Principia

Description

Philosophiae naturalis principia mathematica (Principes mathématiques de la philosophie naturelle) est le chef d'œuvre de sir Isaac Newton. La publication de ce traité constitua un tournant majeur de l'histoire de la science, considéré par nombre d'observateurs comme l'une des plus importantes œuvres scientifiques jamais éditées. Newton (1642–1727) fut professeur de mathématiques au Trinity College, à Cambridge, où il écrivit son ouvrage. Le livre présente les bases de la physique et de l'astronomie, formulées dans le langage de la géométrie pure. Il s'appuie sur un raisonnement déductif selon lequel, à partir de propositions très générales, sont démontrées des propriétés mécaniques sous la forme de théorèmes. L'ouvrage pose les fondations de l'hydrostatique, de l'hydrodynamique et de l'acoustique, et systématise une méthode pour l'étude de la nature par des moyens mathématiques. Écrit en latin, le livre vise un public d'experts en mathématiques et en mécanique, d'astronomes, de philosophes et de diplômés de l'université. Connue sous son intitulé abrégé Principia, l'œuvre contient trois livres, précédés d'un chapitre préliminaire de définitions et d'un autre abordant des axiomes ou les lois du mouvement. Les « définitions », huit au total, spécifient le vocabulaire utilisé tout au long du texte et présentent le concept d'espace et de temps absolus. Le premier livre, « Axiomes et lois du mouvement » est de loin la partie la plus connue de l'ouvrage. La première loi de Newton établit qu'un objet persévère dans l'état de repos ou de mouvement uniforme, à moins que quelque force n'agisse sur lui. L'état d'inertie devient donc la première loi ou axiome. L'énoncé de la deuxième loi indique que la force nette qui s'exerce sur un objet est proportionnelle à la force de son mouvement linéaire dans un cadre de référence inertiel. La troisième loi souligne que toutes les forces s'exerçant entre deux objets sont d'intensité égale et dans des directions contraires. C'est sur cette troisième loi qu'est basée la dynamique gravitationnelle sous la forme d'un système d'attraction réciproque. Le deuxième livre examine le mouvement des corps en relation avec la résistance et la vitesse. Dans cette partie centrale de l'ouvrage, le premier chapitre concerne le mouvement des objets dans le vide, c'est-à-dire le mouvement d'objets ne rencontrant aucune résistance. Le troisième livre, « Le système du monde », décrit l'application des principes astronomiques élaborés précédemment. Newton explore la dérivation des lois de la gravité, les conséquences pour les orbites planétaires, la Lune et les équinoxes dans leur relation avec la théorie de la gravitation, ainsi que l'étude des comètes. Son traité se termine par le texte de la « scholie générale », adjoint à partir de la deuxième édition. Newton y suppose une explication rationnelle concernant l'existence d'un être supérieur et exprime sa célèbre affirmation « Je n'avance pas d'hypothèses » à propos de sa méthodologie. Le traité Principia parut en trois éditions du vivant de Newton. La première édition fut publiée en 1687, tirée à 300–400 exemplaires. Elle fut suivie de l'édition de 1713, révisée, modifiée et augmentée par l'auteur. La troisième édition de 1726 fut révisée par Newton et publiée par Henry Pemberton. La traduction en anglais d'Andrew Motte ne fut imprimée qu'en 1729 (après le décès de Newton). L'édition française parut en 1756, traduite par la marquise de Châtelet, avec des ajouts du mathématicien Alexis-Claude Clairaut et un avant-propos de Voltaire.

Dernière mise à jour : 30 mars 2016