Frontispice enluminé

Description

Ce frontispice enluminé est l'une des deux pages qui auraient formé la composition d'introduction en double-page d'un manuscrit. Il est possible qu'il ait appartenu à un coran. Le titre aurait figuré dans les panneaux rectangulaires supérieur et inférieur. Le médaillon central contenait peut-être le début du premier chapitre du coran : al-Fatihah (Liminaire). Il peut également avoir servi d'espace de dédicace de l'ouvrage à un saint, ou avoir contenu des bénédictions destinées à son propriétaire. L'enluminure est caractéristique des frontispices de corans fabriqués à Hérat (aujourd'hui en Afghanistan) vers 1500–1550. Le médaillon central doré et les panneaux rectangulaires sont placés sur des rouleaux polychromes comportant des fleurs blanches et oranges sur un fond bleu. Ces panneaux sont encadrés par une bordure externe composée de cartouches noirs en alternance avec des quatre-feuilles dorés sur fond rouge. L'espace externe restant est décoré de motifs en bandes bleues et dorées se chevauchant. Les enlumineurs de la première moitié du XVIe siècle expérimentaient les frontispices doubles-pages enluminés. C'est à cette époque que l'artiste Shaykhzadah a commencé à utiliser des fonds noirs et a inventé de nouvelles arabesques et de nouveaux motifs en volutes. Ces motifs apparaissent non seulement sur les frontispices, mais étaient également utilisés pour les ornementations architecturales des peintures de manuscrits. De tels liens dans le domaine de l'ornementation montrent bien l'étroite relation entre enlumineurs et peintres, qui collaboraient pour la production de manuscrits enluminés et illustrés.

Dernière mise à jour : 30 septembre 2016