Trois ghazals de Tabib Isfahani

Description

Ce fragment de calligraphie comporte trois ghazals (poèmes lyriques) composés par 'Abd al-Baqi, également appelé Tabib Isfahani. Tabib (médecin à la cour) auprès du souverain persan Nâdir Châh (règne : 1736−1747), 'Abd al-Baqi fut un auteur prolifique dont les nombreux vers font partie de son divan (recueil de poèmes). Sa takhallus (signature), « Tabib », apparaît dans les vers. Le premier ghazal rime avec payda (trouvé), le second avec ra (le marqueur de l'accusatif) et le troisième avec aftada ast (s'est produit, est advenu). Les trois ghazals abordent la fidélité d'un amant et la tristesse ressentie lors de la séparation de l'être aimé. L'amant décrit sa douleur, tout en se disant de ne pas se plaindre et d'être patient face à l'adversité. Le texte, rédigé en écriture nasta'liq shikasta minuscule oblique, est réparti dans deux colonnes séparées par deux lignes vides verticales peintes d'or. La page de texte est composée de papier crème encadré de bordures peintes en violet, vert clair et or. Le texte et son cadre sont collés sur une feuille plus grande de papier rose renforcée par du carton. Tabib Isfahani ayant été poète au XVIIIe siècle, ce fragment fut selon toute probabilité réalisé durant le règne de Nâdir Châh, c'est-à-dire approximativement au milieu du XVIIIe siècle. Nâdir Châh est célèbre pour ses invasions de l'Inde moghole (mettant à sac Delhi et Lahore, et ramenant le fameux Trône du Paon en Iran), ce qui suggère que cet ouvrage fut exécuté lorsque le régent était basé en Inde (1738−1739). Le fragment fut par la suite recollé et peut-être inclus dans un album de calligraphies.

Dernière mise à jour : 6 avril 2016