Divination par le coran

Description

Cette feuille unique d'un coran fal-i dévoile sous forme de distichs (couplets) de rimes persanes la signification du fal (divination) à l'aide de lettre choisies au hasard en ouvrant le coran. Ce feuillet figurait à l'origine à la fin d'un coran persan séfévide, immédiatement après la dernière sourate (chapitre), la sourate al-Nas, et une prière de conclusion dédiée au prophète et à sa famille. La disposition du texte de divination, les caractères et ce qui reste de l'enluminure originale dans le cadre du texte sont caractéristiques des fals placés à la fin des corans fabriqués à Shiraz ou Qazvin pendant la seconde moitié du XVIe siècle. Le collage de bandes rectangulaires sur deux colonnes verticales, ainsi que l'enluminure courant le long du cadre du texte, peuvent représenter une forme de censure pratiquée par les ottomans sunnites, peut-être à la requête du sultan Ahmed III (régnant de 1703–1730), dont le tugra (emblème royal) apparaît au verso du feuillet. Les bandes collées dans la colonne verticale droite cachent des lettres individuelles de l'alphabet, la première étant la lettre lam (l), à partir de laquelle une divination poétique a été obtenue. La prévision poétique demeure, tandis que les lettres elles-mêmes ont été dissimulées. Ce fragment devait être le troisième feuillet du texte original de divination. Le titre et les deux premières pages (contenant les lettres alif à kaf) du fal ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Bien que la divination par le coran apparaisse principalement dans un contexte séfévide chiite, des exemples de fals utilisant le coran apparaissent aussi dans les traditions artistiques ottomanes sunnites de la fin du XVIe siècle. La raison pour laquelle la prédiction au moyen du coran a surtout été considérée comme un phénomène chiite est que cette pratique est attribuée à 'Ali, gendre du prophète Mahomet.

Dernière mise à jour : 12 février 2016