Premier pariage d'Andorre

Description

Le document présenté ici est appelé Primer pariatge de Andorra (premier pariage d'Andorre) signé par Pere de Urtx, évêque de La Seu d'Urgell (ou Seo de Urgel) et Roger Bernat III, comte de Foix et vicomte de Castellbò, le 8 septembre 1278. Rédigé en latin, le document fut élaboré par Arnau de Valle-Llebrera, notaire de la ville de Lérida, en Catalogne (Espagne). L'accord établit les droits respectifs des deux souverains sur les vallées d'Andorre et résout également d'autres différends. Le premier pariage fut arrêté dans la période de paix qui suivit un accord antérieur conclu à Agramunt, en Catalogne. Le roi Pedro III d'Aragon (ou Pere) joua un rôle décisif en tant que médiateur pour mettre fin à la querelle de longue date entre le comte de Foix et l'évêque d'Urgel. Le plus important de leurs différends concernait notamment l'État féodal d'Andorre. Le document, divisé en 11 articles, dont quatre portent exclusivement sur Andorre, commence par faire allusion aux discussions diverses et variées qui précédèrent l'accord. Parmi les nombreux pariages convenus entre le comte de Foix et les seigneurs ecclésiastiques ou laïques des deux côtés des Pyrénées, le pariage andorran, approuvé par la Couronne et par le pape Nicolas III, est le plus complexe et le seul à avoir survécu jusqu'à nos jours, moyennant quelques modifications apportées à ses clauses originales. La longévité du document résultait, entre autres facteurs, de la situation géographique d'Andorre, c'est-à-dire son emplacement entre les futurs États distincts de France et d'Espagne, et de leur soutien à l'accord au fil du temps. L'acceptation par les Andorrans du système de pariage prévu par les conventions de 1278 et 1288, et leur désir de le conserver, furent aussi primordiaux, constamment manifestés durant le Moyen-Âge et encore évidents de nos jours. Même s'il n'était pas directement impliqué dans la négociation du pariage, le peuple andorran salua néanmoins la conclusion de ce qui était en réalité un traité de paix qui mettait fin à une longue période de lutte armée et de violence, et qui leur donnait la possibilité de devenir un pays neutre et indépendant avec ses propres institutions.

Dernière mise à jour : 30 juin 2016