sexe, l'âge, le statut social, la forme du corps, la cause de la maladie, les symptômes, le diagnostic, les ordonnances, le pronostic, et ainsi de suite. Ces archives révèlent également les relations entre médecin et patient. Les dossiers médicaux étaient principalement publiés en appendices d'autres ouvrages. À partir du milieu et de la fin de la dynastie Ming, les médecins ont commencé à les publier en tant que travaux individuels, créant ainsi une nouvelle forme d'écrits médicaux destinés à être étudiés, référencés et utilisés pour l'enseignement. Ces ouvrages sont depuis devenus de précieuses sources historiques. Cet ouvrage ne recense pas seulement l'expérience clinique ; il fournit aussi des informations sur plusieurs maladies, particulièrement celles dont souffrait la population masculine, comme la syphilis, qui fut considérée comme une crise sanitaire dans la région du sud du fleuve Yangtze où les échanges et le commerce florissant ont contribué à propager la maladie.

Recueil de traitements pour enfants en bas âge

Quan ying yao lan (Recueil de traitements pour enfants en bas âge), en deux juan et deux volumes, fut écrit par Min Daoyang et réimprimé au cours de la sixième année du règne de Longqing (1572) de la dynastie Ming, avec une préface de Zheng Maokan, un post-scriptum de Gong Bangheng et une inscription de Deng Huaxi. Il s'agit du seul exemplaire encore existant de cette édition. Selon la préface d'une édition Qing ultérieure, le livre faisait initialement partie de la collection d'un prince féodal. Il comporte des impressions de sceaux de deux pharmacies, appelées Mingshan Tang et Anle Tang. L'ouvrage est en fait une compilation de plusieurs sources de différentes écoles, associant à la fois des considérations médicales et du charlatanisme. Selon la préface de Zheng Maokan, Min Daoyang était influencé par les enseignements confucéens, écrivait de la poésie et était qualifié en médecine chinoise. En plus d'écrire de nombreux livres, il s'employait à collectionner des ordonnances pour enfants en bas âge. Un jour, en 1572, il fut invité à s'occuper d'un patient nommé Guo, un censeur, et fit l'acquisition à cette occasion d'un livre de prescriptions provenant de la chambre de malade de Guo. Après avoir examiné le manuscrit, procédé à des ajouts et créé de nouvelles classifications, Min Daoyang emmena le manuscrit à Nanjing durant l'hiver de la même année, où grâce à l'aide financière généreuse d'un autre censeur, il le fit imprimer. Depuis les dynasties Tang et Song, les médecins chinois considéraient généralement comme difficile la formulation d'un diagnostic pour les enfants en bas âge. Écrivant dans ce contexte, Min Daoyang insista sur le fait que la clé pour diagnostiquer un enfant en bas âge était d'examiner l'apparence du patient, en particulier l'expression du visage. Pour rendre le livre plus facile à lire, Min écrivit plusieurs instructions en vers et ajouta des illustrations pour faciliter l'apprentissage et la mémorisation. L'une de ses préoccupations était les causes, le diagnostic et le traitement de la variole, une maladie souvent dangereuse chez les enfants en bas âge. Il suivait les principes d'un médecin de l'époque Ming, Wei Zhi, pour les traitements, indiquait ses préférences parmi plusieurs théories et fournissait de nombreuses formules de médicaments différentes.

