Chasse aux cigales

Description

Le terme ukiyo-e, littéralement « images du monde flottant », se rapporte à un genre d'illustrations japonaises très en vogue au cours de la période Edo (1600–1868). Comme le suggèrent les mots « monde flottant », qui prennent racine dans la vision du monde éphémère du bouddhisme, l'ukiyo-e capturait la dynamique changeante de la vie urbaine de l'époque. Bien qu'elles soient accessibles et satisfassent des goûts « communs », ces impressions présentent des détails artistiques et techniques remarquablement sophistiqués, avec des sujets allant des portraits de courtisanes et d'acteurs à la littérature classique. Cette estampe est une page provenant d'un egoyomi (calendrier illustré) en circulation dans les milieux populaires, qui servait à déterminer le nombre variable de jours des mois lunaires. La forte demande et les commandes privées pour ce type de calendrier contribuèrent à faire de l'ukiyo-e une forme d'art populaire au sein de la population et à faire progresser la technique d'impression au bloc de bois nishiki-e (estampes multicolores). Basés sur un format de calendrier conventionnel, les lettres et les nombres de l'egoyomi furent astucieusement intégrés à l'image, et le défi consistant à déchiffrer les symboles contribua à leur popularité. Sur cet estampe, le célèbre peintre d'ukiyo-e Suzuki Harunobu (1725–1770) représente une femme et un enfant essayant d'attraper des cigales, se référant ainsi à la saison à travers ce passe-temps estival populaire. Dans le coin inférieur gauche du filet, on aperçoit le caractère shō (petit), indiquant que le mois ne comporte que 29 jours.

Dernière mise à jour : 23 mai 2012