Couple de Tagasago dans le creux d'un pin

Description

Un style nouveau et moins formel de poésie appelé haikai (vers liés) se propagea parmi les populations urbaines de Kyoto, d'Osaka et d'Edo dans le Japon du XVIIe siècle. Le haikai était également une activité sociale, et des rencontres de vers liés avaient lieu régulièrement chez soi ou au restaurant. De tels rassemblements poétiques contribuèrent au développement, dans des sphères privées, d'impressions au bloc de bois appelées surimono (objet imprimé), qui associaient des images à des vers représentatifs du cercle littéraire. Les images aussi bien que les vers se voulaient « réservés aux initiés », pour une audience raffinée et instruite. Ces surimonos étant destinés à être offerts et non vendus, les artistes, les graveurs et les imprimeurs apportaient un soin extrême à leur réalisation. Le produit final compte bien souvent parmi les exemples les plus remarquables de l'art de l'impression au bloc de bois. Cette estampe est l'œuvre de Katsushika Hokusai (1760–1849), l'un des maîtres du l'ukiyo-e, et fait référence au récit folklorique mythique d'un pin du tombeau de Takasago. On racontait que l'arbre s'était divisé à partir d'une seule racine pour former deux larges troncs, qui s'étaient alors transformés pour donner naissance aux deux divinités de la création de la foi Shinto, Izanagi et Izanami. Celles-ci prêchaient les méthodes permettant de parvenir à un mariage prospère, et l'arbre en vint par la suite à symboliser l'unité au sein des couples mariés.

Dernière mise à jour : 18 septembre 2015