Vue détaillée du canal de Jiangsu à Pékin

Jiangsu zhi Beijing yun he quan tu (Vue détaillée du canal de Jiangsu à Pékin) est constituée d'une longue feuille de papier continue pliée en accordéon. Elle comporte 21 plis, chacun mesurant 24,1 centimètres de haut et 13 centimètres de large. Le titre au début est écrit à la main, à l'encre, et la calligraphie utilise le style de caractères officiel. L'ouvrage fut imprimé au cours de la dynastie Qing (1644–1911), mais l'auteur et la date de publication sont inconnus. L'inscription sur trois lignes à gauche indique que l'ouvrage fut acheté au cours du huitième mois de l'année de Gengxu (un système de numérotation continue du calendrier chinois suivant un cycle de 60 ans) et réparé dans un magasin près de la porte de la ville. On trouve également plusieurs sceaux imprimés, dont un sceau carré blanc où figure le nom de famille Du, un sceau carré rouge avec le nom Fu'an et autre sceau blanc avec le nom Yang Jianxin. Ces sceaux font certainement référence aux propriétaires antérieurs de l'ouvrage. Le sujet de cette peinture est le grand canal de Pékin à Hangzhou, connu sous le nom de Grand canal, qui constitue le plus long canal (ou rivière artificielle) au monde. Le canal favorisa le développement du marché économique des centres urbains chinois dès la période Sui (581–618). De la dynastie Tang jusqu'à la dynastie Qing, le Grand canal servait d'artère principale entre la Chine septentrionale et la Chine méridionale. Il était essentiel au transport de céréales et d'autres marchandises vers Pékin. Ce transport pratique permettait aussi aux empereurs de mener des tournées d'inspections en Chine méridionale. Au cours de la dynastie Qing, les empereurs Kangxi et Qianlong effectuèrent 12 voyages vers le sud, pour toutes sortes d'occasions, mais un seul jusqu'à Hangzhou. Cette peinture est abîmée à la fois devant et derrière, et il manque la section sud du cours inférieur du fleuve Yangtsé. On peut voir le début du canal à Lingkou Zhen, près de Wujin Xian, dans la province du Jiangsu. Il serpente ensuite vers le nord jusqu'à ce qu'il atteigne les frontières de Linqing Zhou, dans la province du Shandong. La carte montre l'endroit où le canal traverse le fleuve Jaune, mais pas son arrivée à Pékin. La peinture est réalisée de manière extrêmement détaillée et comporte des indications claires sur les affluents, les lacs, les montagnes, les forêts, les villes, les ponts, les monastères, les pagodes, les temples, les écluses, les quais, les bancs de sable, les vannes, ainsi que sur les distances entre les points. Certains des affluents sont représentés avec tant de précision qu'ils ressemblent à des toiles d'araignées. Ce type de carte imprimée est très rare.

Archives historiques de la capitale de l'est des Song du Nord

Dongdu shi lue (Archives historiques de la capitale de l'est des Song du Nord) s'intéresse à l'histoire des neuf cours des Song du Nord (960–1127), principalement sous la forme de biographies, en commençant par celle de Taizu Jianlong (règne : 960–963) et en terminant par celle de Qinzong Jiankang (règne : 1126–1127). Le livre est divisé en 12 juan d'informations historiques générales, 5 juan sur les familles des hauts fonctionnaires, 105 juan de biographies et 8 juan de suppléments portant sur les dynasties non chinoises de Liao (Khitan), Jin (Jurchen), Xi Xia (empire Tangut) et Jiaozhi (Giao Chỉ, Vietnam), pour un total de 130 juan. L'auteur est Wang Cheng, un fonctionnaire du XIIe siècle, fils du compilateur de Song shi lu (Archives de la dynastie Song) qui, comme son père, rassembla de nombreuses archives historiques pour mener à bien ses travaux. Les descriptions sont brèves, pertinentes et semblent impartiales. De nombreux écrivains de la fin de la dynastie Yuan (1271–1368) utilisèrent ce livre comme référence. Au cours de la période des Song du Nord, la capitale Bianliang (aujourd'hui Kaifeng Shi, dans la province du Henan) s'appelait Dongdu, la capitale de l'est, en opposition à Luoyang, la capitale de l'ouest. Cet exemplaire date de la dynastie Ming (1368–1644). Dans cette édition, un caractère différent a été utilisé pour le nom de l'auteur et certains contenus ont été revus. Cet ouvrage fut néanmoins inclus dans la bibliographie Si ku quan shu ti yao (Bibliographie annotée de la Bibliothèque impériale de Siku Quanshu) et devint la version acceptée. Les blocs de bois utilisés furent ceux de la première édition provenant de Meishan, dans la province du Sichuan, au cours du règne de Shaoxi (1190–1194) de la dynastie Song, mais elle reste considérée comme la première édition Ming. L'impression est d'excellente qualité et représente en fait le meilleur exemple de blocs d'impression Song. À la fin de la table des matières se trouve une annotation de l'imprimeur de l'édition Song indiquant : « Imprimé par la Maison de Cheng de Meishan et soumis aux autorités. Reproduction interdite ». Il s'agit probablement de la mention la plus ancienne de droits d'auteur dans l'histoire de l'édition chinoise.

