Popol Vuh : transcription en maya‑quiché et traduction en espagnol

Description

Le Popol Vuh, traduit par Livre du conseil, Livre de la communauté, Livre du peuple ou Livre sacré, est le récit de la création du peuple k'iche', ou maya‑quiché, de l'actuel Guatemala. Popol signifie également « natte » et vuh, ou vuj, « livre ». Le texte est un enchevêtrement d'histoires mayas sur les cosmologies, les origines, les traditions et les racines spirituelles expliquant le commencement du monde, l'origine des Indiens d'Amérique centrale et leurs premiers mouvements migratoires, leur histoire et leurs coutumes, et fournit une chronologie des derniers rois et dirigeants quichés. Beaucoup de Mayas considèrent ce texte comme l'équivalent de la Bible des chrétiens et lui vouent un grand respect. Le manuscrit du Popol Vuh conservé à la bibliothèque Newberry est l'un des plus connus et peut‑être le plus ancien exemplaire existant. Il fut transcrit par le prêtre dominicain Francisco Ximénez (1666–1722 env.) entre 1700 et 1715, à Chichicastenango, au Guatemala. En tant que linguiste, Ximénez s'intéressait à la langue parlée par les autochtones quichés (ou K'iche'). Certains érudits estiment que sa transcription s'appuyait sur une version antérieure, probablement réalisée au XVIe siècle par un locuteur natif ayant été formé aux caractères latins. Les formes les plus anciennes de ce texte se présentaient en codex ou en dépliants agrémentés de glyphes faisant office d'aide‑mémoire. Ceux‑ci étaient faits de longues bandes de papier d'écorce, de coton ou de cuir pliées en accordéon, et les glyphes étaient des symboles fournissant des informations non verbales. Dans sa transcription, Ximénez eut recours à l'écriture latine pour présenter l'original en quiché et pour proposer une traduction espagnole en vis‑à‑vis. Le texte, qui ressemble fort à des vers libres, était manifestement destiné à la lecture à voix haute. Cette transcription du quiché est parsemée de corrections. Il est possible que ce texte ait été écrit pour être récité, peut‑être même par trois personnes, ce qui expliquerait certaines des répétitions et des ratures. Le manuscrit comporte un autre texte sur six pages en fin de volume, « Escolios a la historia de el origen de los indios », daté du 14 août 1734 et signé « Echave », constitué des commentaires historiques de l'auteur ainsi que de fragments de confession et d'une conclusion rhétorique faisant l'éloge de l'ordre des Dominicains.

Dernière mise à jour : 31 juillet 2017