Archives de la bibliothèque impériale des Song du Sud

Cet ouvrage est un compte rendu des activités de la bibliothèque impériale (Zhong xing guan) au cours de la dynastie des Song du Sud (1127–1279). Il fut rédigé par Chen Gui (1128–1203), qui reçut le diplôme du jin shi en 1150 et devint fonctionnaire à la bibliothèque. Publié vers 1265–1274, il retrace l'histoire de la bibliothèque impériale à partir du début des Song des Sud. L'ouvrage indique les noms des fonctionnaires de la bibliothèque, leur rémunération, leur poste et leurs activités journalières. Il fournit également des informations sur les principales fonctions de la bibliothèque, notamment l'acquisition et le classement des livres, l'entretien de la collection, ainsi que l'édition, la compilation et l'impression. Il manque un volume à cet exemplaire, portant sur l'histoire de la bibliothèque. Il est accompagné d'un supplément de 10 juan, auquel il manque le volume concernant les rémunérations. Les juan 7 et 8 du supplément indiquent les noms des fonctionnaires et les titres jusqu'à l'an 1269, mais ils furent imprimés en utilisant des caractères différents, probablement au cours des premières années de la dynastie Yuan. Cet ouvrage fait partie du Si ku quan shu (la Bibliothèque impériale de Siku Quanshu), qui fut constituée au cours de la dynastie Qing et utilisa comme source l'encyclopédie Ming Yongle da dian (publiée sous le règne de Yongle 1403–1424). Le livre fut rarement aperçu après la dynastie Ming. On pouvait trouver quelques éditions copiées à la main dans des collections privées, mais elles contenaient souvent des erreurs. Cet exemplaire a d'abord appartenu à la collection d'Huang Raopu (1763–1825), bibliophile et collectionneur de livres publiés au cours de la période Song. Il transita ensuite par les collections de cinq autres collectionneurs célèbres avant d'être acquis par la Bibliothèque centrale nationale. L'ouvrage est similaire à Lin tai gu shi (Histoires de la bibliothèque impériale), un autre recueil de Cheng Ju (1078–1144).

Manuel révisé de l'entremetteur de mariages

Cet ouvrage est un manuel destiné aux entremetteurs de mariages. Le mariage traditionnel chinois nécessitait beaucoup d'engagement de la part des « entremetteurs », un terme qui finit par désigner toute personne ou évènement agissant comme intermédiaire pour un mariage entre deux familles. Le manuel est un ouvrage de 24 juan divisé en deux parties de 12 juan chacune, imprimé à Jianyang à la fin de la dynastie des Song du Sud, aux environs de 1225–1279. Dans la première partie, le juan 1 traite des usages liés au mariage ; les juan 2 à 6 retracent l'origine des noms de famille ; les juan 7 à 9 traitent d'histoires importantes ; le dixième juan rappelle plusieurs faits concernant les mariages de personnalités célèbres ; et les juan 11 et 12 contiennent plusieurs détails se rapportant aux faits du juan 10. Dans la deuxième partie, le premier juan contient des types d'annonces ; le deuxième juan comporte des mises en garde concernant la rédaction des contrats de mariage ; le troisième juan explique comment un entremetteur devra faire une offre de mariage au nom d'une famille ; le quatrième juan donne des conseils pour l'envoi de présents pour des fiançailles ; les juan 5 à 9 contiennent des conseils pour les fiançailles pour différents types de personnes, notamment les fonctionnaires et les intellectuels, les employés municipaux, les parents, et les paysans et les ouvriers ; le dixième juan donne des conseils pour les fiançailles de remariage et pour prendre des concubines ; le onzième juan donne des conseils pour choisir une date de fiançailles et le douzième juan indique comment accueillir une jeune mariée et la rendre heureuse. Publié pour répondre à des besoins pratiques, ce livre possède aujourd'hui une immense valeur historique. Ce titre ne faisait pas partie du catalogue de la Si ku quan shu (la Bibliothèque impériale de Siku Quanshu) et aucune nouvelle édition ou réimpression ne fut publiée. Il s'agit peut-être de l'unique exemplaire encore existant. Le livre comporte de nombreuses impressions de sceaux appartenant à plusieurs collectionneurs de livres des siècles suivants, comme Ji Zhenyi (1630–1674), un bibliophile de la fin de la période Ming et du début de la période Qing ; Mi jun lou, la bibliothèque de Jiang Ruzao (1877–1954), un industriel et collectionneur de livres ; et Zhang Heng (1915–63), un expert en peinture chinoise et calligraphie. Le début de l'ouvrage comporte également des inscriptions d'intellectuels de la fin de la période Qing et du début de la période républicaine, comme Yang Shoujing (1839–1915), un historien, géographe, calligraphe et bibliophile, et de deux intellectuels, Ye Changchi (1849–1917) et Ye Dehui (1864–1927). Une annotation de Jiang Biao (1860–1899), membre de l'Académie impériale de Hanlin, rappelle que lorsque lui et un ami tinrent le rôle d'entremetteurs pour deux familles, lors du troisième jour du huitième mois de 1899, 15e année du règne de Guangxu, le père de la future mariée leur présenta ce livre.

Nouveau recueil des événements de la période Xuanhe

Xin bian Xuanhe yi shi (Nouveau recueil des événements de la période Xuanhe) est un ouvrage de la dynastie Song d'auteurs inconnus. La période Xuanhe s'étend de 1119 à 1125. L'ouvrage comporte deux juan, représentant deux parties, et le titre apparaît au début de chaque juan, ainsi que dans la table des matières. Le style littéraire de l'œuvre est le hua ben, ce qui signifie « versions écrites d'histoires de conteurs ». Ces dernières sont librement inspirées de personnages et d'évènements historiques appartenant à une période allant des temps anciens de Yao et Shun jusqu'au règne de Gaozong entre 1127 et 1162, premier empereur des Song du Sud. L'urbanisation croissante et l'augmentation de la population dans la Chine des Song entraîna un accroissement important de la demande pour les fictions orales et les histoires imprimées de la part du public. La demande pour les divertissements de rue ou sur les marchés augmenta également. Bien qu'en Chine les histoires traditionnelles s'intéressent souvent à des évènements étranges, les histoires populaires de la période Song suscitent l'intérêt des lecteurs à travers une gamme de sujets bien plus variée. Les livres regroupant ce type de contes oraux étaient généralement réalisés à la main, mais avec la diffusion importante des techniques d'impression utilisant des caractères mobiles, les histoires de conteurs furent imprimées elles aussi et touchèrent un large public. Les histoires les plus courantes parlaient de personnages historiques et de héros, ou étaient des histoires d'amour. Shui hu zhuan (Le récit des berges), le roman chinois classique (connu en Occident sous le nom de Au bord de l'eau) racontant l'histoire de 108 brigands du mont Liang, est tiré de l'un des chapitres de cet ouvrage. À la fin du livre se trouve une inscription écrite à la main de Huang Peilie (1763–1825), le célèbre collectionneur de livres Qing, racontant sa première rencontre avec le livre dans la maison d'un ami.

L'anthologie littéraire annotée de Xiao Tong

Wen xuan (Littérature choisie) est l'un des tout premiers recueils de poésie chinoise. Il contient des vers de la dynastie Qin (221–207 av. J.-C.), de la dynastie Han (206 av. J.-C.–220 apr. J.-C.) et ultérieurs. Il fut compilé vers 520 durant les dynasties du Nord et du Sud (420-589) par Xiao Tong (501-531), le fils aîné de l'empereur Wu de la dynastie Liang (qui est mort avant d'accéder au trône) et par un groupe d'érudits qu'il avait rassemblés. De nombreuses éditions annotées de la Wen xuan firent leur apparition après la mort de Xiao Tong, parmi lesquelles la version de Li Shan datant du VIIe siècle, qui fait autorité. Une autre édition annotée, Wu chen zhu wen xuan (Wen xuan annoté par cinq fonctionnaires) fut publiée par cinq fonctionnaires de la cour durant le règne de l'empereur Xuanzong (713–741) de la dynastie Tang. Cette édition était plus simple et moins complexe que le travail antérieur de Li Shan et n'a pas été officiellement adoptée par les universitaires de l'époque. Sous le règne de l'empereur Xiaozong de la dynastie Song (1174-1189), le poète You Mao (1127-1202) imprima une version des annotations de Li Shan qui influença durablement les lecteurs ultérieurs. L'ouvrage montré ici est l'unique exemplaire encore existant d'une édition Song du Wu chen zhu wen xuan qui fut imprimée en 1161 à Jianyang, dans la province du Fujian, par Chen Balang dans son imprimerie, Zonghua Shufang, quelque 19 ans avant la version de You Mao. Ce titre n'est pas répertorié dans le catalogue de la Si ku quan shu (La Bibliothèque impériale de Siku Quanshu), la plus grande collection de livres chinois. L'une de ses particularités tient au fait que de nombreux caractères du livre sont entourés en rouge. Ces caractères, notamment xuan, jiong, zhen, shu et xu, représentent des noms tabous, dont il valait mieux éviter l'usage au cours de la dynastie Song. L'ouvrage faisait initialement partie de la collection du Ji gu ge : bibliothèque et atelier d'impression de l'érudit Ming Jing Mao (1599-1659). Il comporte plusieurs impressions de sceaux. En 1903, le collectionneur de livres Wang Tongyu (1856–1941) en fait l'acquisition et il sera finalement intégré à la Mi yun lou, la bibliothèque du célèbre bibliophile Jiang Ruzao (1877–1954).